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« Toutes les choses vraiment atroces démarrent dans l’innocence. »____Ernest Hemingway [Pv. Alice.]

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Mélusine Javretteavatarprofil +
MessageSujet: « Toutes les choses vraiment atroces démarrent dans l’innocence. »____Ernest Hemingway [Pv. Alice.] Sam 24 Déc - 3:05

Cling... Cling... Cling...

Le bruit d'un trousseau de clé fit taire pour un temps le brouhaha ambiant de la vaste salle commune. Une foule d'hommes et de femmes se trouvaient là pour la même raison : les plaisirs défendus de la chair et l’ascension de l'être dans le vice.
Une ombre fendit la foule, cachée sous une cape, le visage bas. Elle fuyait cet environnement trop sonore et ce monde qui la révulsait. Elle était venue chercher solitude et silence ici... Enfin, silence. Dans la mesure du possible compte tenu des lieux. Ambroise, Maison close, lieu de débauche et de perdition pour toute âme y pénètre.
Ses pas se faisaient rapides, déterminés, et sa démarche ne souffrait aucune hésitation ni possibilité de dérangement. Elle s'engouffra alors dans un couloir et referma une porte derrière elle. Le bruit s'estompa légèrement pour son plus grand plaisir. Sa respiration se faisait de plus en plus courte, le temps pressait. Il fallait atteindre sa Tour d'Ivoire avant de craquer ici, avant de craquer là où l'on pourrait la voir. Ou pire, la reconnaître...

Clac... Clac... Clac...

La femme s'avançait dans le-dit couloir sombre de l'Ambroise, se dirigeant machinalement vers la chambre qu'elle chérissait le plus. La pèlerine haussée sur sa tête et englobant ses épaules, elle aurait pu s'y rendre les yeux fermés que cela ne l'aurait gêné en aucun cas. Cette chambre avait cette particularité d'être située si discrètement dans cette maison close qu'on aurait pu passer à côté sans la découvrir. Si tant est que, déjà, l'on s'aventure aussi loin dans les entrailles de cette bâtisse aux Mille et Un vices...

La sylphide en question n'avait nullement besoin de s'y faire conduire ou d'aller patienter pour avoir l'accord de s'aventurer ici. Non, elle était bien connue des lieux et nul ne se mettait en travers de son chemin quand dans le labyrinthe sinueux de cet endroit elle voulait vagabonder.
Et cette chambre lui était presque littéralement dévouée tant personne ne venait s'y perdre. Ici, cette femme s'y sentait presque comme chez elle. Presque. Parce qu'on ne la connaissait pas assez pour la reconnaître à tous les coups, parce qu'elle pouvait venir dans le plus strict anonymat, parce qu'elle n'avait pas besoin de jouer, de feindre et de hausser la voix. Elle aimait venir pour trouver une certaine sérénité et un calme qui manquait parfois chez elle... Cette femme, c'est Mélusine Javrette, Maitresse de Nightmare Land, Maitresse d'un royaume qu'elle a fait sien par la force et par le sang et qui, de jour en jour colle un peu plus à son image...

Image que parfois, elle tente de fuir. A trop jouer un rôle, à trop être transportée par la rage, la rancune, l'envie de vengeance et la haine, elle a fini par s'oublier elle-même et ne plus savoir ce qu'elle est ni qui elle est... Oh, n'allez pas croire qu'elle se renie ni qu'elle se déteste. Non. Elle a seulement besoin, parfois, de se retrouver seule et d'être en harmonie avec un être qu'elle a du délaisser et enfouir dans les tréfonds de son être. Cette personne qu'elle essaye de retrouver dans cette chambre n'est autre qu'elle-même. La vraie Mélusine, peut-être. Celle en tout cas qu'elle était avant tout ce qui l'a faite changer et devenir le Monstre qu'elle se plait à être.

Plop... Plop... Plop...

L'eau. Enfin les sons éparses de cette demeure aux sombres desseins s'étaient tus pour laisser place aux sons apaisants et annihilants de l'eau qui tombe, qui coule, qui bouge et tournoie...

La main posée sur la discrète poignée de nacre et d'ivoire, Mélusine attendit un court instant, savourant déjà cette sensation fraiche au creux de la main. Elle regarda à l'autre bout du couloir, s'assurant que personne n'était là pour la voir ou la suivre et fit tomber sa capuche sombre sur ses épaules d'albâtre. Et, d'un geste délicat elle ouvrit la porte qui la séparait encore de ce tombeau de sérénité et entra, laissant alors sa longue cape s'affaler nonchalamment sur le sol humide. Elle resta d'abord là, face à ce spectacle enivrant et laissa ses prunelles Ambroises caresser ce décor pur. Trop pur pour l'accueillir sûrement, mais bien assez pour la laver de ses pêchers. Pêchers ? Oui en ce jour elle ressassait son passé sanglant et ses pulsions meurtrières. Elle... Regrettait... ? Non. Pas le moins du monde. Ou peut-être un peu... Si. Elle ne regrettait pas ses faits en eux-même mais la façon dont elle en était venue pour en arriver à ce point de Monstruosité. Jamais dans son enfance elle n'avait voulu cela. Jamais Ô grand jamais elle n'aurait voulu avoir un quelconque attrait similaire à sa mère. Jamais elle n'aurait pu croire qu'on puisse, par haine, en arriver à de telles extrémités. Elle était ce qu'elle était et rien ne pouvait changer cela maintenant. Quand bien même l'aurait-elle voulu... Dans la plus grande horreur, dans l'apogée de l'avilissement de son être elle avait rencontrée une perle, un être exécrablement parfait. October. Lui savait, lui l'avait vue changer et devenir celle qui allait être le plus grand Fléau de Nightmare Land. Les gens avaient-ils vraiment craint Caïn ? Ils allaient alors devoir trembler devant l'évocation seule du Nom de Mélusine. Si Caïn était le Cerbère des Enfers, Mélusine était autrement, plus grandiosement, le pire Cauchemar que l'Univers aie eu l'honneur de jamais porter... Vous n'aviez qu'à la regarder dans les yeux pour sentir vos entrailles se dissoudre, vous n'aviez qu'à l'approcher pour sentir votre âme vous quitter...

Tout n'était là qu'artifices. Que jeu, douce Mascarade et mise en scène... Mélusine aimait faire peur, aimait intimider. Ce rôle lui allait à la perfection, lui collant à la peau bien plus souvent qu'elle ne le voulait réellement. Car à trop jouer avec les gens, la solitude finit par peser. Oh... Elle se complait bien dans cette solitude car ce n'est que dans ces rares moments qu'elle peut enfin être... Elle. Ou en tout cas l'enfant qu'elle a laissé derrière elle.
Confus hm ? Si peu... Quoiqu'elle même se perd dans les méandres de son esprit rendu malade par le temps et les évènements d'une vie dissolue et trop souvent hors de son contrôle.

Quoiqu'il en était, Mélusine se dressait, fière et orgueilleuse devant ce qui se trouvait être son purgatoire, son exutoire et son... Bénitier.
Elle repoussa le battant de bois derrière elle pour refermer la porte mais le trop peu d'élan laissa une étroite ouverture qu'elle ne prit pas la peine de remarquer, déjà emportée dans les tourments de son innocence perdue.
La large cascade qui se déversait du haut plafond, sur sa droite, offrait à la surface de l'eau un remous calme et sans écume. Le reste des murs, ornés de végétation aquatique, laissait un fin rideau d'eau couler doucement jusqu'au sol miroitant. Plus l'on s'enfonçait dans cette pièce et plus la profondeur de 'eau croissait pour finalement délester le visiteur de son appui du sol.
Au fond de ce temps de Purification, dans l'angle de la vaste pièce trônait un îlot nu de toute chose qui permettait seulement que l'on puisse s'y allonger. A plusieurs. C'était bien trop de place pour la seule Mélusine qui s'aventurait là. Quoique son esprit aurait pu être si lourd que l'îlot aurait été submergé, engloutit par les flots de ce temple...
Et là, sur la surface claire de l'eau flottaient, éparses, des écorces, quelques planches artisanalement vieillies et abimées pour paraitre arrivées ici le plus naturellement du monde. Comme si quelque part entre la densité des plantes qui recouvraient le mur se trouvait un passage vers un autre Eden et que ces flottants étaient la preuve intransigeante de l'existence de ce jardin perdu...
Et pour accentuer une luminosité ambiante claire, des miroirs avaient été perchés ça et là, au hasard, offrant à la pièce un air solennel de sanctuaire sauvage.

Le regard perdu dans le vague et ses épaules lasses, accablées par le poids d'une vie infernale, Mélusine fit un pas. Lentement. Puis un autre. Plus elle avançait plus l'eau montait et plus elle se sentait sereine. Elle défit la boucle de sa robe contre sa clavicule et lâcha la broche en argent qui emporta toute sa Romaine sur la surface de l'eau. Elle fit un autre pas. Elle prenait un temps fou, chacun de ses gestes maladivement lent pour savourer ces instants de douleur mentale. Avant d'aller mieux, elle devait aller mal. Au plus mal, pour broyer son esprit, détruire sa psyché et se reconstruire de nouveau. Plus fière et forte qu'auparavant. Plus apprêtée pour les évènements futurs...

Immergée jusqu'au dessus de la taille, la Maitresse de tout un monde se laissa tomber, épousant les courbes aquatiques, laissant chaque goutte d'eau frapper sa peau pour briser sa cuirasse et aller laver son être. Elle se laissa emporter par le faible courant, retenant son souffle, fermant les yeux et se laissant ballotter. Elle attendit quelques secondes encore avant de resurgir de cette eau, rompant la tranquillité apparente de la surface miroitante de l'eau. Doucement elle repoussa ses boucles blondes pour dégager son visage, doucement et essuya son visage de ses mains porteuses en temps normal de sang. Doucement elle soupira, expia ses pêchers. Quelques larmes vinrent se confondre avec l'eau qui perlait encore sur ses joues.

Mélusine aurait pu passer des vies entières, inerte, sur cet îlot, à tenter de tuer sa culpabilité, à dompter son innocence et enterrer sa conscience... Ou alors à pleurer. Simplement pleurer. Ici, personne ne la voyait, personne ne la dérangeait, personne ne la jugeait... Un véritable paradis en soi. Son corps et son esprit n'appartenait qu'à elle.

Doucement, elle s'immergea de nouveau, en position foetale avant de commencer à nager sous l'eau, tournoyant, dansant lentement dans ce monde inerte où la lumière et les sons eux même peinaient à entrer.
Lentement elle remonta tout en se dirigeant vers son îlot perdu. Elle se hissa au dessus et s'entendit mollement, respirant plus fort et plus vite qu'à l'accoutumée. Les yeux clos, elle se laissa aller, tentant de se calmer. Le flot de ses pensées dissoutes se réintégra,s'imbriqua dans sa tête pour que la réalité la frappe de plein fouet encore une fois... Sa poitrine se souleva en hoquets confus et les larmes vinrent de nouveau inonder ses joues alors qu'aucun son ne sortait de ses lèvres. Que les larmes coulent était une chose, qu'elle pleurer en se lamentant en était une autre...

La jeune femme entra alors dans sa phase traditionnelle de mutisme. Son incapacité à faire face à trop d'émotions contradictoires la poussait dans ses retranchements les plus bas pour lui laisser le temps de se consolider. Elle resta là, inerte, étendue, nue sur son îlot, ses yeux ne se fermant presque jamais. On aurait pu la croire morte si l'on ne s'attardait pas assez longtemps pour déceler de légers signes de vie...

Elle devait réfléchir, penser, rationaliser de façon pragmatique pour ensuite se relever. Le plus naturellement du monde, c'est vers October que ses premières réflexions se tournèrent. Que penserait-il d'elle s'il la voyait ainsi ? Son image en serait-elle bafouée, amoindrie, déformée ? La regarderait-l avec les mêmes yeux que maintenant ? Cet être qui comptait tant pour elle, en qui elle avait toute confiance et à qui elle confiait tout... Enfin. Presque. Oh bien sûr il connaissait ses penchants coupables et ses émois. Bien sûr il savait qu'au font elle était devenue celle qu'elle était par choix certes, mais surtout par dépit. A-t-on vraiment le choix quand d'un côté une vie d'esclavage sans fin s'offre à nous et que de l'autre le pouvoir vous attend ? Le pouvoir ne l’intéressait d'abord pas, elle ne voulait que sa liberté, que sa vie d'avant sans Lui. Sans Caïn. Et ensuite, les années passant, oui, elle a vu en cette liberté le moyen de se venger, d'expier sa douleur dans celle des autres. De faire payer... Mais à qui ? A ceux qui ne sont pas morts, qui restent et qui eux n'ont rien fait à part exister sur ses terres...

Au fond elle n'avait fait le choix que de se battre pour son bonheur, elle n'avait fait que le choix de ne plus être un jouet et de changer sa destinée...
La jeune fille qu'elle était a trop vu d'horreur et en a trop vécu pour rester imperméable à cet univers de mort et de souffrance. Alors elle a appris dans l'adversité et le sang, elle s'en est imprégnée pour finalement faire parti de ce tout... Être ce tout.

Son Être entier avait été forgé dans l'horreur de Nightmare Land. Son existence elle-même reposait sur des actes sans nom, découlait d'une histoire sordide et glauque. Elle était prédestinée à être ce qu'elle était devenue, quand bien même c'était là la dernière chose qu'elle avait souhaitée... Elle, Mélusine Javrette avait courbé l'échine face à son Destin Sanguinaire. Elle, Maitresse de Nightmare Land s'était résignée et avait rendu les armes face à ce que les Dieux avait décidé pour elle... Contrainte, elle avait accepté. Enfin « contrainte »... C'était encore là une façon pour elle de se déculpabiliser en son fort intérieur.

October savait tout ça, comprenait, voyait... Mais voyait-il à quel point le dilemme intérieur de sa Maitresse était grand ? Sûrement pas. Peut-être... Nul ne le savait et Mélusine n'allait pas s'aventurer sur ce terrain. S'il le savait, c'était un bien pour elle qu'il la regarde encore avec autant de... Dévotion. Et s'il l'ignorait, c'était autrement bien. Encore fallait-il qu'il ne l'apprenne pas. Qu'adviendrait-il alors de leur relation... ?

Sa main vint se poser sur son front comme pour apaiser le tonnerre qui grondait dans sa tête... Elle soupira et referma ses yeux en soupirant. L'Enfant qui sommeillait en elle se réveillait petit à petit. Il était là tantôt pour la rassurer et la consoler, tantôt pour lui faire voir en face la Monstruosité de son Existence... En ces lieux, dans cette chambre, Mélusine laissait vivre cette petite fille qu'elle avait jadis été, pour retrouver un semblant d'humanité et de... cœur.

Un léger courant d'air la sortit de sa torpeur ; la forçant à tourner la tête vers l'origine de cet élément perturbateur. La porte avait été poussée...
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MessageSujet: Re: « Toutes les choses vraiment atroces démarrent dans l’innocence. »____Ernest Hemingway [Pv. Alice.] Jeu 29 Déc - 1:01

    Pour bien préparer le thé, il faut : de la belle porcelaine, de l’eau bien chaude, un bon thé, des petits gâteaux et surtout des invités. Alice regardait autour d’elle pour savoir si tout était là. Elle avait une petite table rose qui lui servait à recevoir ses invités, de la belle porcelaine rose et violette qu’elle avait spécialement sortie pour tous ses amies, elle compta une vingtaine de gâteaux et commença à compter ses invités. Il y avait ces trois poupées favorites, celle avec qui elle aimait jouer et qu’elle montrait très souvent à Spicy et il y avait trois petits lapins, dont son préféré, le petit tout rose. Elle s’avança près de la table et attrapa la jolie théière qu’elle utilisait quand elle recevait du monde, sa petite théière à elle qu’elle aimait beaucoup, voltigeait au-dessus de la tablée. Oh, il n’y avait pas d’eau dans la théière. Elle tourna la tête de tous les côtés cherchant de l’eau. Il n’y avait rien, elle se sentit un peu triste, elle n’allait pas pouvoir servir le thé. Meadow lui avait toujours dit qu’une bonne tasse de thé était un remède pour les soucis, mais sans eau pas de thé et sans thé, les soucis restaient. Elle décida de partir en quête. Comme dans le temps des chevaliers, les preux chevaliers des histoires que lui racontait Arielle.

    Sa théière dans une main, son lapin rose dans l’ autre, sa petite théière qui voltigeait derrière elle, elle était fin prête pour partir en chasse. Le but : l’eau. Elle sortit de sa chambre et marcha dans les longs couloirs de l’Ambroise. Sa démarche était assez chancelante et elle parlait toute seule. Enfin, elle parlait à sa petite théière qui volait autour d’elle, mais comme personne ne la voyait, chaque personne qui la croisait la regardait avec ce drôle d’air qu’avaient ces méchants gens en blanc. La jeune fille frissonna quand elle y repensa et s’arrêta en plein milieu du couloir. Elle se balançait sur ses jambes d’avant en arrière, de droite à gauche. À force de rester dans la chemin, elle se fit légèrement bousculer par un client un peu trop pressé, la travailleuse d’ailleurs, se retourna et s’excusa rapidement auprès d’Alice avant de rentrer dans une des chambres. Elle était près du grand hall, si les chambres normales étaient ici. Elle tourna la tête à droite et à gauche, elle ne savait plus par quel côté elle était arrivée. Finalement, elle se remit à marcher et prit la direction qui allait la mener … au hall.

    Oh il y avait un brouhaha infernal dis donc. Son pauvre petit lapin gigotait dans tous les sens effrayé et sa petite théière avait disparu. Elle aperçut au loin Arielle, celle qui lui racontait de belles histoires, peut-être avait-elle de l’eau ? Mais Alice avait un peu peur de traverser cette salle remplie de personnes qu’elle ne connaissait pas et qui de plus, étaient bien bruyantes. Elle regarda de tous les côtés et aperçut une porte à l’opposé de là où elle se trouvait, elle décida de s’y diriger, mais fut arrêté à mi-chemin par un monsieur qui ne marchait pas très droit.

    « Eh bah alors petite, tu t’es perdue ? » Il avait ce drôle de sourire qu’on les grandes personnes, mais dont la signification échappait toujours à la fillette. Son regard divagua bien que l’homme lui parlait toujours « ça te dirait de venir avec mes amis, tu pourrais peut-être nous servir quelque chose à boire, hein ? C’est pas un truc pour le thé que tu tiens là ? Tu sais que tu es mignonne, petite»

    Pour accompagner ses paroles, il lui attrapa le bras afin de l’emmener près de sa bande beaucoup trop bruyante. Mais Alice prit peur et se débâtit en criant, elle lui asséna un coup de pied dans les genoux et partie loin de lui en courant et en pleurant sous les jurons de l’homme qui gueulait comme un ivrogne. Elle poussa la porte et la referma en tremblant. Elle s’appuya contre la porte et glissa jusqu’à s’asseoir par terre. Son lapin sauta de ses bras et alla se cacher sous une chaise posé dans le couloir. Le petite fit glisser sa théière et attrapa violemment ses avant-bras, enfonçant ses ongles dans la peau. Elle avait eu peur. Elle avait peur. Elle avait beaucoup trop peur. Mais qui étaient donc ces vilains messieurs qui avaient voulu l’emmener. Son maître n’aurait pas été content du tout. D’ailleurs, elle ne se souvenait même plus de son nom, elle ne se souvenait plus de grand-chose à l’instant présent, si ce n’est le noir, le rouge, les piqûres. Elle hoqueta et faillit s’étouffer à force de pleurer, elle attrapa vivement ses pilules dans la poche ventrale de sa robe bleu et en avala six. Qu’elles étaient belles ces pilules multicolores.

    Doucement sa respiration retourna à la normale et la fillette se calma, ses pleurs cessèrent. Elle rangea la boîte et vit qu’elle avait un peu taché sa robe, et puis des traînées rouges ornaient ses bras. Elle les regarda avant de penser qu’elle devait aller chercher de l’eau pour ses invités qui attendaient le thé. Elle oublia les dernières minutes, attrapa sa théière et partit à la recherche du liquide précieux ; au passage, elle récupéra son lapin caché sous le fauteuil et explora le couloir légèrement sombre. Alors qu’elle marchait, elle aperçut un filet de lumière sur le sol, elle le suivit du regard et se retrouva face à une porte non-fermée. Curieuse, elle se décida pousser la porte en bois afin de voir ce qui se cachait derrière.

    Ooooh ! De l’eau. Beaucoup, beaucoup d’eau. La fillette était émerveillée à la vue de temps de liquide précieux. Elle s’accroupit pour poser son lapin qui renifla les alentours, faisant bouger ses petites moustaches. Alice s’avança jusqu’à l’eau et vit son reflet, elle aperçut des traces noires qui avaient coulées de ses yeux à ses joues, elle les essuya avec sa manche en reniflant. Ce qui s’était passé il y a quelques minutes venait de ressurgir. Elle resta un instant à observer l’eau avant de lever la tête et de voir une petite île qui abritait déjà quelqu’un. Elle ne la reconnaissait pas et ne releva même pas le fait que la jeune femme était nue. Alice pensait encore comme une enfant, l’innocence l’habitait dans les moments où elle n’avait pas ses crises.

    « Excusez-moi madame, je ne voulais pas vous déranger, mais je cherchais juste de l’eau afin de servir le thé à tous mes amis. » dit-elle de sa voix d’enfant. Puis elle reprit, enfin, là, elle se parlait plus à elle-même qu’à la dame de l’île. « Je me demande si l’eau est chaude ou froide, ça serait bien si elle était déjà chaude, comme ça, j’aurais juste à mettre le thé sans faire attendre mes invités … mais si elle est chaude, je vais me brûler … et puis je ne veux pas retourner dans cette pièce bruyante … ils vont me voler mon thé…. Ne t’approche pas trop de l’eau, petit lapin, tu vas tomber»

    Alice aurait très bien pu faire une conversation à elle seule avec toutes ces divagations, mais au bout d’un moment, elle se tut, se ré-intéressant à la jeune femme qui se trouvait sur l’îlot. Elle se demandait bien comment elle avait fait pour aller tout là-bas. Alice ne savait pas nager, elle n’avait jamais appris et à chaque fois qu’elle tombait dans la cascade en chocolat de Wonderland, elle remontait automatiquement à la surface ou se faisait repêcher par plein de papillons.

    « Vous avez marché sur l’eau pour aller tout là-bas ? Ou vous avez enlevé l’eau et vous l’avez remis après ? »

    Elle se souvenait d’une histoire d’Arielle où un monsieur avait marché sur l’eau pour se sauver de méchants qui le pourchassaient. Alice s’assit sur le sol et posa sa théière, regardant autour d’elle. Que c’était beau ici.

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« Toutes les choses vraiment atroces démarrent dans l’innocence. »____Ernest Hemingway [Pv. Alice.]

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