End Of Small Sanctuary [PV Armand] /!\ [Terminé]



 
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End Of Small Sanctuary [PV Armand] /!\ [Terminé]

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Silver SilentCryavatarprofil +
MessageSujet: End Of Small Sanctuary [PV Armand] /! [Terminé] Mar 8 Mai - 16:20

La main qui se resserrent sur les os fragiles, les jambes qui glissent sur une peau humide de sueur, les orteils qui se crispent sur les draps, les tiraillant, cherchant un point d’appui, les dents qui se plantent dans la chair de la joue pour retenir des grognements. Une mécanique qu'il connaissait par cœur, depuis des dizaines et des dizaines d'années, qui était devenu presque une habitude. Mais bon sang, qu'est-ce que ça pouvait être désagréable lorsqu'on arrêtait de pratiquer pendant à peine quelques jours! Son corps était raide au possible, paralysé par la sensation de gêne entre ses reins. Il ouvrait parfois un œil pour observer le visage de son client crispé dans une grimace de plaisir que Silver jugeait avec un vague intérêt tinté de dégoût. Mattiew était un "bon client" selon les dires du brun. Pas spécialement vulgaire ni violent, sauf lorsque, comme aujourd'hui, Silver n'était pas spécialement disposé et montrait quelques réticences à écarter les cuisses. Ses poignets entrechoqués par la main de l'homme lui faisaient un mal de chien, bien plus que son bas ventre irradié. Mais s'il avait bien une chose dont l'adolescent avait horreur, c'était de mal faire son travail lorsqu'il s'y mettait "sérieusement", quand bien même l'expérience n'était pas agréable. Même s'il s'agissait de la profession la plus dégradante qui soit, il mettait un point d'honneur à satisfaire ses clients lorsqu'il était plus ou moins disposé. Non pas que le gérant l'inquiétait, loin de là. Il savait pertinemment qu'on pouvait lui refaire le portrait, chaque rondeur de son visage délicat se reconstituerait en quelques heures à peine. Et après ce qu'il avait vécu, il avait également compris qu'il pouvait encaisser toute la douleur physique nécessaire. Mais voilà, ce qui le dérangeait réellement dans l'optique de ne pas satisfaire "ses hommes" - comme il les appelait - c'était plutôt que son charme soit remis en cause et que l'on le raille à ce sujet. Ça, il ne le supporterait pas.
Il avait conscience d'être très loin d'être la - le- prostituée le plus apprécier de la maison et de ne pas être celui qui avait le plus de client au compteur. Mais il avait tout de même sa petite clientèle régulière à laquelle il tenait sans en avoir l'air. Pas pour l'argent non. Seulement pour sauver les apparences. Ce n'était pas un secret que ses quelques collègues de l'Ambroise le considéraient plus comme une sangsue feignante que comme un véritable travailleur. Mais qu'est-ce qu'il y pouvait lui si malgré son habitude de les renvoyer chez eux pour x raisons ils revenaient toujours dans ses bras au final? Silver avait un peu de chance dans son malheur... Il leva les yeux vers Mattiew qui venait de s'asseoir sur le bord du lit et roula sur le côté, ignorant la douleur qui subsistait au creux de ses reins. Il rampa doucement jusqu'à lui et se redressa pour enlacer ses épaules.


"Reste avec moi cette nuit... Je ne veux pas dormir seul, je fais des cauchemars..."

Il n'attendait rien de lui, ni des autres d'ailleurs. Ce type était marié, il cherchait seulement à s'échapper de son quotidien, et surtout de sa femme. Mais de là à tout plaquer et à s'attirer des ennuis pour une fille de joie... Silver fronça les sourcils. L'infidèle aura ce qu'il mérite un jour, les autres aussi... Lorsqu'il décidera de péter les plombs et de les enfermer dans son placard pour les laisser s'entre-tuer. Au moins ainsi il ne risquait plus de se sentir seul... Quoique au final, il préférait certainement être seul que de supporter ces hommes mal-aimants. Alors en attendant de trouver un moyen de se venger du monde, il se montrait docile et espérait vainement qu'on lui accorde la faveur de le rassurer pendant une nuit. Mattiew se pencha sur lui, déposa un baiser sur son front pâle, lui promis de revenir - ce dont le jeune homme ne doutait pas le moins du monde- et se dirigea vers la porte en enfilant sa veste. Le battant grinça, ne se referma pas complètement, comme d'habitude. Silver était seul, encore. Toujours.
C'était un peu l'histoire de sa vie au final, il n'avait pas à s'en plaindre. Il leva les yeux vers le plafond étoilé de sa chambre. Sa lampe de chevet éclairait la pièce d'une lueur presque fantomatique. Son nid, son cocon. Ce qu'il avait bâti dans l'espoir de pouvoir au moins perdre pied quelque part. Les dessins sur ses murs n'étaient qu'un nouveau départ en comparaison de ceux qui couvraient sa chambre à Nigtmare Land. Ici on pouvait voir çà et là des vers écris, des étoiles qui prolongeaient celles de son plafond, des oiseaux osseux et des fleurs fantastiques. D'autres encore représentaient des humains, des personnes ayant croisé son chemin, avec qui il avait tissé des liens. Il y avait une enfant représentée de dos, le bas de son corps non terminé semblait se consumer sur lui-même. Il y avait un homme au regard peu rassurant rattrapé par les tiges épineuses des fleurs dessinées un peu plus haut. Il y avait une jeune fille au regard vide irradiant d'innocence: Alice, la Alice. Et il y avait un homme, la noiraude préférée de Silver, son amant. Il pouvait d'ici imaginer la réaction de ce dernier s'il s'était retrouvé nez à nez avec ce dessin... "Tu dessines des gens sur tes murs Bestiole, t'as besoin de te sentir veillé?" ce à quoi il aurait répondu "Vas te faire foutre."
La Bestiole en question sourit à cette penser et s'allongea sur le dos pour se faufiler jusqu'en haut de son lit, soulevant les couvertures bleu nuit pour se lover en dessous, ne laissant dépasser que quelques longs fils ébène. Il ne voulait pas dormir, il savait qu'il risquait de faire encore un cauchemar. Mais il n'avait pas envie de bouger non plus... Il serra la peluche défraichie de chèvre contre son torse frêle. Il en avait fini pour la soirée, ça avait été le seul client, et celui de trop. Il se sentait parfaitement bien ici, dans son cocon de chaleur. Il se sentait flotter dans du coton, loin de tous les tracas de l'Ambroise. Cet endroit, c'était son petit sanctuaire personnel. Oui, c'est ce qu'il songea avant d'entendre des bruits de pas feutrés dans le couloir des clefs et de se recroqueviller sur lui-même. Pas pour lui, qu'on aille en ennuyer un autre, par pitié...

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Si je regarde en arrière, qu'obtiendrais-je de mon passé ?
Que m'apprendront ces réminiscences, ces souvenirs troublés ?
Sur la route de l'aurore, je marche sans m'arrêter.
Vers la lumière de mon avenir et de ma vérité.
La chaîne de mes souvenirs jamais ne se brisera.
Je garderai chacun de ces liens au plus profond de moi...


Dernière édition par Silver SilentCry le Jeu 24 Mai - 16:12, édité 2 fois
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Armand Kuroïavatarprofil +
MessageSujet: Re: End Of Small Sanctuary [PV Armand] /!\ [Terminé] Mar 8 Mai - 17:42

Tous. Tout le monde ici, en Ambroise, semblait fuir quelque chose : noyant leur accablement dans l'un des sept péchés capitaux, de préférence la luxure, et semblant ignorant de la guerre et du chaos qui régnait dans les coulisses du théâtre de leurs illusions.
Armand était passé en quelques jours de l'agacement à la méditation, puis finalement à l'action. Agacé que son petit plan se soit interrompu avec Alice, méditant ensuite à ce qu'il devrait faire, puis se dirigeant finalement vers son nouvel objectif.
Il avait joué le jeu, se fondant dans la masse, parlant avec les autres clients afin de savoir comment les choses se passaient ici, quelles étaient les personnes intéressantes et les lieux importants. Il entendit les client vanter les mérites de leur clef préférée, n'étant jamais avar de détails toujours riches en vocabulaire. Le jeune-homme se contentait d'acquiescer à chaque fois, encourageant toujours les autres à continuer de parler. Parfois on lui demandait ce qu'il en était pour lui, quelle était sa préférée et quel genre d'acrobaties il avait effectué : en réponse à cela il avait une phrase toute faite qu'il ressortait à chaque fois :


-"Moi, ma préférée c'est la petite blonde, comment s'appelle-t-elle déjà ... ? Alice ! Heureusement que Paupaul est pas claustrophobe, parce que moi j'aime quand c'est bien serré !"

Après quoi, en général, les gens le regardaient comme on regarde un homme sans scrupule et même cruel sur les bord. Puis l'interlocuteur changeait subitement de sujet, à chaque fois. Armand aimait ce mensonge, cela le faisait rire, observant les réactions choquées d'hommes ayant pourtant pratiqué mille fois pire qu'un simple coït. Mais il semblerait que les tendances pédophiles, même en ces lieux, pouvait encore choquer certaines personnes.
Finalement, au bout de quelques heures passées à boire des jus de fruits exotiques et des limonades (il ne supportait pas l'alcool), Armand décida de se diriger vers le couloir des Clefs. Après tout ce qu'on lui avait raconté et les informations qu'il avait réunis sur les filles qui se trouvaient dans ces chambres, il était tout excité à l'idée d'en rencontrer une.
Non pas que ses besoins d'homme étaient intenables, mais son objectif devait continuer d'être ciblé, puis atteint. Les Clefs était la Clé vers les véritables seigneurs de ce chaos, ceux qui faisait de ce qui aurait dû être un paradis ; un véritable enfer.
En marchant d'un pas souple dans les couloirs, il croisa un homme qui venait en sens inverse ; celui-ci avait l'air stressé bien qu’apparemment satisfait. Et lorsqu'il croisa le jeune-homme, il lui adressa un signe poli de la tête en ralentissant le pas. Armand en profita pour lui poser une question, à tout hasard.


-"Bonsoir. D’où venez-vous dites-moi ? Est-elle disponible ?"

Il semblerait que cette formulation soit la bonne lorsque l'on demande à quelqu'un quelle Clef il fréquente et si il la recommande ou non. L'homme réagit alors avec un sourire et fit un vague geste de la main en direction du couloir.

-"Bonsoir ; oui bien-sur, mais il faut apprécier le genre ..."

Armand, tout heureux de pouvoir placer sa réplique, eu un sourire pervers et répondit avec un léger haussement d'épaules.

-"Oh, moi vous savez, j'aime bien les petites filles innocente, alors niveau tordu ..."

Il s'effrayait lui-même à parler aussi aisément comme un beauf libidineux, il nota dans un coin de sa tête : ne surtout pas prendre l'habitude.
L'homme plus âgé que lui eu un petit rire d'assentiment et se caressa le ventre en répondant au jeune, sur un ton légèrement hésitant.


-"Hé bien en fait c'est un garçon. Et ... Dans son allure général il fait plu tôt ... 'Voyez ?"

Disant ce dernier mot, il fit un geste rotatif de la main, comme pour signifier une ambiguïté. D'ailleurs c'était exactement cela, Armand savait de qui il s'agissait et le mot ambiguë était plus que bien choisit. Il fit un geste de remerciement à l'homme et lui lança par-dessus son épaule, tout en s'éloignant :

-"Je vais aller lui rendre une petite visite alors, merci !"

-"Y a pas d'quoi."


Il avançait à travers le couloir à pas pressés. Il avait vu d’où l'inconnu était arrivé et avait enregistré l'endroit qu'il avait pointé du doigt. D'ailleurs, la porte était encore entre-ouverte ; il ralentit alors le pas, souhaitant rentrer avec précautions. D'ailleurs, il ne résista pas à l'envie de jeter un œil à l’intérieur de la chambre, avant même de rentrer.
De la ou il était, il ne voyait qu'une chambre mal rangée d'un ado mal dans sa peau. Une chambre était toujours le reflet de l'âme d'une personne : et cette âme la semblait faible et de par le fait pleine d'accablement qu'elle subissait sans pour autant lutter contre. C'était tout à fait le style qu'il imaginait à ce travesti qu'il avait vu la dernière fois chez Alice.
Il poussa alors doucement la porte et entra tout en donnant deux coups sur le battant, par réflexe poli. Le reste de la chambre était égale à ce qu'il en avait vu avant d'entrer, chaotique. Son visage était sans expression tandis qu'il réfléchissait et calculait à toute vitesse les moindres détails autour de lui.
Sur le lit proche, il n'y avait personne, juste une grosse boule de couvertures entassées, comme un enfant qui se cacherait dessous. Et d'ailleurs, il y avait toute les chances pour que ce soit le cas. Mais Armand n'était pas du genre à arracher sauvagement la cachette des gens qui essayaient de fuir ; il était autrement plus pervers.
Il regarda longuement autour de lui et trouva finalement quelque chose d’intéressant : un genre de feutre noir à la mine épaisse qui semblait avoir déjà été utilisé. Il en retira le capuchon et l'emboita à l’arrière du feutre, puis il s'avança vers le mur le plus proche du lit, faisant semblant de ne rien voir, ne jetant même pas un œil. La personne cachée la-dessous aurait tout aussi bien pu montrer sa tête qu'il ne l'aurait pas vu.

-"Bien bien bien ... Je vais apporter ma patte à cette œuvre. Devrais-je dessiner un visage de clown plein de vie et au sourire gigantesque ? Ce serait surement très effrayant de nuit, pour les âmes sensibles ..."

Il se tourna alors vers le lit, attendant la réaction de la créature qui s'y cachait. Il jonglait machinalement avec le feutre entre ses doigts : celui-la était vulnérable, facilement manipulable. Il aurait peut être même dû commencer par la.
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Silver SilentCryavatarprofil +
MessageSujet: Re: End Of Small Sanctuary [PV Armand] /!\ [Terminé] Mer 9 Mai - 13:52

Silver se liquéfia littéralement dans les draps. Magnifique, merci, saloperie de hasard. Encore un pour lui. Il préférait autant continuer de faire le mort, ça avait tendance à être légèrement décourageant pour les affamés qui arpentaient les couloirs de la bâtisse... L'odeur... L'odeur de son client le perturbait légèrement. Elle était étouffée par sa propre odeur, celle de ses draps, celle qui imprégnait toute la pièce. Mais il ne s'agissait pas de l'un de ses clients habituels, loin de là. Pourtant, il connaissait cette odeur furtive, mélange subtile de souffre et d'encre. Est-ce qu'il avait envie de savoir? Pas le moins du monde. Est-ce qu'il allait avoir le choix? Non, bien évidemment. La voix de l'intrus le tira de sa torpeur et le fit frémir de dégoût. Dans le mille. Fallait que cet emmerdeur vienne lui pourrir la vie jusque chez lui? Dans SA chambre, SON territoire. Mais ici, c'est lui qui tirait les rennes, pas ses clients.
L'adolescent se redressa sur ses avant-bras et laissa émerger son dos qui vinrent lécher des mèches d'encres pour finir jusqu'à chatouiller ses cuisses. Il empoigna la couverture sombre et la ramena à lui pour dissimuler ce qui avait besoin de l'être. Sa condition de prostituée ne l'empêchait pas de faire preuve de pudeur, surtout envers ce genre de déglingué. Bien, maintenant le bras de fer mental allait pouvoir commencer. Que l'autre pense ce qu'il voulait, le brun était loin d'être si fragile que l'on pouvait le croire. Du moins... Si, il était fragile, et déjà brisé même. Mais il avait un masque pour protéger tout ça. Et il était sur son terrain, ce qui achevait de lui donner confiance en lui. Il s'assit sur le bord de lui, croisant les jambes en maintenant le drap contre son torse maigrichon. Ainsi, il ressemblait à si m'éprendre à une femme, une jeune adolescente encore mal formée. Parce que au fond, qui à première vue avait pu deviner le sexe de Silver sans qu'il ne l'avoue lui-même? Pas grand monde. Il avait le visage rond, la figure d'une poupée de porcelaine figée. Son corps était fin, ses hanches étroites, ses poignets et ses chevilles délicats. A bien y songer, il aurait pu être un enfant, un jeune adolescent, s'il n'avait pas dépassé la vingtaine en réalité. Il leva mollement un bras, se composant une expression en levant un sourcil.


"Il y a des choses beaucoup plus effrayantes ici... A ce propos, la peinture pour les murs est là-bas, ça c'est juste pour écrire."

Dessiner grossièrement sur son mur avec un simple feutre noir, et puis quoi encore...? Aucun sens artistique, c'était déprimant... Un clown, c'était d'une stupidité... Le brun se leva en serrant sa couverture, glissant ses doigts sur le mur le plus proche, effleurant de ses ongles vernis de noir les arabesques psychédéliques qui faisaient de sa chambre ce sinistre délire d'adolescent défoncé. Il observa fixement son visiteur inopportun. Vraiment pas pour lui déplaire. Ça aurait été préférable s'il avait été privé de la parole et par la même occasion de son attitude exécrable. Il avait au moins le mérite d'avoir un physique un tant soit peu avantageux aux yeux du propriétaire de la chambre. Mais ce dernier se doutait que le gêneur n'était pas là pour... Profiter de ses performances sexuelles. Et où avait-il obtenu l'emplacement de sa chambre au juste? Il ouvrait chaque porte du couloir des clefs depuis tout à l'heure? Et pourquoi trouvait-il un intérêt à venir le voir au juste? Ah... Il n'avait certainement pas apprécié sa petite entrée fracassante de l'autre fois dans la chambre de la petite Alice. Pour sa décharge... Ce jour là, le jeune homme n'était pas du tout dans son état normal, loin de là... Et il avait horreur qu'on s'en prenne à des enfants, que cela eu été de manière perverse ou non, cela revenait au même.
Mais peu lui importait. Il lui fallait jouer le jeu pour le moment, tant que l'autre n'évoquait pas le sujet. Après-tout il était nouveau ici, c'était un client parmi tant d'autres de la même espèce. Et ce n'était certainement pas la jeune clef qui allait pouvoir le téléporter où que ce soit...


"Pour l'information, et vu que je vais être ton serviteur pour la soirée, je m'appelle Silver, Silver SilentCry. Mais vu que tu m'as choisi, tu le sais peut-être déjà..."

Il lui fallait être le plus poli possible pour attirer cet homme dans ses filets. Il avait pris l'habitude, à force... C'était tellement simple, de séduire les affamés... A part peut-être si l'affamé en question l'avait appelé "méchant travelo" quelques jours plus tôt. Comment lui dire au juste... Comment lui faire comprendre que si son corps était si étrange ce n'était absolument pas parce qu'il l'avait désiré? Il souffrait déjà suffisamment des moqueries dû à ce satané corps asexué pour qu'un petit cafard se permette de lui faire la remarque! Calme... Il devait rester calme et désirable en toute circonstance, quand bien même ce type ne venait pas là pour coucher, il n'était pas obligé de s'énerver et de le jeter dehors. Pour une fois, il allait prendre exemple sur Octo et serrer les dents tiens...

"Je suis là pour répondre aux moindre de tes désires, peu importe lesquels, c'est mon métier vois tu, et chez moi les clients n'ont pas besoin de se sentir oppressés par les jugements qu'on porte sur eux dehors..."

Il se faisait peur à lui-même à se montrer séducteur de la sorte. D'ordinaire il n'avait même pas besoin de lever le petit doigt, juste à s'allonger, à fermer les yeux et à laisser le temps passer en laissant vagabonder ses pensées. Mais l'autre était vraiment long à la détente. Silver avança vers lui d'un pas sensuel et décidé. Pour un fois et comme c'était rarement le cas, il se sentait vraiment être la créature qu'il était, qui se devait de séduire les hommes pour s'en repaitre. Il n'avait pas l'intention de dévorer ce rat, loin de là, mais tout était bon à prendre. Une fois arrivé à sa hauteur, il constata pour de bon que cet homme devait bien faire deux têtes de plus que lui. Quelle importance, la force physique ne comptait pas dans ce genre de situation. L'enfant lova sa joue contre le tissu de la chemise de son "client" et glissa une main jusqu'à sa ceinture.

"Alors, qu'est-ce que je dois faire pour toi.... Mon petit puceau..."

Le brun baissa à nouveau la tête pour dissimuler son visage tandis qu'un sourire diabolique barra ses traits poupins. C'était une hypothèse totalement en l'air, mais il était fière de son impertinence...

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Armand Kuroïavatarprofil +
MessageSujet: Re: End Of Small Sanctuary [PV Armand] /!\ [Terminé] Mer 9 Mai - 15:54

Armand avait appris pas mal de choses sur les Clefs. Illana lui en avait appris beaucoup au sujet des seigneurs, des téléportations dans d'autres mondes et même au sujet de vendre son âme en échange. Dans les salles commune, il avait appris que les clients étaient une bande d'âmes en peine, affamées et éternellement insatisfaites. Il avait appris que les clefs n'étaient au final que des catins de luxe dont le but était de vous amener insidieusement à offrir votre âme. Le jeune-homme avait rapidement ressentit un profond dégout : les choses étaient comme sur terre finalement ; on vous poussait à la consommation en vous faisant croire que cela vous rendrait heureux, pompant tout ce que vous possédiez. Mais il était à admettre que l'Ambroise battait des records, allant jusqu'à vous prendre votre âme.
Cet endroit avait le potentiel d'être un véritable Valhalla dont les Clef seraient les Valkyries, mais n'était au final qu'un univers aussi pourrie que la terre, si ce n'est plus. Armand se devait de faire quelque chose, il serait tel Odin, siégeant à la domination de ce monde et veillant à son bon ordre. Ainsi qu'au bien être de tous.
Sa détermination indestructible ne pouvait être stoppée que par la mort ; et encore.
Soudain, son attention fut détournée de ses pensées, la créature qui se cachait sous les draps venait de sortir, s'asseyant sur le bord du lit en tirant la couverture sur son corps, comme si il avait eu quelque chose à cacher.
Armand ne dit rien, écoutant attentivement ce qu'il avait à dire. Il eu un petit sourire amusé avant de répondre sur le ton de la conversation :


-"Tu as raison, des choses bien plus effrayantes ... Et j'ai pris le premier ustensile qui me tombait sous la main. Si seulement je savais dessiner."

Se disant, il récupéra le capuchon du feutre et le replaça par-dessus la mèche, il serait dommage de le laisser sécher.
La créature avait un comportement bien étrange ; quelle souffrance inintéressante se cachait donc sous un tel accablement psychologique ? Le jeune-homme n'en avait strictement rien à faire : il devrait dans un premier temps observer la Clef avant de savoir ce qui convenait de lui dire.
Et tandis qu'Armand allait déposer le feutre noir sur le bureau ou il l'avait pris, il entendit la créature se présenter. Son serviteur pour la soirée ? Ah, oui, c'était vrais, après tout, un homme qui rentre dans la chambre d'une prostitué, cela peut prêter à croire. Pensée purement ironique, bien-sur que tout le monde pensait qu'il venait la pour une passe.
Le jeune-homme réfléchit alors au nom qui venait de lui être présenté : Silver Silentcry.
Silver, l'argent ; symbole de la magie, de la nuit, de la fertilité et de la féminité ainsi que de l'illusion : un choix parfait. Silentcry parlait de lui-même, aucun commentaire de vint à l'esprit du jeune-homme. Il se contenta de dire :


-"Ça te va bien."

Il restait debout, juste à coté du lit, observant encore la chambre autour de lui, guettant tout de même les réaction de Silver. Il avait l'air totalement bloqué dans une attitude schématique, essayait il de cacher son malaise, ses craintes ? Pourquoi ? La réponse semblait évidente, mais Armand n'aurait jamais imaginé que la créature aurait possédée suffisamment de discipline pour se forcer ainsi.
Il lui sortit même une petite tirade sur le fait qu'il répondrait au moindre de ses désires et qu'il ne devait pas se sentir juger ou oppressé. Parlait il pour lui ou pour son client ?
Cette question intérieur arracha un nouveau sourire au jeune-homme qui se contenta de soupirer ouvertement en clignant lentement des yeux.


-"Desserre un peu les dents Silver, tu vas les abimer ..."


Être d'humeur taquine ne lui ressemblait pas. Et pourtant, il se sentait étrangement à l'aise dans la chambre de cette créature, le pourquoi restait encore un mystère cela dit.
Le sourire d'Armand s'effaça alors subitement, laissant place à un visage partagé entre la surprise et la curiosité. Silver s'était levé et s'était approché très près de lui, le tout à grand renfort de gestes sensuels et séducteurs : c'était un véritable talent qu'il possédait la.
Il se tenait contre Armand, celui-ci étant encore paralysé par la surprise. Il sentait quelque-chose, quelque-chose qui ne ressemblait ni à du désire, ni à de l'excitation sexuelle. Mais quelque chose d'étrange malgré tout. La dernière phrase de la créature eu fini de déstabiliser Armand, ce dernier haussant vivement les sourcils, il n'osait pas bouger plus pour le moment.


-"C'est l'intuition féminine qui te l'a fait deviner ? ... Arrête ça."

Il sentait cette créature contre son corps : elle semblait tellement vulnérable, tellement offerte. C'était sensé être un homme, mais quelque chose n'allait pas. Lorsqu'un homme en rencontrait un autre, il se mesurait à lui, essayait d'imposer sa supériorité et ensuite pensait à s'en faire un allié. Mais Armand ne ressentait rien de tout cela, il ne sentait qu'une présence vaguement masculine, si faible qu'il était inutile de s'y confronter, si abandonnée qu'il était inutile de la conquérir. Cette créature ne donnait qu'une seule envie : lui passer dessus sauvagement, la torturée jusqu'à ce qu'elle demande grâce, juste pour le plaisir de ressentir sa supériorité personnelle.
Le jeune-homme crispa ses épaules dans un frisson qui parcourrait tous ses muscles, attrapa Silver par les épaules, et l'écarta doucement de lui, le poussant jusque sur son lit ou il tenta de le faire assoir. Il aurait pu le balancer violemment, il aurait put ensuite se jeter sur lui pour lui faire subir toute les choses que la morale réprouve : mais un tel plaisir ; Armand devait impérativement s'en priver, car cela ne ferait que le ralentir. Il se sentait inexplicablement agacé, irrité. Frustration de ne pas avoir succombé à ses instincts ? Peut être.


-"Je ne suis pas venu ici pour élargir un peu plus ton ... Éventail de clients."

Il replaça une mèche de cheveux derrière son oreille avant de poursuivre, en profitant pour respirer un grand coup.

-"Je suis quelqu'un de très capricieux. Je ne prends jamais mon plaisir dans les choses qui me sont offertes. Maintenant, explique moi en quoi tu pourrais m'être utile, mis à part tes indéniables talents de séductrice."

Un sourire ironique se tartina littéralement sur visage. Il n'irait pas par quatre chemins avec cette créature, ne souhaitant pas s'aventurer dans de complexes discussions qui seraient restées stériles. En tout cas pas face à un détraqué pareil.
Armand rajusta sa chemise et chercha des yeux un endroit confortable ou s'assoir. Ayant repéré un siège plutôt confortable, il le tira près du lit et s'y installa. Il avait eu quelque-chose comme zéro virgule un pour-cent de chance de succomber au charme dévoyé de Silver, et c'était déjà trop à ses yeux. Il devait continuer à jouer les ascètes pour se renforcer.

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Silver SilentCryavatarprofil +
MessageSujet: Re: End Of Small Sanctuary [PV Armand] /!\ [Terminé] Mer 9 Mai - 18:26

Abandonné. C'était ce qui définissait parfaitement Silver oui. L'argent, le gris, à mi chemin entre le noir et le blanc, la poussière. Les cendres. Parce qu'à présent, oui, tout n'était plus que cendres. Souffrance, souffrance qui ronge, de plus en plus, jusqu'au point de non retour. Ce jour n'était pas encore arrivé. Mais il approchait, irrémédiablement. Peur, colère, désespoir. Si les yeux étaient le miroir de l'âme, alors ce n'était qu'un mensonge. Car personne ne pouvait soupçonner que, cachée sous ce corps gracieux et séducteur, il y avait cette âme qui avait depuis longtemps cessé de se battre. Cette âme recroquevillée sur elle-même, qui n'attendait plus rien du monde extérieur et qui hurlait contre ce corps, cette carapace qui la dissimulait. Oui, cent fois oui. Silver était un écorché vif, brisé, presque détruit. Presque. Il y avait toujours quelque chose, ces gens peints sur ses murs, Alice, October, des connaissances parmi tant d'autres, mais ceux qui le maintenaient debout, ceux qui lui disaient "lève toi et marche."
Il ouvrit les yeux, ou plutôt se força à les ouvrir. Il bougeait... Il... Le repoussait. De quel droit?! De quel droit ce cafard se permettait-il de s'incruster chez lui pour repousser ensuite ses avances? L'adolescent fronça les sourcils, une ombre sinistre passa sur son visage, en changeant l'expression comme s'il avait été transformé sur commande. Il paniquait, il paniquait ce petit client. Ce petit puceau, comme il l'avait appelé. L'hypothèse s'était avérée exacte et cela achevait de l'exaspérer. Il avait horreur de devoir apprendre la vie et surtout à des hommes déjà adultes. L'adolescence c'était fait pour ça non? Pour apprendre la vie, pour essayer tous les interdits, pour BAISER, bordel! A moins que ça soit lui qui avait expérimenté trop vite? Certainement, ce n'était pas comme si on lui avait laissé le choix. Une première fois ratée avait été la première pierre posée sur cet escalier le menant à sa déchéance. Quelque part, il comprenait presque la morale de cet homme. Lui aussi il aurait préféré avoir le choix de faire ça avec une personne qu'il aurait aim.... Non. Il n'aimait personne, il n'avait pas besoin d'aimer ni d'être aimé. Simplement qu'on lui foute la paix. Le bouillonnement intérieure de la créature se manifestait à peine en dehors de son psyché. Sa respiration s'était accélérée, il avait crispé ses muscles, ses pupilles s'étaient rétractées. Zen attitude.
Il souffla doucement, ferma un instant les yeux pour se calmer. Il l'avait sentit, ce trouble, cette incompréhension chez son visiteur. Il avait beau dire, il avait beau se persuader intérieurement, il n'était pas indifférent au corps que Silver avait imposé contre le sien. Il pouvait bien le repousser, il finirait bien par craquer. Le jeune homme se para d'un sourire charmeur et vint s'allonger sur son lit, laissant passer le drap entre ses jambes, suffisamment pour dissimuler sa pudeur, pas assez pour couvrir ses cuisses. Ce n'était qu'un jeu, un grotesque jeu de séduction...


"Je n'avais pas l'intention de te forcer à quoique ce soit, ne t'en fais pas..."

Il lui donnerait très bien de lui-même. L'enfant poussa le vice un peu plus loin, dégageant une jambe de la couverture pour l'étendre sur le matelas, venant effleurer le genou de cet homme visiblement bien frigide. Il fut cependant interloqué par la demande du cafard. Tiens donc, enfin un défi, ça changeait un peu... C'était un petit plaisir coupable, que de tenter de séduire un homme visiblement hétérosexuel jusque dans les tréfonds de ses entrailles. Son pied dériva jusqu'à cet endroit qu'il zieutait sans vraiment y prendre attention. Oh il finirait bien par parvenir à ses fins ici, mais pour le moment il lui fallait encore tergiverser histoires d'âmes, de clef et de maîtres...

"Je ne peux pas te téléporter où que ce soit si c'est que tu attends de moi, je n'en suis pas capable, et je ne dépends d'aucun maître de toute façon... A vrai dire, même mon pouvoir je ne le contrôle pas, je crois pouvoir dire sans me vanter que je suis la clef la plus inutile de cette maison..."

C'était presque un compliment qu'il se faisait à lui-même. Il appréciait cette oisiveté, cette réputation de feignasse qu'on lui collait. Après-tout, c'était la vérité, il ne travaillait que lorsqu'il le voulait bien. Hors, aujourd'hui il le voulait, et c'était son client qui lui donnait du fil à retordre. Pas pour bien longtemps. Il se redressa sur les genoux et avança félinement jusqu'à l'adulte, se redressa et grimpa sur ses genoux. Il se mit en travers, lova à nouveau sa tête contre son épaule, tenant toujours son drap qui ne couvrait à vrai dire plus grand-chose que le strict nécessaire. Ses jambes balançaient doucement dans le vide, lui donnant presque l'air d'un enfant innocent caché sur les traits de cette chienne qu'il était. Il adressa un sourire enjôleur à l'aîné.

"Mais dis moi, tu sembles savoir beaucoup de choses pour un simple client... Où a tu appris tout ça? Tu es allé fricoté avec d'autres clefs? Ah! Moi qui espérait avoir l'exclusivité de ta visite..."

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MessageSujet: Re: End Of Small Sanctuary [PV Armand] /!\ [Terminé] Jeu 10 Mai - 19:20

Armand observait la créature avec une expression de curiosité et de méfiance mêlée. Elle avait l'air un peu outrée de s'être faite repousser ; mais en quoi cela lui posait-il un problème ? Une prostitué ne couchait jamais pour le plaisir avec ses clients, alors qu'elle intérêt avait-elle à le séduire ? voulait-elle le peu d'argent local qu'Armand possédait ? D'ailleurs, il y pensa soudainement, il devrait trouver un moyen de se fournir au maximum en monnaie de ce monde, puis quand il serait devenu le maître, il abolirait cette notion : on ne peux pas vivre heureux avec de l'argent pour contrôler le monde.
Silver exécutait son rôle avec une perfection effrayante, ondulant des hanches et jouant de ses draps, créant autour de lui un champs d’attraction sexuel particulièrement fort, mais tellement étrange.
Le jeune-homme l'observait avec son visage neutre habituel ; il méditait à moitié pour garder son esprit clair, tout en observant attentivement la créature. Elle avait une puissance incontestable, sans doute encore plus qui était latente. Il commençait à imaginer ce qu'il pourrait faire si il se mettait la créature dans la poche : un plan se dessina avec une précision inouïe dans son esprit. Tandis qu'un sourire d’extrême satisfaction se dessina sur son visage : il ne tenta pas vraiment de le cacher.
Il inclina la tête de côté et plia son coude pour faire reposer sa joue gauche dans le creux de sa main. Puis il baissa les yeux en voyant le bout du pieds de Silver s’approcher de son genou, cherchant à le caresser, le titiller. Il le laissa faire, jusqu'à ce qu'il aille finalement trop loin ; il se contenta de croiser les jambes de manière à se faire comprendre sans avoir à briser les orteils de la créature.
Il écouta attentivement, tandis que Silver lui parlait enfin de quelque chose d’intéressant : il lui raconta qu'il était seul, incapable de se téléporter ou de contrôler son pouvoir, il s'estimait inutile, mais ne semblait non plus trop s'y complaire. Les choses devenaient de plus en plus intéressantes. Il était tellement fier de lui-même, se sentait tellement à l'aise à ce moment, qu'il laissa tranquillement la créature venir crapahuter sur ses genoux, ne bougeant pas d'un cil tandis que Silver s'adressait à lui de nouveau. Il se demandait comment Armand pouvait en connaitre autant au sujets des Clefs et des seigneurs ; comme si il n'était pas sensé être aussi curieux. Aucun client n'avait il jamais cherché à savoir ou il était ? Tout semblait jouer en la faveur du jeune-homme, tout semblait le conforter dans son idée qu'il était l’antihéros parfait pour changer la face de ce monde.
Il passa une main autour des hanches de la créature et lui adressa un sourire en ramenant une mèches derrière son oreille. Il lui répondit alors en le laissant sur ses genoux, comme si il racontait une histoire à un enfant qui ne voulait pas s'endormir.


-"Je vois, je vois ... En fait, j'ai eu beaucoup d'informations de la part d'Illana, même si elle m'a fait promettre de ne plus l’approcher. Ensuite j'ai beaucoup discuté avec les autres clients, un peu avec Alice ... Puis je suis venu te voir, après avoir croisé un de tes clients."

Il percevait quelque chose dans l'âme de cette créature, quelque chose qui lui ressemblait lointainement. Elle aussi semblait porter un masque : un masque mal peint, mal tailler, mais très solide, quoi que mal utiliser. Armand avait fait tout un art du masque qu'il portait, un masque de guerre fait pour se protéger et pour effrayer. Le masque de Silver semblait être fait pour dissimuler quelque-chose, pour rebuter les personnes tentant de découvrir ce qui se cachait derrière. Mais toutes ces métaphores spéculatives n'était que le sentiment personnel du jeune-homme. Il ôta finalement ses mains de la créature et la fit descendre le plus délicatement possible de ses genoux. Il souriait toujours.

-"Charmante créature, vraiment. Mais je ne peux pas me permettre de succomber à quoi que ce soit, avant d'avoir atteint mon objectif ..."

Il fit un vague moulinet de la main, comme pour signifier qu'il citait un détail sans grande importance.

-"Ou de mourir. Mais je peux t'offrir quelque-chose qui pourrait t’intéresser : l’opportunité d'être utile. Je peux t'offrir le sentiment grisant de souffrir pour une cause, de recevoir de la reconnaissance de la part de ton ... Maître, pour rendre ta souffrance fertile. Je peux t'offrir d'être ma clef, la première, je peux te donner tout l'amour qu'un guerrier porte à son épée ... Mais que de belles paroles. Homme ou femme, un être vivant ne croit qu'en une chose : la démonstration."

Armand était si bien installé dans ce fauteuil, il se sentait vraiment comme un Roi sur son trône, il se sentait plein de bons sentiments, rempli de confiance en lui.
Il ferait tout pour que Silver ne refuse pas son offre, mais il devrait aussi avoir la force de ne pas être blessé par son éventuel refus. Il se redressa légèrement sur son fauteuil et tendis la main vers la créature, lui offrant de la saisir.


-"Mon pouvoir, c'est de créer des masques, de les faire porter aux gens ou de les porter moi-même. Je te fais cadeau de celui que tu désire, mais il ne durera qu'un temps. Que désire tu ? Tu peux expérimenter n'importe quel sentiment ou sensation, devenir ce que tu veux."

Sa main tendue était un présent. Un cadeau inestimable. Elle représentait une promesse, ainsi qu'une récompense immédiate, un changement de vie, un lien. Nul doute que jamais une telle main n'avait été tendue à Silver au cour de son existence. Aurait il la volonté nécessaire pour accepter ?
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MessageSujet: Re: End Of Small Sanctuary [PV Armand] /!\ [Terminé] Ven 11 Mai - 13:36

Parfaitement à son aise, Silver avait fermé les yeux et s'était plongé dans un état de transe mentale dont-il avait le secret. Et entendait sans vraiment entendre, conservait ses sensations comme si elles avaient été floutées. Il lui arrivait parfois de tomber dans cet état, non pas lorsqu'il se sentait bien, mais justement lorsque c'était tout le contraire. Il se déconnectait du monde, restait allongé sur le dos, les yeux écarquillés vers le plafond et restait ainsi jusqu'à ce que quelque chose la ramène à la réalité. En l'occurrence, souvent le besoin de sommeil ou la faim plus rarement. Le contact du tissu sur sa joue l'apaisait étrangement, tout comme la voix de son interlocuteur qui le berçait. Il n'avait pas beaucoup dormi ces derniers temps. Des cauchemars insistants depuis ces évènements étranges chez October. La faute de la fée? Ou bien sa propre faute. Mais il ne préférait même pas y penser ne serait-ce qu'un seul instant. Ce n'était pas lui qui avait agit ce soir là, il avait été comme... Possédé? Lui, il n'était pas un monstre, il n'était pas capable de faire ce qu'il avait fait.
Il leva vaguement un sourcil aux paroles de l'adulte. Ilana...? Ah la graaande dame de l'Ambroise. Le brun roula des yeux à cette pensée. Que signifiait donc avoir de la renommée dans une maison de putains au juste? La reine des putains, quel titre navrant, vraiment. Elle était peut-être belle, mais elle n'était qu'une catin comme les autres au final... Pas plus ni moins que lui-même, quelque part ça l'amusait follement. Mais pourquoi donc cette fausse diva avait interdit à l'humain de l'approcher? Tiens tiens... Il était peut-être plus dangereux qu'il y paraissait, ce petit client pommé... Le jeune homme effleura une mèche sombre lui tombant sur la joue du bout des doigts, retrouvant sa tranquillité. Ainsi donc, il avait croisé Mattiew... Cela lui ressemblait bien de lui donner du travail supplémentaire... Au moins il avait peut-être trouvé un client qui accepterait de passer la nuit avec lui. Et qui se montrerait peut-être plus doux. Après tout il n'était qu'un puceau... Et Silver ricana à cette idée.
Puis il se sentit descendu de son confortable fauteuil et soupira, faisant mine d'apprécier le compliment. Charmante créature? ..... Créature? Avait-il au moins compris qu'il n'était pas en présence d'une femme depuis le début de son petit numéro. Le brun croisa les bras sur son draps qu'il enroula autour de ses hanches pour protéger l'arrière de son corps. Il n'avait plus vraiment envie de jouer au séducteur pour l'instant. Les questions insidieuses de l'aîné lui filait la chaire de poule. Il sentait un pique de frisson remonter le long de sa colonne vertébrale. D'où voulait-il en venir? Les oreilles en pointes de l'enfant se baissèrent faiblement sous ses mèches noires. Non... Il ne venait pas de lui demander de... Les yeux améthyste de l'adolescent s'écarquillèrent, laissant d'autant plus apparaître les cernes sinistres qui creusaient son visage pour le rendre maladif et malheureux. Il fronça les sourcils et serra les dents. Il avait l'impression de sentir le monde s'effondrer autour de lui. Cette question... Cette demande... Entant que jeune clef libre, il s'y était préparé, il y avait songé mainte et mainte fois... Mais voir un humain, un simple client la lui poser... De l'amour, il osait lui parler d'amour, lui dire qu'il serait privilégier par son statut de première clef. Il essayait simplement de le séduire, de l'avoir par les sentiments pour lui prendre sa liberté. Un peu comme Silver quelques minutes avant cela alors qu'il usait de ses charmes pour se mettre l'humain dans la poche. Il n'appréciait pas du tout de goûter à son propre poison. Il resta posté devant l'adulte et déclara d'une voix faible et sombre.


"Devenir ta clef...? Que sais-tu de ma souffrance, humain? En admettant que j'accepte... Tu me prendrais dans tes bras...? Tu chercherais à apaiser ma colère? - il continua en s'approchant de lui, glissant ses doigts dans ses mèches sombres pour venir murmurer à son oreille, insistant bien sur ses derniers mots - Tu arriverais à me combler sur tous-les-points...? Je ne crois pas..."

Il le relâcha et vint s'asseoir sur le lit en face de cet homme qui aurait pu devenir son amant. Il secoua doucement la tête, un air attristé s'empara de ses traits poupins. Pour qui le prenait-il enfin? Parce qu'il travaillait ici et qu'il laissait n'importe quel homme lui passer dessus on avait aussi le droit de vouloir se l'approprier? Non. Certainement pas. Surtout pas par le mensonge. Si encore il lui avait manifesté de la tendresse, s'il l'avait mis en confiance et avait pris le temps de lui faire comprendre qu'il désirait qu'il soit à ses côtés... Silver y aurait peut-être réfléchi. Mais il ne ferait pas l'effort de considérer la demande d'un homme qui non seulement s'en prenait à une enfant mais qui en plus de ça venait le voir comme une fleur juste après en lui demandant de lui vouer sa vie. Qu'espérait-il au juste? Que l'adolescent fasse preuve de soumission? Jamais, ils pouvaient toujours espérer, tous autant qu'ils étaient, maîtres, clients, il resterait toujours une forte tête qui ne vivrait que pour elle-même.
Pour qui se prenait-il, à pouvoir se permettre de croire que parce qu'il se livrerait à un maître tous les problèmes de sa vie seraient réglés comme par magie? Que croyait-il au juste? Que lui, il pourrait changer les choses? Qu'il pourrait renverser tout l'équilibre malsain qui maintenait l'Ambroise debout? Ses efforts étaient et resteraient vains, et Silver avait presque de la peine pour lui au fond. Il baissa la tête, dissimulant son regard vide derrière ses mèches sombres.


"Ne te voile pas la face, quoique tu imagines tu ne pourras pas me sauver, et d'ailleurs, tu ne le veux même pas. Je ne suis pas un objet qui se donne à tout va parce que l'on lui fait quelques belles promesses..."

Il n'était pas qu'une clef, il était aussi un être vivant, il lui avait dit.... IL lui avait dit! Le cadet se redressa brusquement, griffant ses bras et ses épaules nerveusement avant de se mordre la lèvre jusqu'à faire perler une goûte de sang carmin. Un flot de pensées tortueuses s'insinua dans son esprit, le corrompant pour brouiller sa vision du monde réel. Un bourdonnement insupportable résonna dans ses oreilles. Ses paroles... Il avait presque l'impression d'entendre October. Non, il n'était pas lui. Ils n'avaient rien à voir. Ce client ne le prendrait jamais dans ses bras, ne le laisserait jamais s'endormir à ses côtés, ne le comblerais jamais de plaisir au point de le laisser exténuer. Non, non, NON! Cet homme là... C'était un menteur. Et Silver avait horreur du mensonge.

"Je ne veux pas de belles paroles, je ne veux pas que tu fasses... Comme lui, c'est son rôle de guérir mes blessures, pas le tiens... ARRÊTES DE FAIRE COMME LUI!!!"

Sa voix aiguë perça l'air de la chambre et il redressa la tête, ses pupilles s'étant réduites à deux minces fentes noires. Un courant d'air glacial sembla le transpercer lui ainsi que tout le reste de la pièce. La fenêtre aux volets fermés s'ouvrit brusquement, ses battants venant claquer violemment contre le mur, faisant se refermer la porte qui se verrouilla d'elle-même. L'intérieur de son crâne était si douloureux qu'il ne savait même plus où il se trouvait. Il avait l'impression de voir les dessins de ses murs se mouvoir comme s'ils avaient été dotés d'une volonté propre. Le brun porta une main à son front et crispa ses doigts sur sa peau. Encore, encore cette sensation de mal-être intérieure qui lui donnait envie de vomir. Mais il ne pouvait pas aller à l'encontre de sa colère, il ne se sentait pas la force de résister. Ce type n'aurait jamais dû lui faire cette proposition, jamais. L'ambiance de l'endroit s'était considérablement alourdie et il la sentait presque peser matériellement sur ses épaules frêles. Il ne devait pas se concentrer sur son, client. Il ne voulait pas lui faire de mal malgré la haine qui l'envahissait. Il ne devait pas...
Et lui? Était-il sensible à ce changement soudain? Sentait-il comme lui ces bourdonnements au fond de sa tête? Pouvait-il lui expliquer ce qui était en train de lui arriver bon sang?! Est-ce que quelqu'un pouvait l'aider à comprendre?! Le brun ramena sa frange en arrière sur son front, cherchant à garder son calme. L'humain n'avait rien fait. Il ne lui avait pas fait de mal, pas directement. Il devait se calmer. Oui. Il s'avança vers lui d'un pas sûr, conscient que la situation venait de se renverser. Il ne perdrait pas pied une seconde fois. Car cette fois, October n'était pas là pour le ramener.


"Tu ne me connais pas humain, et tu n'as aucune envie de me connaître, crois-moi. Alors cesses de me demander des choses grotesques... Tout ce que j'ai à t'offrir est un amour artificiel..."

C'est sur ces derniers mots que Silver attrapa la main de son client et pencha le visage pour l'attirer à lui et scella ses lèvres avec les siennes. Il laissa choir le drap qui le couvrait en s'asseyant sur ses genoux et le laissa retomber sur ses hanches. Il glissa ses doigts sur sa gorge, effleurant la peau pâle de ses ongles. Sa main se posa sur le col de sa chemise qu'il commença à déboutonner habilement. Se concentrer sur quelque chose d'autre, c'était le seul moyen pour faire passer la douleur. Il s'accrocha à la lèvre avec ses crocs affuté, quitte à faire saigner l'humain. Il n'allait pas tourner de l'œil pour ça. Et ça valait mieux pour lui, qu'il accepte. Il serra la main de l'homme dans la sienne, cherchant un repère, un appui, n'importe quoi qui lui permette de garder pied avec la réalité. Qui pourrait bien lui reprocher ça? Il ne faisait que son travail au final, pour une fois.

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Armand Kuroïavatarprofil +
MessageSujet: Re: End Of Small Sanctuary [PV Armand] /!\ [Terminé] Ven 11 Mai - 19:22

Armand ne s'attendait pas à une réaction en particulier de la part de Silver. Mais il les envisageait toutes : allait-il fondre en larme, accepter sans broncher, s'énerver, devenir hystérique ? On dit que l'hystérie est typiquement féminine, mais avec cette créature ambiguë, tout était possible.
Il avait en effet pensé à toute les situations, sauf celle-la.
Le cerveau de la Clef semblait être un chaudron bouillonnant de cauchemars plus ou moins rationnels qui pouvaient soit dormir tranquillement soit exploser. Comment réfléchir dans des conditions pareilles ? Comment se concentrer, ou comment faire quelque chose de précis et de constructif ? C'était impossible, tout bonnement, et ce jeune n'avait besoin que d'une chose : être pris en main.
Finalement, la créature répondit à la proposition qui lui était faite, ignorant pour le moment la main qui lui était tendue.
Armand resta attentif à chaque mot que prononçait Silver, ne laissant pas vraiment d'expression transparaitre sur son visage. Il lui avait sortit le coup de la "souffrance qu'il ne comprenait pas", comme un ados qui renvoi sa mère de sa chambre, c'était tellement humain. Apaiser sa colère, le combler, le prendre dans ses bras ? Ce garçon, puisque s'en été un, n'avait peut être pas pleinement saisie ce qui lui était offert. Armand le laissa approcher son visage et toucher ses cheveux, surveillant tout de même qu'il n'aille pas trop loin. Il allait pour le moment jouer la carte du silence, ne rien dire, juste hausser un sourcil sur le moment, marquant son incompréhension quand à la réaction de son interlocuteur.
L'adolescent sembla continuer de se torturé l'esprit, encore et toujours, ne semblant connaitre que cette solution à tous les problème, ne cessant jamais de ressasser inlassablement les objets de ses tortures personnelles. Il prit à nouveau la parole, cette fois-ci pour éventer la poussière des éventualités qui recouvraient sa perception personnelle de la réalité, disant qu'il ne pouvait pas être sauvé, qu'Armand se faisait des illusions. Comme il était à la fois triste et attendrissant de voir une aussi instable créature.
Mais les caprices exubérants laissèrent soudain place à une véritable crise d'hystérie : un syndrome de persécution flagrant. Son rôle de guérir ses blessures ? Mais de qui parlait-il ? Il était apparemment en colère contre le jeune-homme, car il tentait de prendre une place qui n'était pas la sienne, du moins se l’imaginait-il.
Soudain, la pièce s’obscurcit étrangement, un courant d'air glacial se leva, la porte claqua dans un bruit de verrou. Une véritable tempêtes venait de se lever au sein même de cette chambre ; en accord avec la tempête qui devait s'agiter dans le pauvre esprit de Silver. Tandis qu'il était cramponné à son fauteuil, chacun de ses muscles prêt à réagir au moindre danger, Armand eu la pensée suivante : "Son pouvoir est phénoménal."
Il n'en revenait pas, ne pouvant pas vraiment cacher la surprise sur son visage, il se décrispa une fois l'ouragan passé.
Comme si de rien n'était, Silver s'avança à nouveau vers lui, allait-il à nouveau tenter de lui faire son numéro de charme, n'avait-il pas compris qu'il était inutile ?
Il prit à nouveau la parole, pour répéter à nouveau qu'Armand ne pouvait pas comprendre. Il ajouta qu'il ne pourrait qu'offrir un amour artificielle, ce pauvre garçon était paumé, autant qu'on puisse l'être.
Il se saisit alors de la main du jeune-homme, celui-ci en fut vivement surpris, mais plus encore fut il surpris de sentir ses lèvres contre les siennes, plus encore fut il surpris de sentir ce baisé allumer une flamme dans son ventre. Il se crispa tout entier, son esprit refusant le frisson que son corps ressentait pourtant. Il se laissa pourtant faire, il n'avait pas le choix, il ne devait pas risquer de faire mal à la créature en réagissant trop brutalement : celle-ci déboutonna sa chemise avec une habileté effrayante avant de planter un croc dans la lèvre inférieur d'Armand.
Se dernier se redressa soudainement, sentant le gout de son propre sang, comprenant une chose qui jusque la lui avait échappé. Tout son corps était crispé, tout son esprit était focalisé sur son geste : il attrapa Silver par la gorge et referma ses doigts avec une poigne de fer. Son visage exprimait une colère difficilement canalisée, un courroux instable.
Il rejeta la créature en arrière et se redressa, enchainant immédiatement, changeant de main pour écraser celle-ci contre le visage de l'adolescent afin de le maintenir sur le lit ou il avait chu. Il prit la parole sur un ton chargé de reproches :


-"Tu n'as pas bien compris mon garçon ...
Il affirma d'avantage la pression de sa main sur le visage de Silver, usant de toute la force de son bras. Je ne suis pas un vaniteux ignorant qui pense pouvoir sauver ton âme pathétique. Je t'offre une raison de souffrir. Peu importe la nature de ta douleur, je ne souhaite même pas la comprendre ! Mais si tu accepte mon offre, tu sauras alors toujours quoi faire, tu sauras alors toujours pour quelle cause souffrir ... Et surtout, Je te donnerais une raison d'exister !
Du stade Clef solitaire tu serais à celui de Lame adoptée. Je t'aurais aimé pour ton utilité à me faire gagner le pouvoir ! Alors reste à croupir dans ta chambre si tu le désire, refuse mon offre, mais ne me traite pas comme si j'étais le derniers des imbéciles, espèce d'impudent ! Et je ne veux pas non-plus de ta libido poisseuse, on esprit est ... Pure !"


Il reprit brièvement son souffle. Il sortait rarement de si longues tirades. Silver pouvait tout aussi bien être entrain de boire son sang en mordant dans sa main qu'il ne l'aurait pas remarqué. Il était fâché, non pas fâché du refus de la créature, mais de son incompréhension de ce qui lui était proposé. Armand n'avait plus qu'une envie, le punir immédiatement. Mais que faire ? Ajouter un énième cauchemar dans l'esprit boueux de cette créature ? Certainement pas, ce ne serait que le conforter dans son marécage d'idées noires. Il devrait se montrer réellement cruelle dans sa punition. Un intense picotement parcourut alors son bras, et fila à toute allure vers le creux de sa main avec laquelle il continuait de plaquer la tête de Silver sur le lit.

*Des images, des sensations ... Un paysage magnifique, un sentiment de liberté et de légèreté : l'apaisement de l'esprit, l'harmonie. Être plein du sentiment que le monde nous est grand ouvert et nous accepte, sentir qu'à chaque pas que nous faisons, un chemin se trace devant nous. La paix intérieur telle que la concevait Bouddha, la véritable clairvoyance.
Ce joli tableau se figea alors, puis un éclat blanc l'envahis entièrement, se compressant sur sa largeur et s’étirant vers le haut. L’image d'une épée plantée dans le sol s'imposa lentement, la scène n'étant qu'un reflet dans sa lame. Tout ceci n'était qu'un doux rêve.
"Cette lame ne sera jamais ramassée, elle ne servira jamais à accomplir le rêve qui s'y reflète."*

Armand sentit comme une violente flèche qui lui transperçait le crane, conséquence de la suggestion hypnotique surpuissante qu'il venait de lâcher. Il en avait trop fait, il s'était surestimé d'un degré, il avait fait une légère erreur. Mais cette erreur lui parut la pire à commettre, car il vacilla, n'ayant plus la force de tenir debout à cause de la douleur, s'affala dans le fauteuil, il respirait fort, cherchant à retrouver son souffle. Un élément imprévu venait de se mettre en place : si Silver parvenait à se remettre de la décharge hypnotique avant qu'Armand ne se remette de son utilisation, alors ce dernier serait à la merci de la créature. Combien y avait il de chance que Silver réagisse positivement ? Combien y avait il de chance qu'il se soit remis du choc avant qu'Armand soit en état de se tenir debout ? Il se faisait sans doute du soucis pour rien, après tout il avait d'autres As dans sa manche et ne craignait pas de dépasser ses limites, mais faire une erreur pareille était la porte ouverte à d'autre erreurs, ce qui se présentait comme quelque chose d’inacceptable.
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Silver SilentCryavatarprofil +
MessageSujet: Re: End Of Small Sanctuary [PV Armand] /!\ [Terminé] Sam 12 Mai - 12:10

En toute honnêteté, il s'y attendait. Il n'espérait pas le moins du monde que l'adulte accepte ses avances. Mais que voulait-il au fond, en venant ainsi rendre visite à une prostituée, et surtout à lui... Il l'avait pourtant prévenu bien avant que l'homme lui fasse part de ses plans de domination de l'Ambroise, il ne pouvait pas téléporter, ni utiliser ses pouvoirs correctement. Qu'est-ce que l'autre ne comprenait pas là-dedans? Il ne lui serait d'aucune utilité... Il y avait ici plein d'autres clefs bien plus compétentes et qui ne rêvaient que de d'échapper à leurs maîtres respectifs. Alors pourquoi venir voir celle qui désirait rester sans maître quelconque? Silver baissa les yeux vers la main sur sa gorge. Il allait encore lui laisser des marques. Mais il n'avait pas peur. Pas de cet humain. L'adolescent ne poussa qu'un gémissement étranglé lorsqu'il se sentit rejeté sur le lit et ne s'agrippa qu'à son drap comme si sa pudeur importait plus que le reste. Jusqu'à ce qu'une main qui lui sembla énorme s'abatte sur son front déjà endolori par la choque suite à l'utilisation de.... Il ne savait même pas comment il pouvait appeler ce qu'il avait fait! La seule chose dont-il pouvait être certain, c'est que c'était mauvais et qu'il ne voulait pas avoir à recommencer. Il aurait préféré avoir le choix de pouvoir le contrôler. Mais c'était bien connu, on n'avait jamais vraiment le choix au final.
Ses ongles se plantèrent dans la peau du bras de son client, la lacérant pour le faire lâcher. Le brun battait des jambes, cherchait à atteindre celui qu'il considérait à présent comme un danger. Il avait simplement voulu faire son travail bon sang! On ne l'y reprendrait pas à deux fois, ça non. Il plissa les yeux sous la main pressant son front. Il se savait bien entendu trop faible physiquement pour se redresser, et ne cherchais d'ailleurs pas à résister. Il voulait seulement atteindre l'autre, lui faire mal, le blesser comme il venait de le blesser. Il leva les oreilles à ses paroles, un sourire s'empara de son visage, dévoilant ses canines limées en pointes. Il se tendit en arrière, un rire glacial s'échappant de sa gorge comme s'était rarement le cas. Ce n'était pas pour autant un rire sincère...

"PURE?! Tu t'fout de ma gueule?! Ce n'est certainement pas moi le plus libidineux de nous deux, je ne fais que mon travail! Ce n'est pas ce que tu me reprochais dans la chambre d'Alice?! Si mon âme est si pathétique alors pourquoi désires-tu tant t'en encombrer?! Se lier à une clef, c'est lui donner un peu de son âme, imbécile!"

Le jeune homme grogna, foudroyant de son regard améthyste l'humain, ouvrant sa bouche démesurément grande pour tenter de planter ses crocs dans le poignet de l'homme. Il savait que s'il buvait assez, autrement dit jusqu'à l'écœurement, au point où il en était, il aurait dévoré assez de liquide carmin pour que l'autre se sente mal, proche du malaise. Mais l'endroit qu'il désirait atteindre restait hors de porté. Saloperie. Pour qui se prenait-il enfin?! Dieu? Croyait-il que ce qu'il lui proposait était un tel honneur qu'il ne pouvait être que contraint d'accepter? Il se trompait, se fourrait le doigt dans l'œil jusqu'au coude. Il en avait assez de tous ceux qui croyaient être en mesure de se croire supérieur à lui ici. Ils ne devaient pas venir se plaindre s'il ne faisait que s'enfoncer un peu plus dans une vase de rancœur à chaque coup dur. Pourquoi est-ce que personne ne pouvait l'accepter pour ce qu'il était pour changer? Pourquoi lui demander toujours encore plus d'efforts qu'il n'en faisait déjà pour se lever le matin avec un masque sur le visage? Il était supposé accepter d'être un objet, une "épée" parce que l'on lui demandait gentiment? Tout à l'heure, pendant l'espace de quelques minutes, il s'était pris à songer que l'homme et lui pouvaient s'entendre. Mais une fois encore, il s'était trompé.
Ses jambes s'immobilisèrent et il cessa de griffer, quelque chose lui vrilla la tête, fit siffler ses oreilles, vint bloquer toutes les parties de son corps. Il hoqueta, son regard se fit vide et ses paupières se refermèrent doucement, le plongeant dans un rêve forcé. Ses traits étirés par la colère laissèrent place à une expression détendue, sereine et attendrissante. Peu avait déjà vu Silver endormi. Ses clients préféraient partir, ou s'endormaient avant lui. Mais ceux qui l'avaient déjà veillés savaient qu'il n'avait plus rien à voir avec la créature qui arpentait les couloirs de l'Ambroise en journée, les sourcils éternellement froncés, un air méfiant et effarouché toujours en travers de la figure. Quelque part, Silver endormi était en quelque sorte une partie de son véritable lui.
Il rouvrit les yeux sur une plaine sans fin, des ruines blanchâtres s'étendaient par endroit dans l'herbe. Il leva les yeux vers le ciel sans le moindre nuage. L'air glacé s'engouffra dans sa gorge, lui arrachant une plainte pitoyable avant qu'il ne se courbe en avant pour recracher ses poumons au sol. Physiquement, il n'avait pas froid. Mais cet air pur lui purgeait les poumons de l'air lourd de l'Ambroise et certainement de tout ce qu'il avait pu fumer dans sa courte existence. Il baissa les yeux vers son corps et constata qu'il ne portait qu'un robe blanche légère. Pas vraiment son style, ça c'était certain. La vraie question était: où est-ce qu'il se trouvait au juste? Et comment il était arrivé là surtout... Cet humain possédait-il un pouvoir? Celui de faire rêver les gens ,ou quelque chose du genre... Alors pourquoi l'avoir projeté ici et ne pas s'être vengé de son attitude. Silver ne comprenait pas, et n'avait pas vraiment envie de comprendre en fin de compte. Étrangement, il se sentait bien. Apaisé pour la première fois depuis... Il ne savait même plus quand. Pour une fois, il avait l'impression de pouvoir surmonter ce qui lui rongeait le cœur. Cet endroit si différent de l'Ambroise lui donnait peut-être envie de laisser ce qui le blessait derrière lui.
Non. Il cligna des yeux à nouveau et compris qu'il était allongé au sol. Il se sentait mal. Il n'avait pas la force de bouger mais compris qu'il avait du sang sur les mains, le ventre et le cuisses. Et il n'avait rien de pire que cette sensation de comprendre quelque chose mais de ne pas réussir à saisir quoi. Il n'était pas libre. Il était prisonnier de l'Ambroise. Prisonnier de ses propres démons. Il portait de nouveau ce masque de sentiments mensongers. Il figea son regard redevenu vide sur l'épée plonger dans le sol. Cette foutue épée que l'autre n'avait pas pu saisir parce qu'elle s'était refusée à lui. Et quoi? Il devait se sentir responsable de ce bout de ferraille plantée dans un cailloux? Il ne voulait pas non plus l'accuser de tous les malheurs du monde tant qu'il y était? Le brun soupira et tenta de se redresser sur ses avant-bras. L'effort fut considérable, plus qu'il ne l'aurait imaginé. Il se passa une main sur le front et tourna la tête. Ses yeux s'écarquillèrent doucement.
Non. Il donna un coup de pied au bras qui barrait sa jambe. Non, non, NON! Où est-ce qu'il était maintenant, dans un champ de bataille?! Tout cela n'avait pas de sens. Silver serra ses mains sur le haut de sa robe blanche souillée d'écarlate. Sa respiration s'accéléra, une montée de panique lui enserra la gorge. Il se redressa brusquement, cherchant à fuir cet endroit macabre mais ses jambes étaient incapables de le porter et il retomba dans un amoncellement de cadavre. Il n'était plus capable de crier tellement sa gorge le faisait souffrir. Mais ses yeux parlaient pour lui. Et de toute façon, personne n'était là pour l'écouter hurler. Jusqu'où s'étendait cette hécatombe? Qu'est-ce qui s'était passé ici?! Il voulu à nouveau se redresser et marcher entre les corps, tentant vainement de ne pas les toucher. Il avait toujours eu cette peur panique de la mort depuis... Depuis l'incendie. Il lança des yeux perdus aux arbres calcinés qui s'étendaient à l'horizon. IL voulait courir, fuir le plus loin possible de cet endroit. Mais ses jambes n'accepteraient jamais de le laisser courir. Son pied heurta quelque chose de mou et le fit tomber en travers d'un macchabée. Il se redressa en vitesse sur les genoux et une exclamation d'horreur lui échappa lorsqu'il reconnu le corps. Il n'osa pas poser une main sur lui au risque de vomir définitivement. Ses yeux qu'il devinait sans peine émeraudes pâles étaient fermés et ses cheveux chocolat collaient à son visage tâché de sang. Oh non, il ne l'avait jamais vraiment apprécié de son vivant, mais maintenant... Maintenant qu'il était mort il se posait toutes les questions qu'il aurait dû lui demander avant. Pourquoi l'avoir amené ici? Pourquoi le suivre partout comme ça? Pourquoi lui avoir demandé son nom comme si celui qu'il portait n'était pas réel...? Le cœur de l'adolescent se souleva brutalement. Andrew... Il n'avait jamais voulu en finir comme ça avec lui... Il se traîna en arrière pour heurter autre chose. Une femme. Une jeune fille... Une enfant. Il se mit à trembler, un frisson d'effroi parcouru l'intégralité de son être. Il l'attrapa par les épaules et la secoua faiblement sans le moindre espoir. Non... Pourquoi lui montrer tout ça...? Qu'est-ce qu'il avait bien pu faire de mal?! Il n'avait donc pas le droit de refuser? De vouloir vivre sa vie comme il l'entendait? Une larme involontaire roula sur sa joue et alla s'écraser sur la joue pâle comme la mort de la jeune Alice. Encore une victime innocente à rajouter à cette stupide guerre des mondes. Silver commençait à comprendre. C'était ça que l'homme essayait de lui montrer? Il voulait qu'il comprenne que son sacrifice était nécessaire pour ne pas en arriver là... Mais il n'était qu'une clef parmi tant d'autre, il ne pouvait pas changer les choses comme il le désirait... Il n'était pas assez fort. Le jeune homme se redressa, ne cherchant même pas à essuyer ses larmes. Il se retourna et se figea.

Non.

Il retomba à genoux, s'écorchant la peau à même le sol, le regard vitreux. Il s'approcha du corps et posa sa tête inerte sur ses cuisses, l'enserrant dans ses bras. Il caressa du plat de la main son front poisseux de poussière et de sang. Il ne pouvait rien faire d'autre que fixer inlassablement son regard sombre ouvert sur le néant, offert à la mort. Et maintenant... Qu'est-ce qu'il allait devenir... Des sillons humides se formèrent sur ses joues tandis qu'il ne cherchait même plus à les retenir. Il lui avait pris... Non... Il s'était infligé ça lui même. Parce qu'il avait émit un refus. Par sa faute, October était... L'information remonta jusque dans son crâne, y résonna quelques instants avant qu'il ne se recroqueville sur le corps, un cri perçant résonnant sur le champ de bataille. Puis la voix grave de son client résonna dans la plaine, et le cauchemar se brisa.
Il repris sa respiration brusquement et ouvrit les yeux à nouveau, retrouvant la lumière tamisé de sa chambre, son plafond étoilé et cette odeur écœurante. Il ne savait pas où était son client et ne voulait pas avoir. Même dans la réalité, les larmes continuaient de couler. Il ne voulait plus bouger et se contenta de serrer les doigts sur le drap. Sa voix tremblante essaya de s'élever plusieurs fois sans succès, s'interrompant à chaque fois dans un sanglot étranglé.


"P... Pourquoi est-ce que tu me fais voir ça?! Qu'est-ce que je t'ai fais?!"

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Si je regarde en arrière, qu'obtiendrais-je de mon passé ?
Que m'apprendront ces réminiscences, ces souvenirs troublés ?
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Armand Kuroïavatarprofil +
MessageSujet: Re: End Of Small Sanctuary [PV Armand] /!\ [Terminé] Sam 12 Mai - 13:14

Quoi de plus agaçant que de se considérer comme un héros tandis que des imbéciles s'escrimaient à vous traiter de fou ? Quoi de plus énervant que de déployer tous les arguments et toute la persuasion du monde si s'était pour expliquer la différence entre le bleu et le rouge à un daltonien ? Parler à un sourd, gesticuler devant un aveugle ou encore tenter de faire entendre raison à un adolescent : tout ceci avait en commun la frustration de se révéler inutile.
Armand respirait difficilement, il avait l'impression que son crane était en bouillie, il s'appuyait confortablement au fond du fauteuil en tentant de reprendre ses forces. Emporté par son agacement, il en avait trop fait : alors peut être sa méthode n'était-elle pas la bonne ? Peut être devait il s'y prendre autrement ? A quel point pouvait il déroger à ses propres règles ?
Silver avait beau dire, il savait que son esprit était pur et qu'il ne portait qu'un seul véritable désire : créer une utopie.
En ce qui concernait son pouvoir, Armand pensait posséder le moyen ultime de galvaniser les gens, de leur faire voir la réalité à travers le paradoxe de l'illusion. Mais tout ce qu'il avait réussit à faire en envoyant cette vision, c'est hériter d'un bras lacéré, d'une terrifiante migraine et d'un Silver roulé en boule sur son lit, gémissant et pleurant.
Il prit la parole à sa suite, sur un ton inspirant à la fois l’exaspérassions et la fatigue.


-"Qu'est ce que tu m'as fais ? ... Je déteste qu'on me touche et je t'avais dit précédemment que ... Je n'étais pas la pour satisfaire une quelconque libido. Il avait un peu de mal à faire de longue phrases, étant toujours entrain de reprendre son souffle. Et toi, la première chose qui te viens à l'esprit, c'est de tenter de me séduire. Je croyais que tu détestais, à raison, te faire passer dessus !"

Un phrasé si peu sophistiqué accompagné d'un tel écart de langage ; cela ne ressemblait guère au jeune-homme et il ne s'en félicitait pas. Il ne pouvait pas s'imposer entant qu'être supérieure ; ce qu'il était pourtant, à son sens. Alors comment communiquer avec cette créature ? La réponse se fit lointaine, certainement amenée par la fatigue tellement elle paraissait simple. Armand n'était pas véritablement un Dieu, il devrait faire des sacrifices. Comme n'importe quel être humain tentant de constituer une armée rebelle, il devrait souiller ses principes et ramper dans la boue avant d'atteindre le sommet, dusse-t-il empiler des cadavre pour l'atteindre. Il soupira longuement tandis que la douleur et l'épuisement laissaient place à une fatigue général, moins violente mais toujours aussi paralysante.

-"Je suis désolé Silver. Il est vrai que j'ai tenté de m'imposer avec un manque de tact indigne de moi ou de toi ... Mais cette vision n'était pas sensée t'affliger. Elle était sensée te faire comprendre mes promesse envers toi."


Il respira un grand coup pour se donner du courage et tendit lentement un bras en direction de la créature pelotonnée sur les draps.

-"On ne peut pas conquérir la confiance de quelqu'un, il faut sans doute la mériter. Je suis un imbécile de n'y avoir rien compris. Ton potentiel est grand, mais tu es faible. Et tu ne deviendras jamais fort si tu reste seul dans les coins sombres de ton esprit ... Viens, je vais me faire pardonner."

D'un geste, il invita Silver à revenir dans ses bras : il venait d'apprendre quelque-chose de fondamental ce soir. Il avait oubliait qu'il n'était pas un Dieu, quel faiblesse de sa part ; lui qui avait tant étudier le bouddhisme, il s'était laissé envahir par un vice afin de se protéger d'un autre. Cela n'avait pas de sens.

-"J'ai remarqué tout à l'heure que tu sembles avoir un gout pour le sang ... Je peux t’offrir le mien, je peux supporter douleur et anémie si tu m'écoutes ...
Je souhaite t'avoir toi, à mes côtés, car je sais que tu as le potentiel nécessaire. Je ne prétends pas être ton maître, ni être la réponse à tes problèmes, mais je puis te promettre que j'userais de toute ma force et de toute la tienne pour renverser l'intolérable situation politique de l'Ambroise. Tu seras toujours libre de prendre tes décisions, mais accepte de mener ce combat avec moi. J'ai besoin de pouvoir compter sur de valeureux soldats qui soient à mon service, qui me fassent confiance ..."


Armand était fatigué, autant physiquement que psychologiquement. Comment pouvait il prétendre changer quoi que ce soit si il était incapable de ranger de son côté la plus inutile et la plus faible clef de l'Ambroise ? Il s'affligea de sa propre faiblesse ; il n'était l'élu de personne finalement, il était seul, il devait utiliser la forces des autres pour réussir. Il serra alors brièvement les dents et articula un ultimatum ; autant adressé à Silver qu'à lui-même.

-"Si tu t'échines toujours à refuser mon offre, alors tue moi sur le champ.
Prends tout ce que je possède, tout ce qui pourrait t'être utile. Si je suis incapable de faire mienne ta force, alors fait tienne celle qui m’appartient."


Il ne plaisantait pas, il en avait plus qu'assez d'attendre son heure dans l'ombre, il n'était pas immortel lui. Il devait agir au plus vite ; il devait acquérir les Clefs de la victoire en un minimum de temps. Et si il échouait maintenant, alors tout cesserait, il n'aurait plus de raison de continuer de vivre : ni dans ce monde, ni sur la Terre.
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Silver SilentCryavatarprofil +
MessageSujet: Re: End Of Small Sanctuary [PV Armand] /!\ [Terminé] Dim 13 Mai - 13:37

Le monde à l'envers, vraiment. Il lui infligeait une vision abominable, et maintenant, il lui parlait avec la voix la plus douce qui soit. Et après on le considérait, lui, comme quelqu'un de changeant, bien sûr... Le brun voulait lui sauter à la gorge, le dévorer en entier, lui ouvrir le ventre et faire des guirlandes avec ce qu'il contenait. Mais c'était inutile. La colère n'avait rien donné de bon jusque là. Et l'autre n'avait pas totalement tort. Les choses devaient changer ici. Mais il se trompait dans l'idée qu'il pourrait se faire de la créature un serviteur ou une épée. Il avait son mot à dire lui aussi. Mais pour le moment, il ne pouvait se sortir de la tête ces images d'horreurs. Le corps sans vie de Andrew, les rêves définitivement éteints de Alice, les yeux éternellement ouvert sur le néant d'October... La vie à l'Ambroise était difficile, il connaissait ces personnes, les aimaient et la haïssaient d'un instant à l'autre, mais il voulait pourtant les protéger, les sortir de cette guerre ridicule et silencieuse. Il voulait comprendre les motivations d'Andrew, aider Alice à reprendre doucement pied à une réalité moins sinistre et convaincre October que s'agenouiller à ce point devant une personne finirait par le détruire. Peut-être qu'à la fin de tout ça, il partirait de l'Ambroise avec lui, et emmènerait Alice... C'était de l'ordre du doux rêve, mais il pouvait faire en sorte que cela arrive. Mais pour ça, il avait besoin de changer cette bicoque. Et pour se faire, il lui fallait un corps capable de sortir de l'ombre et de se battre pour lui. Silver avait parfaitement conscience que sa parole ne serait jamais entendue, qu'il était incapable d'affronter les maîtres. Mais s'il se servait d'Armand... Les choses prenaient un nouveau visage.
Il enfouit la tête dans l'oreiller, essuyant ses larmes. Oui, les rôles seraient inversés et l'autre penserait être au devant de la scène. Oh, il le serait. Mais derrière, ça sera lui qui tirera les ficelles. Parce qu'il était lui, que personne ne se méfiait et que tout le monde se trompait. Il était Silver, le mécanicien de la lune comme son cousin le "surnommait" dans le passé suite à une histoire qu'il lui avait raconté. Le seul moyen qu'il avait de survivre ici c'était de jouer le marionnettiste dans le dos des autres. Cela impliquait le mensonge. Et il avait le mensonge en horreur. Il allait devoir mentir à son amant et cela ne lui plaisait pas du tout, mais pour le moment c'est tout ce qu'il pouvait faire. Il se redressa, laissant complètement tomber son drap. Il n'était plus vraiment à ça près. Il tourna seulement la tête vers son client, ne préférant pas le "traumatiser" puisque son esprit était soit-disant si pure et qu'il n'avait probablement jamais regardé ce qu'il avait entre les jambes dans un miroir. Ses yeux rouges ne trompaient personne, sa voix tremblante non plus. Mais son regard avait changé. Il était passé de la sensualité à l'agacement, de l'exaspération à la colère, puis à la peur. Cette fois, il s'agissait de quelque chose de beaucoup plus sombre.


"Oui, je déteste me faire passer dessus, je déteste ce que mes clients voient en moi, sauf que tu vois, je vis avec ça depuis mes 12 ans alors on s'habitue vite. Il n'y a qu'une seule personne ici qui me voit comme autre chose qu'une catin et dans ce que tu m'as imposé, tu l'as tué."

C'était clairement un reproche. On pouvait presque sentir le venin dans ses paroles. Mais il n'en dit pas plus et se redressa, ignorant les bras tendus de l'adulte pour se diriger vers son armoire. Il ne voulait pas le toucher pour le moment. Il craignait trop de ressombrer dans un cauchemar. Il ouvrit les battants bleu nuit décorés d'arabesques blanches et jeta un coup d'œil distrait à ce qu'elle contenait. Tous ses vêtements en d'autres mots. Il empoigna un t-shirt trop large pour lui et l'enfila, sortant ses cheveux avant d'enfiler en sous-vêtement le long de ses jambes. Le petit jeu était terminé. Il roula des yeux aux dernières paroles du pauvre homme. Il avait presque l'impression de regarder un film de chevalier, ou quelque chose du même genre. Et le pire, c'est qu'il avait l'air sérieux. Le tuer... Les mots résonnèrent dans la tête du jeune homme. Ce n'était pas l'envie qui manquait. Puisqu'au final, c'était dans son sang, l'instinct meurtrier. C'est bien pour ça que les villageois incrédules chassaient sa race, à Nightmare Land... Parce qu'ils étaient violents, et dévoraient les gens. Mais l'adolescent n'était pas comme ça. Il était plus pacifiques que ses congénères, du moins le peu qu'ils restaient.
Il se retourna vers l'homme affalé dans le fauteuil, visiblement accablé par la fatigue. Il glissa un regard sur sa gorge offerte et refréna tant bien que mal ses pulsions sanguinaires. Pas maintenant... Il n'avait pas mangé depuis quelques semaines maintenant, il savait qu'il ne pourrait plus tenir bien longtemps comme ça. Mais pour le moment il devait parler de choses moins triviales, quoique toutes aussi intéressantes. Il s'assit sur le lit en face de lui et croisa les jambes, le couvant du regard. L'autre était faible, fatigué, et il en était certainement conscient. Il pouvait lui arriver n'importe quoi... Silver aurait aussi bien pu se venger de ce qu'il lui avait forcé à voir. Mais non...


"Non, je ne te tuerais pas. Je ne commettrais pas les mêmes crimes que ceux qui ont brisé ma vie. Et je ne me lierais pas à toi. Je suis une Clef libre et je tiens à le rester. Crois-moi, c'est un service que je te rends, en devenant maître de clefs, les autres auraient sentit le danger et réduit en bouillie."

Il se retint d'ajouter qu'il en voulait pas d'un maître impuissant mais se mordit la langue. Mieux ne valait pas envenimer les choses. Mais son "client" devait bien s'en rendre compte non? Il était inutile de se retenir, surtout dans ce genre de maison. Il finirait bien par céder. Et si ce n'était pas à lui - car il n'avait plus l'intention de tenter quoique ce soit, il préférait encore le voir venir lui demander en rampant - ça serait à un autre. Une autre sûrement. C'était réellement déplorable du point de vu du brun qu'un être vivant soit aussi fermé à sa sexualité. Mais il n'allait pas l'en blâmer après-tout, il faisait ce qu'il désirait avec ce qu'il avait dans le pantalon, s'il avait quelque chose en tout cas... Il n'allait pas se plaindre d'avoir du travail en moins. Ce n'était pas son problème si ce pauvre type était frigide et qu'il n'était même pas capable de s'imposer devant une vulgaire prostituée. L'adolescent n'avait pas besoin d'un boulet dans les pattes mais de quelqu'un, d'un homme en l'occurrence, capable de s'imposer face à lui, de lui faire comprendre qui était le "patron". Sans quoi, ce n'était même pas la peine de se confronter à lui. October remplissait ce rôle à la perfection et probablement sans même s'en rendre compte.
Il fallait avouer que lorsque le grand brun était dans le coin, Silver était méconnaissable. Il l'attrapait par le bras, se cachait derrière lui et se blottissait dans ses bras. Mais lorsqu'il était seul ou avec quelqu'un d'autre, c'était une autre affaire... Il scruta les réactions de son visiteur. Il tenait simplement à le faire monter en pression. Et continua d'une voix trop douce en comparaison avec celle qu'il avait employé bien avant.


"Mais en revanche... J'accepte de t'apporter mon aide. Pas entant que Clef mais entant que... Disons un associer. Personne ne se méfie de moi ici, pour tout le monde, je suis juste une Clef sans pouvoir, mais ils se trompent, tu l'as bien vu. Je peux les mettre à ta disposition si tu as des ennuis ou des gens à convaincre, mais je ne deviendrais pas ta Clef, c'est mon unique condition, je tiens à être ton égal entant qu'associer. Après-tout nous poursuivons les mêmes rêves, ou presque... "

Il n'avait pas vraiment la réputation de savoir mener des affaires. Mais il se complaisait très bien dans ce rôle pour le moment. Oh, il savait très bien que l'autre n'était pas naïf, mais il savait aussi qu'il avait grand besoin de lui, à ce qu'il disait. Alors autant saisir ce qu'il lui offrait au lieu de rechigner. Il lui offrait ses pouvoirs sur un plateau d'argent. Du moins en apparence... Il ne les contrôlait pas réellement mais il allait apprendre, s'entraîner sur les objets de sa chambre par exemple. Il en venait même à se demander pourquoi l'autre avait tant besoin d'allié et était désespéré au point de lui demander à lui. Ses pouvoirs lui semblait assez grands alors qu'il n'était qu'un simple humain... Il pouvait tout aussi bien se débrouiller seul. Et après il se permettait de le voir comme un môme, c'était d'un risible... L'adolescent se redressa et s'approcha de lui, se penchant près de son visage pour poser une main sur son front fiévreux.

"Encore une chose, ne parle de cela à personne, je tiens à l'affection de quelqu'un ici, il ne dois rien savoir. Et nous serons bien plus efficaces en ayant une longueur d'avance en effet de surprise.... C'est ma seule offre, à prendre ou à laisser. Et si tu refuses, reste au moins dormir avec moi pour te faire pardonner, je fais des cauchemars et j'ai horreur d'être seul... Et vu ce que tu m'as montré, ça risque pas de s'arranger..."

Il se détourna de lui, sa voix faiblissant sur ses dernières paroles. Il demeurait fragile malgré tout. Cet homme lui devait bien ça non? Il n'avait pas pu garder Mattiew, il garderait celui là qu'il le veuille ou non. Il ne lui demandait pas de le serrer dans ses bras, de le rassurer dans son sommeil. Non ça Silver n'en avait rien à foutre. Il pouvait même dormir à l'autre bout du lit s'il le voulait. Il désirait simplement une présence tangible, une chaleur humaine. Il se redressa et se dirigea vers la porte qu'il avait verrouillé dans sa colère et l'ouvrit après avoir tourné à nouveau la clef dans la serrure. Triste destin que d'être une clef, condamné à vivre dans le noir, à ouvrir des portes. Mais cela allait changer... Il referma ensuite la fenêtre. Ça serait bête que son bel invité prenne froid.

"Et arrêtes un peu de me parler comme à un môme, j'ai vingt-et-un an aussi étonnant que cela puisse paraître..."

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Armand Kuroïavatarprofil +
MessageSujet: Re: End Of Small Sanctuary [PV Armand] /!\ [Terminé] Dim 13 Mai - 15:12

Armand n'en pouvait véritablement plus. Il n'était ni un Dieu ni un héros ; il n'étais même pas capable de convaincre Silver de se joindre à lui. Il avait pensé que ce serait la cible la plus facile, mais il s'était trompé : il pensait pouvoir le forcer, prendre l'ascendant sur lui, mais cette tête de mule ne voulait rien savoir ou ne comprenait rien.
Il tombait de haut, de très haut. Il devait revoir toute sa stratégie de A à Z, sentant la brûlure de l’échec siphonner ses entrailles.
Heureusement n'avait-il pas perdu confiance en lui, car c'était bien la dernière chose qui le maintenait en dehors de la folie. Il avait fait le dos rond, il avait présenté des excuses à la créature, s'était senti humilié de devoir admettre son impuissance à le convaincre. Sa toute première bataille menée pour conquérir ce monde de cinglés avait été interrompu par Silver, puis sa deuxième bataille avait été perdue face à lui. Il serrait des dents, quelque chose d'autre que de la colère venait de s'éveiller en lui, c'était bien plus profond, bien moins superficiel que de la rage : un courroux profond contre lui-même et contre les autres. Chaque fois qu'il clignait des yeux, il se voyait entrain de broyer le crane de la "Clef la plus inutile de l'Ambroise". Il ne plaisantait pas tout à l'heure, il préférait encore mourir que d'essuyer une défaite. Il était prêt à faire des sacrifices moraux et physique pou établir son armée, il était près à faire preuve d'intelligence et de sagacité. Il était prêt à s'humilier en ultime recours. Mais en aucun cas, jamais ô grand jamais il n'accepterais de subir un échec. Pas après avoir donné tout ce qu'il avait dans la bataille, pas après tant d'efforts. Mais que faire ? Était il seulement suffisamment puissant pour faire plier la volonté en chewing-gum de ce travelo égocentrique et excentrique ? Il grinçait des dents tandis qu'il l'écoutait parler, crispé dans son fauteuil et trop engourdit par la fatigue pour se lever et lui flanquer son poing au milieu de la figure.
Mais pour qui se prenait-il donc cet avorton ? Parler de liberté, ressasser ses souffrances passées comme on brandit un bouclier contre les reproches. De plus, cet olibrius semblait s'être inventé sa propre vision par-dessus celle imposée par Armand, c'était la un dommage collatéral qu'il ne connaissait pas de son pouvoir. Mais à une aussi forte dose, il ne serait pas étonnent que la suggestion hypnotique ai réveillées des souvenirs annexes qui étaient plus ou moins en sommeil. Armand continuait impassiblement à écouter les propos de la Clef : il allait même jusqu'à refuser de s'attaquer à lui, se planquant à nouveau derrière un élément de son passé. Cet agaçant personnage n'avait de cesse que de fuir tout ce qu'il ne contrôlait pas, ne s'empêtrant que d'avantage dans ses propres liens avec son passé. Le passé, quelle plaisanterie. Armand avait fait l'effort de presque l'oublier, ne le ressassant jamais. Il était ainsi : discipliné et stricte. Oui signifiait oui et non signifiait non. Ne pas choisir c'est être un lâche ; ne pas combattre c'est être un lâche, et les lâches sont les ordures de toute société normalement constituée.
Il osait, cette créature osait lui faire une offre ne lui laissant aucun choix ? Cherchait-il à le dominer lui ? Certainement pas, un être aussi faible et instable n'avait en aucun cas la carrure d'un chef ou d'un meneur. Alors pourquoi résistait-il à Armand ?
Plus il l'écoutait parler, plus son mépris à l'égard de Silver grandissait : il avait échoué à lui faire fermer sa grande gueule pour une bonne raison. Ce type n'était rien d'autre qu'une flaque de boue poisseuse, et donner des coup d'épée dans la boue était inutile, tout autant que de tenter de la raisonner. Tant de faiblesse d'âme et d'esprit, sans parler du corps ; comment cela pouvait il devenir au final une sorte de force ? Inconcevable.
Au moins avait-il finalement eu la décence d'enfiler un vêtement, épargnant aux yeux du jeune-homme le spectacle de son sexe flasque valdinguant entre ses cuisses et de ses fesses, rouge et torturé par les tourments de la sodomie.
Le tsunami d'onde négatives que subissait en ce moment le client n'avait rien de comparable avec ce qu'il avait jamais ressentit auparavant. Une colère normale était passagère, s'estompait avec le temps si on avait la forte de la contenir. Mais la bête vrombissante qui venait de se réveiller semblait au contraire affamée ; et plus son propriétaire allait la négliger, plus elle grandirait. Cette bête portait un nom qu'Armand trouva dans un coin de son esprit : "Berserk". En anglais, c'était un équivalent masculin de l'hystérie ; mais le mot avait un autre sens plus culturel. Les anciennes cultures viking, celtes ou irlandaises évoquait se mot en parlant de guerriers divins, inspirés par la colère de la terre elle-même. Les écrits restent vagues, mais Berserk possède plusieurs traductions : cela pourrait se lire "peau de bête" ou encore "sans armure". Les chercheurs pensent surtout que les double sens était voulu, vu que les berserker était représentés portant des peau d'animaux sur leur corps nus, se jetant au cœur de la bataille sans craindre la douleur ou la mort.
Ayant fini de consulter sa bibliothèque culturelle personnelle, le jeune-homme respira un grand coup, il n'aimait pas cette idée. Cela ne lui ressemblait pas, cela le rendait malade, mais il le sentait pourtant s'agiter en lui, un courroux irrépressible et infatigable.
Il revint alors à sa discussion avec Silver, celui-ci achevant de se montrer exubérant en demandant à son client qu'il passe la nuit avec lui, précisant qu'il avait vingt-et-un ans.
Armand contrôla sa voix afin de la faire la plus neutre possible, parmi toutes les insanités qui sortaient à la minute de la bouche caustique du loustic, celle-la lui paraissait énorme.


-"Vraiment ? Tu ne les fais pas. Es-tu seulement humain ? Cette moyenne d'âge est-elle comparable à ce que je connais ?"


Toute la question était la, à quel point cette créature était-elle humaine ? Le fait qu'elle ne le soit éventuellement pas réconfortait quelque peu le jeune-homme, quelque part.
Il ferma les yeux et passa une main sur sur visage, dégageant à nouveau quelques mèches vagabondes.


-"Cela-dit, je suis obligé de refuser ta première offre. Je ne veux pas d'un indépendant qui agira seul et qui me tiendra au courant selon son bon vouloir. J'ai besoin de soldats fidèles ; et quoi que tu dises quant-à un sois-disant asservissement, mes soldats seront heureux de l'être ..."

Armand n'avait de cesse que de jouer de la flute à la bête qui s'agitait en lui, la gardant ensommeillée pour ne pas avoir à subir sa fureur. Voila qu'il venait d'hériter d'un bien étrange compagnon pour sa psyché, sa conscience en sera verte quand elle s'en apercevra. Il sourit devant l'absurdité de sa propre métaphore, puis il prit appuie sur ses bras pour se lever du fauteuil. Il avait vu Silver fermer la fenêtre et entre-ouvrir la porte ; c'était donc un trouble obsesionnel ? Il s’approcha alors du lit et s'assied dessus en croisant les jambe, observant fixement la créature : tentant de saisir son regard avec le sien, étant curieux de savoir si la Clef avait devinée que quelque chose avait changé chez son client. Absurde, pas avec un simple regard.

-"Je n'abandonnerais jamais. Je te laisse donc faire comme tu veux, tu me rejoindras plus-tard, quand ma puissance sera devenu indéniable ... Pour le moment, que dirais-tu de jouer à un jeu ? Action ou vérité par exemple, ça m'aiderait à mieux te connaitre. A moins que tu ne veuille te coucher tout de suite ?"

Il savait bien qu'il venait tacitement d’accepter de rester avec Silver pour la nuit, mais il n'avait rien de prévu de toute façon. Toute sa colère et sa soif de vengeance apaisée et bouclé dans une cage dormait pour le moment, et il ne souhaitait pas la libérer tant qu'elle ne serait pas maitrisée. Il avait autre-chose à faire que d'être un berserker.
Le petit jeu puéril qu'il venait de proposer à la Clef avait réellement pour but de mieux le connaitre. Comme des ados qui y jouent pour découvrir leurs secrets mutuelles et ainsi s'intégrer dans un groupe. Armand devait usé de cette méthode, aussi simpliste soit-elle, pour créer un lien entre lui et Silver. Il ne gagnerait rien en usant de violence physique ou moral, c'était un fait. Car il n'avait pour le moment aucun accès au cœur ou à l'esprit de la créature. L'idée de s'en enticher lui passa par l'esprit une fraction de seconde avant de disparaitre. Il l'avait à peine perçu, suggestion fugace ne faisant qu'acte de présence avant de s'échapper ; toujours à l'affut d'une occasion pour se montrer.
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MessageSujet: Re: End Of Small Sanctuary [PV Armand] /!\ [Terminé] Dim 13 Mai - 18:00

Des questions encore et encore... Ne s'arrêtait-il donc jamais? Vraiment? Oui, vraiment. C'était toujours ainsi que les gens réagissaient lorsqu'il déclarait avoir cet âge là. C'était amusant dans un sens de les voir écarquiller les yeux et reformuler ses dires pour ensuite demander s'il s'agissait bien de la vérité. Quel intérêt aurait-il eu à mentir sur son âge? Humain? Lui? Difficile à dire. Il pencha les yeux sur ses mains, pâles araignées osseuses aux pattes fines et squelettiques. C'était difficile à dire. D'un point de vu purement scientifique, il était humain en effet. D'un point de vu un peu moins terre-à-terre en revanche... Des adolescents à la peau pâle et aux cheveux noirs, on en trouvait partout, ne serait-ce qu'à Nightmare Land. Mais des adolescent à la peau pâle, aux cheveux noirs, asexués et devant se nourrir de sang, ça, c'était déjà plus rare. Dans la culture de cette Terre, on appelait cela un vampire. La première fois qu'un de ses clients lui avait hurlé cela au visage avant de prendre la fuite et de ne plus jamais revenir, il avait simplement haussé un sourcil et avait posé la question autour de lui. Un vampire était une créature légendaire issue des superstitions humaines. Il s'agissait d'un mythe populaire, devenant même un soit-disant phénomène de mode. Mais il n'était pas ce type de créature. Pour commencer, il n'était pas un mort vivant. A moins qu'il soit déjà mort et que l'Ambroise soit son purgatoire, ce qui ne l'aurait même pas étonné vu l'agacement que certaines personnes pouvaient provoquer chez lui ici... Et il ne se transformait pas non plus en chauve-souris, ni ne dormait dans un cercueil. Cela devait être horriblement inconfortable...

"J'ai vingt-et-un ans, je vis depuis vingt-et-un ans, tout simplement. Mais mon corps lui, il a cessé de se développer quand j'avais quinze, ou bien seize ans, je ne sais plus trop..."

En tout cas, il était ce qui se rapprochait le plus d'un humain. Il n'avait pas les capacités qu'il aurait pu avoir si son père n'avait pas eu un enfant avec une humaine. Il continua d'écouter les déblatérations du client sans y prêter plus d'attention que nécessaire. Et bien voilà, il devenait enfin raisonnable. Ce n'était vraiment pas trop tôt! Dommage, il se surprenait à penser qu'ils auraient pu former une bonne équipe. Mais il n'avait qu'à aller chercher ailleurs, chez une Clef qui serait ravis de l'aider. L'espace d'un bref instant, le brun songea qu'il devrait accrocher à sa porte un panneau proclamant en lettre rouge et en caractère gras: "Attention, Clef non soumise, ne pas déranger!" Oh oui, ça en amuserait plus d'un mais c'était la vérité vraie, il n'appréciait pas que l'on vienne le déranger pour lui imposer pareil ultimatum. Tandis que l'humain continuait de parler, lui exposant ses projets abracadabrantesques, le jeune homme en profita pour se diriger vers son bureau et ranger quelques cassettes audio encore non utilisées pour l'enregistrement dans un tiroir. Le lecteur qui servait à les écouter fut pour sa part repousser à l'autre bout du bureau. Son journal intime se devait justement de le rester. Quoique personne n'aurait l'idée ne serait-ce que de penser que son journal soit une succession d'enregistrement audio. Et de toute façon, cela n'intéressait personne.

"Oh mais je n'en doute pas... Les maîtres on du soucis à se faire, ça c'est certain."

Il y avait une pointe d'ironie dans sa voix, mais il demeurait pourtant sérieux. Les maîtres avaient réellement du soucis à se faire. Mais pas nécessairement à cause de cet homme là qui prétendait pouvoir sauver toute une classe de l'Ambroise. Intention très louable, mais inconcevable. Et malheureusement entachée par une bonne dose de mégalomanie et d'un brin d'égocentrisme. Mais c'était dans la nature humaine après-tout. Il était tout deux égocentriques à leur façon. L'autre et sa sale manie de croire dur comme faire que l'Ambroise ne pouvait être sauvé que par lui seul alors que personne ne l'attendait et que tout le monde s'était toujours très bien débrouillé avant son arrivée, et Silver qui se retrouvait entravé par ses propres peur lorsqu'il essayait d'aider les autres. Dans un sens, ils se ressemblaient plus que ce que l'humain devait espérer. Et pour une fois, le jeune homme pouvait comprendre. Qui aurait envie de lui ressembler de près ou de loin, vraiment, qui?
Il se tourna vers lui à l'énonciation du jeu et un sourire se dessina sur ses lèvres. Quelque chose de presque... Tendre. Quoi? Il semblait désespéré au point de désirer qu'on le fasse retomber en enfance? Cela dit, c'était une bonne idée de la part du gêneur. Et surtout un joli piège que le garçonnet se ferait un plaisir de tirer à son avantage autant que son invité spécial. Il avança jusqu'à lit en passant une main sur sa tête qui ne pu même pas traverser entièrement sa tignasse de cheveux d'encre et se posa sur les draps, s'y allongeant sur le flanc en ramenant ses jambes à lui. Son regard se perdit dans la lumière de sa veilleuse qui oscillait mollement sur les murs. Ça commençait à lui faire trop d'émotions contraire pour la journée. Enfin y'avait des jours comme ça où tout allait mal, où le destin s'acharnait à vous pourrir le moral que vous aviez en vous réveillant. Dire que pour une fois il s'était levé du bon pied. Enfin tout n'était pas perdu. Au moins maintenant, s'il devait se glisser dans la salle commune en compagnie d'un client, il serait certain que l'autre le reconnaîtrait et qu'il penserait: "Tiens la pute qui m'a fait perdre une soirée." ou quelque chose du même genre, en moins vulgaire à en juger par le vocabulaire précieux du type qui avait le dont d'exaspérer le brun tant cela manquait de naturel et respirait la retenue à plein nez. Pour sa part, il penserait en retour: "Et oui, tu vois ma vie ne tourne pas pire sans toi."


"Si ça peut te faire plaisir, on va dire que c'est la moindre des choses que je te dois. Pose toutes les questions que tu veux... Et reste pas là, viens au moins t'allonger près de moi, je vais pas te bouffer... J'ai pas l'habitude de m'en prendre aux gens en dehors de mon travail de toute façon..."

Et il ne s'agissait là pas du tout d'un sens figuré. Il tapota doucement la place à côté de lui en levant la tête par-dessus son épaule. Non décidément , le temps n'était plus au jeu, ni à la séduction, ni à comparer lequel ferait le plus mal à l'autre. C'était quelque chose d'autrement plus mesquin qui avait commencé là. Un nouveau jeu étrangement innocent et passif qui risquait de dangereusement les rapprocher, jusqu'à ce qu'ils éclatent l'un dans l'autre en un tas de morceaux de verre brisés.

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Si je regarde en arrière, qu'obtiendrais-je de mon passé ?
Que m'apprendront ces réminiscences, ces souvenirs troublés ?
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Je garderai chacun de ces liens au plus profond de moi...
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Armand Kuroïavatarprofil +
MessageSujet: Re: End Of Small Sanctuary [PV Armand] /!\ [Terminé] Dim 13 Mai - 19:12

Armand en avait tellement soupé, des sarcasmes et de l'indolence de la créature, qu'il n'avait même plus la conviction de soupirer d'exaspération. Toute les frustrations et contrariété étaient désormais jetés en pâture à la bête, toute nouvelle pensionnaire des recoin de son esprit.
Comment devait il se comporter désormais en présence de Silver ? A la base, ses sentiments envers lui n'était qu'un vaste marécage de mépris et de ressentiment ; mais quelque chose d'invisible et d'insaisissable le menait à apprécier sa présence.
Étrange était encore un euphémisme à ce stage, mais les notions de ce qui était normal et de ce qui ne l'était pas semblait fragile en Ambroise.
Toujours assis sur le rebord du lit, il haussa brièvement les épaules, comme pour se débarrasser de toute les pensées encombrantes qui pourraient lui peser.
L'invitation à la détente de Silver eu alors un effet triplement inversé, explications : le ton employé pour lui dire de se détendre n'a fait que crisper d'avantage le client. Ce qui eu ensuite pour effet de le faire rire, constatant alors l'ironie de la situation. Ensuite, après avoir étouffé un rire amusé, il fut véritablement détendu.


-"Désolé, la fatigue ..."

Il s'était excusé machinalement, étant sûr que son rire avait été entendu malgré ses efforts pour le cacher. Armand se sentait étrangement léger depuis tout à l'heure et sans doute que Silver n'était pas étranger à ce miracle. Poussant le client à s'énerver sans obtenir de résultats, il créa en lui la fameuse bête, ardue à garder en cage, mais dévorant toute forme de sentiments négatif, les centralisant en un seul point. De cette manière, il était plus facile de garder son self-control que si les émotions l'assaillaient de tout côtés.
Il s’exécuta alors et prit le temps d'ôter ses chaussure avant de se laisser tomber sur le lit, dans une pose décontractée quoi que moins séduisante que celle de Silver. Les jambes le long du lit, une main derrière la tête pour se caler et une autre sur son ventre. C'est la position qu'il prenait lorsqu'il était encore à la fac et qu'il avait juste envie de se vautrer sur son lit et de rien faire.
Il lui était étrange de penser ; depuis combien de temps ne s'était-il pas juste vautré sur un coin de matelas pour jouer à un jeu stupide et potentiellement catastrophique avec des amis ? La réponse était simple : jamais.
Il connaissait les règles par cœur cela-dit. Le jeu étais sournois dans le sens ou à grand renfort de bluff et de pression, on pouvait amener l'autre à choisir la pire option, lui faisant ainsi faire ou dire des choses normalement inenvisageable. Tout ceci avait l'air puéril, mais d'un point de vue purement analytique, c'était le le meilleurs moyen que les jeunes avaient de se connaitre et de se reconnaitre. Savoir qui mentait, qui était courageux, qui n'avait pas peur de dire ses secrets, bref, qui était qui. Le besoin frappant d'obtenir une identité via l'amusement était un des grands côtés touchant de l'enfance et de l'adolescence.
Le jeune-homme soupira longuement et discrètement afin de se mettre à l'aise, puis il envisagea d’énoncer les règles du jeu à Silver. Peut être ne les connaissait-il pas, ou peut-être en avait il une version différente après tout.


-"Je sais pas si tu connais ... Mais en gros, le principe, c'est de proposer à l'autre, chacun son tour, soit une action soit une réponse honnête à une question. L'autre choisit alors entre les deux et se voit obligé de répondre à la question ou d’exécuter l'action. Et le plus amusant, c'est qu'il n'y a aucune autre règle ... Le plus effrayant aussi. Je commence ?"


Armand n'était pas encore à l'aise à cent pour cent, guettant la réaction de Silver, dont il ne savait pas si il était partant ou s'il participait à contrecœur.
S'installant confortablement et calant sa tête bien derrière l'oreillé et inspira profondément, tentant d'ignorer le décor déprimant autour de lui.
Il cherchait ce qu'il pouvait bien lui faire faire ou lui faire dire. Il devrait de toute manière commencer léger pour évoluer au fur et à mesure, sinon le jeu n'avait pas d’intérêt. Il décida donc d'une vérité et d'une action ; puis étant fin prêt à commencer le jeu, il récita la phrase rituelle :


-"Action, ou vérité ?"
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MessageSujet: Re: End Of Small Sanctuary [PV Armand] /!\ [Terminé] Lun 14 Mai - 18:20

La fatigue hein...? Il en avait encore beaucoup des excuses aussi bidons? Au moins il avait eu la décence de ne pas salir son lit avec ses chaussures. Depuis combien de temps était-il là au juste, enfermé à l'Ambroise? Et depuis combien de temps ne s'était-il pas lavé surtout....? Silver frissonna à cette idée. Il était plutôt du genre à cheval sur l'hygiène. Il suffisait de voir ses cheveux toujours impeccablement lisses et sans l'ombre d'un nœud qu'il pouvait passer des heures à coiffer avant de daigner sortir le nez de sa chambre. Ou bien il fallait le sentir, odeur de sucre, de fleurs fraîches. Il tenait vraiment à conserver le peu de revenu qu'il avait. Il n'avait pas besoin d'argent, mais parfois, c'était un bon argument... Il le suivie des yeux lorsqu'il s'allongea, ou plutôt s'affala sur son lit et se fit la réflexion qu'il risquait de se retrouver par terre dans la nuit si cet épouvantail immense prenait toute la place. Quoique à bien y réfléchir, ce type là n'avait pas tant l'air d'un épouvantail, En fait il était même peut-être un peu trop en muscle au goût de Silver. Comme s'il avait une fragilité, une faiblesse à cacher. Mais ça le petit brun le découvrirait bien assez tôt, ce jeu de gosse le lui permettrait. Il n'était pas dupe, et l'autre non plus. Ça serait certainement auquel des deux mentirait le mieux. Et l'adolescent était passé maître dans la matière...
Il connaissait les règles, il n'était pas totalement stupide. Mais ce n'était pas pour autant qu'il y avait déjà joué. Avec un cousin muet, c'était plutôt compliqué. Et son "cercle" d'amis avait tendance à changer souvent lorsqu'il vivait encore à NightMare Land. Alors pour prendre le temps de jouer à ça... Mais le jeune homme se doutait bien que l'autre ne lui demandait pas de jouer de façon purement innocente. Lui non plus d'ailleurs, il avait bien l'intention d'en apprendre le plus possible sur un futur allié ou ennemi. Son nom déjà, parce que en fin de compte, il ne le connaissait toujours pas, ça lui faisait un point de retard. Et il n'aimait pas être devancé, sauf dans certaines situations où il était plus plaisant de laisser faire les choses. Il roula des yeux devant sa propre réflexion intérieur, songeant qu'il était grand temps qu'il retourne voir son amant, ou un homme digne de ce nom en tout cas...


"Je connais les règles oui, même si j'y ai jamais spécialement joué... Mais tu as raison, s'en est presque... Malsain...."

Son regard s'éclaira d'une lueur psychotique au dernier mot avant de perdre aussitôt son éclat. Son pied glissa à l'autre bout du lit, empoignant de l'orteil une chose molle et cotonneuse qu'il ramena à lui. Sally. La chèvre noire rapiécée aux yeux en boutons. Le... Doudou d'enfance de Silver qu'il avait gardé jusqu'ici. En sale état, c'était certain. Mais la peluche dégageait pourtant quelque chose en plus de son odeur de cendres et de renfermé. C'était l'une des rares preuves qui attestaient encore de l'innocence restante de la petite catin de porcelaine. Après-tout ses vingt-et-un ans ne prouvaient pas grand-chose... Selon les critères de sa race, il était encore un enfant pré pubère. Mais déjà en âge de se nourrir par ses propres moyens, ce qu'il avait toujours fait avec brio jusque là. Presque toujours... Il avait eu une petite période de passage à vide avant d'être tiré à l'Ambroise.
Silver remonta le regard vers l'homme étalé sur son lit. Action ou vérité hein...? D'un côté, c'était tentant de savoir ce qu'il comptait bien lui faire faire dans le premier cas. Se frapper la tête contre un mur jusqu'à ce qu'il ne soit plus que de l'informe bouillie écarlate? Un peu salissant, bien que le brun puisse comprendre ce qui motivait l'autre à faire ça... Mais ce n'était pas le but du jeu. Ni pour lui, ni pour ce type. Serrant la peluche contre sa maigre poitrine, il répondit d'une voix ferme qui se voulait directe., levant paresseusement une jambe pour la croiser avec l'autre.


"Vérité, j'ai trop la flemme de me lever..."

Que le jeu commence.

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Armand Kuroïavatarprofil +
MessageSujet: Re: End Of Small Sanctuary [PV Armand] /!\ [Terminé] Lun 14 Mai - 19:09

Aussi étrange que cela puisse paraitre, Armand ne réfléchissait plus vraiment. Il laissait simplement aller ses pensées comme si il leur faisaient confiance en quelques sortes.
Silver s'était mis à l'aise lui aussi, saisissant du pied une peluche informe qui semblait avoir connue des année et des années de mauvais traitement. Mais le client le sentait bien en lui-même, la créature à côté de lui n'était pas du tout détendue ; elle était encore à l'affut, elle attendait quelque chose. Serait-il donc toujours un ennemi pour cette indolente bestiole ? Était il condamné à lui inspirer la méfiance ? Comment faisait-elle donc pour vivre dans de pareilles conditions, c'était purement ridicule. La psychose de Silver était elle vraiment à ce point installée et incontrôlable qu'elle ne devait jamais disparaitre ou s'essouffler ?
Armand avait pour habitude de mépriser les traumatisés et les craintifs qu'il jugeait trop faible pour survivre à eux-même. Était-ce le cas encore aujourd'hui ? Oui, plus que jamais oui, mais un autre sentiment, étranger, venait s'installer plus particulièrement en ce qui concerne Silver.
Mais tout en revenant à la présente situation, le jeune-homme sortit la "vérité" qu'il avait préparé à l'avance.


-"As-tu déjà eu des rapports sexuels ou tu étais le partenaire actif ?"

Tout en récitant sa question, il s’aperçut qu'elle n'était peut être pas formulée très sereinement. On aurait en effet cru voir la une question posée par un médecin ou un spécialiste quelconque. Pour s'intégrer correctement au jeu, il devait faire plus attention, non, moins attention à ce qu'il disait. Si il n'était pas détendu et serein, il n'arriverait pas à rentrer correctement dans la partie.
En face de lui, Silver semblait particulièrement intéressé par l'enjeu : voyant certainement tout cela comme une ouverture. Pour se venger peut être ? Tout cela n'était qu'une hypothèse au final. De toute manière, Armand avait un peu lancé l'idée pour les même raisons. Mais au final, quoi de plus efficace que de se prendre réellement au jeu afin d'en apprendre le plus possible sur son adversaire ? Il se prit alors à ressentir quelque chose qu'il n'avait que rarement ressentit : de l'excitation. Il sourit.


-"Alors ?"
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Silver SilentCryavatarprofil +
MessageSujet: Re: End Of Small Sanctuary [PV Armand] /!\ [Terminé] Mar 15 Mai - 16:28

Cet homme n'était décidément pas idiot. Il semblait cacher ses réflexions derrière sa désinvolture pour mieux le piéger lui, ce qui ne rassurait pas du tout le brun... A la fin de la soirée, il aurait le crâne en miette à force de stratagèmes pour ne pas perdre la face. Il avait rarement eu à faire tant d'efforts pour empêcher son masque de s'effriter. Mais cette fois, l'autre semblait détendu. Moins enclin à le sonder de la sorte. Était-ce à cause des horreurs qu'il lui avait montré? Cela semblait l'avoir considérablement affaibli. Mais il pouvait être rassuré, l'adolescent ne souhaitait pas se venger. Pas pour le moment en tout cas. Les bourdonnements aigus dans ses oreilles lui avaient assez filé la nausée comme ça pour plusieurs semaines. Il s'était pourtant promis de ne plus les utiliser, pour son propre bien comme pour celui des autres. Mais ce soir, il avait compris plusieurs choses. Premièrement: il ne le contrôlait pas selon son bon vouloir puisqu'il n'était bien entendu pas capable de se mettre en colère sur commande. Deuxièmement: Son utilisation risquait de se montrer utile, ne serait-ce que pour effrayer un gêneur. Troisièmement... Et bien le petit trois de cette série de condition était une question à vrai dire. Une question qu'il se posait à lui-même. D'où tenait-il cette capacité effrayante? Depuis quand cela sommeillait-il en lui, près à se libérer dans un emportement enragé?
Ça lui faisait plus peur que cela ne le rendait heureux. Évidemment il était loin d'être le seul à l'Ambroise. Chacun avait son petit tour de magie personnel. Mais ça... Prendre le contrôle sur des objets.... Des personnes... Et le tout sous le coup de la colère et de la panique, ça le terrorisait. Un dérapage était trop vite arrivé... S'il était responsable d'un accident, il allait s'en vouloir pour le restant de ses jours. En fait, c'était même déjà le cas. Ces pensées lui avait fait crispé les mains sur sa peluche, la griffant de ses ongles vernis. Non il devait se calmer, ne pas penser à ces problèmes. Il n'y avait pas eu de blesser, c'était le plus important. Et l'humain ne devait pas comprendre qu'il cogitait intensivement sans en dire mot. Le brun ferma les yeux, présentant à l'autre ses paupières maquillées de noir, cherchant à se détendre. Il porta instinctivement la peluche à son visage pour mordiller l'une de ses cornes molles, comme il l'aurait fait lorsqu'il était encore enfant, bien avant de pouvoir se nourrir seul. Ce geste l'avait toujours apaisé, lui permettait de se concentrer sur autre chose. Il aurait sombré dans le sommeil si l'autre n'avait pas posé sa question.


"...... Pardon?"

Silver rouvrit les yeux brusquement, fixant l'homme le temps que la question lui parvienne complètement au cerveau. Ce qu'elle sous-entendait aussi. Il se serait attendu à tout sauf à ça, c'était certain. En quoi cela le regardait-il au juste? Il avait pourtant bien entendu, son esprit était "pure", comme il l'avait dit avant de lui écraser le visage avec sa grande main d'adulte brutal. En quoi son esprit si "innocent" avait besoin d'être corrompu avec des réponses pareilles? Le jeune homme commença à se demander s'il n'avait pas utilisé se prétexte minable pour une raison toute autre. La créature ignorait laquelle. Peut-être son cœur était-il pris quelque part. Non, qu'aurait-il été fabriquer dans une maison close si ça avait été le cas? Ou bien peut-être qu'il ne s'intéressait qu'aux femmes. Et pourtant il ne trompait personne... En neuf ans de "métier", Silver était tout de même capable de reconnaître les flammes qui animaient les hommes en face de lui, aussi fugaces fussent-elles. Et la réaction hautement colérique de l'autre après son baiser le confortait dans cette idée. Se retrouver face à quelque chose qui nous échappait avait tendance à mettre hors de soie.
Une rougeur passa sur son visage. Il avait beau être une catin, cette question n'en demeurait pas moins légèrement gênante. Il baissa aussitôt les yeux qui fixaient l'homme sans vraiment le voir quelques secondes auparavant et se redressa avant de se lever de lit. Il avait trouvé un bon prétexte pour ne pas avoir à répondre en face à face. Il n'avait cure du fait que l'on lui pose des questions stupides. Mais des intrusions si violentes dans sa bulle privée, c'était une autre affaire. Il attrapa un pinceau reposant sur son bureau ainsi qu'un flacon contenant de la peinture noire, posé juste à côté d'un second pot de peinture étrangement transparente. Il leva le nez, cherchant une place près des visages sur le mur le plus large de la chambre. Il trouvait que placer cet homme à côté d'October, c'était lui accorder trop d'importance. Et juste à droite d'Alice, ça lui rappelait trop l'état dans lequel il l'avait retrouvé quand ce type était entré chez elle. Il décida donc de la placer en bas du mur, un peu à l'écart des autres, ne sachant pour le moment pas trop quoi penser de lui. Il traça un premier trait sombre, puis continua, esquissant les premiers vestiges d'un visage.


"Non... Enfin ça dépend de ce que tu entends par "passif"... D'un point de vu purement spatial, ça m'arrive souvent d'être au-dessus. D'un point de vu sexuel par contre, c'est moi le... Soumis, sans vouloir te bruler les tympans."

Il ne lui présentait que sa cascade d'encre, refusant de le regarder en face. Il était passé d'une pâleur inhumaine à un rouge framboise qui ne lui seyait pas vraiment. Cette question lui faisait honte. Mais il avait l'avantage de pouvoir invoquer cette obsession de vouloir peindre les gens ayant rencontrés son chemin avant d'oublier leurs visages. Les tracés noirs s'enchaînaient à une vitesse considérable jusqu'à ce que l'adolescent décide de plier les jambes pour dessiner un œil cernés de noir qu'il étira légèrement. L'autre suivi presque immédiatement, puis ce fut le tour du nez et de la bouche qu'il tenta d'étirer un vague sourire. Il était vrai que la plupart de ses portraits n'étaient pas vraiment très souriants.... Mais cet homme là ne cessait de le gratifier de sourire depuis qu'il était là, et il n'aimait pas dénaturer les gens. Être sur son mur signifiait une importance plus ou moins amplifiée dans la vie du brun. Il ne dessinait que les gens qui en valaient la peine à ses yeux. Ceux qu'il aimait. Ceux qu'il haïssait. Et ceux qui l'intriguaient. Le dernier en date rentrait plutôt dans cette dernière catégorie.

"Puis regarde moi, je n'ai pas vraiment une tête à me retrouver au-dessus. Mes clients me choisissent pour ma "fragilité", je suppose... Ils ne s'attendent pas à ce que je joue les gros bras et de toute façon je n'en serais pas capable... C'est peut-être égoïste de ma part mais c'est comme ça que je dispense du plaisir... Et met toi un peu à leur place, tu me verrais essayer de te monter...?"

Il sursauta à l'écoute de ses propres paroles. Il avait souvent eu la langue bien pendue mais rarement au point de se gêner lui-même. Il tourna la tête avec un regard qui semblait parler pour lui "tu l'as demandé, tu l'as eu.". Son pinceau s'écrasa à nouveau sur le mur, ébauchant une mèche de cheveux noire.

"Action ou vérité?"

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Armand Kuroïavatarprofil +
MessageSujet: Re: End Of Small Sanctuary [PV Armand] /!\ [Terminé] Mar 15 Mai - 18:08

Armand trouvait très confortable le matelas sur lequel il était allongé. Tant et si bien qu'après avoir posé sa question, il changea de position pour se mettre plus à l'aise encore. Il se mis sur le côté, faisant face à Silver, allongé à la romaine, soutenant sa tête de sa main droite, laissant ses cheveux tomber en cascade derrière l'angle que formait son coude. Son regard semblait se perdre dans le vague, il voyait la créature en face de lui sans vraiment la regarder, se contentant de suivre ses mouvements lorsqu'elle en faisait.
Finalement, pouvait on dire que le jeune-homme commençait à succomber à l'ambiance générale de l'Ambroise ? Non, succomber n'était pas le mot : il s'y intégrait tout bêtement, ayant enfin saisi l'inutilité de se débattre continuellement.
L'attitude de Silver avait soudain changée. Il s'était exclamé doucement, semblant être choqué par la question qu'on venait de lui poser, rougissant et fermant les yeux, surement par timidité ; il tritura alors un peu plus sa peluche, il semblait se poser un tas de question intérieurement.
Il se leva alors du lit, sans rien dire, et attrapa un pinceau sur le bureau, juste avant de faire le tour de la pièce. Que cherchait-il donc à faire ? Abandonnait-il déjà la partie ?
Armand se redressa sur ses coudes afin d'observer Silver ; celui-ci venait de se baisser et entamait de dessiner quelque-chose sur le mur de sa chambre. Une nouvelle œuvre, sans doute destinée à lui occuper les mains tandis qu'il répondait à cette question qui avait tant semblé le gêner. Le jeune-homme écoutait avec attention, un sourire amusé vissé sur ses lèvres humides.
Il écoutait la créature lui raconter qu'il avait déjà était au-dessus physiquement, mais que dans un rapport ou un autre, il n'avait jamais été l'actif, toujours la victime. Il semblait croire que sa réponse un peu crue avait choqué les oreilles d'Armand. Mais c'était impossible, ce dernier avait l'esprit pure : peu importe ce qu'il entendait disait ou faisait. Toutes les douleurs du monde ne pouvaient pas affecter la forteresse de ses convictions profonde et de son Moi. Il resterait toujours qui il était, structuré en son noyau ; et peu importe ce qui lui arrivait, il pourrait toujours se reconstruire lui-même, seul. C'est en cela que son esprit était pure, c'est qu'il pourrait toujours se débarrasser de sa noirceur, par la méditation ou autre. Et si le jeune-homme devait le mettre en péril pour réaliser ses ambitions, alors tant-pis, si il n'encaissait pas les pire coups maintenant, il serait trop tard le jour ou il affronterait les Maître des lieux.
Sortant de ces sombres pensés, il porta son attention sur les coup de pinceau de Silver, il avait hâte de voir comment il se débrouillait pour dessiner et surtout ce qu'il était entrain de faire, plus précisément. C'est alors qu'il reprit la parole, ajoutant d'autre informations encore, semblant ressentir le besoin d'en préciser d'avantage. Le jeune-homme écoutait toujours attentivement, un sourire amusé s'étira à nouveau sur ses lèvres. Ce que la créature disait était vrais : quel genre d'homme s'offrirait du bon temps avec un autre, bien plus efféminé, si ce n'est pour le dominer ? Mais la dernière remarque fit tilter bien d'avantage le client : "tu me verrais essayer de te monter...?". Cela lui fit écarquiller brièvement les yeux tandis qu'il se représentait la scène : lui, couché sur le dos complétement nu et Silver s’approchant lentement au-dessus de lui afin de le pénétrer. Armand eu un frisson qui lui scia les épaules de part et d'autre, il stoppa net son imagination, gardant cette vision pour plus tard. Il dit alors à voix haute, presque pas sur le ton de la plaisanterie :


-"Je pourrais te répondre, mais ce n'est pas encore à mon tour de jouer."

Il rit et se concentra à nouveau sur les gestes de Silver : ne venait il pas de sursauter ? Pour quelle raison ? En tout cas, il n'arrivait toujours pas à distinguer ce qu'il essayait de représenter. La créature récita alors la phrase rituelle, ce qui laissa le jeune-homme songeur quelques instants. Que choisir ? Dans la major partie des cas, cacher son jeu à l'adversaire afin qu'il ne puisse pas établir de tactique était tentant. Mais le client savait très bien que face à l'inconnu, la Clef avait justement tendance à spéculer automatiquement jusqu'à tirer une conclusion sortie tout droit de nul-part, alors autant jouer à jeu découvert ... Il réfléchit alors à voix haute.

-"Hmmm ... Je crois que ça t’intéresserait vraiment d'en savoir plus sur moi. Mais si je prends une action tu vas sans doute inventer quelque chose de complétement scabreux pour me dissuader de reprendre cette option. Cela dit, tu aurais peut être trop peur que je riposte à mon tour et tu ne prendrais plus d'actions, ce qui te limiterais à choisir des vérités et ... Ce jeu est vraiment complexe, au final ..."

Il passa une main sur son menton et fit passer discrètement sa langue sur ses lèvres afin de les humidifier, juste avant de se redresser en position assise sur le lit et de dire avec un sourire :

-"Action !"
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Silver SilentCryavatarprofil +
MessageSujet: Re: End Of Small Sanctuary [PV Armand] /!\ [Terminé] Mer 16 Mai - 13:37

Si l'autre désirait lui répondre, Silver préférait autant qu'il se taise et qu'il enterre ce qu'il venait de dire dans les tréfonds de sa mémoire endormie. Il secoua la tête et se remit à l'ouvrage. Son pinceau s'activait, suivant ses fluides mouvements de poignets. Lui aussi avait également imaginé la scène un bref instant et cela l'amusait plus que ça ne le gênait tant le tableau était ridicule. Le jour où il serait capable de s'imposer de la sorte à ses amants, c'est que quelque chose aurait sérieusement mal tourné dans son esprit. Ça revenait à peu près à lui demander d'accepter une femme dans sa couche. Ça lui était totalement impossible. Il soupira faiblement à l'annonce de son invité. C'était un choix tellement large... Il avait envie de lui demander bien des choses. Des choses totalement abracadabrantesques pour la plupart. Il continua sa peinture, dessinant peu à peu les cheveux noirs de son invité avant de s'arrêter à ses épaules, comme il l'avait fait avec les autres visages. Quel nom donner à ce visage? Silver l'ignorait toujours et cela l'agaçait. Mais puisqu'il avait choisit l'action...
Le brun se redressa et fit face à l'adulte, lui lançant un regard qui tranchait totalement avec cette expression candide qu'il avait eu quelques minutes plus tôt. Il laissa le pinceau dans le pot poser au pied du mur et avança vers lui sans l'ombre d'un sourire. Il posa ses mains sur les épaules de l'homme et le poussa sur le lit pour l'allonger sur le dos. Il se faufila sur lui aussi rapidement qu'une anguille pour pouvoir se hisser sur les bras, le dominant en position assise. L'autre pouvait bien y voir ce qu'il voulait, Silver n'avait aucunement l'intention de dériver dans le sexuel pour une fois.


"Bien, bien. Dans ce cas je te demanderais simplement de ne plus jamais utiliser ton pouvoir sur moi, plus jamais."

Il fixa l'homme encore quelques secondes, lui faisant ainsi bien comprendre qu'il était tout à fait sérieux. Ce n'était pas une action à proprement parler. C'était même plutôt on non-action. Mais ça importait beaucoup pour Silver. Il ne descendit pas du corps de son client et croisa s'y allongea, croisant les bras sous sous menton pour pouvoir le regarder droit dans les yeux. Il posa sa joue contre son bras en agitant ses jambes doucement. L'autre faisait deux têtes de plus que lui et pesait certainement aussi bien plus lourd. Le poids plus du petit brun ne devait par conséquent pas le déranger tant que ça. Une plume s'écrasant lentement sur une pierre. L'adolescent s'autorisa à donner un petit coup de poings léger sur le torse de l'adulte. Oui, de la pierre, c'était réellement un roc ce type... Il grimaça faiblement. Il ne pouvait pas s'imaginer la chance qu'il avait... Lui aussi il aurait aimé avoir un torse fort. Un minimum en tout cas. Ne pas avoir ces airs de chevreau fragile. Grandir un peu aussi, ça ne serait pas du luxe.
Ou peut-être que non. Peut-être qu'au fond, il désirait vraiment devenir femme. Une vraie, pas un asexué. Avoir un peu de poitrine et des courbes plus gracieuses, les hanches accueillantes et pas aussi étroites. Peut-être que s'il était né femme, il aurait pu avoir les faveurs d'hommes inaccessibles. Comme ce type là. Comme... Le jeune homme se mordit la lèvre. Il préférait ne plus y penser. Il était né homme, ou plutôt presque homme. Et maintenant il devait vivre avec le dégoût de certains et la curiosité des autres. Et se faire insulter de travelo aussi. Il glissa un regard débordant de reproche à l'autre lorsque cette pensée lui effleura l'esprit. Comprenait-il maintenant qu'il n'avait pas choisi ce corps? Et que quelque part, il s'agissait d'un atout...


"Et donnes moi ton nom tant que tu y es, j'ai horreur de m'adresser à des inconnus. Puis avant que tu me le demande, ça sera action aussi pour moi, et non je ne me lèverais pas de là où je suis..."

Cela dit, il prit ses aises en croisant une jambe sur l'autre, laissant sa joue se poser sur le tissu de la chemise qu'il avait partiellement ouverte tout à l'heure. Il n'y avait pas à dire, être nu demeurait bien plus agréable, mais bon, c'était une question de pudeur et de sérieux. Il lança à l'autre un sourire crispé qui en disais long sur son appréhension sur ce qu'il allait lui demander de faire. Mais c'était toujours mieux que d'essuyer de nouveau une question gênante du type de la précédente....

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Si je regarde en arrière, qu'obtiendrais-je de mon passé ?
Que m'apprendront ces réminiscences, ces souvenirs troublés ?
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Armand Kuroïavatarprofil +
MessageSujet: Re: End Of Small Sanctuary [PV Armand] /!\ [Terminé] Mer 16 Mai - 17:18

Armand n'imaginait pas ce qui se passait dans la tête de Silver. Il avait fait une croix sur l'espoir de comprendre un jour cette étrange créature en l'observant simplement ou en tirants des déductions ; il ne vivait tout simplement pas dans le même monde qu'elle.
Cela-dit, il observait toujours aussi attentivement ce qu'elle était en train de peindre sur son mur : cela ressemblait pour le moment à de long cheveux très foncés. Soit ceux de la Clef, soit ceux de son présent client. Mais à bien y réfléchir, l'ado troublé semblait plus enclin à dessiner les autres qu'à se représenter lui-même, alors le jeune-homme en déduisit qu'il serait lui aussi représenté sur ce mur des lamentations miniature. En bas, dans un petit angle.
Il ne put réprimer un rire amusé tandis qu'il faisait la constatation, oserait il interférer avec la vision que la créature avait de lui ? Y trouverait il un quelconque intérêt ? Sans doute. Encore fallait il qu'elle choisisse une action.
Soudain, le regard de Silver changea : il avait l'air soudain moins agressif, plus neutre. Comme si ses yeux étaient le témoin visuel du taux d'agressivité dans son cerveau : une nouvelle pensée idiote qui arracha un sourire au jeune-homme.
La créature se mit soudain à le repousser délicatement par les épaules, il se laissa tomber délicatement en arrière, curieux de voir ce que lui voulait la bestiole. Celle-ci ne souriait pas et ses yeux étaient toujours étrangement opaques, ce qui ne laissait heureusement rien présager de dégradant pour le corps du jeune-homme.
Puis la Clef se mit à califourchon sur lui, ne changeant toujours pas d'expression : il ressemblait un petit animal effrayé qui inspecte un corps étranger afin de voir à qui ou qui il a à faire. Il alla même jusqu'à tâter le torse du client, celui-ci s’interrogeant alors sur l'utilité de la manœuvre.


-"Tu cherches quelque chose ?"

Question stupide, mais son cerveau s'était légèrement déconnecté depuis tout à l'heure. Il n'éprouvait même plus de gène à laisser Silver lui crapahuter dessus : il était si léger, il pourrait presque s'endormir dans cette position, alors pourquoi éjecter gratuitement la pauvre bestiole ? Commençait il à avoir pitié ? Commençait il à apprécier sa présence ? Il fallait bien admettre qu'il avait grandement baissé sa garde, mais c'était bien à cause de la bête en lui qui mobilisait à elle seule toute la garde disponible. Mais que ce passerait il si les chaine du chien enragé venaient à lâcher ? Ce n'était pas le moment d'y penser, et d'ailleurs, il n'y pensait déjà plus tandis qu'il écoutait Silver formuler sa requête.
Il demandait la quelque chose de très important. Mais sans se rendre compte toute fois, qu'à la prochaine action, Armand pouvait lui demander de l'autoriser à utiliser son pouvoir : mais étrangement, il se dit qu'il n'en ferait rien. Il se contenta de sourire de façon amusée en observant la créature crapahuter sur son ventre et haussa brièvement les sourcils :


-"D'accord."

Le client perçu quelque chose de nouveau, une chose qu'il n'avait pas réalisé depuis tout à l'heure. L'odeur de la créature : un parfum complexe qui rappelait vaguement la cendre.
Une odeur plutôt chaude qui semblait dire "je suis fragile, porte moi dans tes bras."
Mais le côté sombre du parfum révélé un côté plus sombre, mais inaccessible ; comment pouvait on dégager un parfum naturel qui en disait aussi long ?
Le client laissait ses mains le long de son corps, il avait bien envie de toucher Silver pour voir si il ne tomberait pas en poussière au moindre contacte, mais quelque chose l'en empêchait.
Il se fit alors demander son nom, la créature précisent alors immédiatement qu'elle prendrait une action ensuite ; avait elle une idée en tête ? Armand ramena ses mains derrière sa nuque et son visage passa de songeur à amusé. C'était bien vrais cela, qu'il n'avait même pas donné son nom à la Clef, c'était un point amusant.


-"Je ne te dirais rien. Je n'ai pas choisit une vérité."

Un sourire passa sur son visage, puis se redressa quelques peux. Ainsi, la bestiole ne voulait pas bouger de la ou elle se trouvait ? C'était presque une invitation. Trop flagrante d'ailleurs, il eut un petit rire et dit alors à voix haute.


-"Hmmm ... Voyons voir. Qu'est ce qui pourrait t'embêter vraiment ? Maintenant que je sais que tu vas bientôt me demander mon nom, je peux choisir une action sans trop craindre les représailles ..."

Il leva alors le doigt et pointa le petit dessins qu'avait entamé Silver dans un coin de mur.

-"Dessine moi en plus grand et à côté d'Alice. Ou alors tu peux abandonner et perdre la partie tout de suite ; en brisant ainsi ma promesse de ne plus utiliser mon pouvoir sur toi."

En temps normal, il aurait certainement eu un sourire sadique. Mais ce qui se lisait sur son visage dans l'immédiat était surtout de l’hilarité retenue, avec un brin de sournoiserie peut être. Mais rien de bien fâcheux.
Il soupira un grand coup alors et ferma les yeux : il était fatigué, mais il aurait voulu que le jeu continu ainsi pendant des jours et des jours. Quel soudain gout pour l'aventure, il ne se le connaissait pas lui-même.
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Silver SilentCryavatarprofil +
MessageSujet: Re: End Of Small Sanctuary [PV Armand] /!\ [Terminé] Mer 16 Mai - 18:44

Peut-être que oui. Peut-être que l'autre avait raison. Peut-être que tout ceci n'était qu'un long rêve et qu'en réalité, la Clef se métamorphoserait en cendres si l'adulte se décidait à poser une main sur elle. Peut-être que cette maison, ses occupants n'étaient que les acteurs du rêve de l'enfant. Ou peut-être que quelqu'un d'autre rêvait d'eux tous et qu'il s'évanouiraient au réveil de ce rêveur. Si c'était le cas, alors ils n'avaient plus qu'à attendre qu'il se réveille bientôt. Il pouvait le toucher, autant qu'il le voulait. Qu'il le fasse se sentir vivant, qu'il lui fasse enfin assumer un peu son existence. Peut-être que finalement , il allait autoriser cet homme à prendre la place d'October pour une nuit. Peut-être même qu'il irait jusqu'à lui demander de le faire. Le brun accepterais tout, jusqu'à s'humilier de la sorte, pour pouvoir obtenir un peu de tendresse... Un peu de chaleur. Son regard brumeux s'était perdu dans la "contemplation" silencieuse du visage de son invité. Il ne bougeait plus d'un cil, respirait le plus lentement possible, le temps s'était comme suspendu dans la chambré, plongeant ses deux occupants dans une torpeur profonde.
Il n'avait plus envie de faire preuve de stratégie. Il voulait seulement rester ainsi, profiter de la proximité entre leurs deux corps. La séduction avait laissé place à l'attirance passive. L'adolescent aurait bien pu demander d'une voix suppliante "serres moi, prends moi dans tes bras, fais moi ce que tu désires." que cela n'aurais pas semblé étonnant. Lorsque l'homme reprit enfin la parole, Silver releva la tête, n'ayant pas saisi un traître mot de ce qu'il venait de dire, jugeant alors cela sans grande importance. Il répondit par un petit gémissement de protestation suite à ce merveilleux silence brisé. Bien. Qu'il refuse de lui communiquer son nom, peut lui importait. Il continuerait donc à le surnommer "l'humain". Il suivi du regard le doigt qu'il pointa vers le mur peinturluré. Il fronça un sourcil à la demande.


"Non."

Le jeune homme s'accouda au torse de son client, leva une main vers son visage pour glisser dans ses mèches sombres. D'où venait-il au juste? Ses traits semblaient différents de ceux qu'il avait pu connaître dans sa couche. D'un point de vu extérieur, leur position pouvait évoquer de drôles de fantasmes de la part du client. Mais au final, les pensées du petit demeuraient pour le moment centrées sur des choses bien innocentes. Que l'autre ne s'inquiète pas quand à la conservation de sa... Virginité. Ses jambes vinrent s'entremêler aux siennes, son corps se serra un peu plus au sien. L'adolescent ne faisait rien de mal. Il le découvrait, cherchait à comprendre et à observer, comme l'aurait fait un animal. Il renifla même son étrange odeur, remplie de saveur qu'il ne connaissait pas et qu'il ne pouvait pas toutes identifier. A ses yeux, le monde des humains, la... Terre, comme on lui avait dit, se limitait à l'Ambroise et à ce qu'il voyait de la fenêtre de sa chambre, à savoir une épaisse forêt d'une beauté absolue lorsque l'Automne prenait le pas sur l'été.
Il n'avait pas la moindre idée de ce à quoi pouvait ressembler le monde au-delà de ces arbres aux feuillages épais. Il avait souvent songé à s'enfuir, à aller découvrir ce qu'il y avait à l'extérieur. Mais ne prendrait-il pas peur au final devant tant de choses qu'il n'avait pas connu à Nigtmare Land? Parfois ses clients humains lui comptaient les histoires de leur monde et Silver écoutait toujours attentivement, bien qu'il ne comprenne pas la moitié de choses auxquelles ils faisaient allusion. Voiture, métro, tout cela lui était inconnu. Il avait grandi près des usines de tissages de cauchemars et avait crapahuté toute son enfance entre les branches crochues des arbres du bois des condamnés, petite créature frêle aux cheveux noirs mal coiffés et aux genoux écorchés. Mais les inventions humaines le dépassaient totalement, rien n'y faisait.


"Je t'ai déjà dessiné, je ne dessine jamais quelqu'un deux fois. Surtout des gens que je connais à peine. Je choisis une vérité finalement...."

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Armand Kuroïavatarprofil +
MessageSujet: Re: End Of Small Sanctuary [PV Armand] /!\ [Terminé] Jeu 17 Mai - 9:26

Armand se sentait bien étrange. Ses émotions étaient tellement naturelles : il n'avait jamais été comme ça avec quelqu'un auparavant ; c'est comme si le rempart glacé de son intelligence n'empêchait plus ses sentiments de s'exprimer simplement. Ou en tout cas, plus aussi efficacement. Était il malade ? C'était peu probable, il se sentait en grande forme. Mais cette créature qui pesait sur son ventre, qui semblait l'observer comme on observe une montagne enneigée, qui semblait vouloir le toucher pour savoir si il était bien réel. Il y a à peine une heure, cette personne était la plus méprisable de tous l'univers ; et maintenant voila qu'elle lui inspirait de l'affection. Sa rage, sa colère et ses ressentiments étaient tous prisonniers de la bête, endormit pour le moment, alors tout ceci était peut être normal ? Peut être que ce que ressentait le client en ce moment n'était rien d'autre que ses émotions véritables et brutes ? Il ne remettait pas en question cette hypothèse.
Le visage du jeune-homme exprimait à la fois la détente et la surprise.Tandis qu'il levait lentement une main pour replacer une mèche de cheveux de la Clef derrière son oreille ; son doigt effleura à peine la peau de la créature, mais cela lui avait suffit pour sentir qu'elle ne se réduirait pas en cendres.
Il se pinça légèrement la lèvre inférieur tandis que le garçon lui refusait son action, lui expliquant qu'il ne refaisait jamais la même personne en dessin, comme si les choses devaient à tout jamais rester dans un ordre précis.
Armand cligna longuement des yeux et soupira ; après tout, il avait demandé à l'avance, avant que ce soit son tour, alors il pouvait bien faire l'impasse pour cette fois. Il aurait été dommage que le jeu s'arrête.
Gardant toujours les bras le long du corps tout en contemplant le visage si mystérieux de Silver, il sourit doucement et dit
:

-"D'accord ... Après tout tu avais choisi avant que ça ne soit ton tour ..."

Le jeune-homme laissa un instant filer ses yeux sur le corps de la Clef : la nudité lui allait si bien, comment l’imaginer porter des vêtements ? Comment l’imaginer plus en valeur encore, simplement caché derrière un écrin de tissu interdisant la contemplation de sa chair ?
Alors, dans un geste méticuleux, il leva à nouveau sa main droite et vint la placer délicatement sur l'épaule de Silver : celui-ci ne se réduisit pas en cendre.
Son épaule était chaude, semblait fragile, mais sa peau était douce, le contacte était en fait très étrange : les grands doigts du client descendirent alors doucement le long du bras de la créature. Ses bras aussi semblaient fragiles, mais le contacte de sa peau était étrangement agréable. Armand l'observait avec un mélange de fascination et d’intérêt, puis il fixa finalement son regard dans les yeux de Silver.
Quel étrange sensation de chaleur dans son corps, l’ambiance était soudain devenu plus feutrée, plus chaleureuse : et voit la créature reposer contre son torse en silence rendait le jeune-homme quelques peux étrange ; il sentit quelque chose vibrer en lui. Toute cette situation le rendait étrangement mélancolique. Il avait arrêté la descente de sa main au niveau des coudes et remonta alors jusque sur l'épaule.
Il chuchota alors à l'attention de Silver, ne souhaitant pas hausser le ton pour ne pas briser cet ange qui semblait passé dans la pièce :


-"Alors dit moi ; qu'est ce que tu désire vraiment en cet instant ... Tu n'as pas le droit de mentir."

Il voulait savoir ; les choses étaient devenues si agréablement étrange, mais trop vite : que cherchait donc la Clef en utilisant son client comme un confortable matelas ?
Sa main descendit alors dans le dos de Silver, traçant alors machinalement des sillons autour de ses vertèbre, montant et descendant au ralentit. C'était loin d'être un geste nerveux, mais c'était plutôt une stimulation douce qui signifiait : "Hey, je suis la, parles moi."
En cet instant, Armand se sentait tellement bien ; aurait-on pu croire une seule seconde qu'il souffrait d'un quelconque mal ?
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Silver SilentCryavatarprofil +
MessageSujet: Re: End Of Small Sanctuary [PV Armand] /!\ [Terminé] Jeu 17 Mai - 17:10

Silver n'était plus là. Du moins.... Son corps était bien là dans la pièce, écrasant l'autre de son faible poids. Mais son esprit était loin, perdu dans un épais brouillard de chaleur et de douceur. C'était rare chez lui, trop rare, qu'il se permette de profiter d'une accalmie dans la tempête qui lui ravageait chaque jour un peu plus l'esprit. Mais un ouragan sans phases de calme effrayant pour revenir plus fort encore n'était pas un ouragan. Il ne fut pas réellement surpris que l'autre fasse l'impasse sur son nouveau choix en ce qui concernait leur jeu. Ils ne semblaient plus avoir la tête à ça tous les deux à présent, ces enfantillages étaient devenus un simple prétexte pour approfondir cette situation étrange mais bien loin d'être déplaisante aux yeux du petit brun. Il n'avait cure d'être observé de la sorte. D'ordinaire, cela l'aurait gêné et poussé à protester... Mais cette fois il n'avait plus envie de se mettre en colère. Il n'était pas obligé de souffrir en permanence. L'autre lui qui passait son temps à lui enserrer la gorge et le ventre devait s'évanouir de temps en temps, le laissait en paix. L'adolescent avait compris que séduire cet homme ne servirait à rien, alors il avait abandonné, il avait préféré laisser couler, laisser l'autre faire ce qu'il désirait sur son territoire sans mordre ou menacer.
Silver redressa doucement la tête, sentit sa mèche noire être soulevée et les doigts fins de l'adulte effleurer son oreille légèrement pointues et décorées d'anneaux de métal. La torpeur dans laquelle il s'était auto-plongé vola en éclat et il esquissa un mouvement de recule à peine perceptible mais qui suffit à faire retomber l'atmosphère devenue douce de la pièce. Tout sembla se refroidir comme si la pièce suivait les humeurs de son propriétaire. Le visage du jeune homme se composa un air contrarié et attristé. Son sentiment de paix intérieure s'était métamorphosé en culpabilité. Pas celle qu'il avait pour habitude de ressentir. Celle-ci était moins grave, moins pesante. Mais il se sentait pourtant bien coupable. Il baissa la tête, l'enfouie entre ses bras qui croisa de nouveau sur la poitrine de l'adulte. Son corps s'était totalement raidi sous la caresse. Que lui arrivait-il? D'ordinaire il ne rechignait pas devant ce genre de traitements, ils étaient tellement rares à son égard. Mais il n'arrivait pas à croire que son invité fasse cela de son plein gré, sans rien désirer de lui en retour. La voix faible de la créature s'éleva dans la pièce, brisant le silence pesant.


"Je... Je ne sais pas..."

Il était d'une sincérité terrifiante, comme cela était rarement le cas. Cette vérité le mettait mal à l'aise parce qu'il ne connaissait pas la réponse. Ce qu'il désirait, dans le cadre de cette situation... Il ne savait pas. Ou peut-être ne voulait-il simplement pas se l'avouer à lui-même... Ses cheveux immensément longs glissaient dans son dos au rythme des attentions de l'autre. Il sentait ses mains glisser sur le tissu noir de son t-shirt, sur la peau de ses bras, la naissance de ses épaules, remontant sous ses manches, provoquant des sueurs froides dans sa nuque. On pouvait difficilement faire plus crispé. Il était devenu incapable de réfléchir, comme si l'autre le privait d'un minimum de confiance en lui. Quand avait-il ressentit ça la dernière fois? Il peinait à s'en souvenir. Il ne tint pas plus longtemps et se redressa, à nouveau en position assise, lançant des regards fuyants au client. Qu'attendait-il de lui en lui posant cette question? Sur quel plan désirait-il le faire céder? Il rabattit les mains sur le bas de son haut, les jambes de part et d'autre du corps de celui qui n'était désormais plus vraiment un gêneur.
Il se passa une main dans les cheveux, détournant le regard. Il avait pour habitude d'employer cette position avec October, très souvent. Il cligna des yeux à cette pensée et s'empourpra sur le coup. Arrêter de penser, c'était l'unique moyen de ne pas se ridiculiser. Il voulait dire trop de choses. Mais tout restait bloqué quelque part dans son cerveau, refusait de sortir et de franchir ses lèvres rosées. Ça allait vite, beaucoup trop vite pour lui. La soudaine tendresse de cet homme le perturbait sérieusement. Il hoqueta faiblement et se pencha sur l'adulte, chatouillant son visage de sa chevelure de jais, cherchant des réponses dans son regard pâle.


"Je ne sais pas... Peut-être que je n'ose même pas penser à ce que je désire parce que j'ai honte, ou peut-être que je l'ignore vraiment... Et toi, qu'est-ce que tu désires vraiment derrière cette question? Toi aussi tu le sent, ce changement étrange...? Si je te dis ce que je désire... Tu vas encore me faire du mal?"

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Armand Kuroïavatarprofil +
MessageSujet: Re: End Of Small Sanctuary [PV Armand] /!\ [Terminé] Jeu 17 Mai - 19:42

Armand avait adopté, malgré lui, un visage semi-souriant, à la limite du neutre, mais réellement décontracté. Il appréciait la présence chaude et réconfortante de la créature sur son ventre, il sentait la vie qui coulait en elle, son cœur battre, son corps bouger. Ces sensations étaient agréables et la personne qui les lui procuraient avait une place intime et importante dans le cœur du client : la première personne qu'il détestait et adorait en même temps.
Il fut tout d'abord surpris par la réaction de Silver lorsqu'il chercha à le toucher ; il semblait troublé, comme si il ne s'attendait pas à un tel contacte, peut être que les personnes lui prodiguant de tels gestes d'affections étaient rare. Mais il fut d'autant plus surpris de la sentir se redresser à cheval sur lui, échappant à la main qui sillonnait son dos. Le jeune homme eut un bref haussement de sourcil, empreint d'une certaine déception, il s'amusait si bien pourtant, à faire courir son doigt entre les vertèbres de la créature.
Mais visitons plutôt l’intérieur du corps d'Armand, afin de savoir ce qu'il s'y trame exactement.

Au fond de son estomac, une boule spongieuse et minuscule ballotte nonchalamment contre les parois membraneuses. C'est une petite boule de sang coagulé, arrivé la par hasard après une violente contractions des vaisseaux sanguins de l'organisme, réagissant au stresse intense et à la colère ressentit par le cerveau. De tels accidents arrivent parfois, lorsque les circonstances deviennent trop extrêmes. Les caillots sont généralement évacués, mais pas celui-la, il était à peine trop gros pour partir de lui-même et les vaisseaux sanguin fragilisés sur les parois stomacales avaient toute les chances de le faire grossir davantage au moindre signe de stress. Mais heureusement, la centrale cervicale avait trouvé la solution : augmenter la production de phényléthylamine et d'androstenol de la thyroïde. Ces deux molécules avait la particularité de faire éprouver bonheur et décontraction à l’organisme, évitant ainsi le stress ou l'emportement qui viendraient nourrir l'ulcère. Mais le problème se posait au subconscient, cette partie du cerveau n'aimait pas du tout la prolifération d'anxiolytiques naturels, car elles l'empêchait de conserver ses secrets secrets, alors il pouvait parfois réagir violemment.
Mais revenons en à la chambre de la clef.

Silver était penchés au-dessus du jeune-homme, créant une sorte de lieu clôt entre eux deux grâce au rideau de ses cheveux. Il l'écoutait attentivement, sa voix avait quelque chose d'attirant, comme bien des choses chez lui au final. Finalement, sauf son esprit borné et traumatisé le rendait horripilant, mais il prenait le pas sur toute les autres choses lorsqu'il en faisaient démonstration.
Armand ne put s'en empêcher, et tandis qu'il continuer d'admirer la Clef en silence, tandis qu'il l'écoutait attentivement, il posa avec un naturel surprenant ses mains sur les cuisses de la créature ; celles-ci étant la seule partie de son corps qu'il pouvait toucher sans se relever.
Silver tentait d'expliquer la complexité de ses désires, il souhaitait plutôt connaitre ceux du client, il se demandait si il partageait son ressentit quant à la situation présente. Il semblait craindre qu'Armand ne lui fasse du mal si il se livrait finalement à lui. Comme s'était attendrissant : tant de doute, de fragilité, comment ne pas avoir envie d’accueillir entre ses bras une telle créature ? Comment ne pas avoir peur de la briser ?
Le jeune-homme se redressa alors lentement, les yeux mis-clos, un sourire doux accroché aux lèvres : ses lèvres qui étaient si proche de celles de Silver, sans toutefois les toucher. Quel gouts pouvaient elles avoir ? Il ne s'en souvenait pas, trop concentré sur sa colère tout à l'heure. Leurs corps étaient si proches : il passa un bras derrière lui pour se soutenir et l'autre qui se trouvait toujours sur la cuisse de la créature remonta plus haut, effleurant ses hanches en évitant ses fesses de très peu. Il s'arrêta alors un peu plus haut, dans le creux de son dos, la poussant contre lui afin de sentir son corps contre le sien.


-"Dis le moi ... N'ai aucune crainte ... Moi, je désire juste profiter ... De toi."

Se disant, il approcha son visage de celui de Silver, de plus en plus prêt, passant finalement à côté, approchant ses lèvres de son cou, ayant penché la tête sur ce dernier. Il y déposa délicatement un baisé avant de s'interrompre, comment la pauvre créature allait elle réagir ? Rétrospectivement.
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Silver SilentCryavatarprofil +
MessageSujet: Re: End Of Small Sanctuary [PV Armand] /!\ [Terminé] Ven 18 Mai - 11:22

Silver ne comprenait plus. Il y avait à peine quelque minute, il l'avait plaqué contre le lit et l'avait mentalement torturé parce qu'il avait eu le malheur de l'embrasser. Et maintenant voilà qu'il était... Et bien pour parler crument, l'autre était en train de le chauffer. Lentement mais sûrement. Le brun ferma les yeux, sentant une agréable chaire de poule venir chatouiller sa peau sur chaque endroit que l'adulte venait effleurer de ses doigts. Il avait l'impression qu'il allait se liquéfier sur place. Était-il condamné à se sentir aussi fébrile dès qu'il devait se retrouver confronté à un homme qui lui plaisait? La dernière fois qu'il s'était sentit nerveux, c'était la première fois qu'il avait rencontré October. Pendant plusieurs jours, il lui avait innocemment fait la cour. Il savait qu'il allait se passer quelque chose, mais il ne savait pas quand. Il s'y était tant attendu que lorsque cela était finalement arrivé, il s'était retrouvé paralysé pendant plusieurs minutes, ses gestes limités à se laisser faire sans réagir. Mais cette fois il y avait une différence. Ce qui le rendait si indécis, c'était les évènements qui avaient précédé ce petit jeu. Cela l'avait rendu si faible, sa volonté semblait avoir fait ses valises.
Il l'observa se redresser avec de grands yeux où l'on pouvait lire l'incompréhension. Il commençait sérieusement à s'y perdre. Il ne recula pas, son corps entier se crispa, ses muscles se tendirent. Il était prêt à bondir en cas de besoin. Mais l'autre se contenta de se poster à quelques centimètres de son visage. L'adolescent se mordit la lèvre, l'égratignant de sa canine aiguisée. Tout cela était.... Trop tendre... Il sentit un contacte se faire sur sa peau, puis dans le creux de son dos, soulevant son t-shirt et lui extirpant un frisson des plus plaisants, ce qui ne s'arrangea pas le moins du monde lorsqu'il posa ses lèvres sur la base de son cou. Silver se mit à imaginer naïvement qu'il allait le mordre avant de se souvenir que les humains n'avaient pas ce genre de.... Pulsions. Son corps se figea et il crispa ses paupières, cherchant à réfléchir. Des fleurs multicolores éclatèrent derrière la mince membrane de peau, l'aveuglant et le gratifiant d'une horrible migraine. Que faire? Est-ce qu'il avait envie d'accepter? Bien évidement que oui, il en crevait d'envie même! Il grogna et secoua la tête. Ah quoi bon se prendre la tête ainsi, c'était son travail, il n'était qu'un client. Un doux et plaisant client. Raison de plus pour se laisser sombrer.


"Je suppose... Que c'est ce que je veux aussi... Je veux te montrer mon monde, ce que je sais faire..."

Silver détourna le regard, gêné par ses propres mots. Comme si son monde se limitait à ça tiens... Mais pour le moment, l'homme n'avait pas besoin de savoir. Il avait juste besoin de croire que l'adolescent était bien dans ses bras, ce qui était la vérité. Quand au jeune homme, il avait besoin de se sentir serrer, de se sentir important et utile aux désires d'autrui. Il penche la tête sur le côté et esquissa un semblant de sourire plus ou moins sincère. Il ne le ferait pas payer, il lui rendait déjà un bien grand service en le cajolant de la sorte. Et il n'avait pas besoin d'argent. Les autres le payaient pour coucher et repartir. Soumettre Blanche Neige, ce n'était pas donné à tout le monde. Mais si celui-ci acceptait de rester avec lui pour la nuit - Et Silver ne doutait pas qu'il le ferait - le brun oublierait de demander sa paye de bon cœur. La princesse n'avait plus peur, elle "n'avait plus rien à craindre" comme l'avait dit l'invité.
Il se redressa doucement, privant son client de son contact pour se placer à genoux entre ses jambes. Il ne comprenait pas quelle mouche venait de piquer l'autre et s'en moquait totalement. L'ambiance sembla se réchauffer tandis que la lampe de chevet continuer de diffuser sa faible lueur. La pièce n'était pas assez lumineuse pour qu'on puisse en discerner tous les détails mais suffisamment pour permettre à Silver de survivre et surtout pour qu'il puisse distinguer l'autre en face de lui. Il le laissait entrer doucement dans sa chambre, dans son sanctuaire, dans son monde. Il acceptait de le faire qu'avec bien trop peu de personnes. Il leva la tête et ferma les yeux, déposant ses lèvres sur le front pâle de l'adulte, ses doigts glissants sans brusquerie sur sa gorge, puis sur sa chemise qu'il avait déjà entamé de déboutonner tout à l'heure. Son agressivité et sa fougue avaient laissé place à sa fragilité et sa douceur. Il glissa ses lèvres dans son cou, laissant poindre sa langue rosée pour y déposer une traînée humide, chatouillant la chaire presque blanche. Ses doigts graciles vinrent courir sur la naissance du torse de l'adulte, continuant le travail qu'il avait déjà entamé pour le débarrasser de ce vêtement devenu bien gênant à ses yeux, comme l'étaient devenus les siens. Le tissu blanc s'écarta et l'adolescent pu glisser ses mains près du nombril de l'adulte. Il murmura d'une voix qui se voulait rassurante.


"Tout va bien... N'ai pas peur, je ne te ferais pas de mal, au contraire. Fais-moi confiance et ça te plaira... C'est promis."

Ce n'était pas une promesse en l'air. Il savait ce qu'il faisait et accepterais de se faire interrompre si l'autre avait trop peur. Il ferma de nouveau les yeux et vint appuyer son front contre l'épaule de son "client" avec un léger soupire, sa main libre se maintenant sur son épaule tandis que l'autre fila au niveau de son pantalon, tirant sur sa ceinture.

[.......]


Les rayons du soleil commencèrent à filtrer à travers les volets entrouverts. Le pieds de l'adolescent glissa paresseusement au sol, cherchant de l'orteil interrupteur de la lampe de chevet pour l'éteindre. Son corps et son esprit embourbé dans une mélasse de feignantise. Il refusa d'ouvrir les yeux, encore sous le coup de sa nuit de sommeil et surtout de ses ébats d'hi... Le jeune homme écarquilla les yeux brusquement et se redressa, tournant la tête vers l'endormi à ses côtés. Bon sang mais qu'est-ce qu'il lui avait pris?! Il se crispa. Qu'est-ce qu'il avait fait... Il ne regrettait pas, il avait aimé, mais l'autre... Comment allait-il réagir à ce qui s'était passé? Il allait lui en vouloir, ou pire... Et puis mince! Il n'était responsable de rien, il n'avait pas lancé les hostilités! Du moins... Ils l'avaient fait tous les deux. Il se passa une main dans les cheveux avant de retomber sur les draps, glissant un coup d’œil à celui qui l'avait fait sien l'espace d'une nuit. Au mois il aurait eu le mérite de le décoincer un peu, ça ne lui ferait pas de mal pour la suite de ses projets que Silver continuait de qualifier de grotesques et d’irréalisables.
Il poussa un soupire presque inaudible et se rallongea sur le flanc, glissant ses doigts fins sur l'épaule de l'adulte. Au moins il avait eu la correction de rester jusqu'au matin lui. Pas comme d'autres... C'était toujours agréable de se réveiller avec quelqu'un à ses côtés. D'autant plus si ce quelqu'un avait un corps tout à fait charmant à contempler. Il vint posa sa joue sur la paume de sa main, laissant glisser les cheveux brun de son partenaire entre ses doigts. Il appréhendait le réveil.

________________
Si je regarde en arrière, qu'obtiendrais-je de mon passé ?
Que m'apprendront ces réminiscences, ces souvenirs troublés ?
Sur la route de l'aurore, je marche sans m'arrêter.
Vers la lumière de mon avenir et de ma vérité.
La chaîne de mes souvenirs jamais ne se brisera.
Je garderai chacun de ces liens au plus profond de moi...
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