« La parole apaise la colère. »____Eschyle [Pv. Tweeny]



 
AccueilCalendrierFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez|

« La parole apaise la colère. »____Eschyle [Pv. Tweeny]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
Mélusine Javretteavatarprofil +
MessageSujet: « La parole apaise la colère. »____Eschyle [Pv. Tweeny] Sam 24 Déc - 11:57

Des coups sourds pulsaient derrière cette porte. Les âmes esseulées se hâtaient en passant devant, y jetant des regards inquiets. Des cris de rage grondaient de temps à autre et des bruits de tissus qu'on déchire fendait parfois un silence dérangeant. Que se passait-il donc derrière ce battant de bois et de fer ? Qui donc pouvait bien se trouver là ? Quelle catin pouvait bien être la victime d'une furie aux fantasmes étranges... ?

Détrompez-vous. La jeune femme qui est venue dans cette salle est seule. Et les bruits qu'on entend sont juste les fracas de la colère qu'elle n'arrive pas à contenir... Mais soit, qu'on pense ce que l'on veut et qu'on craigne ce qui s'y passe. Au moins personne ne troublera cet instant de perdition et personne donc... Ne souffrira le kourou sans borne de cette Maitresse des Cauchemars...

Tic Tac... Tic Tac... Tic Tac...

Mélusine faisait les cent pas à travers cette vaste salle. Le bruits incessant et presque infernale des horloges auraient dû la calmer mais l'effet était tout autre. En même temps qui donc ces cliquetis peuvent-ils bien soulager ? Quelle idée d'être venue ici. Pourquoi pas dans sa salle aquatique ? Tout simplement parce que pour une fois celle-ci était prise. Mais par qui bon sang ? Par qui ? Qu'elle puisse l'égorger, l’éviscérer, lui faire regretter cet affront et lui faire regretter jusqu'à la légitimité même de sa propre existence dans ce monde morne...

Cette déception accouplée à la précédente n'avait fait que jeter de l'huile sur le feu. L’énerver encore plus si c'eut été encore possible. Mais cette femme a des ressources gigantesques quand il s'agit de se plonger dans la noirceur...

Elle tournait en rond comme un Lion en cage, fulminant, pestant, marmonnant... Elle tentait juste de se calmer, de s’exhorter à plus de sérénité. Mais comment faire dans cette salle sans silence, dans ce temple où tout, absolument tout rappelle aux visiteurs que le temps passent et qu'eux ne sont pas immortels. Que chaque son les rapproche un peu plus d'une mort inéluctable...
Elle chassa sa rage, grognant longuement tandis qu'elle se tenait la tête entre les mains. Elle inspira lentement pour ensuite cracher l'air une nouvelle fois, dans un nouveau cri de frustration... Qu'est ce qui avait bien pu la mettre dans cet état ? A bien y réfléchir c'était stupide. Stupide, impulsif et... Sans aucune importance à dire vrai... Silver. Silver Silencry. Ce n'est pas un nom ça. Vraiment pas. Qui a donc bien pu lui choisir pareil patronyme ? Quoique... Ca lui va bien après tout. Un nom sans valeur pour un être sans intérêt. Pour elle en tout cas... Il lui est déjà arrivé de le croiser entre ces murs ? Après tout c'est une catin qui vend son corps ici... Mais jamais la Maitresse ne lui avait porté plus d'attention que nécessaire. Son corps lui était un atout certes, mais sa personne, elle... C'était autre chose. « Soit belle et tais-toi » dit-on... C'est bien là une chose qui lui sciait à ravir. Qu'il se taise, qu'il courbe l'échine et obéisse aux caprices, c'est tout ce qu'il devrait avoir à faire...

Seulement voilà... October, sa bien-adorée Clé se voyait trouver en lui un intérêt d'une toute autre nature. Il donnait à cet homme... Cette Chose un attrait d'une autre dimension... Etait-ce donc cela qui dérangeait notre Majestueuse Maitresse ? Sûrement, oui... De voir que sa clé regardait ce déchet d'une façon si délicate et presque attentionnée. Enfin, ne poussons pas trop loin les choses mais... Il passait bien du temps avec ce Silver et cela l'ennuyait peut-être... Etait-elle inquiète ? Oui... Doutait-elle de la dévotion de sa clé envers elle ? Non... Mais la peur de perdre un être que l'on adore ne nous quitte jamais... Voilà, voilà pourquoi Mélusine ne voulait pas s'attacher... Raaaah, diantre ! Que faisait-elle donc là ?! October était un être à part, rien ni personne ne pouvait être comparé à lui. Personne ne pourrait le remplacer, avoir avec elle un lien si... Ténu. Complexe et entier... Et ce Silver lui faisait... De l'ombre ? Non. Grand Dieu non, personne ne peut faire de l'ombre à la Maitresse de Nightmare Land ! Que ressentait-elle alors face à lui ? De la méfiance... De la mesure...

Et pourtant une part d'elle se sentait attirée par ce cafard. Il avait le corps svelte, fin et délicat des femmes et... La dextre des hommes. Il ne lui manquait qu'une poitrine à dire vrai. Quoique certaines femmes n'en ont pas... Bref !

La blonde secoua la tête et... Paraissait plus calme que quelques instants plus tôt. Le son des horloges lui semblait plus diffus et lointain, ses pas se faisaient plus lents et posés. Plus nonchalants... Elle soupira brusquement et épousseta sa tunique grecque d'une main distraite alors que son regard parcourait la pièce qu'elle n'avait pas pris la peine de détailler en y entrant. Bien dommage d'ailleurs car sans même s'en rendre compte, Mélusine avait mis à sac un décor qui pourtant avait l'air cosy et de fort bon goût.

Bien « malheureuse » d'avoir mis tant de pagaille, la Maitresse remis un peu d'ordre, bougeant les larges fauteuil, les vases échoués, les fleurs éparses et les coussins ayant atterrit à où la colère de la Blonde avait bien voulu les envoyer... Vain Dieu que la force peut parfois bouger des « montagnes ». Les lourds fauteuils ne lui avait – semblait-il – pas paru si lourds quand la colère battait dans ses veines comme la houle bas les falaises les nuit de tempête...
L'ordre ayant retrouvé sa place en ces lieux, Mélusine prit le temps de s'assoir dans un fauteuil moelleux et de s'affaisser sans aucune classe. Oui. Elle aussi pouvait être flemmarde et vouloir s'avachir confortablement. Que personne ne soit là était à n'en point douter un avantage majeur. Elle pouvait alors faire ce que bon lui semblait... Ce que bon lui semblait hm... ?

Elle se releva alors, pleine de nonchalance et se posta devant la haute fenêtre. Elle prit la peine de vérifier que le verre soit opaque et que les rideaux les recouvraient assez pour... Se mettre quasi nue. Oui, les vêtements l'oppressent autant que la faiblesse des gens. Qu'ils sont inutiles quand on a un corps comme le sien. Qu'ils sont inutiles quand la perfection nous habille déjà bien assez...

Elle voulu alors laisser sa toilette glisser au sol mais... Cette salle, contrairement à son temple d'eau, était souvent fréquentée. Par bon nombre de personnes. Et quand bien même elle se fout des autres et des protocoles... Il valait mieux savoir à qui nous avions affaire avant de se dénuder pour une quelconque raison... Si valable fut-elle. Mélusine décida alors de rester habillée, du moins pour l'heure, et d'attendre qu'elle se calme encore avant de repartir... Où de s'affairer ici à d'autres vacations. Plus divertissantes qui sait... ?

Elle prit alors un fruit dans sa main et le caressa de ses mains fines et fermes à la fois. Elle alla ensuite se rassoir d'un air distrait, de nouveau plongée dans les nimbes de son esprit complexe et torturé. Silver, Silver, Silver... Elle allait devoir le rencontrer un jour. Au moins pour savoir à quoi elle avait affaire. Il pourrait être intéressant de voir ce que l'on pourrait bien en tirer...

Bien que les pensées suivantes fussent enviables et des plus enjouée... L’énervement repointa le bout de son nez, parant les joues d'albâtre de la Maitresse d'un teint rosi... Raaah. Qu'elle se calme après tout ! Elle n'avait rien à craindre d'un insecte de la sorte... Qui était-il à part une prostituée sans noblesse ni valeur apparente ? Mélusine allait le savoir et le déterminer, tôt ou tard... Et le plus tôt serait évidemment le mieux...

Elle grinça des dents et chassa de nouveau sa frustration en secouant sa tête blonde. Ses longues mèches vinrent voiler son visage et lui donner l'air de sortir du lit. Soit. S'il fallait qu'elle se calme, n'y avait-il pas meilleur moyen que de... ? Un sourire vint alors illuminer le visage jusque là bien sombre et grave de la jeune femme. Elle prit place dans un fauteuil qui tournait le dos à la porte et se mit en tête de se prélasser et de se calmer à sa façon... Par ses propres moyens. Qui sont d'ailleurs très efficaces soit dit en passant... Son esprit pris d'abord plaisir à vagabonder entre les images de son passé. Il plongea dans le sang de ses innombrables victimes, chevaucha les hurlements d'innocents, dansa avec les salves frénétiques des coups portés...

Le sourire de Mélusine s'élargit, ses joues rosirent de nouveau et ses yeux à demi-clos tremblaient sous ses paupières... Son souffle se faisait plus lent, profond et régulier... S'endormait-elle ? Pas le moins du monde, elle éveillait juste dans son esprit les choses qui l’excitaient le plus...

Lentement, lascivement sa main se faufila sous le tissu de sa robe pour aller là où sa place devait être... Son esprit se masturbait d'images pendant que sa dextre masturbait son corps... L'Experte savait y faire, nul doute la dessus. Elle prenait son temps, savourait ce pêcher mignon et exultait. Le souffle plus profond encore qu'un instant plus tôt, la Maitresse se laissait aller à ses caresses sensuelles. Elle se sentait déjà plus reposée. Oui... Oui, elle était le Monstre incontesté de Nightmare Land et oui, à ce moment précis, Dieu que cela pouvait lui faire du bien d'être une Garce si Majestueuse...

Le silence de nouveau tombé dans cette vaste pièce, il se pourrait qu'un étranger pénètre dans ce nouveau sanctuaire de solitude... Par pitié que personne ne vienne troubler cet instant. Que personne ne la tire de son plaisir... Car oui, Mélusine est capricieuse et lunatique... C'est à leurs risques et périls... Sa mauvaise humeur pourrait revenir de nouveau en l'espace d'un battement d'aile de Colibri...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Tweeny Chaseavatarprofil +
MessageSujet: Re: « La parole apaise la colère. »____Eschyle [Pv. Tweeny] Mar 27 Mar - 19:28

Spoiler:
 

Ayant enfin réussie à se débarrasser de Mister D pendant quelques heures, Tweeny flânait dans l’Ambroise. C’est qu’il finissait par être encombrant, à toujours être derrière son dos. La jeune clef détestait avoir l’impression d’appartenir à quelqu’un, et encore plus à quelqu’un comme lui. Mais elle n’avait malheureusement pas eu d’autre choix que de se mettre à son service. Ce qu’elle lui ferait regretter à chaque fois qu’elle en aurait l’occasion.

Essayant de chasser le Maître de son esprit, Tweeny chercha un endroit peu fréquenté où se poser quelques instants et remettre de l’ordre dans ses idées. Elle passa ainsi devant plusieurs portes sans pour autant s’arrêter, trouvant les lieux soit trop bruyants, soit peu attrayants. Après quelques minutes à errer ainsi le long des couloirs, une porte d’où s’échappait le bruit de dizaines d’aiguilles d’horloges en action attira son attention. Elle ne se souvenait pas d’une quelconque allusion à une telle salle de la part de sa grand-mère, ce qui était franchement intriguant. Peut-être avait-elle tout simplement oublié ce détail, noyée par le flot d’informations qui lui avait été donnée, le jugeant sans importance. Ou peut-être que sa grand-mère n’avait jamais pénétré dans cette salle, ce qui avait l’art d’éveiller sa curiosité au plus haut point.

Poussant alors le battant, la première chose qu’elle remarqua fut le nombre impressionnant d’horloges, pendules et autres objets dont les aiguilles s’égrenaient inlassablement. Qu’est-ce que cela pouvait bien signifier ? Car il devait forcément y avoir une explication, elle en était persuadée. Observant avec plus d’attention, elle s’aperçut que certains étaient abîmés et avaient été remis à leur place sans ménagement, comme si quelqu’un avait soudain été pris d’un excès de colère et s’était défoulé dans cette salle. Ce qui était bien dommage, car elle avait un charme indéniable, avec cette mélodie infinie qui s’en dégageait.

S’avançant alors plus avant à l’intérieur, Tweeny contourna silencieusement une étagère, admirant les objets exposés et les touchant délicatement du bout des doigts. Complètement absorbée dans sa contemplation, elle mit quelques secondes à s’apercevoir qu’un autre bruit s’était ajouté à celui des aiguilles. Le bruit insignifiant d’un souffle. Une respiration.

Se retournant alors brusquement, elle balaya le reste de la salle du regard et retint une exclamation de surprise. Dos à elle, engoncée d’un fauteuil, se tenait une femme dont elle n’avait jusqu’ici pas remarqué la présence. Ce qui semblait aussi être son cas, apparemment. S’apprêtant à la saluer poliment pour lui faire comprendre qu’elle n’était plus seule, son cerveau se mit soudain à capter ce qui lui avait échappé jusque-là, et Tweeny se figea sans qu’aucun son ne parvienne à sortir de sa bouche.

Etait-elle en train de rêver ? Non, le son de la respiration qui lui parvenait ne faisait aucun doute. Comment ne s’en était-elle pas rendu compte plus tôt ? Il fallait vraiment qu’elle soit profondément perdue dans ses pensées pour avoir ignoré cela. Mais la question la plus importante pour le moment et qui la frappa de plein fouet fut : comment allait-elle bien pouvoir se sortir de là ? Evidemment, elle pouvait repartir d’où elle venait en essayant de faire le moins de bruit possible, mais cela lui semblait soudain impossible. C’était d’ailleurs un miracle que sa présence n’ait pas encore été remarquée.

Détournant les yeux qu’elle avait gardés posés sur l’inconnue le temps de la réflexion et qui l’empêchait d’avoir les idées claires, elle sentit le rouge lui monter aux joues. Etait-ce dû à la honte ? A la gêne ? Ou à d’autres sentiments plus profondément enfouis ? Elle n’aurait su le dire avec précision, mais toujours est-il qu’elle détestait la position dans laquelle elle était désormais, et dont elle ne voyait aucun moyen de se sortir.

Tentant alors le tout pour le tout, elle se racla bruyamment la gorge, les yeux fixés sur le mur opposé à l’endroit où se tenait l’inconnue. Tweeny ne voulait pas croiser les yeux de la jeune femme quand celle-ci se rendrait compte que quelqu’un l’avait rejoint, et qui plus est, l’avait surprise dans cette position. Ce qui l’amena à se poser une autres question : qui était-elle ? La jeune clef ne se souvenait pas de l’avoir déjà croisée quelque part, et de dos, il était difficile de se faire une idée. Bien qu’étrangement, elle avait la sensation qu’elle aurait bientôt la réponse à sa question. Le tout était de savoir dans quelles circonstances.

Sursautant à la vue d’un coucou sortant de sa boîte avec grand fracas, elle laissa échapper un cri de surprise. Si son raclement était passé inaperçu, maintenant elle était désormais sûre d’être repérée… Maudissant intérieurement ces vieilleries qui quelques minutes auparavant la rassurait, elle finit par se tourner de nouveau vers la silhouette, et attendit alors sa réaction.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

« La parole apaise la colère. »____Eschyle [Pv. Tweeny]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

Sujets similaires

+
Page 1 sur 1
Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
 :: La Maison Ambroise :: Les salles cachées aux novices :: La salle des horloges-
Sauter vers:
Créer un forum | © phpBB | Forum gratuit d'entraide | Contact | Signaler un abus | Forum gratuit