Nous n'avons pas peur que la nuit vienne. [PV.October]



 
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Nous n'avons pas peur que la nuit vienne. [PV.October]

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Silver SilentCryavatarprofil +
MessageSujet: Nous n'avons pas peur que la nuit vienne. [PV.October] Dim 6 Nov - 18:51

Le jour commençait à décliner progressivement dans le ciel d'octobre. Étouffé par les arbres de l'épaisse forêt qui entourait l'Ambroise, presque aucun rayon lumineux ne pouvait filtrer à travers les volets fermés de l'étrange bâtisse. Le couloir des clefs était alors plongé dans la pénombre, excepté en mince filet de lumière tamisée qui dépassait de l'une des portes entrouverte. Au fin fond d'une muraille de vêtements éparpillés, une silhouette délicate s'affairait devant sa coiffeuse en bois brun. La brosse passait et repassait dans le rideau de cheveux noirs qui le recouvrait presque entièrement, si ce n'était ses jambes, l'exception confirmant la règle. Il aurait certainement dû remercier son père pour lui avoir donné cette chevelure. Il aurait dû oui.. Mais à la place il préférait maudire et pester contre cet homme qui l'avait laissé naître sans jamais prendre la peine de rester pour lui apprendre à se nourrir convenablement sans passer par la case "prostitution". Enfin dans un sens, il s'en foutait éperdument de tout ça... L'automne était déjà bien plus qu'entamé à l'heure actuelle, et cela faisait bien trois mois maintenant qu'il avait réussi à trouver une petite place à l'Ambroise. Toujours pas de maître. Mais des repères, ça oui. Des gens qu'il lui arrivait de croiser sans vraiment les voir, des odeurs, des clients réguliers... De la nourriture en somme. Mais pour le moment il n'avait pas vraiment besoin de se faire les dents sur qui que ce soit. L'ennuie était présent, oui. Mais l'envie d'avoir une activité autre que rêvasser, non.
Rêver à quoi? A son futur? Ceux qui n'ont pas de passé ne peuvent plus espérer avoir un futur, ça il le savait bien. Combien d'âmes ce petit conflit stupide entre maîtres avait-il volé? Combien en volerait-il encore? Il s'en foutait. Ces humains étaient bien punis pour leurs vices, voilà tout. Silver croisa les bras devant lui et y enfouit la tête, soupirant en sourdine. Il avait plutôt intérêt à trouver une occupation digne de ce nom sinon il allait prendre racine... Il s'imagina en arbre un instant, pouffa de rire, et s'arrêta tout aussitôt. Il pouvait toujours aller à quelques chambres de là. Il savait que quelqu'un en particulier serait, peut-être, content de le voir.... Ou pas... Pas pour autre chose que coucher en tout cas. Et le brun n'était pas spécialement disposé ce soir. October Leeing, son amant régulier et accessoirement l'unique personne avec qui il avait été capable de tisser un semblant de lien en trois mois. Bravo Silver. Au moins lui il n'attendait pas qu'on lui mâche le travail, pas comme les clients, et même s'il lui arrivait d'être un peu brutal l'adolescent appréciait bien plus être dans ses bras que dans ceux de quelqu'un d'autre. Il faudrait peut-être qu'il lui laisse plus de liberté pendant leurs ébats un de ces quatre... Peut-être... Non pas qu'il ai quelque chose contre la violence. Contre la douleur par contre... Il ne tenait pas à ressembler à un écorché vif, et il ignorait jusqu'où son aîné était capable d'aller... A vrai dire il ne connaissait pas grand-chose de lui hors mis le goût qu'il avait. Et vice et vers ça. Il l'espérait. Enfin... Si lui s'ennuyait comme un rat mort, October était peut-être occupé. Tant pis... Il avait pris l'habitude de passer ses soirées à soupirer et à ne rien faire à Nightmare Land... La porte grinça, Silver grimaça.


-Super... Je vais pouvoir passer la soirée avec mon vieux pote Andrew... Qu'est-ce que je suis content..."

Sarcastique comme toujours. Soit on s'y habituait, soit on évitait de le fréquenter. Malheureusement l'homme en question semblait appartenir à la première catégorie de personnes alors que l'adolescent aurait préféré le second cas de figure. Il se tourna vers la porte, croisant les jambes. Sa robe rose dragée ornée de rubans noirs suivie le mouvement. Ses prunelles améthystes cherchèrent un instant celles de son vis-à-vis pour lui faire ainsi comprendre qu'il n'avait pas la moindre envie de lui parler.

-Inutile d'être désagréable Silver.

-Vu que je suis à moitié sûr de ce que tu vas me demander, je préfère m'échauffer par avance, désolé hein... Ah et c'est toujours la même réponse au fait, merci d'être passé.

Comme d'ordinaire, Andrew semblait être dans un état second entre l'effarement et l'amusement. Naquit alors sur ses lèvres cet insupportable sourire qui faisait crisser les ongles du brun sur sa coiffeuse tant il était rongé par l'envie de lui arracher le visage pour ne plus avoir à le regarder.

-Et pourquoi tu n'irais pas te trouver une autre catin? C'est pas ce qui manque ici.

Silver fronça les sourcils en voyant son aîné s'appuyer doucement mais sûrement sur la porte. S'échauffant peu à peu, le jeune homme se leva sans vraiment oser avancer, pestant d'une voix menaçante:

-Arrêtes ça.... Tout de suite...

Mais Andrew était une saleté, n'arrêtant pas son petit manège le moins du monde. L'adolescent sentait son sang bouillir et pulser dans chaque recoin de son corps. Si cet enfoiré fermait la porte.... Trop tard... Silver écarquilla les yeux presque instantanément, comme si une alerte rouge venait de se déclencher dans sa tête. Il allait le tuer. Il allait le tuer si il n'ouvrait pas immédiatement cette foutue porte!

-Arrêtez quoi...? Enfin... Je ne vois pas pourquoi j'irais en voir une autre puisque j'ai ma propre catin attitrée...

-Je suis pas ta catin! Et rouvre cette porte!!!

-En tout cas tu me dois beaucoup de choses, qui t'as sauvé de la faim, qui t'as amené ici?

-Qui m'a fais devenir prostituée aussi, merci bien.

-Il faut bien que tu me remercie, d'une manière ou d'une autre... J'estime avoir été largement assez patient.

Colère, rage, grosse envie de lui refaire le portrait aussi. Pourtant il n'arrivait pas à bouger. Oh ce n'était pas le désir de lui cogner la tête sur le coin du lit qui lui manquait, non... Mais il suivait les mouvements de sa main des yeux, et il avait peur. Il n'allait pas faire ça. Il n'allait pas lui faire ça à lui! Andrew pencha la tête sur le côté avec un sourire de môme près à faire une bêtise sous le nez de sa mère, il posa ses doigts sur interrupteur.

-Non... Non. NON!!


Clac.

Un cri strident retenti dans la pièce. Il n'arrivait plus à respirer, il n'arrivait plus à réfléchir. Noir, noir, tout était noir! Des pleurnichements à peine compréhensibles commencèrent à résonner dans la pénombre, suivi de fracas d'objets divers. Il n'arrivait plus à trouver son chemin dans les ténèbres. Marchant à tâtons, se soutenant à chaque meubles qu'il rencontrait, il hurla à nouveau alors que quelque chose lui effleura le poignet avant de le maintenir fermement. Étrangement, le seul mot qui parvint à son esprit à ce moment fut "bestiole bâtarde". Si son crétin de paternel, oui encore lui, avait eu l'excellente idée de se reproduire avec quelqu'un de sa race et non pas avec une humaine Silver aurait peut-être hérité de plus de choses, à commencer par la capacité d'être nyctalope. Ce qui, bien entendu, n'était pas son cas. Garder son calme dans l'obscurité totale était pour lui impossible, pourtant il le fallait... Et une main un peu trop brulante pour son corps glacé se chargea bien de le lui rappeler. Si il continuait de serrer sa nuque de la sorte, il allait finir par la briser. Que devait-il faire? Essayer de le tuer et prôner la légitime défense? Pour une prostituée c'était quand même le comble de refuser une relation... Ou alors il pouvait peut-être... Jouer son jeu? Approchant doucement son souffle battant de peur contre ce qui lui paraissait être le visage d'Andrew, il chercha à se maintenir sur une jambe, relevant l'autre pour venir glisser sa cuisse sur la taille de son aîné. Il ne souriait pas, c'était totalement inutile dans les ténèbres. Son corps éternellement figé au stade de l'adolescence se pressa doucement contre celui de son vis-à-vis, lascif et sensuel... Silver était un diable. Une saleté de diable. Lorsqu'il sentit le souffle de l'homme assez près du sien, il recula la tête, se pliant en arrière, avant de revenir violemment, heurtant le front du plus âgé. On peut appeler ça plus communément un coup de boule oui.
Sentant Andrew se détacher de lui et chanceler en arrière, il le repoussa avec encore plus de force, créant un fracas. Il avait certainement été s'écraser contre un meuble. Le brun s'en foutait, il voulait sortir, retrouver la lumière. Il voulait le piétiner aussi , mais ça attendrait le lendemain. Il chercha un mur pour s'y retrouver, retenant sa respiration pour ne pas craquer. Lorsqu'il finit enfin par atteindre la poignée de la porte, il l'ouvrit rapidement et poussa un hoquet de déception mêlé de terreur lorsqu'il se retrouva face à la semi pénombre du couloir. Ça ne finirait donc jamais?! Tant pis, c'était toujours mieux que de rester avec l'autre. Où aller? October. Voilà. Il devait aller s'incruster chez lui. Il ne tenait pas à le déranger mais ce n'était pas comme si il avait vraiment le choix. C'était soit ça, soit on finissait par le retrouver demain matin, hystérique à se cogner la tête sur les murs....


-Ça c'est pour avoir éteint la lumière!

Et sur ces derniers mots, Silver fila à travers les couloirs. D'ordinaire, il les connaissaient par cœur. Dans le noir, c'était une autre affaire. Et la nuit devenait vite dangereuse à l'Ambroise. Parce que October n'était pas dangereux peut-être? Sûrement moins que la plupart des maîtres de ce coin. Violent oui. Sadique? Peut-être. Mais mauvais, pas tant que ça. Pas d'après ce que l'adolescent avait pu voir de lui pour le moment. Il gardait toujours on once de méfiance au fond de lui mais malgré tout, il lui faisait confiance. Il n'était pas parano au point de croire qu'on lui avait commandité de cocher avec lui pour lui faire la peau ensuite, d'autant plus que, s'il avait bonne mémoire, leur rencontre relevait de la pure coïncidence. Et depuis, chacune de leur entrevue se déroulait de la même manière. L'un allait chez l'autre, ils parlaient un instant, se dessapaient et... Enfin il n'y avait pas besoin de faire un dessin. Quoi de plus normal que des amants dans une maison close. Sauf que si ses amants étaient tout deux des clefs censées être en "compétition", ça changeait la donne. Silver préférait rester discret sur ce sujet. De toute façon, personne ne lui parlait vraiment ici. De son côté, Octo pouvait bien faire ce qu'il voulait. Pas sûr qu'il supporte vraiment le dialogue à bien y réfléchir... L'adolescent disait cela au hasard, mais sa manie de la faire taire d'un baiser dès qu'il commençait à parler était pourtant évidente.
Ses pieds nus battaient la cadence sur le sol froid de l'Ambroise tandis qu'il se retournait sans cesse, tantôt pour être certain de ne pas être suivi, tantôt après avoir entendu un bruit quelconque provenant certainement de son propre esprit embrumé par la terreur. Le noir le rendait craintif et paranoïaque, persuadé d'être observé par des monstres ignobles. Au fond, peut-être n'avait-il pas tort. Mais honnêtement, il ne préférait pas le savoir... Il s'arrêta alors, haletant, les cheveux en bataille voilant son visage et ses yeux rougis par la fatigue et autres substances peu recommandables. Levant son poing, il frappa faiblement à la porte de son amant. Plusieurs fois, sans jamais obtenir de réponse. Était-il absent? Le brun ne se fit pas prier et ouvrit la porte, ne cillant même pas quand il réalisa qu'elle n'était pas verrouillée. Ils avaient beau être des clefs, on entrait dans leur chambre comme dans des moulins. Il alluma interrupteur, et la lumière fut. Tamisée certes. Mais elle était là. Le jeune homme glissa son regard circulaire dans la chambre, cherchant l'occupant des yeux, ne trouvant que du vide. Tant pis... Au moins Andrew n'aurait jamais l'idée de venir le chercher ici. Pas sûr qu'il ai très envie de revenir le voir après ça d'ailleurs... Avec un long soupire de soulagement, le brun s'effondra lourdement sur le lit, rampa jusqu'en haut pour finir pour se glisser sous les couvertures, respirant leur odeur à fond. Si celles des clients l'agaçaient généralement au plus haut point, celle de son aîné lui plaisait et l'apaisait. Il ignorait où était passé le maître des lieux mais il comptait bien dormir là toute la nuit... Pas question de retourner dans sa chambre! Ça non! Il préférait attendre que October pointe le bout de son nez. Silver ferma les yeux et se roula en boule, blottit dans la couverture chaude.
Le calme absolu régna pendant un moment dans la pièce. Le jeune homme commençait même déjà à trouver un peu le sommeil. Cependant, un bruit lui fit dresser l'oreille. Une porte. Une porte qui s'ouvrait. Émergeant le haut de sa tête de sous la couverture, il ouvrit des yeux ronds comme deux lunes brillantes. Était-ce Andrew? Ou bien un client? Ou peut-être October.... Dans tous les cas Silver était bien trop terrifié pour faire le moindre geste autre que se cacher sous la couverture jusqu'au-dessus de la tête, marmonnant d'une voix tremblante.



-Je... Je me suis permis d'entrer...

________________
Si je regarde en arrière, qu'obtiendrais-je de mon passé ?
Que m'apprendront ces réminiscences, ces souvenirs troublés ?
Sur la route de l'aurore, je marche sans m'arrêter.
Vers la lumière de mon avenir et de ma vérité.
La chaîne de mes souvenirs jamais ne se brisera.
Je garderai chacun de ces liens au plus profond de moi...
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MessageSujet: Re: Nous n'avons pas peur que la nuit vienne. [PV.October] Mer 23 Nov - 21:11

Les lèvres fines et gercées par les morsures se posèrent une dernière fois sur la joue d’October, révélant un engouement trop prononcé. Elle en aurait encore voulu cette garce. Mais sans argent, le jeune homme n’entreprenait rien. Il savait être dévoué si le service était payé d’avance, pourtant il était loin d’être du genre à travailler gratuitement… Ni à travailler plus que ce qui n’avait été commandé d’ailleurs. Il ne fallait pas rêver. Surtout pour une personne aussi peu attrayante qu’elle, et dont la discussion se soldait aux paroles proférées lors de la messe hebdomadaire. Cette femme avait, certes, la capacité absurde de pouvoir retranscrire parfaitement les dires des autres, mais elle avait aussi la naïveté d’y croire dur comme fer. Enfin, rien à faire, October la faisait taire rapidement à chaque fois. Malheureusement, il savait aussi qu’elle revenait inexorablement, demandant encore et toujours les mêmes plaisirs avec lui. C’était le type de cliente prude et coincée qui pensait se déchaîner le temps d’un amour artificiellement créé. Elle aimait ouvrir le tiroir d’accessoires, en sortir quelques uns, et les poser à côté, plus loin, par terre, faisant comme s’ils avaient été usités. Mais jamais elle n’acceptait d’en utiliser au final. « C’est trop violent », disait-elle. Balivernes, mais October n’avait pas la force d’argumenter avec cette cliente. Puis, elle arrivait toujours à s’emmêler dans les draps, ressortant avec la chevelure ébouriffée, croyant ainsi que l’acte avait été sportif. En réalité, cette femme était écœurante de mensonge – oui, oui, c’est bien October qui le pense - et d’une mollesse risible. Jamais la clef ne se permettrait de ramener « ça » à Mélusine. Plutôt crever que de peupler son monde de perversion d’une âme aussi inutile et plate. Alors il se contentait de se faire de l’argent sur son… postérieur.

Le jeune homme ferma la porte sur la silhouette féminine puis poussa un long soupir de délivrance. Se retournant, il porta un regard fatigué sur la pièce. Sa chambre était devenu un capharnaüm incomparable à cause d’elle, comme à chaque fois. Maintenant elle était partie, et c’était tant mieux, mais il fallait remettre la pièce en ordre. C’était trop insupportable en l’état. October s’affaira quelques instants, repoussant ses affaires à leur place, refermant le « tiroir magique ». Il secoua les draps et refit vaguement le lit, puis s’y assit un moment, les bras ballants, son anatomie encore dénudée. Voilà qui était mieux. La pièce avait retrouvé son désordre habituel, ce bazar soigné qu’October aimait. Il jeta un œil à la fenêtre ouverte. Malgré les volets tirés, on pouvait entendre le vent s’insinuer entre les arbres, emportant avec lui les dernières feuilles séchées sur leur branche. Le mois d’Octobre touchait à sa fin, tranquillement. Cette année, rien ne s’était produit de particulier pour la jeune clef, tout comme depuis un bout de temps déjà. Tant mieux peut-être. Le brun se releva en s’étirant, et se dirigea vers l’arrière-chambre, emportant avec lui un boxer propre, son pantalon, et une serviette qui traînait par là. Il lui fallait une douche. Ou au moins de l’eau. Mais se déplacer jusqu’à la salle de bain commune relevait d’un trop gros effort. October n’avait aucune envie de croiser qui que ce soit. Il n’avait en rien l’énergie de converser voire même d’écouter le moindre mot. Elle avait réussi à l’énerver ce soir. Elle était venue une fois de trop cette semaine. La prochaine fois, il la renverrait. Oui, à coup sûr, il l’enverrait chier… Respirer. Se passer la figure sous l’eau. Il serra le linge dans sa main, soufflant tout l’air qu’il pouvait, et referma la petite porte de l’arrière-chambre derrière lui, laissant la pièce principale de ses appartements dans l’obscurité naissante de la nuit. Une faible lueur pénétrait par la fenêtre grillagée, venant frapper le sol de béton froid avec une vigueur endormie. Un frisson parcourut l’échine du brun l’espace d’un instant. Cet endroit était toujours plus frais que les autres pièces de l’Ambroise, et les jours commençaient sérieusement à raccourcir maintenant, privant les murs gris de la chaleur journalière. Bientôt, il faudrait oublier la salle de bain privée et se rapatrier vers les douches communes… Il soupira à cette idée. Vraiment, pourvu que l’automne s’attarde encore un peu, le temps d’un sursis, avant qu’il n’ait à subir ces autres jusqu’au prochain printemps.

October déchargea ses bras sur l’établi central, puis ses pieds nus foulèrent le sol rêche jusqu’au point d’eau. Ouvrant la vanne du robinet, il libéra le flot limpide qui gonfla le tuyau avant de se déverser dans le seau. Le jeune homme trempa sa main dans le liquide, et la retira d’un sursaut, aspirant un hoquet entre ses dents serrées. « Sapristi, c’est gelé ! ». Évidemment. L’eau gardait la température des canalisations, quelles que soient les circonstances. Autant en été, la fraîcheur était la bienvenue, autant là, ça commençait à piquer sérieusement. Il se frictionna les avant bras en soufflant pour se donner du courage. Quand le seau fut rempli à moitié, il ferma le robinet et attrapa les savons sur l’étagère au-dessus de sa tête. Ce lavabo de fortune était certes très rudimentaire, mais cela suffisait largement. Il suffisait de savoir s’y prendre, et de ne pas craindre le froid. Accroupi par terre, October s’empressa de se laver avant d’attraper un rhume. Ce serait dommage. Mais il était comme ça, têtu au point de préférer tomber malade et éviter les travailleurs de l’Ambroise. Il termina de se savonner, puis leva le seau et renversa l’intégralité de son contenu sur sa tête. Radical, ça réveille. October reposa le récipient vide par terre, puis revint vers la table pour récupérer sa serviette et entreprit de se sécher énergiquement, se réchauffant le sang par friction. Une traînée d’eau savonneuse s’écoulait jusqu’à la bouche, au centre de la pièce, produisant un faible gargouillis. C’était sûrement la dernière fois qu’il se lavait ici.

La pénombre se faisait de plus en plus dense dans la pièce quand le jeune homme enfila son boxer et son pantalon. Il finit d’essuyer les gouttes perlant de ses cheveux quand il entendit la porte principale de sa chambre s’ouvrir. Il aurait pu la fermer à clef. Ça aurait évité qu’ on vienne le déranger pour sa fin de soirée… Bien que l’eau lui avait clarifié les idées et calmé les humeurs, il n’avait toujours pas vraiment l’envie de croiser quelqu’un. A part si c’était Mélusine évidemment, mais ce soir, il la savait à NightmareLand. Et elle y resterait pour encore quelques jours sans doute. Un filet de lumière passa sous la petite porte. Les faibles rayons teintèrent le sol d’un orange sanguin sur quelques mètres. Qui que ce soit, October eut l’impression que cette personne s’installait. Il tiqua et pesta à voix basse en se dirigeant vers la sortie. Décidément, on lui en voulait aujourd’hui.

October poussa la porte qui grinça sous l’effort, et pénétra dans la chambre. Il confirma que la lumière avait bien été allumée, mais personne n’avait l’air présent. L’air était plus tiède ici, c’était agréable. Le jeune homme s’avança de quelques pas pour jeter sa serviette de bain sur sa chaise de bureau, puis parcourut la pièce du regard. Un froissement de tissu lui fit tourner la tête vers son lit. Une petite masse était incrustée sous la couette, laissant dépasser de longs fils d’un noir de jais au niveau des oreillers. Deux billes d’améthyste s’éclipsèrent un instant derrière le rideau de cheveux, et une voix mal assurée s’échappa.

- Je... Je me suis permis d'entrer...

Évidemment, il s’était permis d’entrer ! Ce n’est pas October qui lui avait ouvert grand les bras pour qu’il passe la porte… D’ailleurs, les bestioles ne demandaient jamais la permission pour s'immiscer chez les autres. C’était bien connu. Et voilà que maintenant Silver était incrusté dans sa couche. Un soupir faillit s’échapper mais October le retint comme il put. Il connaissait la clef depuis quasiment trois mois. Connaître était sûrement un bien grand mot. Leur relation n’était pas compliquée. Elle était simple, même: ils couchaient ensemble de temps à autres. Voilà tout. October ne préférait pas parler avec lui, sinon cela finirait par être encombrant. Il finiraient par devenir amants. Ils partageraient leurs pensées, ou leur passé. Hahaha, jamais. Non, Silver était un plaisir sexuel comme d’autres. Un peu plus peut-être, de par son expérience et son talent. Mais ça s’arrêtait là. C’est ce que le grand brun persistait à croire. Pas besoin de parler plus que cela de ce lien aux Ambroisiens. Il ne cachait rien non plus. Car il n’en avait rien à faire du jugement d’autrui. Ni même de ce contexte accablant de qui sera la clef de qui, qui sera dominé, qui sera le Maître, qui mettra la pagaille ou encore qui disparaîtra. Tout ceci n’avait plus tellement d’importance aux yeux d’October depuis qu’il s’était lié à Mélusine. Elle seule comptait maintenant. Les relations qu’il pouvait avoir avec le reste du monde pourraient s’éteindre du jour au lendemain qu’il feindrait un désintérêt total.

Le jeune homme s’assit au bord du lit, tournant le dos à Silver. Ce n’était pas dans les habitudes de l’insecte de venir s’installer ainsi. Si ça continuait dans cette voie… Non il ne valait mieux pas que cette situation se reproduise s’il voulait pouvoir revenir. Les sourcils d’October se crispèrent un instant. Il se frotta les yeux d’une main avant de la passer dans ses cheveux humides. Ils étaient encore froids. Tout comme sa main d’ailleurs. Son torse lui, avait eu le temps de retrouver une température convenable, malgré le fait que la peau soit à nue. Faire un effort, un minimum. Silver n’avait pas vraiment quelque chose à voir avec le reste des évènements de la journée, bien que son comportement ce soir soit des plus… étranges et… assez malvenus. Mais quelque chose clochait. October jeta un regard sombre et peu avenant par-dessus son épaule et interpela son visiteur surprise sans se retourner.

- Qu’est-ce que tu veux, Silver…?

La voix n’était pas très forte, mais elle porta à travers la pièce avec facilité. October attendit une explication, mais il tenta de garder un comportement naturel et désinvolte, du mieux qu’il put du moins.

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Dernière édition par October Leeing le Dim 27 Nov - 18:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Nous n'avons pas peur que la nuit vienne. [PV.October] Dim 27 Nov - 12:55

Soulagement. Immense soulagement. Ses pupilles dilatées se rétractèrent doucement et il s'enfonça un peu plus dans les draps. Rien de bien dangereux à l'horizon, juste October. Silver ne considérait pas son aîné comme quelqu'un de potentiellement dangereux. Pas pour lui en tout cas. Les autres, c'était leurs problèmes. Maintenant, l'ennui était d'expliquer clairement au propriétaire de la chambre la raison de sa présence ici. Le tout sans se faire virer. S'il ne connaissait pas le brun si bien que ça, il était certain qu'il n'allait pas apprécier que le plus jeune s'incruste chez lui pour autre chose que lui offrir son corps en pâture... En pâture oui, c'était exactement ça. Est-ce qu'être une salope le dérangeait? Assurément non. Après-tout il n'avait rien de mieux à donner à October. Il l'aimait bien, était-ce un crime? C'était bien la seule personne ici à lui avoir ouvert un tant soit peu les bras alors qu'il était pommé... Il avait pu trouver refuge dans sa couche et profiter d'un amant digne de ce nom... Pas un âne de client... Mais voilà, autre le "sport de chambre" ils n'avaient jamais rien partagé. Le plus grand refusait, Silver n'ajoutait rien. Il n'était pas venu là pour se faire des amis. En fait, il n'avait jamais voulu venir ici tout court. Il s'était toujours sentit petit, tout petit en comparaison avec son aîné. Il l'était physiquement bien entendu, mais malgré son statut de clef qui à Ambroise se résumait au rôle d'esclave, lui, il avait une sorte d'autorité sur Silver. Oh il ne lui obéissait pas comme un caniche, loin de là... Mais quand Octo décidait de le "gronder", il reculait et baissait les oreilles, répondait tout bas, mais ne se rebellait pas. Pas toujours. Dans un sens, cela ne lui plaisait pas. Il n'avait pas pour habitude de se soumettre comme ça. Mais il voulait également les "faveurs" du grand brun. Et pour en avoir ne serait-ce qu'une infirme partie, il était prêt à faire quelques.... Concessions...
Il émergea de sous les draps, s'asseyant en tailleur, face à.... Au dos d'October. Charmant. Il pencha la tête sur le côté, plissant les yeux et fronçant les sourcils en apercevant le regard noir de son vis-à-vis derrière ses mèches mouillées. Sympathique... Mais il savait comment l'attendrir au moins un peu. En tout cas, d'ordinaire ça marchait plutôt bien... Se glissant doucement derrière lui, il posa ses mains sur la peau fraiche de son dos, la griffant gentillement du bout de ses ongles. Oh oui, il était une saleté, une bestiole, d'après le brun qui prenait toujours un malin plaisir à le surnommer ainsi pur qu'il se sente encore plus petit... Sa voix étrangement chaude s'éleva dans la pièce, assurée, tranchant avec le ton hésitant qu'il avait employé quelques minutes plus tôt.


"Moi? Oh un client.... Dérangeant, rien de bien intéressant... J'avais envie de venir ici pour... Décompresser?"


Raide. Froid comme un iceberg. Silver était.... Vexé. De se faire toiser de la sorte. Il retira ses mains et continua d'une voix tranchante sans vraiment en avoir l'air.

"Enfin si je te dérange dis le tout de suite, je retourne dans ma chambre."

Et il s'assit de nouveau, croisant les bras sur son torse. Il n'était pas vraiment venu ici avec l'intention d'avoir des rapports avec son aîné. Mais il ne voulait pas non plus retourner dans sa chambre. Il savait qu'Andrew allait se venger, d'une manière ou d'une autre... Et il ne voulait pas lui servir de défouloir pour la nuit... Encore moins dans le noir... Non, retourner dans sa chambre n'était vraiment pas une bonne idée. Pas ce soir. Pas tout seul en tout cas. Et il doutait fortement qu'Octo accepte de mettre un crochet du droit dans le visage d'Andrew pour le calmer. Il n'avait pas vraiment l'air de vouloir bouger à vrai dire. Que faire alors? Oh il y avait bien un moyen.... Écarter les cuisses. Mais il se refusait à le faire. Pas pour lui. S'il le faisait, il lui donnerait le feu vert pour recommencer. Mauvais amant. Sûrement violent. Se croyant tout permis avec son "jouet" du moment... Silver le savait. Cet homme le portait sur son visage. Et le petit brun refusait d'être ce fameux jouet. Il soupira faiblement, jouant sans y faire attention avec l'une de ses longues mèches de cheveux d'encre. Il se tourna vers son aîné, ou plutôt au dos humide qu'il lui présentait. Il leva timidement une main vers les mèches courtes qui goutellaient dans sa nuque, les effleurant sans oser les toucher vraiment. Où avait-il pris une douche? Ah... La "pièce mystérieuse", comme il avait pris l'habitude de l'appeler. Il n'avait jamais vraiment désiré savoir ce qu'elle recelait, une salle de bain privée visiblement. Il n'en était pas sûr, mais si c'était le cas, October était un sacré veinard doublé d'une saleté de privilégier.
Il songerait à lui proposer de prendre sa douche avec lui un de ces jours... Silver n'aimait pas aller aux douches collectives. Il s'y glissait très tôt le matin ou tard le soir, à l'heure où elles étaient quasiment désertes. Une catin? Oui... Une fille facile? Oui aussi... Tout ce que vous voulez même. Mais ça ne l'empêchait pas d'être pudique. Malgré ses tenues quelque peu légères, l'idée d'être ainsi découvert et mis à nu, même par ses amants, le mettait terriblement mal à l'aise. October en avait fait l'expérience lors de leur première partie de jambes en l'air. En pleine action, cela pouvait se montrer gênant, excitant, ou bien adorable. Tout dépendait de la personne. Pour en revenir à son idée initiale, prendre sa douche avec quelqu'un lui permettrait peut-être d'être moins.... Crispé.... A savoir accroupi au sol, recroquevillé sur lui-même, le jet mouillant son dos et ses cheveux. A ce propos, Silver avec les cheveux mouillés était une chose particulièrement risible. Si son aîné acceptait sa proposition, il s'en rendrait vite compte...

Soudainement , les sens de la créature non définie qu'était actuellement Silver s'agitèrent violemment. Il se redressa, à l'affut comme un animal, son regard scrutant la porte fermée. Il n'avait pas rêvé, une lumière. Une lumière dans le couloir. Andrew. Il avait la tête dur cet abruti. Il fronça les sourcils, le regard dilaté, les doigts crispés sur les draps. Il n'allait tout de même pas venir le chercher jusqu'ici?! Oh si, il en était capable. Bien sûr... L'oreille dressée au possible, il grogna doucement en entendant les pas se rapprocher davantage à chaque seconde. Si October n'avait pas été à côté de lui, il aurait montré les dents en feulant. Mais inutile de se montrer plus ridicule qu'il ne l'était déjà. Il entendait son cœur battre dans sa poitrine. D'ailleurs, il était même persuadé que son vis-à-vis l'entendait aussi. Il aurait aussi bien pu ouvrir la porte discrètement pour vérifier mais c'était prendre un risque considérable. Même aux côtés d'October, il était loin d'être en sécurité si Andrew était pris d'une crise de colère. Il était très bien capable d'essayer de l'étrangler sur les draps d'un garçon qu'il ne connaissait même pas, autant qu'il l'était de le plaquer contre un mur pour "discuter", comme il disait, en plein milieu de la salle commune. Lui avait-il déjà parlé de son amant régulier? Oui certainement... Pour le faire enrager... Et ça avait marché, c'était ça le pire. Qu'il était vile le petit Silver... Il en payait les conséquences bien entendu, mais sur le moment c'était tellement jouissif d'enquiquiner son monde... Il commença à se détendre alors que les pas s'éloignaient progressivement.
Il pouvait être tranquille pour la soirée à présent. Il ne lui viendrait pas l'idée de venir le chercher ici. I l'espérait du moins. Le brun s'autorisa un soupire peu discret, détendant ses muscles crispés pour affaisser ses épaules comme à son habitude. Négligé comme toujours. Savamment négligé tout de même. Puisque c'est ce qui plaisait aux clients. Peut-être à October aussi, va savoir... Difficile de lui résister. Mais tous n'étaient pas sensibles à son charme bien entendu, cela était tout à fait normal, on ne pouvait pas tout avoir et encore heureux. Il n'avait pas non plus envie qu'on lui passe dessus toute la soirée... Pas avec ces handicapés de service... Entre tout ça, les soins d'October lui étaient plus que bénéfiques... Son corps appréciait, son esprit aussi, même s'il lui arrivait de se réveiller complètement dans le gaz le lendemain. Une petite bouffée d'oxygène dans cette maison étouffante. Son amant ne partageais peut-être pas la même vision des choses. Sûrement pas même, cela ne lui ressemblait pas... Mais Silver espérait toujours qu'il l'apprécie au moins un peu, et qu'il ne se forçait pas avec lui. Il parlait peu, son aîné n'aimait pas parler. De toute façon, le plus petit n'avait pas grand-chose à lui dire. Comme ça, c'était réglé. Il évitait de venir le voir en pleine crise d'hystérie ou lorsqu'il se sentait mal... Il n'aurait pas aimé l'accueillir ainsi, il en était conscient. Il se tourna vers le dos du brun, se mordillant la lèvre et demanda dans l'espoir de briser ce silence pesant qui s'était installé entre eux depuis déjà quelques minutes.



"Sinon le boulot ça va? Les âmes tout ça... Tu travaille toujours pour.... Elle?"

Et son expression de figea à ses derniers mots. Ça lui avait échappé tiens. Le problème venait peut-être de là... La seule personne qu'October appréciait réellement, c'était cette femme. Manque de chance, elle était également celle qui terrorisait Silver. Il n'avait jamais vraiment compris pourquoi lui-même, et évitait d'aborder le sujet avec son amant régulier au risque de se le mettre à dos. Pour le coup, c'était raté... Il allait se faire virer d'ici à coups de pieds en moins de cinq minutes, il le sentait venir de très loin... A moins que ce sujet ai éveillé la curiosité du jeune homme, ce qui ne lui convenait pas vraiment non plus puisque rien que d'en parler lui filait la chaire de poule. Elle ne lui avait jamais rien fait, en fait, il ne se souvenait même pas lui avoir adressé la parole un jour. Mais un simple regard lui glaçait le sang. Plus que c'était déjà le cas... Il posa doucement sa joue sur l'épaule de son vis-à-vis, espérant ne pas l'avoir agacé d'une quelconque manière que ce soit. Il était susceptible, très très.... Trop sûrement mais le machin plein de cheveux évitait de le lui faire remarquer... Il l'était aussi après tout. A fleur de peau en permanence, faisant de la moindre réflexion désobligeante une montagne... Oui bon, il n'était pas mieux il faisait bien de se taire... Même s'il devait avouer que chaque visite chez son aîné était une véritable épreuve. Enfin, il n'y allait pas par quatre chemins, c'était déjà ça, pas besoin de discuter quand on a mieux à faire. Silver avait cette sale habitude d'apparaître en pleine nuit, au coin de la fenêtre ou derrière la porte, à n'importe quel endroit lui permettant d'obtenir au moins un sursaut de son vis-à-vis à vrai dire. Mais à sa grande déception, cela ne marchait presque jamais. On était bien loin du mythe du vampire ou quelconque autre créature qui venait vous dévorez dans votre sommeil et qui suscitait la terreur dans chaque foyer...
Enfin après-tout, il était un humain comme les autres si on excluait ce "petit détail". Il n'avait jamais été jusqu'à tuer une personne pour se nourrir alors où était le mal? Au moins ici on acceptait, ou supportait, cette différence. Quand on était au courant du moins... Il lui arrivait encore d'être repoussé par certains clients plus chatouilleux que d'autres. Tant pis pour eux. Il n'avait jamais été mordu par quelqu'un comme lui, mais d'après la rumeur, qui n'en était sûrement qu'une, cela pouvait s'apparenter à un orgasme pour le personne "envoûtée". En tout cas, ces types ô combien sympathiques lui démontraient le contraire.... Sans rien ajouter, il chassa les images désagréables qui l'assaillaient en secouant doucement la main et se laissa tomber en arrière, les draps amortissant sa chute. Il croisa les jambes et les bras, appuyant sa tête dessus en observant le plafond. L'espace d'un instant, il cru y apercevoir des étoiles. Ses étoiles. Celle qu'il avait peintes perché sur une chaise en équilibre sur une autre avec sa peinture dans le mélange qu'il qualifiait de secret permettait de faire briller ses créations dans le noir, lui procurant un tant soit peu de lumière. Mais il n'autorisait personne à voir ce qui se cachait dans le noir de sa chambre, à moins d'être particulièrement proche de lui. Et personne ne pouvait prétendre l'être. Pas même October. Rectification, surtout pas October....



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Si je regarde en arrière, qu'obtiendrais-je de mon passé ?
Que m'apprendront ces réminiscences, ces souvenirs troublés ?
Sur la route de l'aurore, je marche sans m'arrêter.
Vers la lumière de mon avenir et de ma vérité.
La chaîne de mes souvenirs jamais ne se brisera.
Je garderai chacun de ces liens au plus profond de moi...
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MessageSujet: Re: Nous n'avons pas peur que la nuit vienne. [PV.October] Jeu 15 Déc - 21:40

Assis sur le lit, les coudes appuyés sur ses genoux, October proposait son dos nu à l’invité, attendant une réponse de sa part en silence. Les draps se froissèrent derrière lui, le prévenant d’un mouvement, puis un contact se fit sur sa peau. La caresse griffa son épiderme quelques secondes, provocant un frisson des plus agréables sur l’échine du jeune homme. Extérieurement, la clef resta impassible. Intérieurement, le brun essaya de se calmer. Décidément, Silver avait parfois le bon geste, celui que l’on attend sans pour autant savoir que c’est ce mouvement dont on a besoin pour se détendre. C’était pourtant rare qu’October trouve un quelconque réconfort chez une personne autre que Mélusine. Et encore, il était plus un soutien pour elle, qu’elle n’en était réellement un pour lui. Non pas qu’elle ne savait pas consoler le jeune homme, mais tout simplement car il n’avait pas vraiment besoin d’être porté. Alors, pour que ce soit une bestiole qui l’apaise…. L’aîné poussa un soupir silencieux. Il était tombé dans une humeur bien basse à cause de cette cliente, pour en arriver à apprécier un geste aussi banal. Il cligna lentement des yeux pour chasser sa faiblesse.

La voix de Silver perça alors le silence, moelleuse et affirmée, prétextant avec assurance une envie de se détendre. Mauvais endroit pour une relaxation… Vraiment, ça se voyait comme le nez au milieu de la figure que cette excuse était bidon. Il aurait pu trouver mieux. Car l’un comme l’autre savaient pertinemment que, s’ils ne finissaient pas entrelacés dans les draps – ou ailleurs –, rien d’autre ne pouvait arriver. Et ce soir, October n’avait pas vraiment l’envie de recommencer une partie de jambes en l’air. Il avait plutôt ce désir enragé de frapper, mordre, tordre, arracher, le tout en rageant à haute voix. Si « elle » pouvait se perdre dans les bois et crever dans le fossé, il en serait ravi. Le brun serra les dents pour réfréner la pulsion de violence qui remontait en lui. Une pique fusa dans l’air de la chambre, privant October du contact sur son dos. Non, la bestiole ne le dérangeait pas. Ou plutôt, il ne le dérangeait plus. Mais s’il pouvait se taire… Cela ne serait pas plus mal. L’aîné n’avait, en effet, pas l’intention de tenir la conversation. Mais, contrairement à d’habitude où il s’en foutait totalement qu’on le laisse seul à ses occupations, October préférait que la petite chose reste par là. Jour à marquer dans le calendrier, exception anormale, anomalie psychologique, peu importe. C’est ce qu’il avait l’impression de ressentir à cet instant. Cela ne durerait évidemment pas très longtemps, juste assez pour qu’il se reprenne, juste le temps qu’il recouvre une humeur « normale », jusqu’à ce qu’il perde ce désir d’aboyer sur quelqu’un. October ne prononça aucun mot, et haussa imperceptiblement les épaules. Le geste, s’il était perçu, allait sûrement être mal interprété mais tant pis. Si la bestiole tentait de partir, il la retiendrait bien par un moyen quelconque.

La présence du corps dans son dos s’éloigna, jetant un courant d’air dans l’espace libre. Un soupir se fit maigrement entendre dans la pièce muette, puis quelque chose vint chatouiller les cheveux d’October, faisant tomber une des dernières gouttes encore accrochée à ses mèches sombres. La perle translucide se fraya un chemin sur la peau fraîche, ralentissant parfois, pour reprendre sa course de plus belle jusqu’à se faire absorber par l’élastique du pantalon de lin. Triste sort que d’être une goutte d’eau. Tellement naïve. Tellement esclave de sa propre situation. Un peu comme une Clef, tiens. Enfin… Comme la plupart des Clefs de l’Ambroise. Car October ne se considérait ni comme soumis, ni comme prisonnier, ni même comme contraint à subir sa condition. Non, ce qu’il vivait depuis quelques années, il l’avait choisi. C’était une décision délibérée et assumée qu’il continuerait d’honorer quoi qu’il arrive.

Tout à coup, Silver fit preuve d’une réaction virulente envers… la porte de la chambre, laissée entrouverte par ses propres soins probablement. C’est vrai que la petite chose ne supportait pas d’être enfermée. Il ne fallait jamais - Oh Grand Jamais ! - pousser la porte en entier quand il était dans la pièce. Cela ne dérangeait pas vraiment October, même si du coup, les racontars allaient bon train dans l’Ambroise. Deux Clefs, et du même monde qui plus est, comme s’ils ne travaillaient pas assez déjà, comme s’ils voulaient se rebeller de cette manière. Pas vraiment, mais laissez-les donc parler. Le grincement du plancher du couloir se fit entendre au loin, étouffé par les vieux tapis bouffés que l’on avait jetés çà et là, pour créer une atmosphère plus calfeutrée sans doute, ou pour cacher la misère des lieux. L’aîné tourna la tête vers la bestiole, surpris de sa soudaine attitude. Il tenta de comprendre le comportement emporté et hargneux de l’autre, avec grandes difficultés. En appui sur ses mains qui griffaient le lit, le poids du corps en avant, prêt à bondir, Silver crispait son visage. Les prunelles de ses yeux sombres s’étaient évasées, le regard perdu en direction du couloir se dispersait, ne restant jamais fixé sur un même point plus d’un dixième de seconde. Un grondement sourd et grave sortit de la gorge pourtant frêle. C’était presque un râle, comme un rugissement asphyxié par la peur. Ou était-ce de la colère ? L’expression que la jeune clef portait sur ses traits était indéchiffrable tellement elle semblait torturée entre différents sentiments. Le sang frappait fort dans ses veines jugulaires, faisant sursauter la peau tendre du cou avec un rythme impatient et irrégulier. Puis les grincements s’éloignèrent jusqu’à devenir imperceptibles, ce qui parut soulager Silver à un point presque exagéré. Il se laissa retomber, évacuant d’une lourde expiration la pression qu’il s’était infligée tout seul. Sa robe - ROBE ? Il a encore craqué… - rosée couvrait le peu de ses jambes qui dépassait du drap sombre. De longs rubans noirs étaient noués autour de ce qui aurait dû être la poitrine du petit être. On aurait dit un poupon, qu’une gosse aurait habillé en fille, juste parce que le vêtement était joli. Oui, on aurait dit un jouet. Avec sa peau au grain trop lisse, au teint trop uniformément pâle. Avec sa chevelure d’ébène mal coiffée, ou plutôt devrions-nous dire soigneusement coiffée, puis oubliée et maltraitée dans les faits et gestes. Avec sa frange coupée longue, relevée en bataille sur le haut de sa tête. Un patin de cire. Sauf… Qu’il avait une bosse naissante sur le front. Une rougeur au-dessus de ses sourcils effilés. Qu’avait-il bien pu faire encore… October étudiait la bestiole du coin de l’œil, un air presque distant sur le visage. Il analysait, sans vraiment interpréter ce qu’il voyait outre mesure. A moitié perdu dans ses pensées, il suivit des yeux le mouvement des lèvres fines de l’autre. Il cligna des yeux quand le silence fut interrompu, sortant d’une torpeur foudroyante. Réveil amer. « Elle » avait un nom. Un beau nom même. Un nom qu’il ne fallait pas oublier, qu’il fallait user de sa propre salive à force de le prononcer. Pourquoi fallait-il qu’on lui offre autant de mépris ? October savait pertinemment que sa Terreur se réjouissait de toutes ces peurs qu’elle provoquait. Il lui ressemblait un peu en ce point comme en bien d’autres. Mais il ne pouvait s’empêcher de ressentir un pincement dans sa cage toracique. Tout ce qu’il avait essayé de contenir jusqu’à maintenant tenta de ressurgir, gagnant en ampleur, séduisant l’hôte pour qu’il fonde sur sa proie, crocs en avant, toutes griffes sorties, beuglant la gueule ouverte. L’aîné tiqua, crispant les muscles de son cou en penchant légèrement la tête sur un côté, fermant les yeux, serrant les dents. Il s’apprêta à riposter, à attaquer, quand Silver déposa sa joue fraîche sur l’épaule de la Clef. Le contact stoppa le jeune homme dans ses émotions. Son cœur venait de manquer un battement. La masse frêle s’affala alors en arrière sur le lit, s’installant pour on ne savait quelle raison, laissant le sang d’October faire un tour complet dans son corps. Le propriétaire des lieux inspira alors profondément, puis se leva lentement essayant de garder son calme.

« Oui je travaille. Pour Mélusine. », dit-il en insistant sur chacune des syllabes du prénom de sa Maîtresse. « Si tu veux les détails, va demander le registre des entrées au Gérant. Le reste, ça ne te concerne pas. »

Il avait essayé de ne pas être trop abrupt. En vain sûrement. Les mots avaient fusé dans l’air, perçant comme un rapace peut foncer sur la musaraigne. Un : on ne jouait pas avec lui. Deux : on ne dégradait pas Mélusine, ni en sa présence, ni même quand il était absent. Jamais. Il était du genre à avoir la vengeance facile et cruelle quand ça concernait sa Maîtresse. Et seulement quand ça la concernait elle d’ailleurs. Les autres, ainsi que lui-même, n’importaient que trop peu face à cet être.

October se massa la nuque d’une main, tournant sa tête dans tous les sens, lentement, pour détendre ses muscles. Il essayait de raisonner, sans grande conviction, mais les conclusions n’étaient pas satisfaisantes, car trop simples. Quelque chose clochait ce soir. Chez Silver, mais chez lui aussi. Il le sentait bien. Son invité n’était d’ordinaire pas aussi lunatique, et surtout, il essayait généralement d’éviter à tout prix les sujets d’ordre professionnels et relationnels. Ils se connaissaient tous deux assez pour savoir que ce genre de conversation ne mèneraient au mieux à rien, au pire à quelque chose de désagréable. Puis, la jeune Clef n’était pas délurée au point de mépriser ouvertement la Maîtresse de NightmareLand en face de son aîné. D’autre part, October était censé rester impassible face aux pseudo problèmes que les minettes de l’Ambroise se créaient. Mais ce soir, pour une raison bien inconnue et très exaspérante, il n’était pas totalement indifférent. Et pourtant… Il était loin d’être attaché ne serait-ce qu’à un cheveu de Silver. Alors pourquoi ? La fatigue sans doute. L’agacement aussi. Et peut-être le fait de savoir qu’il devrait bientôt aller se doucher dans les salles de bain communes… Rien qu’en se remémorant cette idée, October grinça des dents. Il se retourna pour aller s’affaler sur son lit et chasser ces pensées déprimantes, mais freina net, stopé dans son élan par la bestiole qui s’était installée sur le matelas depuis un moment déjà. C’était vrai, il était là. Oui, October l’avait zapé l’espace d’un instant.

Le silence pesait encore sur les deux Clefs. L’aîné détailla la petite chose brune du regard avec un semblant d’envie, peut-être bien enfouie certes, mais existante. Fallait-il qu’October se radoucisse ? C’était une idée, rien que pour sa santé et ses nerfs. Mais ça n’était ni par gentillesse, ni par… quoi que ce soit d’autre que pour sa propre personne. Le jeune homme s’approcha et s’accroupit au pied du lit, posant ses avant-bras sur le matelas. Il voulait dire quelque chose, n’importe quoi, mais rien ne lui venait à l’esprit. Hors mis…

« Pourquoi t’habiller en fille, alors que tu revendiques être un homme dans tous les couloirs… ? »


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MessageSujet: Re: Nous n'avons pas peur que la nuit vienne. [PV.October] Lun 19 Déc - 13:37

Aïe. Il avait visé juste le sale greffier acariâtre. A vrai dire, son ton plus que peu engageant avait blessé Silver plus que le responsable l'aurait sans doute voulu. Retiens toi petit, retiens toi... Mais qu'est-ce qu'il avait envie de lui cracher au visage, de l'attraper par les cheveux et de lui gueuler une infinité d'insultes à l'oreille. Mais il devait se retenir. Question de survie. Et pourtant dans un sens, il était inquiet. Il ne connaissait pas la dite Mé-lu-sine. La prochaine fois il le lui dirait comme ça tiens... Il serait enfin content. Mais si un jour cette femme décidait qu'elle n'avait plus besoin de lui? Si elle l'abandonnait, comment allait-il survivre? C'était ce qui ennuyait le plus Silver à vrai dire. Si sa relation avec October ne s'élevait pas plus loin que le stade de "potes de chambres", ce n'était pas pour autant que le brun voulait le voir brisé. Loin de là. Il avait un cœur contrairement à ce que certains pouvaient penser. Premièrement, on ne touche pas aux amis. Deuxièmement, on ne lève pas la main sur un enfant. Il n'avait jamais tué mais n'hésiterait pas à le faire pour honorer ces deux lignes de conduites. Restait à savoir... Comment pouvait-il considérer son aîné? Un ami? Un... Enfant? Non. Définitivement non. Bien qu'il lui arrivait d'avoir l'impression de tenir un sale môme entre ses bras, Octo n'était pas un enfant... Et parfois, alors qu'il commençait à réussir à mettre un nom sur leurs relations compliquée, des pensées tortueuses venaient se glisser malicieusement dans son esprit. Et si.... Si cette maîtresse qu'il aimait tant- pardon, Mé-lu-sine- lui demandait un jour de lui faire du mal. Il ne lui avait jamais adresser un mot, mais si jamais c'était le cas, pour une raison x ou y.... Est-ce que le grand brun lui obéirait? Il ne voulait pas de réponse, non surtout pas. Il avait bien trop peur d'entendre quelque chose qui briserait le fragile équilibre que le plus grand avait jusqu'à présent réussit à maintenir dans son esprit. Il ne devait pas y penser... Surtout pas.... Parfois quand cela lui arrivait il entrait dans une crise qui lui faisait dessiner toutes ces conneries sur les murs de sa chambre. Mais ce n'était pas grave, n'est-ce pas? Puisqu'il n'éteignait jamais la lumière, il ne pouvait pas voir ces peurs tout autour de lui. Mais pourtant il les sentait toujours roder, hantant son sommeil et le forçant à aller investir les draps du brun en échange de son corps. Triste réconfort. Mais c'était le plus doux qu'il pouvait espérer. Bien que la douceur ne fasse pas vraiment parti de l'être avec qui il partageait de temps à autres sa couche. Et comme il était agréable de plonger l'espace d'une nuit ses doigts graciles dans sa chevelure d'ébène soyeuse, de se sentir dériver, emprisonné entre ses bras puissants. A cette pensée, il posa une main sur son visage, dissimulant le rouge lui montant aux joues. Ce n'était ni le moment, ni la personne....
Ou peut-être que si tout compte fait. Le cadet se roula sur le côté, le visage près de celui d'Octo. Quelques longues mèches sombres glissèrent sur son épaule. Sa main s'approcha du visage du brun, s'apprêtant à se glisser sous son menton. Oh, il l'aurait certainement embrassé. Voir plus si affinité. Ils auraient pu à nouveau se noyer dans les draps entre caresses, cris et morsures. Oui, ils auraient pu. Si October n'avait pas eu la très, très mauvaise idée de poser la question qu'il n'aurait jamais dû poser. L'expression du garçonnet se modifia alors. Ses sourcils se froncèrent et ses yeux semblèrent s'agrandir. Comment avait-il osé!?! C'était habituellement pour cela qu'il préférait la présence du grand brun à celle des clients. Au moins, lui il ne le jugeait pas à case de son étrange féminité. Voilà qu'il s'y mettait aussi! Vexé comme un poux, le brun se retourna, présentant son dos couvert de tissu rosé au jeune homme. Il retenait avec peine son corps tremblant de rage. Il lui en foutrait lui des filles. Il n'en était pas une! Il n'en deviendrait jamais une! Jamais jamais JAMAIS! Qu'est-ce qu'il y pouvait s'il était né avec cette tête de nana qui ne deviendrait jamais celle d'un jeune homme digne de ce nom. Il se haïssait suffisamment pour qu'on ai pas besoin de lui rappeler qu'il ressemblait à une fille. Mais c'était peut-être autre chose. Peut-être.... Peut-être qu'il aurait aimé devenir réellement femme. Pour plaire aux hommes inaccessibles. Allez savoir.... En tout cas il ne fallait surtout pas le lui rappeler. C'était le dernier faux pas à faire avec lui, et son aîné venait de mettre le doigt directement dessus. Il sentait son cœur se serrer, ses doigts trembler et griffer les draps.


"Ça plait aux clients. Sinon ils m'en offriraient pas."

C'était un mensonge. Aussi bien envers October que lui-même. Du moins... C'était à moitié vrai. Les clients lui offraient régulièrement des vêtements pour les plus réguliers d'entre eux. Ceux qui désiraient ses faveurs. Ils les avaient déjà. Qu'est-ce qu'il croyaient? Ils n'en auraient pas plus. Soumettre son corps, c'était déjà beaucoup. Un peu trop parfois même. Mais pour en revenir au sujet initial, ces accoutrements lui permettaient de séduire bien plus facilement. Les hommes trouvaient visiblement excitant que leur petite chose du soir soit habillée comme le sexe opposé. Et quand ce n'était pas le cas, celui les faisait juste vaguement rire. Et il y avait les autres comme October et Andrew qui ne comprenaient pas. Pour une fois le brun pouvait se permettre de les mettre dans le même sac. Mais c'était uniquement pour cette condition. Andrew et Octo n'avait rien à voir. Il détestait le premier, quand au second..... A cet instant précis, il le maudissait également. Il en venait même à se demander ce qu'il foutait là et quel mal l'avait pris d'aller chercher du "réconfort" chez ce rustre de service. Ah. Oui. La menace Andrew. Mais à vrai dire il ne savait plus ce qui était le mieux. La brutalité d'Andrew ou les sarcasmes d'October? Ni l'un ni l'autre... S'il avait pu faire un mixe des deux il aurait provoqué l'apocalypse à l'Ambroise. Mais personne t'as demandé de venir l’emmerder Silver. Personne.

"De toute façon ceux qui me prennent pour une nana sont juste aveugles."

Horrible venin qui coulait sur sa langue. Il l'avait mal pris et ça se sentait un peu trop bien. Que le brun le vire si ça lui chantait, pour le moment il n'en avait rien à secouer. Il ne pouvait vraiment aborder quoique ce soit avec lui. Quand c'était sa maîtresse, il était agressif. Quand c'était autre chose, il n'en avait rien à foutre. Quand il n'était pas d'humeur aux sarcasmes en tout cas. Est-ce qu'il lui demandait lui comment il allait vivre sa vie quand sa petite chérie allait décider de le virer? Non. Pourtant il aurait pu. Mais il s'abstenait. Par respect et par... Affection? Non, oui. Peut importe. La prochaine fois il viendrait juste pour leurs affaires habituelles. A moins qu'October n'est plus envie d'accueillir un homme vêtu comme une femme, nh? Et oui... La moindre remarque devenait une montagne. Et plus particulièrement quand ça touchait sont asexualité. Silver se mordit brutalement la lèvre. S'il restait ici encore plus longtemps, il allait finir par lui gueuler dessus. Il se redressa sur les coudes et avec un sourire crispé il se pencha sur le brun et déposa ses lèvres sur les siennes. Juste une caresse et il se retira avant de se relever. Ses cheveux chatouillèrent faiblement les joues du jeune homme et il posa un pied au sol pour se redresser, époussetant sa robe de manière appuyée avant de se diriger vers la porte.

"Je vais pas t'ennuyer plus longtemps. J'retourne dans ma chambre, tu seras tranquille. -et il ajouta en posant sa main sur la poignée sans même se retourner- Et c'était pas utile de me parler comme à un chien tu sais, j'ai rien contre ta Mélusine, moi."

Et il était sincère comme c'était rarement le cas. Il ne la connaissait même pas cette femme. Il n'avait fait que poser une innocente question pour détendre l'atmosphère. Bon, oui, elle lui faisait peur, mais ce n'était pas pour autant qu'il lui avait craché dessus ou insulté dans son dos qu'il sache... M'enfin. Ça, le grand brun finirait peut-être par le comprendre tout seul un de ces jours. Il ouvrit la porte et la referma derrière lui après avoir quitté la pièce. Néant. Soirée de merde. Il l'avait vu venir depuis le début. Mais il n'avait pas pensé que cela partirait de cette manière. Le couloir était un peu trop sombre à son goût. Pour peu il en aurait presque regretté d'avoir quitter la chambre de la noiraude mal lunée... Courage. Il allait traverser le couloir en courant jusqu'à sa sortie et trouver un coin du salon éclairé où il pourrait dormir. C'était trop risqué de retourner dans sa chambre après son petit éclat de tout à l'heure. Tant pis. Il évalua la distance qui le séparait de la porte du couloir et s'apprêta à courir jusqu'à cette dernière. En gueulant de préférence. Mais alors qu'il allait lever le pied pour commencer sa course, une main empoigna le haut de sa chevelure. Il n'eut que le temps de pousser une petite exclamation avant de se retrouver projeté contre le mur en face de lui. Sa tête se cogna brutalement contre ce dernier, l'assommant à moitié. Il tomba au sol, dans un voile de cheveux d'encre. Il se redressa faiblement, sa visions brouillée par le coup. Il ne pu qu'entrevoir les jambes d'un homme quand un coup de pieds dans les côtes le fit se retourner sur le dos. Il aurait voulu hurler, ne serait-ce que pour faire peur à son assaillant. Mais un poids se fit sentir sur son corps frêle et une main se plaqua sur sa bouche, ne laissant voir que ses yeux écarquillés de terreur et d'incompréhension. Il le savait vicieux, pervers, et un tas d'autres choses fort sympathiques. Mais jamais il ne lui aurait imaginé ce regard fou. Andrew semblait bien différent de cet homme moqueur et assuré qu'il avait pour habitude de croiser au détour d'un couloir. Son regard brulait, son expression terrifiait. A tel point que même cette grande gueule de Silver n'osa pas émettre le moindre son. Et ce n'était pas parce qu'il était à moitié bâillonné, non.
Une seule et unique pensée parvint à effleurer son esprit embrumé à cet instant. Il ne voulait pas mourir. Il l'avait désiré autrefois. Mais à présent il en avait fini avec cette morbide obsession. Il voulait vivre. Il ne voulait pas finir dans un couloir de l'Ambroise, les yeux écarquillé et les cheveux éparpillés. Soudain, la voix rauque et enragée de l'homme résonna faiblement dans la pénombre du couloir. Elle ne ressemblait absolument pas à celle qu'il avait l'habitude d'entendre.


"Silver, mon petit... Sache que je n'ai pas l'intention de laisser une petite putain me dicter mes faits et gestes."

Il en aurait pleuré. Oui, vraiment. Il ne voulait pas mourir, ni être violenté. Non non non...

Non.

Ses mains vinrent griffer les avant-bras de l'homme. Il commença à donner des coups dans le vide, des coups de genoux dans le ventre. Non! Il n'allait pas se laisser faire comme ça! Il n'était pas fragile, il n'était pas faible! Il continua de se débattre de toutes ses maigres forces, tentant de mordre la main de son agresseur sans grand succès. Mais il décocha un coup de pied contre la cage thoracique de l'adulte qui se plia en arrière avec un cri enragé. Silver en profita pour se faufiler hors de son emprise, ses doigts griffant les tapis dans sa fuite désespéré. La sortie lui tendait les bras il allait vivre, il allait v... Ses yeux se baissèrent vivement vers ce qui entravait sa jambe. Mais il ne pu voir que le sourire mauvais de son aîné avant d'être tiré en arrière. Son corps percuta la porte qui s'ouvrit sous leur poids. Ils tombèrent tous deux dans la pièce. Bonjour October, comment vas tu depuis tout ce temps? Ah, une mauvaise position dis-tu... Vas savoir... La créature pleine de cheveux et son cher ami Andrew se retrouvèrent à terre dans un ballet de jambes et de cheveux saccadé. Le petit chercha à se redresser pour atteindre un quelconque objet lui permettant de se défendre. Mais l'adulte resserra sa main telle une serre sur son épaule menue et le tourna sur le dos, ses ongles, qui s'apparentaient actuellement plutôt à des griffes, meurtrissants sa chaire. Il hoqueta de surprise lorsqu'il sentit les mains de l'homme se refermer autour de sa gorge gracile. Son corps se cambra en arrière, se débattant violemment pour faire dégager l'autre d'au-dessus de lui. Ses mains se mirent à chercher à lacérer les bras de l'autre, tremblantes sous la suffocation. Ses yeux ouverts sur le néants se mirent à déborder de larmes. Fini. Fini. Tout était fini. Il n'aurait jamais dû quitter cette chambre. Il n'aurait jamais dû se vexer devant la remarque d'October. Mais c'était trop tard pour regretter à présent. Bien trop tard...
Son corps s'affaissa lourdement et ses bras retombèrent au-dessus de sa tête. Sa vision commençait déjà à se voiler de noir tandis qu'il cherchait une dernière fois les yeux d'October. Quitte à crever, il préférait encore ne pas le faire devant la sale face enragée de Andrew. Ce n'est qu'après coup que le brun réalisa que les doigts crispés de l'adulte venaient tout juste de quitter sa gorge. Son visage se crispa lorsqu'il repris une bouffée d'air, provoquant une quinte de toux qui fit s'agiter sa chevelure qui l'entourait telle une couronne mortuaire. Il ne se sentait même plus capable de se redresser et suivi des yeux Andrew qui se releva, époussetant sa chemise et se recoiffant brièvement. On aurait dit qu'il était redevenu.... Normal? Oui... Son regard avait à nouveau changé... Il n'aurait pas été capable de dire en quoi mais il avait changé... Comme s'il avait réalisé qu'il était en présence d'Octo d'un seul coup. Il s'éclaircit la gorge et déclara d'une voix restant cependant anormalement rauque.


"Veuillez m'excuser pour ce petit débordement de violence... Mais je crois que Silver n'a pas compris certaines règles du jeu ici..."

Baissant les yeux vers le concerné qui s'était retourné sur le ventre et essayait de ramper hors de son emprise, il attrapa sa chevelure et le remonta d'une main pour poser sa tête contre le haut de son torse. Le plus jeune serra les dents, étouffant un gémissement entre douleur et colère. Des marques rouges s'étaient imprimées sur son cou, dû à la strangulation dont-il avait été victime quelques secondes avant. Ce salaud osait non seulement la malmener, mais en plus il se permettait de l'humilier de la sorte devant October. Il se vengerait. Il lui ferait payer ce qu'il venait de faire. Il ne savait pas encore comment mais il pouvait affirmer que ça serait infiniment pire. Il lui jeta un regard où se reflétait toute la haine et le mépris qu'il éprouvait pour cet être tout droit sortit d'un cauchemar. Ce dernier ne manqua pas de le relever et, mine de rien, resserra sa prise sur la chevelure d'encre du cadet obligé de se hisser sur la pointe de pieds. Mais ses yeux parlaient pour lui. Crève. Crève. Crève! Hurlaient-ils. Ses poings serrés en étaient la preuve, il se retenait avec peine. Pourtant il n'osait pas ne poser ne serait-ce qu'un regard sur October. Ce dernier n'aimait pas la faiblesse. Il le savait. Il l'avait constaté maintes fois en couchant avec lui. Et pour le coup, il s'était montré plus que faible... Mais qu'est-ce qu'il pouvait faire contre un type de deux têtes de plus que lui qui l'avait en plus attaqué par surprise?! Il ne l'avait même pas sentit approcher!

"October, c'est ça? Il m'a énormément parlé de toi.... J'espère qu'il n'est pas aussi agressif avec son amant qu'il l'est avec moi, mmh?"


Spoiler:
 

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Si je regarde en arrière, qu'obtiendrais-je de mon passé ?
Que m'apprendront ces réminiscences, ces souvenirs troublés ?
Sur la route de l'aurore, je marche sans m'arrêter.
Vers la lumière de mon avenir et de ma vérité.
La chaîne de mes souvenirs jamais ne se brisera.
Je garderai chacun de ces liens au plus profond de moi...
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MessageSujet: Re: Nous n'avons pas peur que la nuit vienne. [PV.October] Mer 21 Déc - 22:26

Accroupi au pied du lit, s’appuyant sur le matelas de ses deux coudes, October regardait la Bestiole d’un air mitigé. Il essayait de trouver quelque chose à dire, n’importe quoi, sans grand résultat. Ses neurones semblaient englués dans une espèce de mélasse flemmarde. L’intrus se tourna, venant accoler sa tête à celle de son aîné. Le sang lui était monté au visage, teintant les pommettes d’une chaleur incontrôlée. Son visage, encadré d’un noir d’ébène, était là, à quelques dizaines de centimètres, fixant d’un regard profond son hôte improvisé. La main frêle se leva et s’approcha dangereusement de la figure d’October qui ne cilla pas, attendant la suite. Il n’était pas laid ce petit être. Vraiment. Avec son air de gosse rebelle, qui se la joue catin soumise. Le jeune homme l’appréciait au final, cette Clef. Mais il ne comprenait pas pourquoi il s’obstinait à… C’est de cette manière que sa question stupide sortit, naturelle et presque innocente. Il n’y avait pas d’arrière pensée. Mais à peine prononcée, October faillit regretter. Le regret. Ce sentiment faible qu’il repoussait de toutes ses forces pourtant. Ce remord qui avait pu le bouffer intérieurement pendant des semaines, des mois, sans qu’il n’arrive à s’en défaire ne serait-ce qu’une minute. Il avait abandonné tout ça il y avait bien longtemps. Et ce n’était pas aujourd’hui que ses chimères allaient refaire surface. Il plissa le nez face au changement d’expression de son cadet. Voilà qu’il lui tournait le dos maintenant… Et bien soit ! S’il voulait bouder comme un gosse, qu’il le fasse. Mais ça ne serait pas à la porte du brun qu’il faudrait venir frapper, encore et toujours, si on le traitait de gamin efféminé. Le petit corps étalé sursautait, encore à moitié emmêlé dans les draps défaits du lit. Oh oui, October avait dû le blesser dans son amour propre. Sûrement beaucoup plus qu’il ne pouvait se l’imaginer. Mais c’était ainsi, il n’était pas doué avec les mots. Du moins avec tous ces mots gentils, ou anodins. Les conversations de couloirs ce n’était pas pour lui. En réalité, tout ce qui sortait de sa bouche ne pouvait être que dérision, animosité, ou dévotion. En dehors de ça, niet. Il s’embrouillait. Et quand il essayait, ses efforts n’étaient jamais perçus de la bonne manière. Il n’était pas à plaindre, loin de là. La situation lui convenait très bien d’ailleurs, car de cette manière, personne ne venait l’importuner avec les histoires inutiles du quotidien. Du coup, il ne parlait que peu. Même avec Silver. Il le faisait taire. Sauf… Quand il voulait, comme ici, rattraper l’ambiance. Belle tentative mais ça paraît légèrement inefficace mon grand, non ?

La Bestiole se démenait elle aussi pour sortir la tête de l’eau. Encore un faux argument qu’il avançait. C’était le deuxième de la soirée. A d’autres, pas à October. Surtout pas. D'accord, les clients offraient des cadeaux futiles voire déplacés. Mais cela n’était en RIEN une excuse pour les utiliser. Les assoiffés apportaient régulièrement des « hors forfait » à l’aîné aussi. Babioles, accessoires bons marché, friandises, fioles. October procédait toujours par le même rituel, évitant de blesser le client. Il prenait le cadeau empoisonné, le posait sur son bureau et faisait naître un léger sourire au coin de ses lèvres. Le reste, vous le devinez très bien. Quand la porte se refermait quelques temps plus tard, il choisissait selon son humeur : soit jeter directement le présent, soit attendre qu’on lui dise « Oh, je peux l’avoir ? ». Évidemment, n’importe qui pouvait récupérer ces choses, même son pire ennemi. Pour cela, le brun ne pouvait accepter le mensonge de Silver. On pouvait toujours trouver un moyen. Et la Bestiole n’y mettait pas beaucoup du sien, se cachant derrière ce… prétexte, pour se trimballer en jupette. Alors qu’il ne pleurniche pas et qu’il assume un peu ses choix. October ne le jugeait pas sur ses goûts si c’en était, mais bien sur le fait qu’il ne s’acceptait pas lui-même.

Silver releva son buste, se tournant vers l’autre Clef. C’était tellement évident qu’il poussait son sourire qu’October fronça les sourcils. A bien y réfléchir, c’était la première fois qu’ils s’accrochaient tous les deux. Et ni l’un ni l’autre n’avait l’air de vraiment apprécier. Donc pourquoi s’évertuer à enfoncer le clou quand le bois vermoulu n’a aucunement l’intention de le faire tenir ? Un contact se fit entre les deux bouches, effleurement contrôlé, tel un pardon partagé, avant de repartir. L’aîné, qui n’avait pas bougé, passa sa langue sur sa lèvre inférieure. Il garda un goût doux-amer en bouche. Ça n’allait pas. Les mèches brunes vinrent caresser son visage, laissant un léger parfum derrière elles. Avant même que le jeune homme ne se retourne vers son… amant ( ?), l’autre était déjà parvenu jusqu’à la porte, annonçant son départ.

« Et c'était pas utile de me parler comme à un chien tu sais, j'ai rien contre ta Mélusine, moi. »

Le changement de ton avait été audible sur la dernière phrase. October l’avait très bien perçu, et savait pertinemment que la Bestiole n’était pas un ennemi ouvert. Il était comme les autres, apeuré rien qu’à l’idée qu’elle pouvait créer. Le jeune homme soupira quand son invité passa le pas de la porte. Entourée par l’obscurité maintenant installée dans le couloir, la silhouette en robe s’évanouit, refermant le battant de bois sur elle. Il allait en baver rien que pour rejoindre sa chambre. Cette pensée amusa le brun qui s’ ébouriffa d’une main en se relevant. La journée avait donc été pourrie jusqu’à la fin. Il ne lui restait plus grand-chose à faire. Une dernière lettre à lire, corvée de la soirée, et il irait se foutre au pieu une bonne fois pour toute. La nuit serait, il l’espérait, calme et reposante.

October attrapa une enveloppe jaunie qui traînait sur son bureau, et prit le coupe-papier afin de l’ouvrir proprement. Le courrier sentait le souffre. Des coups violents se faisaient entendre au dehors de la chambre tandis que la Clef sortait une missive à l’écriture mal assurée. Mauvaise nouvelle : un client un peu… envahissant qui voulait tenter de partager l’aventure avec sa propre femme. Si seulement il demandait à voyager… Mais non. Il implorait l’expérience charnelle du jeune homme. Qu’il aille se faire voir. October froissa le papier et le jeta sur le meuble, reposant l’ouvre-lettre à sa place. Il grinça des dents. Rien d’autre ne pouvait arriver, sa journée était ter-mi-née. Il l’avait décidé. Mais le sort aime jouer des tours n’est-ce pas ? La porte s’ouvrit avec fracas, rebondissant à grands bruits, laissant apparaître en trombe deux corps entremêlés. Silver, version 2. Ou -1 plutôt vu la dégradation qu’il avait subie. Plaqué au sol, à moitié tétanisé, se courbant dans tous les sens sous la strangulation, les larmes montant dans ses yeux hagards, la Bestiole était « en mauvaise posture », sans jeu de mot. Puis plus rien, l’énergie qui s’écoule lentement hors du corps, l’espérance qui s’enfuit en courant, les derniers moments de lucidité qui traversent l’esprit creusé par la détresse. Il était beau, ce spectacle. October s’était avancé de quelques pas pour appuyer son épaule contre le baldaquin de son lit, admirant la scène avec une impassibilité horrifiante. Il en avait vu des dizaines d’illustrations de force, de mises à mort plus ou moins simulées. Dans le manoir de Mélusine, ce cinéma était un Art apprécié. Mais une telle déclinaison de violence, juste là, à trois mètres de lui, devenait presque féérique à son sens. « The End. », fin de la représentation, les rideaux sont tirés. L’homme qui s’était jeté sur le petit être se releva, avec un calme gênant. Comme s’il avait essuyé un dédoublement de personnalité brutal. Par terre, Silver s’étouffait en regonflant ses poumons. Une voix grave mais posée sortit d’outre-tombe pour lancer une excuse en l’air. Qui n’avait pas compris les règles du jeu ici ? October sourit en coin, avec une mesquinerie affichée, et croisa les bras sur son torse encore nu. Il ne connaissait même pas cet homme, il ne l’avait jamais croisé auparavant. Il n’avait aucune idée du but qu’il pouvait poursuivre en tabassant ainsi la Clef. Mais le brun était persuadé d’une chose : l’enragé ne réussirait pas sa mission dans cette chambre. Il n’en sortirait pas non plus sans une certaine rémunération à son propriétaire. La journée avait été assez merdique comme ça, et là, le vase avait trop débordé pour qu’October ne s’amuse pas un peu lui aussi. Il attendait, guettant le moment propice pour lancer le jeu.

La démonstration d’affection continuait entre les deux nouveaux venus. Le répit avait été bref pour Silver dont l’assaillant ne s’était visiblement calmé que dans une certaine mesure. Celui-ci attrapa grossièrement la chevelure de nuit pour attirer la tête dodelinante à lui, extrayant un râle aigu de la bouche de sa proie. Un animal blessé. Une biche acculée à la sortie du bois. Le cadet semblait bouillir intérieurement de haine, de mépris, et de tout ce qui pouvait s’apparenter à une rancœur profonde envers son agresseur. October ne l’avait jamais vu aussi psychologiquement atteint depuis qu’il le côtoyait. Quelque part, le jeune être était d’un charme attirant dans cette situation. L’aîné se rendait bien compte de la raison pour laquelle il l’avait accepté dans ses bras sans autre commune mesure. Il aurait pu être fier de lui s’il avait pris le dessus dans le combat. Mais bon, on ne peut pas tout avoir.

L’inconnu articula quelques mots de plus, se voulant apparemment poli mais moqueur. Il n’était pas dénué d’intérêt. Une espèce de grande perche musclée doublée d’un faux air de pirate affable, cachant derrière son masque une atroce personnalité presque aussi perfide que celles que l’on pouvait croiser à NightmareLand. S’il faut, il en venait. Mais, la première impression qu’October venait d’avoir ne le satisfaisait pas. Il n’était pas assez… ou trop… Enfin, quelque chose manquait, ou n’était pas à sa place dans ce vil personnage. Sans vraiment savoir dire pourquoi, la Clef ne l’avait pas vraiment à la bonne au final. Et, en cherchant, ce n’était pas parce qu’il s’était violemment attaqué à son cadet. Non, pour ça en fait, il l’aurait presque remercié. Il avait découvert des expressions sur le visage de Silver qu’il ne s’était pas encore permis de lui soutirer lui-même. Mais ça ne changeait pas la donne : October tiquait à propos de cet intrus. Intrus. C’était bien là le problème de surface. Même s’il savait qu’une autre histoire le dérangeait plus en profondeur, il y avait déjà ce point-là. Le jeune homme se détacha de la colonne en bois tressé et avança d’un pas nonchalant en direction des deux zouaves. Que les jeux commencent… Il décroisa ses bras pour les laisser glisser le long de son corps, soutenant le regard de son interlocuteur principal. Jauger l’autre. Quel manège amusant. Tâter les réactions, tirer les ficelles. On allait bien voir ce qu’il avait dans le sac ce bourrin.

« T’es sur mon territoire ici. Les lois qui régissent cet espace sont les miennes. Et une de ces règles interdit à n’importe qui d’entrer sans permission. Je demande d’habitude que l’on me paye, en nature ou en monnaie, mais je vais être clément aujourd’hui, je ne vais te prendre qu’une seule chose. » Il pointa son index vers Silver. « Laisse-le-moi ce soir. Tu n’t’en sors pas si mal, crois-moi… Qu’en dis-tu ? »

Il lui laissait une chance. Ou peut-être se donnait-il une chance à lui-même d’échapper à la poigne de fer que semblait posséder le gorille anorexique.

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MessageSujet: Re: Nous n'avons pas peur que la nuit vienne. [PV.October] Jeu 22 Déc - 21:15

"Pourquoi tu pleurs, petit garçon?"

Petit garçon. C'était bien la première fois qu'on le désignait de la sorte. Mais il n'était pas petit! En revanche... Il était bien un garçon... Enfin à vrai dire il n'en était même plus sûr. Son regard encore embué de larmes presque sèches fixait obstinément le pansement sur son genou. Larmes de sale gosse qui a depuis bien longtemps arrêté de pleurer mais qui ne bouge pas pour enquiquiner le monde. Mais, même s'il a beau penser qu'il ne leur reparlera plus jamais, il finira par en avoir marre de bouder et il se relèvera. Car il est comme tous les enfants après-tout... Presque comme tous les enfants... Lui il n'a plus l'innocence. Mais il fallait bien au moins ça... Il fallait se nourrir... Ses canines avaient pu pour la première fois connaître la sensation de déchirer de la peau humaine. Ça avait été un carnage. La douleur désagréable s'était faite aiguë lorsque, non content de lui voler son enfance déjà presque morte, l'autre lui avait foutu une gifle. Suite à cet "incident", il avait compris que se limer les dents était en définitif une bonne idée.

"Pourquoi tu pleurs, petit garçon?"

La question l'agaçait. Il n'était pas un petit garçon! Il se retourna vers la voix et se retourna face à face avec un grand garçon. Quelques années de plus que lui, sûrement, il était si grand. Il se sentait soudainement bien petit garçon. L'autre était adolescent, lui était enfant. Du moins, il se sentait enfant à cet instant même. Il se releva et essuya ses yeux rouges de pleurs, sa voix fluette s'élevant dans l'air.

"J'pleure pas!!"

Mais c'était un mensonge et le grand lui lança un regard sévère avant de le tirer à lui par le poignet.

"Menteur."

Et le petit se figea. Quelques secondes. Avant de se remettre à pleurer. Un gamin de 13 ans ne pleure pas. N'est plus censé pleurer. Mais il pouvait bien faire exception à la règle non. Quand on est la catin de service de l'école on a bien le droit de pleurer, non? Même dans les bras d'un inconnu. Un inconnu qui ne ressemble pas exactement aux autres. Il glisse une main dans ses cheveux trop longs pour être ceux d'un garçon, remontant ceux qui effleurent le milieu de son dos. Il a 13 ans, il fait déjà jeune femme. Pas jeune homme, non. Malheureusement. Ça l'énerve, mais c'est comme ça. L'autre parle, il parle, encore, trop, comme s'il cachait quelque chose... Aux autres ou à lui-même. Mais le môme n'écoute pas. Il ne pense qu'à son cœur qui bat dans sa poitrine. Il le rassure. C'est bien le premier. Ça se finira dans les draps. Pour pas changer. Mais pour une fois, ça ne le dérange même pas...

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Le regard perdu du brun sembla reprendre un peu vie. Il était parti loin..... Très loin... Revenir lui était vaguement difficile. Il mis un certain temps avant de comprendre à nouveau la position dans laquelle il était encore. Toujours retenu par ses cheveux, hissé sur la pointe des pieds. Il fronça légèrement les sourcils. Il était mal à l'aise mais son visage de poupée mortifiée avait perdu toute trace de colère, pour le moment. Que s'était-il passé au juste? Ses souvenirs oubliés? Peut-être ceux de quelqu'un d'autre.... Difficile à dire. Lui-même ne comprenait pas d'où lui provenait ces soudaines visions. Jusqu'à aujourd'hui, rien de semblable ne lui était arrivé. Excepté... La première fois qu'il avait mordu Andrew. Il avait perdu connaissance même. Et l'autre en avait profité pour l'amener à l'Ambroise. Non... Le grand n'était décidément pas normal... Il allait devoir faire sa petite enquête là-dessus..... Quand il serait sorti de ce guêpier! Et October ne bougeait pas. Fallait pas trop lui en demander au petit hein! C'était pas comme si Andrew le menaçait de lui tirer dans la tête si jamais le grand brun esquissait le moindre pas. Il volait le faire chier de la sorte parce qu'il l'avait vexé tout à l'heure? Non parce qu'il commençait sérieusement à avoir mal aux chevilles à force de se hisser comme ça. Et il allait lui arracher des cheveux à force... October? Youhooou? Non, toujours pas... Bon. Heureusement qu'il était pas entre la vie et la mort. Un peu vexé, le petit baissa les yeux. Ils n'étaient qu'amants après-tout... Le brun n'avait pas vraiment d'intérêt à le voir vivre, non. Il était juste là pour se glisser dans son pieux quand ça leur chantait et faire des choses innommables (je l'ai miiis 8D) jusqu'à ce que leurs corps crient grâce. Mais October ne tenait pas à lui. Il le savait! Évidemment qu'il le savait... Mais pourtant, il avait un peu mal à cette pensée. Il voyait plus ou moins en lui le grand-frère qu'il avait pu être pour son cousin. Un grand frère avec lequel il pouvait s'envoyer en l'air, oui, bon, à chacun sa vision des choses hein... Lui, ce qu'il préférait c'est pouvoir s'allonger près de lui après et de s'endormir dans ses bras.... Et se réveiller le lendemain, emmêlé dans ses propres cheveux et les reins endoloris. C'était le quotidien qu'ils partageaient tous deux et ça n'allait pas plus loin. Il l'écouta sans réellement l'écouter. Prenait-il sa défense? Pas vraiment non. Plutôt celle de sa chambre. Si la situation avait été inversée, si ça avait été Octo qui avait été à deux doigts d'y rester, il aurait arraché la tête d'Andrew. Au moins. Mais bon, on est pas tous pareil. Pourtant le gamin sursauta quand il vit October pointer un doigt vers lui... Non mais.... Et puis quoi encore?!

"Je suppose que je devrais être honoré d'être le bout de viande que vous vous disputez. Sauf que c'est pas le cas. Donc si vous pouviez vous dépêcher un peu... Voir vous jetez tous les deux sur moi, histoire que ça débloque la situation... Non oubliez le dernier point."

Il croisa, les bras, un moue boudeuse remplaçant l'ignoble grimace qu'il avait eu quelques minutes plus tôt. C'est vrai quoi! Il était peut-être une catin mais c'était pas une raison pour le traiter de la sorte, y'avait des limites. Si October comptait le récupérer comme ça il se foutait le doigt dans l'œil. Mauvaise technique. Andrew ne le lâcherait pas, il le connaissait suffisamment pour savoir ça. Pourtant d'ordinaire il n'était pas violent. Au contraire. Il déplorait même le comportement agressif de sa proie favorite. Élégant comme un chat qui chassait une sourie en somme... Toujours à avoir peur de se salir... Sa brutalité de tout à l'heure n'était pas normal. Comme s'il avait été.... Possédé? Étrange... Mais pas impossible. Tout pouvait arriver à l'Ambroise. Bon. Comment se débarrasser d'un parasite gênant? Lui donner ce qu'il désirait?.... Ouais, autant le laisser le prendre sous le nez d'Octo alors. Il avait trop besoin de marquer son territoire sur lui, et sous le nez de son "rival"... Non, mauvaise idée. Ah, il en avait une autre. Mais ça risquait d'être... Un chouilla douloureux... Il remonta une cuisse le long de la jambe de l'enragé qui le tenait toujours fermement et se para d'un sourire mauvais, approchant son visage du sien. Cela lui rappelait curieusement la scène qui s'était déroulée quelques temps plutôt dans l'obscurité de sa chambre. Avec un peu de chance, ça finirait pareil.

"Tu ferais mieux de l'écouter mon petit Andrew. Parce que tu auras beau y mettre toutes tes forces, tu n'arriveras jamais à me soutirer autant de cris que lui... Tu es brutal, mais pas comme il faut mon cher, tu ne lui arriveras jamais à la cheville en agissant de la sorte..."

L'autre le toisa sans un mot. Silver le sonda longuement, tentant de percevoir la moindre trace d'animosité dans son regard émeraude. La prise sur ses cheveux se fit moins forte et se relâcha complètement. Les mèches de nuit retombèrent dans son dos. Ben bravo, il l'avait décoiffé en plus. M'enfin tant p.... Ouch. Le gamin baissa les yeux vers son ventre contracté sous le coup que venait de lui filer Andrew. C'était douloureux. Très douloureux. Il avait l'impression que ses entrailles se liquéfiaient, ou qu'il allait les recracher... Ses mains vinrent entourer le poing serré, le griffant nerveusement, avant qu'il ne relève son visage à l'expression enragée vers l'autre. Il avait l'air d'un fou à lié. Infâme douleur... Le cadet s'effondra au sol, ses cheveux glissants dans sa bouche. Bon sang! Il se recroquevilla au sol, les mains crispées sur son estomac. Il allait vomir. Ce n'était pas l'envie qui manquait. Seule chose pour le freiner, après c'est son amant qui lui ferait la peau. La sensation était ignoble. La douleur mêlée à la honte, elle-même empirée par une nausée quasi-incontrôlable. La prochaine fois qu'il le croisait dans un couloir il lui refaisait le portrait à coup d'abat-jour. C'était un pic atteint dans leur relation déjà hautement conflictuelle. Andrew n'avait jamais usé de violence envers lui auparavant. Qu'est-ce que ça allait être la prochaine fois? Il allait abuser de lui? On abuse jamais d'une prostituée après-tout, c'est son boulot, pas vrai? Silver ne l'aurait pas avoué mais au fond, il avait un peu peur. Pour lui, comme pour October. Il n'avait jamais pensé un seul instant être capable de retenir l'enragé du haut de son petit mètre soixante-trois et de ses quelques kilos tout mouillé en combinaison de ski. Mais au moins il avait le mérite d'attirer son attention pour ne pas qu'il s'en prenne au joli brun.
Il tourna la tête vers eux sans oser se redresser, et parce que la douleur était encore trop présente.


"Le touche pas...."

Mais Andrew n'écoutait pas. Il n'avait jamais daigné écouter. Alors il avança à grands pas jusqu'à Octo et se plaça à quelques centimètres de lui, le frôlant presque. Il le dépassait d'une bonne tête mais Silver avait confiance en October, il n'était si fragile qu'il pouvait en avoir l'air... Le plus grand le toisait avec tout le mépris dont il était capable. Il suffisait d'un rien pour que ça dégénère.

"Te le laisser? Parce qu'en plus monsieur n'est pas prêteur? C'est bien chez toi qu'il vient réclamer des caresses tous les soirs, non? Alors ne fais pas ton radin, je m'occuperais bien de lui, tu peux me croire. Je partirais aussitôt après."

Voilà qu'il le comparait à un animal, manquait plus que ça. Et il ne semblait pas prêt à lâcher l'affaire. Le brun grogna. Qu'il se tire! Ils ne lui avaient rien demandé! Se redressa en tenant son ventre endolori, et tituba jusqu'à Andrew. Il avait l'impression qui allait dégobiller à chaque pas, mais il voulait le voir dégager plus que tout. Ça valait bien le sacrifice de la moquette d'October, non? Fermement, il attrapa l'épaule du plus grand et déclara froidement.

"Casse toi. Fout nous la paix et tire toi."

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Si je regarde en arrière, qu'obtiendrais-je de mon passé ?
Que m'apprendront ces réminiscences, ces souvenirs troublés ?
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MessageSujet: Re: Nous n'avons pas peur que la nuit vienne. [PV.October] Mar 3 Jan - 20:37

Les bras ballants, posté à quelques mètres de l’action, October regardait la scène, attendant une quelconque réaction. Mais non, Andrew avait peut-être l’air baraqué, il restait long à la détente. Tant et si bien que ce fut Silver qui s’insurgea le premier, malgré sa posture inconfortable. La petite teigne qui se débattait. Le chihuahua qui glapissait contre son agresseur. L’aîné ne put empêcher un sursaut d’amusement quand la petite terreur croisa les bras sur son torse avec un air d’enfant grognon. Dommage qu’il ait retiré sa dernière proposition, elle aurait pu détendre l’atmosphère. Ou du moins rendre la situation un peu plus intéressante qu’elle ne l’était déjà. Enfin. October rangea l’idée derrière son oreille, histoire de rire un coup quand il la ressortirait.

Soudain, l’expression du brun vira. Les traits figés, les mâchoires serrées, le regard appuyé, October serra machinalement les poings contre ses jambes. Il s’obligea à ciller pour intégrer ce qu’il voyait. Silver en train de… de… jouer la traînée manipulatrice face à son propre démon. Plutôt écoeurant comme vision. Autant le jeune homme adulait ce trait de caractère chez Mélusine, autant chez son cadet c’était à deux doigts de le répugner. Chacun ses incohérences, hein. Dans son esprit, Silver n’était pas comme ça. Il n’était pas de ces vermines amères qui aimaient tirer les ficelles. Il n’était pas comme lui, au final. Pas autant en tout cas. Non, la Bestiole n’était réellement pas aussi perfide. Elle était trop fragile et instable psychologiquement parlant pour ça. Et c’était cette faiblesse qu’October, malgré tous ses efforts à nier les faits, avait envie de protéger. Car le petit ressemblait, dans une certaine mesure, à ce que lui-même aurait pu devenir. Ce vers quoi il tendait à une certaine époque. Et ça arrivait à le navrer, quelque part.

October n’eut pas le temps de finir son mélodrame intérieur. Le coup était parti brusquement, le ramenant dans sa chambre. Incrusté dans le ventre du cadet, le poing d’Andrew rageait autant que son visage. Il était devenu pourpre, hideux, comme un ogre gringalet à qui on aurait piqué son os à moelle. Mais l’os à moelle était encore bien présent, étalé par terre sous la douleur de l’attaque, suffoquant dans des spasmes incontrôlables. Et malgré ça, la souris résistait encore. Elle gigotait dans la gueule du lion, hurlant son mépris. October, un bref instant, se sentit fier de son cadet. Même lui qui venait de NightmareLand, qui était devenu la moitié du pire cauchemar de son empire, n’était pas vraiment capable de martyriser ses proies de la sorte. On ne piétine pas la viande que l’on mange ensuite, non ? Même s’il n’avait jamais considéré la Bestiole comme un gigot. Il ne l’avait même jamais forcé, l’autre s’étant adonné de son plein gré. Un peu trop facilement sûrement, mais qu’importe, ça en valait bien la peine.

Le taureau changea de cible, et chargea en direction du grand brun, freinant à une distance plus que proche, et postillonnant des puérilités. Vu de là, la brute paraissait un peu plus bestiale, et un peu moins déplaisante. D’une certaine manière, la Clef appréciait déjà un peu mieux son jouet du moment. Un affreux jojo, tout en muscle et en impulsion. Le problème étant qu’il ne donnait pas vraiment l’impression de pouvoir contrôler sa férocité. Dommage, ça aurait pu être un bon coup au lit. Mélusine aurait apprécié la virilité de la bête. October tiqua intérieurement, se sentant presque détrôné par son vis-à-vis. Sur le plancher, Silver tentait désespérément de se surpasser une fois de plus, traînant son corps endolori jusqu’à son agresseur. **Laisse tomber petit, tu vas t’effondrer**, aurait pu lâcher son aîné si son attention n’avait pas été monopolisée par l’autre intrus. Mais la Bestiole insistait, et son partenaire ne quittait pas Andrew des yeux, soutenant son regard glacial, électrisant l’air qui les séparait. Pourquoi donc jeter autant de force dans le vide ? Ca n’allait pas être la mer à boire si les deux se tapaient sur la gueule. Ca n’allait pas non plus être la fin du monde si la petite chose jouait l’égoïste et laissait l’affaire à son aîné, pour une fois. Même si cette dite affaire ne concernait pas October à la base, jusqu’au moment où l’abruti de service avait décidé de violer son antre et de venir le défier concernant ses capacités à satisfaire quelqu’un au pieu. October balaya toutes ces futilités de sentiments d’un battement de cils, et cloua un masque inexpressif sur son visage, reprenant le contrôle de sa personne. Il aurait pu lui envoyer un crochet du droit en plein nez. Mais ça n’avait pas l’air d’être une solution efficace à ce stade. Un rictus se dessina au coin des lèvres du jeune homme au moment où l’idée naquit dans son esprit. Il y avait bien d’autres possibilités, mais le schéma qui germait dans sa tête était bien trop tentant pour l’oublier. Il allait perturber, bousculer, faire fuir ou amadouer, qu’importe. Mais il était sûr d’obtenir un résultat alléchant. Et quoi qu’il se passe ensuite, cela pourrait bien aider la Clef à évacuer sa mauvaise humeur qui n’avait fait qu’empirer depuis quelques heures. On ne demande pas pourquoi.

Attrapant soudainement Andrew par le col de la chemise avec sa main gauche, October se servit de l’effet de surprise et du contre-poids pour échanger leur deux places. Sans laisser de répit, il plaqua la brutasse contre la colonne du baldaquin qui vibra dangereusement au-dessus d’eux. De sa main libre, l’aîné effleura Silver dans le mouvement, le tenant ainsi à l’écart de son périmètre d’action. Que la fête commence, les fauves sont lâchés ! C’était à la Clef d’approcher maintenant son visage à deux centimètres de celui de son duelliste, le défiant d’un sourire malsain. Les yeux brillant d’un air mauvais, il lui soufflait son rire silencieux dans le cou. Accollant leur deux corps, il pressa alors son genoux sur l’entrejambe d’Andrew qui s’était figé un moment. Puis, tirant des deux mains sur l’encolure, il se rapprocha brusquement et scella leurs bouches en un baiser hargneux. Ce n’était pas romantique du tout. Ni fiévreux, ni taquin. Ce n’était en rien le coup de langue joueur ou sanguin qu’il appliquait sur ses conquêtes. C’était un affront. Un abordage pervers et méticuleux. Le tout terminé par un coup de canines sur la lèvre inférieure, prolongeant de quelques millièmes de seconde sa domination. Ricanant alors d’un ton satisfait, le brun colla ses lippes étirées tout contre l’oreille d’Andrew, susurrant dans un sifflement :

« Si c’est du sexe pur que tu veux je peux très bien te satisfaire mon grand. Apparemment tu n’as pas frappé à la bonne porte en t’adressant à la Bestiole. Par contre, si tu cherchais autre chose, crois-moi, tu t’y es mal pris pour l’obtenir. Pas la peine d’être aussi violent, ça te va mal. Regarde-toi, tu n’y prends même pas plaisir. C’est du défoulement gratuit auquel tu t’es adonné. Et tu veux que j’te dise ? C’est laid. »

En un rien de temps, October avait dégrafé la ceinture de son interlocuteur, le testant un peu plus. Se détachant enfin, il recula d’un pas, l’œil criminel, comme s’il admirait son œuvre. Son expression insondable masquait tout de ses pensées. Intérieurement, il s’apprêtait à recevoir un revers en pleine face.

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MessageSujet: Re: Nous n'avons pas peur que la nuit vienne. [PV.October] Jeu 12 Jan - 18:57

Non. Non. Non. Ils ne se foutraient pas sur la gueule sous ses yeux, c'était hors de questions! Sinon il aurait une très bonne raison de vomir une bonne fois pour toute. La violence. Il détestait ça. Il avait toujours eu ce mot, cette chose, en horreur. Alors si commençaient à se crêper le chignon sous ses yeux il allait... Il allait... Le gamin se crispa en avant, les mains crispées sur sa bouche. Andrew devait se tirer d'ici, vite, la tension qui régnait dans la chambre pesait beaucoup trop lourds sur ses frêles épaules. Mais à cet instant précis, le jeune homme écarquilla les yeux, sentant le plus grand s'éloigner dans un courant d'air avant qu'October ne prenne soudainement sa place. Il n'avait pas suivi ce qu'il venait de se passer. Son regard scruta la scène à une vitesse éfreinée. Son esprit était un champ de bataille. Lui... Lui il était en train de mourir sur place et October... Mais qu'est-ce qu'il foutait bon sang! Non... Il était... Mon dieu... Il n'allait quand même pas se taper Andrew sous son nez?! Oh mais il en était capable, Silver en était persuadé. Mais ce n'était pas vraiment ce qui l'inquiétait à vrai dire. Il scruta le regard vert d'Andrew et constata qu'il luisait de colère, d'incompréhension et de.... De dégoût? Oui, il semblait être dégoûté... Chose étrange à bien y réfléchir. Il l'avait toujours pensé être un pervers de service, un type prêt à beaucoup de choses pour une nuit avec quelqu'un, femme ou homme. Mais sa réaction était.... Troublante... Que cherchait-il réellement au juste? A moins qu'il ne soit juste capricieux... Andrew le capricieux. Cela lui seyait à ravir... Le brun ne pouvait quitter des yeux de leurs lèvres collées. L'espace d'un bref instant, il ne pu s'empêcher de s'imaginer là, piégé entre leur deux corps, à la merci des deux prédateurs. Ça aurait pu être un bal de morsures et de cris particulièrement agréable... Un peu de brutalité parfois ça ne fait pas de mal. Et se retrouver entre la "semi-violence" de ces deux là pouvait se révéler fort agréable... Moui...... Wo. Wo. WO! Deux secondes! Mais à quoi est-ce qu'il était en train de penser là?! Esprit déplacé à la con... Ils étaient sur le point de se foutre sur la tronche ou de se monter mutuellement et lui il trouvait le moyen de fantasmer dessus... Bravo Silver, quelle bonne idée... Il secoua la tête comme un animal sorti de l'eau, essayant vainement de se remettre les idées en place. Mais c'était peine perdue. Ses yeux améthystes voilés par ses paupières lourdement maquillées se posèrent sur October qui venait de s'éloigner de..... La créature, visiblement content de son effet. Rejet. Incompréhension. Dégoût. Colère. Tout cela à la fois. Ce n'était qu'un jeu. Oui. Aux yeux du grand brun toute cette mascarade n'était qu'un jeu. Il aurait pu se faire violer sur place dans le couloir, s'il n'y avait pas trouvé son compte, il l'aurait laissé à son sort. Un jeu. Juste un jeu. Colère. Haine. Haine. Haine. C'était ignoble. Tout ça était d'un ridicule atroce. Tout ça n'était qu'une pièce de théâtre stupide et grand-guignolesque. Et il avait envie de vomir. Ses jambes semblèrent se dérober sous son maigre poids et il tomba à genoux au sol, inondant la moquette de vagues d'encre tandis que ses mains vinrent griffer ses joues, se plaquant sur sa bouche pour retenir maladroitement une violente quinte de toux. Il avait l'impression de s'embourber dans une vase de sentiments indéchiffrables qu'il n'était pas certain de vouloir comprendre....

Plaqué contre la colonne du lit, Andrew semblait.... Fulminer? Ou bien ne pas comprendre, difficile à dire. Dans tous les cas il était immobile, le regard haineux caché sous d'épaisses mèches de cheveux chocolats. Ses joues étaient rougies par.... La colère?..... L'excitation?.... Non. Ça ne lui ressemblait pas du tout... Mais il ne regardait pas October, ce sale môme qui avait osé l'approcher de la sorte. Ses yeux étaient figés sur la bestiole qui agonisait au sol. Il avait l'air... Étonné, presque inquiet à vrai dire. Cela contrastait particulièrement avec les actions qu'il avait eu un peu plus tôt. Ses traits avaient beau restés crispés, ses muscles semblaient être plus... Détendu... Puis, soudainement, l'homme se tendis à nouveau et il approcha du môme à grands pas et le força à retirer ses mains pour lui relever le menton.


"Mon nom. Dis mon nom!"

Silver poussa un pleurnichement pitoyable mais n'osa pas répondre. Question idiote! Comme s'il pouvait oublier son nom, à lui! Il avait beau l'interpeler par diverses insultes la plupart du temps, son nom il le connaissait, le répétait souvent en boucle avec rage ou agacement. Pourtant cette fois, le patronyme restait bloqué au fond de sa gorge. S'il parlait, il avait peur de craquer. Même s'il savait que cela finirait par arriver tôt ou tard il préférait reporter l'échéance. Mais son aîné insistait, le secouant par les épaules en répétant inlassablement sa question. Le petit crispa alors ses doigts au sol et se mit à parler d'une voix tremblante et étranglée, comme si cela lui demandait un effort surhumain.

"Andrew... Andrew Leithan..."

Ce n'était qu'un nom mais cela lui avait valu son hystérie jusque là à peu près contrôlée. Ses membres tremblaient, ses dents aiguisées claquaient mais l'autre ne daignait pas le lâcher pour autant. Qu'est-ce qu'il avait dit de mal? Il ne s'était pas trompé, il n'avait pas fait d'erreur! Qu'il cesse de le harceler. Qu'il disparaisse. Non. Qu'ils disparaissent tous autant qu'ils étaient. Tous. A cette pensée les pupilles du jeune homme semblèrent se dilater soudainement. Elles ne restaient plus en place. Elles se posèrent sur le visage d'Andrew, contrarié, certainement par sa précédente réponse, déçu comme s'il attendait quelque chose d'autre. Puis ce fut autour d'October, silhouette floue et sans visage qu'il imaginait décorée d'un sourire malsain et fière de lui. Pour la première fois depuis leur rencontre, son amant lui semblait avoir revêtu le manteau de cauchemar qu'il était pourtant censé porter en permanence. October était le cauchemar. Ce n'était pas qu'un vêtement qu'il pouvait retirer au grès de ses envies. Ils étaient des monstres tous les deux, chacun à leur manière. Andrew et sa brutalité. October et sa mesquinerie. Et lui, il était piégé au milieu de ces deux choses au cœur encore plus noir que celui du diable en personne. Et il voulait qu'ils prennent leur distances, vite. Celui qui le maintenait jusque là pars les épaules s'éloigna quelque peu, ayant certainement compris que sa présence affectait le jeune garçon plus qu'il le désirait. Pas comme il le désirait en tout cas. Accroupi au sol, le brun laissait son corps dodeliner lentement d'avant en arrière, les mains de part et d'autres de son crâne. Il marmonnait des paroles incompréhensibles, douce mélodie de mots étouffées par ses cheveux qui glissaient dans sa bouche et dissimulait en grande partie son visage. Pour un peu on se serait cru dans un mauvais film d'horreur. L'hypothèse aurait pu se montrer vraie si Silver provenait d'un puits. Et jusqu'à preuve du contraire, ce n'était pas le cas. A moins que l'on considère les entrailles sanguinolentes et ouvertes de sa pauvre mère comme un puits... Griffant nerveusement son cuir chevelu, son esprit semblait avoir été mis sur pause, où tout simplement revenir incessamment en boucle comme un disque rayé. On aurait dit qu'un ver de mauvaises pensées quelconques lui rongeait le cerveau et le forçait à se conduire de la sorte. Qu'October le foute dehors d'un bon coup de pied au cul, ça le réveillerait peut-être de sa torpeur de possédé. Ou peut-être valait-il mieux pour son amant qu'il reste où il était, quand bien cela aurait pu être les flammes de l'enfer. Oui. Qu'il aille au diable, et qu'il LUI FOUTE LA PAIX.

C'est lorsque ces mots qu'il n'aurait jamais pensé en temps normal résonnèrent dans son crâne que la chose se produisit. Les lumières de la chambre, si tamisées furent-elles se mirent à vaciller. Plongeant ainsi la pièce quelques dixièmes de secondes dans le noir complet avant de se rallumer à nouveau. Et Silver pleurnichait des choses compréhensibles uniquement de lui-même, et ce de plus en plus fort. Pas à cause du rapide manque de lumière, non, pas cette fois. Et aucun des deux autres ne devaient avoir envie de savoir ce qui se tramait dans sa tête à cet instant précis. Lui-même ne comprenait pas ce qu'il s'y passait. Trop de sentiments entremêlés, trop d'images qui se bousculaient sans crier gare. Il ne savait ni quand ni comment il allait se calmer. A vrai dire il n'avait aucune envie de le savoir. Ce n'est que lorsque Andrew s'approcha à nouveau de lui et qu'il posa sa main sur son épaule, le regard inquiet, presque trop tendre pour être sincère, qu'il compris que cela ne finirait pas tant qu'il n'aurait pas piquer sa crise.


"Silver...? Silver tout va bien?"

Non. Non il n'allait pas bien et il fallait être le dernier des abrutis pour ne pas le voir bordel!! Ses yeux s'ouvrirent à nouveau pour se poser sur la main en contact avec son épaule nue. Les perles d'améthyste s'écarquillèrent et sa bouche s'ouvrit, démesurément grande, laissant une traînée de mèches noires couler hors de ses lèvres entre lesquelles brillaient deux petits crocs d'ivoire blanc. Son cœur rata un battement, son estomac se noua, se contracta. Et alors que la lumière se remit à clignoter, il hurla. Cri perçant et trop aigu pour être celui d'un homme. Le son traversa la pièce, transperça ses occupants, rebondit violemment sur les murs. La lumière finit par s'éteindre complètement. Puis un fracas qui se perdait dans le hurlement sans fin, des bruits de verres brisés, un impact. Puis plus rien. Le cri sembla mourir dans la gorge de l'adolescent pour finir en pleurnichement pitoyable. Puis, la lumière refit son apparition dans la pièce. Et Andrew avait disparu. Enfin... Il avait changé de place... De l'autre côté du lit, allongé sur le dos, l'homme semblait avoir reçu une... Attaque. Et de plein fouet, pour que cela le projette à cette distance. Pourtant, Silver n'avait pas bougé, recroquevillé au sol. Le bazar organisé du bureau d'October qui conférait cette atmosphère à la pièce qu'il aimait tant lorsqu'il était dans son état normal avait quelque peu bougé. Des plumes étaient tombées au sol, des feuilles avaient volé un peu partout. Son regard noir était rivé sur l'homme assommé, une petite blessure sans gravité coulait sur son front. Puis, dans un élan glaciale, ses yeux se posèrent alors sur October. Lui, il ne semblait pas avoir été touché par..... Ce quelque chose qui venait de se produire. Ça ne ressemblait absolument pas au jeune Silver de vouloir s'en prendre à son aîné qu'il adorait en temps normal. Mais voilà. Il était actuellement très loin d'être dans son état d'origine. Et la tension électrique de la pièce était loin de se calmer après cette crise d'hystérie.

Que venait-il de se passer? Silver l'ignorait certainement lui-même. La faute à qui? A Silver? A Andrew? October? Car il fallait bien un coupable.... Non?

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MessageSujet: Re: Nous n'avons pas peur que la nuit vienne. [PV.October] Lun 6 Fév - 15:18

Un coup de poing dans la mâchoire. Un aboiement orageux craché à la figure. Des ongles mal coupés enserrés autour du cou. Un bon lancé de genoux dans l’entrejambe. October s’imaginait tout un tas de scénario pouvant résulter de son impétueuse arrogance, mais aucun ne contenait la réaction que l’espèce de brutasse choisit. L’expression que la Clef avait en face de lui n’était pas vraiment enragée. Du moins ce n’était pas la rage folle et violente qu’il avait pu connaître avec d’autres. C’était une incompréhension tirant sur l’interrogation écoeurée plus qu’autre chose à vrai dire. Tant pis pour lui, s’il n’arrivait pas à s’ouvrir à d’autres corps, s’il ne pouvait envisager l’acte avec des nouvelles sensations que lui aurait procuré le jeune brun, si son esprit buttait et se fixait inlassablement sur la présence dans la pièce de Silver. Tant pis, October lui, n’y perdait rien. Et il était plus soulagé à l’idée de ne pas essuyer de réaction vindicative, que déçu de ne pas mettre le gorille dans son pieu. En fait, à cet instant même, il désespérait. Que cela finisse, qu’il se passe quelque chose, n’importe quoi, October se serait foutu lui-même sur la figure s’il le fallait, mais rien n’était pire que ce silence prolongé et lourd de non sens. Silence ? Dans le dos du brun, une toux rauque et hoquetée se fit entendre. Un coup d’œil par-dessus son épaule pour évaluer la situation. La Bestiole s’était effondrée à terre, devenu plus large que haut si on prenait en compte la fine toile d’araignée ténébreuse qu’il avait tissé au sol. De mal en pis. Il fallait débloquer ça, sinon, plus rien n’irait. Et rien n’allait déjà quasiment plus. Même pour October, pour qui rien ni personne à part Mélusine ne pouvait influer sur son être, cette atmosphère semblait rendue irrespirable. Il était presque… mal à l’aise. Lui. Pourquoi ? A cause de cette brute d’Andrew qu’il n’arrivait pas à sonder ? A cause de Silver qui commençait à agoniser sur place ? A cause de la discussion un peu trop échauffée qu’il avait eue avec lui peu de temps avant ? A cause de sa journée de merde qui ne semblait pas encore avoir touché à sa fin ?... Tout cela importait-il vraiment ?

Une lueur de fatigue filtra dans l’écorce des iris de la Clef. Le temps d’abaisser les paupières une seconde pour réfléchir à l’issue la plus rapide et la moins contraignante. Un courant d’air passa à ses côtés, un mouvement. Des pas précipitées en grandes enjambées. October ouvrit les yeux, la bête avait disparu, comme par magie. Accroupi auprès de la petite chose, il lui quémandait maintenant… Son nom ? Le jeune homme resta aussi interloqué que s’il lui avait demandé un bonbon. C’était si… inexplicable, si inattendu… Etait-ce une « private joke » ? Un code qu’ils avaient établi entre eux pour annoncer le moment des réconciliations ? Ca ne serait pas tellement surprenant. Ils avaient l’air de se connaître depuis des années, d’avoir des comptes à régler, d’avoir leurs habitudes. Mais ce soir, ce soir le bras droit du Cauchemar sentait bien que quelque chose clochait. Pour que Silver vienne se réfugier dans son antre, pour qu’il ait été aussi susceptible, pour que l’autre lui ait sauté dessus – et l’ait apparemment poursuivi – dans ce couloir, pour qu’ils en soient tous trois à faire une scène, pour que cela dégénère en un rocambolesque abstrait digne des grands artistes haut perchés dans leur petit monde de symboles. Et, contre toute attente et par-dessus tout ce théâtre, la Bestiole obéit, répondant d’un faible timbre. L’effort était palpable, plombant, dégoulinant dans la voix blafarde. October afficha un air inquiet, presque blessé. **Laisse-le, putain !**, c’est ce qu’il avait envie de lancer à Andrew, dont le regard d’eau de marre restait planté sur le petit être déconfit.

Il n’eut pas besoin de réagir, Silver semblait beaucoup plus perturbé que lui, et pour cause. Les yeux violines se posèrent, tremblants, sur l’aîné qui tenta de soutenir ce regard torturé. Reflet d’une âme tourmentée, miroir d’une détresse intérieure, abîmes d’une rage interne qui fulminait en attendant son heure. Andrew parut ressentir cette aura bouillonnante autant que la Clef, il lâcha la frêle masse qui se balançait maintenant, tel un pantin névrotique, marmonnant des incantations trop intimes pour êtres comprises d’autrui. Silver se faisait mal. Il s’abîmait, lui qui ne voulait aucune marque d’une quelconque nature que ce soit. Les joues éraflées, le cuir chevelu attaqué par ses ongles, les lèvres inconsciemment griffées par les pointes de ses canines. October eut peine à déglutir face à la réalité. Il ne connaissait pas la Bestiole finalement. Et pour la première fois, il le regrettait. Il était immobile, non par indifférence, mais parce qu’il ne savait pas quoi faire, ni comment agir. La lumière grésilla. Pas une panne, pas maintenant. Pas quand Silver était déjà aussi bas. Andrew tenta une approche pacifiste puis, avant même que le brun ait eut le temps de délibérer sur la situation, tout bascula.

Le monde tourna, s’arrêta, sauta une étape. October avait l’impression de passer la porte d’un royaume pour la première fois tellement l’atmosphère était déréglée, et ses sens déboussolés. Il n’y voyait plus. Il ne sentait rien si ce n’était une odeur âcre de fumée croupie. Son ouïe lui faisait défaut, assourdie par un sifflement fracassant quasi continu. Il eut froid. Puis mal, dans les tréfonds de ses entrailles. Son équilibre vacilla, et il crut un instant qu’il allait vomir quelque chose qui ne se trouvait même pas dans son estomac. Ses prémolaires s’enfoncèrent dans la chair de sa langue pour retenir un renvoi acide. Il ferma les yeux, se concentrant, en attendant que le voyage involontaire et non consenti se termine. Quand il se sentit à nouveau stable sur ses pieds, October rouvrit ses yeux sombres. Sa chambre n’avait, si on pouvait dire, pas changé. Un léger désordre y régnait, plus que d’habitude, et une ampoule semblait crépiter en son for intérieur. Il manquait quelque chose pourtant. Non, quelqu’un. La brute. En parcourant la pièce d’un bref coup d’œil, la Clef l’aperçut. Le grand avait apparemment trouvé plus fort que lui. Etalé par terre aux pieds du lit, il paraissait avoir perdu connaissance. Assomé par les évènements peut-être. October reporta son attention sur la chose inconnue installée sur son sol. Les deux regards se croisèrent, le sien se bloqua. L’aîné ne savait pas où se mettre face à se regard inquisiteur. Pas encore remis de l’épreuve que son corps venait de subir, il essaya de réfléchir le plus clairement possible. De quoi l’accusait-on au fait ? Il cilla pour s’éclaircir un peu plus les idées. Pas moyen, il n’y arrivait pas. La seule chose qui revenait sans cesse dans son esprit était cet être psychologiquement disloqué assis devant lui, luttant contre une inertie lugubre.

Mélusine.

C’était ça. Ce comportement incontrôlé lui rappelait sa Mélusine, dans ses temps de crise. Comme au début, quand ils se connaissaient un peu, mais pas encore assez. Quand il avait découvert cette faiblesse si intime. Quand elle lui avait fait assez confiance pour réussir à partager son hystérie. Mais Silver lui, n’avait rien partagé. Il n’avait rien donné, rien dévoilé en se déchaînant ainsi. Au contraire, il venait de se refermer. Il s’était replié dans son cri égosillé. October sentit sa gorge se serrer. Les souvenirs d’une Mélusine blessée sûrement. A vrai dire, il ne chercha pas la raison. Il eut du mal à avaler le trop plein de sang qui s’était accumulé dans sa bouche, pissant de sa langue. Il crispa les lèvres pour éviter d’en laisser paraître une seule goutte. Poings crispés, il expira par le nez en saccades nerveuses. Il ne pouvait pas rester planté plus longtemps. Pas face à la détresse de sa Terreur qu’il venait de transposer sur son cadet. Il enjamba les quelques mètres qui le séparaient de Silver et s’abaissa à son niveau avec un air décontenancé de tristesse. Peu avaient déjà dû voir cette expression transparaître sur ses traits. Et peu la verront jamais. Simplement parce qu’elle ne franchit pas la barrière de son masque, parce qu’il la refourgue au dixième plan derrière bien des futilités auxquelles il ne prête pas attention. Sauf que là, maintenant,…

Accroupi devant la Bestiole, October était assis sur son talon droit, le genou gauche relevé contre son torse. En un rien de temps il avait enserré le petit être dans l’étau tiède de ses bras nus. Rien de bien réconfortant, mais il ne savait pas faire mieux. Une main rapprochant la taille frêle, l’autre glissant ses doigts dans les mèches de cheveux à l’arrière du crâne, l’aîné blottit le névrosé tout contre lui.

« Réveille-toi, Bestiole. Reviens. »

Les mots étaient calmes, posés dans l’air, à peine assez chuchoté pour ne pas avoir été susurrés. Ce n’était plus sa Mélusine que le brun essayait de ramener à la réalité, mais bel et bien son cadet, son amant occasionnel, sa Bestiole. Il en était respectueux. Même si, avouons-le, le croiser trop souvent pour autre chose que du sexe était royalement irritant. Malgré cela, Silver restait un être dont l’existence ne coulait pas si vite sous les ponts d’October. C’était une vie qu’il avait croisée, et qu’il reconnaissait. Il serra un peu plus ses bras autour de l’autre. Et tant pis s’il le repoussait, tant pi s’il le griffait, le mordait, le frappait. Mélusine l’avait fait avant lui, et ce n’était pas ce qui importunait le plus October. Un filet de sang s’était échappé d’entre les lèvres quand il avait ouvert la bouche, mais ça non plus, ça n’importait pas.

Derrière le dos du brun, Andrew avait cligné des yeux et s’était pris la tête dans les mains avant même de se relever. Il s’assit doucement, mesurant ses mouvements, puis se retint au lit pour porter son poids sur ses jambes. Elles tremblèrent, et il vacilla, s’asseyant sur le bord du lit le temps de reprendre toute sa tête. Ca ne semblait pas être pour tout de suite. Quand la mise au point fut faite et que sa vue, au moins, fut recouverte, il arriva à discerner ce qu’était l’amas sombre par terre. Un jalousie furieuse s’empara alors de ses pupilles, les dilatant à l’extrême. Il tendit une main vers ce qu’il avait alors poursuivi jusqu’ici, et balbutia dans un râle désorienté.

« - Silver… !
- Toi… CASSE-TOI ! Si tu n’veux pas que j’te vire moi-même ! »

La réponse d’October fut vivement crachée. Il s’était redressé et, sans lâcher la chose qu’il voulait protéger, s’était tourné vers l’appel qu’il avait entendu. Ca suffisait pour aujourd’hui. Il en avait assez eu. Silver avait assez crisé aussi, et Andrew lui-même devait s’en être pris un sacré coup sur la carafe. A quoi cela aurait-il servi de continuer ?

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MessageSujet: Re: Nous n'avons pas peur que la nuit vienne. [PV.October] Mer 8 Fév - 16:56

Andrew, si là était bien son véritable nom, ne savais plus quoi faire. Mais que pouvait-il faire au juste? Car il n'y avait rien à faire. Rien à faire contre le regard haineux et enragé de ce gamin, rien à faire contre la puissance destructrice que semblait posséder l'esprit de Silver et dont-il venait de faire les frais. Ça faisait foutrement mal. Ses yeux de jade rencontrèrent ceux de l'espèce de fauve enragé qui venait de lui hurler dessus. Si la situation ne lui avait pas semblé aussi désespéré, il en aurait ri. Oui, ça l'aurait amusé de voir cet adolescent à peine plus âgé que Silver le défendre comme une lionne avec son petit. Il ressemblait à un animal, près à tout, ou du moins à beaucoup de choses, pour défendre son gibier... Ou sa progéniture. Le fait que ces deux là ai un quelconque lien de parenté ne l'aurait pas étonné le moins du monde. Car si le plus âgé possédait les attraits d'un humain de type masculin, leur pâleur quasi-égale et leurs cheveux ébènes étaient indéniablement identiques. Mais le cadet était-il au moins assez déluré pour forniquer de la sorte avec quelqu'un de sa propre famille? A bien y réfléchir, assurément oui. Mais lui et son garde du corps improvisé n'avaient que leurs physiques respectifs en commun, car l'aîné était le fœtus d'un monstre. Et il allait grandir. Ça irait de mal en pire. Silver était trop instable, trop fragile pour supporter la cruauté que cet être finirait par atteindre. S'il ne sortait pas rapidement de cette emprise qu'il avait sur lui, alors il était perdu. Mais le petit était avant tout un adulte. Il savait ce qu'il faisait et en mesurait les conséquences. Il était le seul à pouvoir se sauver lui-même, et il ne l'écouterait jamais... L'adulte serra les poings, ses crocs venant s'entrechoquer légèrement. Très bien. Après-tout puisque ni l'un ni l'autre ne comprenaient quoique ce soit il n'avait pas de raison de s'éterniser ici. Ses pas vers la porte lui semblèrent être les plus lourds de toute son existence, mais lorsqu'il l'atteignit et qu'il croisa une dernière fois les yeux violacés de Silver, il compri qu'il ne pourrait plus rien faire pour lui. Andrew sorti et referma la porte derrière lui.

Le regard de Silver était complètement vacant....


Son bras pendait dans le vide, ses jambes ne le soutenaient plus. Seuls les bras d'October noués en dessous de ses aisselles le maintenaient debout. Il ne sentait plus rien, ni son aîné, ni même tout le reste de la pièce. Ses yeux mis clos n'y voyaient rien, il n'aurait même pas su définir s'il avait mal ou pas. Son esprit était à la dérive, trop loin pour qu'il puisse ne serait-ce que faire l'effort d'essayer de le ramener. La réalité n'avait plus d'importance, il ne voyait plus que du noir qui s'étendait à l'infini devant lui. Il ne su pas immédiatement s'il était capable d'aligner un pas devant l'autre, mais essaya prudemment... Il n'avait pas froid et pourtant cet endroit lui semblait être glaciale. Mais il ignorait où il se trouvait. Était-ce l'enfer? Un faible sourire naquit sur ses lèvres. Non. Il s'agissait là de ses propres ténèbres. L'enfer existait bel et bien, oui, mais c'était un de ces ridicules maîtres qui l'avait créé. Et ce noir absolu était sûrement bien plus terrifiant. Il avança encore quelques instants sans vraiment savoir où il allait, ni où il allait envie d'aller, jusqu'à ce que des sanglots résonnent dans ce néant. Le brun cligna des yeux et jeta un regard circulaire autour de lui, cherchant la source de ces pleurs lointains. Ses yeux se posèrent alors sur une petite forme accroupi au sol, le visage entre ses genoux. Ce ne fut qu'en approchant prudemment qu'il réalisa son erreur. Ce n'était pas un enfant. C'était un jeune homme. Il n'était plus vraiment certain qu'il s'agisse d'un humain d'ailleurs. A ses pieds se trouvait un couronne de velours pourpre, affublée de deux trous dont-il ne compri l'utilité qu'en reportant son attention sur le crâne de l'éploré. Des cornes. Des cornes imposantes poussaient sur les côtés de la tête de l'inconnu. A y regarder de plus près, ses ongles étaient plutôt semblables à des griffes. Amer sensation de déjà-vu. Pourtant, il s'avança doucement vers la créature. De quoi pouvait-il bien avoir peur au final? Mais il n’eut pas le temps d’esquisser le moindre geste que le jeune homme leva son visage marbré de symboles noirs vers lui, les yeux en furie.


"Ne me REGARDES PAS!!"

Silver senti quelque chose s'abattre sur son cœur, le transpercer de part en part, comme un souvenir douloureux, une culpabilité brutale qui remontait dans sa gorge. Puis un vent semblant provenir des profondeurs de ces ténèbres le força à reculer, l'éloignant du garçon qui le fixait toujours avec haine, ses yeux émeraudes brillants encore quelques secondes de plus avant de disparaitre complètement de son champ de vision. Quelques choses agrippa son bras, puis sa jambe, le poussant toujours davantage en arrière. Ses prunelles affolées cherchèrent la source de cette sensation. Des mains. De poupées de porcelaines, de jouets divers et inquiétants, l'un lui enserra la taille, un autre lui saisit la cheville. On tirait ses cheveux en arrière, essayait de couvrir sa bouche pour l'empêcher de hurler. Et lorsqu'une main vint essayer de s'insinuer entre ses cuisses, la réaction du jeune homme fut violente.
La bataille qu'il se livrait à lui-même dans son propre esprit ne faisait qu'exacerber sa crise dans la réalité. Son corps se tordit contre celui d'October, il ferma les yeux aussi fort qu'il le pouvait. Et il hurla. Encore et encore. Rien dans cette pièce n'existait pour lui. Il ne sentait que ces mains qui voulaient s'insinuer sur son corps. Malgré la prise que son aîné maintenait sur lui, malgré tout ce qu'il pouvait dire pour le ramener à la réalité, c'était peine perdue. Silver se débattait. Il essaya d'abord de repousser October, ses ongles venant égratigner sa peau encore nue, puis essaya de lacérer ses bras, chassant désespérément une présence qui n'existait pourtant que dans son imagination. Puis il s'en prit à ses cuisses, les griffant en pleurnichant, secouant son corps dans le vide. La lumière grésilla à nouveau. Le cauchemar était loin d'être fini. Et pour une fois ce n'était pas à cause de la présence d'October. Mais ces mains le rendaient fou, dans son esprit comme dans la réalité. Et il ne voulait pas chercher à comprendre pourquoi son aîné tentait de le résonner. Il n'entendait que ses propres cris. Il voulait qu'ils disparaissent, tous. Quelque chose se disloqua dans son esprit alors que la masse de bras l'avait déjà presque couvert. La lumière de la chambre joua encore quelques instants, et l'ampoule se brisa brusquement, plongeant la pièce dans le noir que seule la lune d'automne éclairait encore. Puis son corps se tendis en arrière, dans un angle totalement improbable si l'on considérait le fait que ses bras ne s'accrochaient à son aîné d'aucune manière que ce soit. Ils étaient ballants, frôlant pas moment ses cheveux qui serpentaient à présent au sol. Seule l'étreinte de l'autre brun le maintenait encore debout, le dos courbé en arrière. Quoique, le fait de le voir rester dans cette position inconfortable même sans l'aide d'October n'aurait pas été si étonnant. La situation avait tellement dégénérée, elle était presque devenue aussi grotesque qu'un film d'épouvante de seconde zone. Mais pour Octo comme pour Silver, tout cela était bien réel. Trop réel. Ça n'était pas une fiction.


Et pourtant... Pourtant la voix grave de son amant résonnait en lui. Elle l’appelait. Et même s'il ne le voyait plus, il retrouvait peu à peu la sensation de ses bras noués autour de sa taille, le maintenant encore debout. Ses yeux écarquillés sur le néant et sa bouche béante d'où ne sortait plus le moindre souffle d'air laissaient présager le pire. Mais il luttait, il luttait contre ce qui le faisait sombrer. Mais ce combat n'appartenait qu'à lui seul.
"Réveille-toi, Bestiole. Reviens."
La voix se faisait plus forte dans son esprit, son corps fut pris d'une secousse.
"Réveille-toi, Bestiole. Reviens."
Ses mains se soulevèrent doucement, cherchant à toucher son amant.
"Réveille-toi, Bestiole. Reviens."
Il réussit à effleurer son visage du bout des doigts, son corps se tordit à nouveau, agité d'une quinte de toux. Il respirait. L'air glacial qui s'était engouffré dans sa gorge lui faisait un mal de chien, mais il vivait. Et pour le moment c'était tout ce qui comptait. Son front vint rencontrer le torse du grand brun, toussant contre lui, s'agrippant à ses épaules pour ne pas défaillir. Son crâne... Il avait l'impression qu'on y avait organisé un feu d'artifice sans lui demander sa permission. Son corps était courbaturé de partout, la sensation de retour à la réalité était horrible. Il ne comprenait même pas ce qu'il s'était passé. La pièce dansait la valse devant lui et le seul pilier stable était son amant. Il se souvint bêtement de la première fois qu'il avait décidé de goûter à l'alcool, de sa première cuite surtout. Essayez d'aligner deux pas en étant totalement ivre pendant qu'on vous frappe sur la tête et vous verrez. Ses mains froides se posèrent nerveusement contre la peau de l'unique personne restant avec lui dans la pièce, cherchant à réaliser sa présence. Il était bien là, oui, il l'avait ramené, lui qui semblait s'être perdu si loin. Mais une odeur familière vint stimuler son odorat. Son souffle s'agita davantage, son visage se rapprochant des lèvres d'October. Ce n'est que lorsqu'il parvint à identifier l'odeur qu'il se crispa légèrement.


"Tu... Tu saignes..."

Ce n'était pas une question, juste une constatation. Et malgré cette violente envie de passer sa langue sur le filet de sang, il voulait avant tout comprendre. Pourquoi est-ce que son amant saignait? Andrew avait osé le frapper? De quel droit?! Et pourtant il ne sentait plus la présence du plus grand dans la pièce. Comme si... S'il s'était volatilisé... Et à ce moment, Silver réalisa qu'ils étaient tout deux dans le noir et que seuls les rayons de la lune lui permettaient d’entrapercevoir le brun. Il ne panique pas. Pas immédiatement. Il resserra simplement sa prise sur son amant, fermant les yeux pour ne pas penser à l'obscurité menaçante qui les entouraient.

"Pourquoi est-ce que tu saignes...? Et la lumière, tu l'as coupé? Rallume la.... Rallume la s'il-te-plait

Il n'avait absolument pas conscience que ce que venait de se passer dans cette pièce était en grande partie de sa faute.

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Si je regarde en arrière, qu'obtiendrais-je de mon passé ?
Que m'apprendront ces réminiscences, ces souvenirs troublés ?
Sur la route de l'aurore, je marche sans m'arrêter.
Vers la lumière de mon avenir et de ma vérité.
La chaîne de mes souvenirs jamais ne se brisera.
Je garderai chacun de ces liens au plus profond de moi...
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MessageSujet: Re: Nous n'avons pas peur que la nuit vienne. [PV.October] Sam 30 Juin - 23:10

Les orbes ténébreuses d’October suivirent chacun des pas d’Andrew, au ralenti, épiant le mouvement de trop qui aurait pu naître. L’amoché avait enfin abdiqué, et sortit de l’antre en désordre sans un mot. Sans un geste brusque. Tout en lenteur. La seule émotion qui parut traverser son visage fut une tristesse tintée de désarroi, dirigée vers la Bestiole que l’aîné tenait encore serrée dans ses bras. Une douleur sourde, qui devait cogner à l’intérieur à la vue de ce corps frêle entre les bras de la Clef. La mollesse de la chaire rappelait la froideur mortuaire. Le regard améthyste posé loin sur l’infini, tel celui d’un aveugle, était absent. La porte se referma sur l’ombre accablée d’Andrew. Silver tressauta. On aurait cru un chaton qui rêve. Il frissonna, comme un enfant pris de fièvre. Il sourit dans le vide, bloqué dans son monde, puis tourna la tête, cherchant de ses violettes une chose qui ne devait exister que dans sa réalité.

« Ne me REGARDE PAS!! »

La voix, plus grave que ce qu’October aurait pu attendre, le surprit. C’etait bien Silver qui venait de dire ça, en direction du plafond, la tête rejetée en arrière. Ca avait été si soudain... Un instant, ses pupilles s’étaient rétractées, pour s’éteindre à nouveau dans un hoquet silencieux. October ne connaissait pas cette Bête. Il n’avait encore jamais entendu ce râle âpre qui venait de transpercer les cordes vocales de son cadet. Il s’éléctrisa, d’incompréhension. Ou peut-être était-ce de plaisir ? Ce plaisir de l’inconnu dévoilé, de la surprise découverte. De la violence inavouée et endormie. Silver se redressa alors, doucement, tel un automate que l’on active, puis tenta un mouvement de recul. Mais ses muscles ne semblèrent pas pouvoir tenir la charge. L’aîné soutint son étreinte, surveillant les expressions plates sur le visage fin. Les yeux s’affolaient dans leurs orbites en une lente agonie. Ce corps était tel une poupée. Vous savez, celles dont les yeux roulent lorsqu’on leur met la tête en bas... Ces poupées sourdes et muettes que les mots n’atteignent pas.

October porta sa main sur la nuque brune, la faufilant à travers la chevelure collée de sueur sur la peau blanche, puis agrippa quelques mèches, furtivement. Le visage de la Clef des Cauchemars s’inclina légèrement avant de se pencher au-dessus de celui de la Bestiole, apposant ses lèvres humides contre celles de l’autre. Céler leurs lippes n’était peut-être pas une bonne idée, en fait. Si? Non? Le brun ne savait même plus... Avait-il jamais su, d’ailleurs, ce qu’aimait Silver, ce dont il aurait pu avoir besoin en cet instant de pure folie? Avait-il seulement pu imaginer un moment que ce petit morceau de chaire pouvait se décaller autant du monde en une fraction de seconde?... Avait-il seulement le désir, la volonté de comprendre? Aucune d’idée. Aucune. Néant dans la tête du grand brun. Fatigue. Accumulation. Etait-ce vraiment plaisant, ce baiser, à ce moment? Pas vraiment. Enfin... Peut-être. Tout compte fait, probablement. La violence latente séjournant dans l’être fin qu’était Silver excitait l’aîné en réalité... Mais ce n’était pas pour son plaisir personnel qu’il avait créé le contact. Ce n’était pas le but premier. Qu’en était-il alors? Hm... October abaissa ses paupières pour réfléchir, ou essayer du moins. Ses lèvres tièdes s’étaient refermées sur celles de glace. A cet instant, le contact n’était ni passionné, ni fiévreux, ni même délicat en soi. Un simple effleurement. Une tentative un peu vaine de ramener Silver dans le monde réel. Le faire réagir d’une quelconque manière, le réveiller. La réaction ne se fit d’ailleurs pas attendre, et poignarda l’aîné en plein corps. Il s’y attendait légèrement, trop habitué à faire face aux crises de sa Mélusine. Mais de la à croire que la Bestiole renfermait autant de férocité... Le dos de Silver se cambra brusquement dans ses bras avant de s’arquer sur un côté. Les paupières se crispèrent, puis un son strident frappa les tympans d’October. Il faillit en lâcher sa charge pour venir se boucher les oreilles, mais résista jusqu’à ce que les sonorités s’aggravent. Un bourdonnement sourd emplit le crâne de la Clef tandis que des doigts fins se refermaient sur ses bras. Il serra les dents quand des ongles se plantèrent, acérés et haineux dans sa peau. Le plus difficile n’était pourtant pas d’endurer les lacérations désespérées de Silver, non. Le plus compliqué était de le maintenir en place quand il se débattait de tout son être, gigotant, repoussant tout contact, se mutilant lui-même dans des sanglots, à bout de nerfs.

Puis, contre toute attente, l’ampoule fit à nouveau des siennes. Ce fut la même sensation désagréable, sourde et électrique, crépitement lointain, qui vint déranger October. L’air, chargé et instable, claqua en étincelles avant que la lampe ne se brise au plafond. Paix à son âme, elle s’était bien battue. Un rictus amer vint déformer le visage d’ordinaire si impassible d’October. La nuit venait de tomber dans la chambre. Silver n’allait-il pas sortir de sa crise pour sermonner celui qui avait éteint la lumière? L’idée de la Bestiole se passant un savon lui-même était ridiculement drôle. October fixa l’ombre qu’il tenait, attendant que sa vision s’adapte au changement. La Lune filtrait à peine sous les volets. La peau en face de lui, plus pâle encore que d’habitude sous les rayons bleus de l’astre nocturne, brillait de sueur. La respiration de la Bestiole était saccadée. Le souffle entrecoupé par des plaintes chuchotées se brisait dans la pénombre. October sentit une tension tirer sur ses bras avant de réussir à discerner l’arche que faisait maintenant le dos de Silver. Il répétait des mots, ou plutôt des sons, dans sa bouche apparemment pâteuse. Quoi faire, comment? Etait-ce utile de tenter quoi que ce fut? Ne valait-il mieux pas... attendre? La Clef de NightmareLand grogna de désarroi. Comment pouvait-on être aussi inutile que lui dans un moment pareil...! Il expira fortement.

Un frisson le parcourut quand les mains hasardeuses de Silver vinrent frôler son cou, pour remonter à son visage. Une quinte de toux suivit, et la chose se redressa, laissant tomber sa tête en avant, rencontrant ainsi le torse de l’aîné. October réajusta sa prise autour du corps toujours endormi. Le bout des doigts gelés traçaient leur chemin contre sa peau. Il resta de marbre, las de cette journée qui s’éternisait, mal à l’aise face à cette situation des plus inhabituelles, épuisé de s’inquiéter pour... Lui. Ce n’était ni son rôle, ni son envie à la base. Même si le jeune brun restait pour lui un être différent, spécial. Le cadet fouina l’air jusqu’aux lèvres tièdes de la Clef. Il aura mis le temps pour se ressaisir...

« Tu... Tu saignes... »

Pardon? Evidemment, quoi d’autre aurait pu le réveiller... Le visage d’October se referma. Il l’éloigna de celui de son vis-à-vis, libérant son bras droit pour venir essuyer le coin tinté de sa bouche avec le revers de sa main. C’est vrai oui, il saignait. Et alors? N’avait-il pas un droit total sur son propre corps? Un fin sourire se traça sur les lèvres de l’aîné, malgré son attitude renfrognée. Il se sentait partagé entre l’énervement qui lui courrait dans le dos, et le soulagement inexplicable qu’il avait à retrouver son cadet dans un état apparemment normal.

« Pourquoi est-ce que tu saignes...? Et la lumière, tu l'as coupée? Rallume-la.... Rallume-la s'il-te-plait. »

Bien sûr! October leva les yeux au plafond en ouvrant la bouche. Silver n’aurait pas pu dire pire. Est-ce que c’était de sa faute, à lui, si l’ampoule avait claqué? Un peu plus et ce serait lui qui déjanterait... Mais le petit corps l’en empêchait, s’étant rapproché, cherchant la chaleur, à défaut d’avoir de la lumière. October détacha son regard des lattes du plafond pour le laisser glisser dans la pénombre de sa chambre.

« C’est rien, laisse. Je me suis sûrement mordu. Je sais plus. »

Je sais plus. Probablement, oui. De la même probabilité qu’il avait dû éteindre lui-même la lumière. Et de cette même probabilité que l’ampoule n’était pas du tout grillée, non. October lâcha son cadet en soupirant silencieusement. Il s’apprêta à s’éloigner, mais se retint au dernier moment, tournant la tête vers la silhouette fragile et apeurée.

« La... La lampe est grillée... Pardon. Je peux allumer des bougies, et ouvrir les volets... Si tu veux. »

Sa voix était maladroitement posée, bancale dans la nuit, inutilement désolée. La Clef s’en voulut d’être aussi faible et instable. Il n’y avait aucune raison pour qu’il prenne autant sur lui. Et pourtant... Cela devenait insupportable, ce sentiment de gêne persistante. L’aîné se racla la gorge, et fit mine de s’avancer vers la fenêtre, sans rien en faire en réalité, vérifiant si la Bestiole n’allait pas repartir dans cette crise de folie interne et disloquée. Allait-il mieux? Allait-il bien? October entrouvrit se lippes, mais les questions ne se formulèrent pas plus loin que le bout de son esprit. Les mots lui échappaient, tout comme ses pensées d’ailleurs. Allait-il arrêter de s’inquiéter pour cette chose, oui?! Merde. Tant pis. Il en jurait... Comme quoi tout n’était pas en ordre pour lui. Il lâcha complètement Silver sans lui demander son reste, puis traversa les quatre enjambées qui le séparait de la fenêtre. Les volets grincèrent quand October les poussa vers l’extérieur. La lumière, douce, et froide à la fois, pénétra la pièce avidement, prenant possession des surfaces qu’elle rencontrait, frappant de plein fouet le visage éreinté de la Bestiole. L’aîné inspira l’air humide de la nuit, retrouvant peu à peu ses esprits et son calme apparent. Que pouvait bien faire Mélusine à cette heure-là? Il se retourna pour faire face à la chambre quand un bruit sec survint depuis le couloir.

« Clackr! Toc... Ponk.»

October fronça les sourcils. Se pouvait-il que ce soit Andrew qui revenait à la charge? Il n’était pas très convaincu par cette idée aussi saugrenue que pouvait être l’homme lui-même. Alors quoi... Un client, maintenant? Mauvaise blague. Un travailleur? Qu’il aille aux Enfers. Le Gérant alerté par le bruit peut-être? Au Diable cette hiérarchie factice devant laquelle il n’avait aucun compte à rendre. Il revint vers la Bestiole, les yeux rivés vers la porte fermée, attendant le verdict qui allait les achever, lui et sa journée infernale. Et il valait mieux pour tous que ce ne soit pas une surprise désagréable. Les nerfs à vifs, on est jamais vraiment soi-même... Mais peut-être était-ce simplement... Une coincidence qui ne leur était pas adressée? Ses yeux sombres revinrent un instant vers Silver, puis il leva une main dans l’idée de la déposer sur le haut du crâne de la Bestiole.



Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: Nous n'avons pas peur que la nuit vienne. [PV.October] Lun 2 Juil - 16:45


    Ne jamais venir voir la Fée de soi-même, sauf si vous avez envie qu’elle vous torture l’esprit encore et encore avec ses questions, ses remarques, ses constatations. La Fée appuie là où ça fait mal, elle enfonce encore plus profondément le couteau dans la plaie et pourtant elle ne s’en amuse pas. Elle dit juste la vérité, fait prendre conscience de certaines choses existentielles, celles qui sont sous vos yeux depuis le début et que vous ne voyez pas ou que vous ne voulez pas voir, elle vous les montre et elle s’en va. Les conséquences de ses actes, de ses dires, elle n’en a que faire. Alors qu’elle voltigeait dans le couloir qui abritait les chambres des clefs, elle faillit se faire écraser par un client qui ne l’avait pas vu, il se prit une petite table à la place. Elle le laissa vaquer à ses occupations, elle n’en avait que faire, ce n’était pas lui qui l’intéressait en ce moment, mais deux êtres dans une chambre qui venait d’être témoin de nombreuses choses bien intéressantes pour ce minuscule petit être volant. Elle s’arrêta devant la porte, se glissant dans le léger entrebâillement, poussant un peu cette lourde porte afin de pouvoir rentrer dans l’antre d’une des clefs de Nightmare Land.

    Il n’était pas la peine d’annoncer sa présence, elle n’était pas si petite que ça, elle avait la taille d’un enfant de deux ans humain, dotée d’une petite paire d’ailes dorées dans le dos. Visage enfantin, mais empreint de connaissances infinies.

    « Eh bien, eh bien, c’est que vous en faîtes du bruit tous les deux… »

    Sa voix chantante, légèrement moqueuse résonnait doucereusement dans la pièce. Elle jeta un regard vers l’aîné près de la fenêtre, mais préféra se diriger vers le plus jeune, presque roulé en boule par terre. Il avait l’air si petit, si faible.

    « Oh, tu ressembles à un pauvre petit insecte comme ça, mon pauvre petit Silver, tu as mal dis ? » Elle insista bien sur les mots « pauvre » et « petit ». « Tu sembles perdu … Essaye de te souvenir pourquoi tu as si mal et tu y verras beaucoup plus clair. » Elle se rapproche doucement de lui et murmure à son oreille « Tu devrais arrêter de fuir, tout au fond de toi, tu sais ce qui se passe, cherche juste ici ».

    Elle apposa doucement son index à l’endroit où se trouve son cœur avant d’aller voltiger un peu plus loin … vers October tiens.

    « Eh bien October, ton esprit serait-il tourmenté par une multitude de questions qui ne t’auraient jamais torturé pour un autre être que ta Maîtresse ? Demandes-toi seulement pourquoi, la réponse est si simple que s’en est tellement amusant. »

    D’un battement d’ailes, la Fée s’en alla vers la porte, prenant soin de se retourner, leur adressant un sourire enfantin.

    « Je vous laisse, je commence à m’ennuyer … n’hésitez pas à venir me voir un jour si vous le souhaitez, je me ferais un plaisir de vous aider à comprendre ♥ »

    Et en moins d’une seconde, l’être aux questions existentielles disparut de leur champ de vision, les laissant de nouveaux seuls dans cette chambre, avec leurs esprits encore peut-être plus embrouillés qu’avant son intervention. Elle espère vite les revoir, c’est qu’elles sont si amusantes les clefs de cette maison.

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MessageSujet: Re: Nous n'avons pas peur que la nuit vienne. [PV.October] Mer 4 Juil - 18:10

Aux heures les plus sombres de la nuit, la plupart des Ambroisiens sont déjà endormis, rêvant à de meilleurs horizon que les tapisseries pourpre de cette maison malsaine, ou échappant à leur cauchemars dans des plaintes terrifiées, en sueur et haletant. Mais quelqu'un... Quelque chose, ne dormait pas. La lampe de chevet éteinte vola à l'autre bout de la pièce, frappé par un appendice visiblement doté d'une volonté propre. Gémissement étranglé, griffes qui s'enfoncent dans une peau pâle mais striées de marques noires. La créature souffre, maudissant son apparence si exécrable. Si laide... Son ombre grandissante sur les murs laissait apparaître un chose bien loin des normes de l'humanité. Ses mains tremblantes prolongées d'ongles acérés se levèrent jusqu'à deux masses d'ivoire grisâtres sur les côtés de son crâne. Horreurs, ignominies qui poussaient depuis sa naissance, depuis sa malédiction. Un seul être, un seul, avait pu accepter sa monstruosité. Et aujourd'hui ce petit imbécile ne le reconnaissait même pas et aller jouer les créatures obéissantes dans les bras d'un parasite! Cela ne lui ressemblait pas.... Non, quelque chose avait changer, depuis l'incendie... Trop de choses, lui y compris... Un rugissement bestiale s'échappa de sa bouche aux crocs aiguisé, résonnant dans le couloir vide de monde, faisant frissonner la maison aux milles vices.

[......]

Désagréable sensation d'avoir raté un épisode, voir eut-être même la série entière. Sentiment de vide, impression que quelque chose n'était pas à sa place, que quelque chose était de trop. A chaque secondes, il tentait de revenir en arrière, de décelé les tourments qui avaient pu provoquer une telle situation, mais à chaque fois, son esprit émettait un violent refus. Qu'est-ce qui s'était passé ici enfin?! Le petit brun chercha à faire un pas en avant pour rejoindre son amant vers la fenêtre mais se retrouva aussitôt à genoux, cherchant à tâtons dans le noir, gémissant faiblement en imaginant les ténèbres s'agripper à sa peau pâle comme de la neige. Il rencontra des objets du bout des doigts, ou plutôt des ongles, qu'il reconnu comme étant du papier, du métal piquant appartenant très certainement à l'une des plumes que son aîné utilisait pour rédiger ses textes qu'il n'avait jamais eu l'occasion de lire. Enfin ça... C'était plutôt October qui ne lui avait jamais laissé l'occasion de lire. A vrai dire, maintenant que la créature y repensait, ils n'avaient jamais rien partagé de concret tout les deux... A part coucher ensemble, ils parlaient peu. Ou disons plutôt que l'aîné avait la fâcheuse tendance d'avorter le moindre début de discussion. Silver, pourtant peu enclin à la parlote de nature, ne comprenait pas. Qu'est-ce que October pouvait bien avoir à cacher derrière tout ce silence? En quoi était-ce mal de s'ouvrir au moins un peu? Mais si c'était ce que l'aîné voulait alors... Non... L'adolescent n'avait pas l'intention de lui obéir éternellement. Il voulait le connaître mieux, au moins un peu. Mais l'autre risquait par contre de ne pas apprécier... Quoique. Il lui semblait étrangement prévenant tout à coup. Pourtant Silver n'osait jamais lui poser les questions qui le taraudaient à son égard. Il ne voulait pas se le mettre à dos. Non pas qu'il ai eu peur de lui, non, enfin pas vraiment. Mais il appréciait beaucoup trop son amant pour prendre le risque de le blesser en profondeur. D'où lui sortait encore ce soudain attrait pour ce crétin de cauchemar ambulant?! Silver se mordit la lèvre, cherchant à provoquer un douleur pour se concentrer dessus et cesser de penser.
Il s'était mordu? Pourquoi? Comment? Depuis quand on se mord la langue au point de saigner sans raison? Bon sang mais que s'était-il réellement passé... La ton amer de son amant laissé présager le pire au cadet... Non il n'était tout de même pas responsable de tout ça?! Non, il n'était pas fêlé au point d'éteindre de lui-même la lumière et de ne même plus s'en souvenir... Un sourire ironique naquit sans qu'il ne le veuille vraiment sur ses lèvres rouge, humides pour des raisons qui lui échappaient. Pourtant son regard lui demeurait figé sur le néant, noir complet dans lequel il ne pu situé October que lorsque ce dernier fit de nouveau raisonner le son de sa voix. Puis la lumière. Pas assez vive à son goût, mais bien présente. L'air frais de fin d'automne, chargé d'humidité, eu au moins le mérite de l'apaiser, de lui faire reprendre un tant soit peu ses esprits. L'automne. C'était sa saison, à October. Il se demanda alors ironiquement si les parents de son aîné avaient un tant soit peu réfléchit avant de lui donner son prénom. C'était comme si les siens avaient brusquement décidé de le nommer April, par manque d'inspiration. Ah oui, parfois Silver avait tendance à oublier que son père n'était qu'un pauvre conard les ayant abandonnés, sa mère et lui, avant sa naissance, et qu'il avait déchiré, ou plutôt dévoré la matrice de sa génitrice en venant au monde. Oui... Parfois il lui arrivait d'oublier ça... Et d'autres choses... Mais il n'avait pas oublié ses ballades solitaires dans les bois de Nightmare Land, dès l'âge de huit ans déjà. Il crapahutait entre les branches crochues, semblables à des mains de sorcières, faisaient criser les feuilles mortes sous ses pas légers. Rien de dangereux, tant qu'il ne sortait pas en pleine nuit. Aussi loin qu'il se souvienne, il n'avait jamais eu le malheur de rencontrer une bande de coupe-jarrets ou une créature de cauchemar quelconque. Mais il n'avait jamais commis l'imprudence de prendre son cousin avec lui.
Il aurait pu rencontrer October dans les bois, peut-être. Après-tout ils n'avaient tous deux que quatre petites années de différence. Mais à huit ans, il aurait été méconnaissable... Enfant espiègle aux yeux souriants et à la maturité déjà bien installée. Tout le contraire de ce qu'il était actuellement. Créature éteinte, désirant retomber dans une enfance plus légère que la triste réalité qui l'accablait. Il leva une main jusqu'à son aîné, tentant de le percevoir à la lueur naissante de la lune. Sa voix faible s'éleva dans le désordre de la pièce, tremblante encore sous l'effort mental qu'il venait de fournir pour déchaîner ses forces.


"Merci... C'est... C'est ta voix qui m'a ramené..."

Il laissa cependant son geste en suspend, un bruit lui faisant lever une oreille en direction du couloir. Andrew? Non, impossible. A cette distance il aurait sentit son odeur bien avant qu'il passe la porte. Une grande patte de son aîné se posa dans sa chevelure d'encre, ne le rassurant malheureusement pas le moins du monde. Il plissa les yeux, crispa ses doigts sur le sol. Et soudain, un petit être. Une lumière trop vive qui lui fit fermer les yeux. Une poudre dorée se répandis dans la pièce, comme un millier d'étincelles. Silver connaissait cette lumière. A vrai dire, il l'avait côtoyé pendant les vingts années de sa vie. Le brun écarquilla les yeux, et laissa échapper un souffle bas.

"Enjyu....?"

Il papillonna un instant des cils, basculant à nouveau sa vision. Ce n'était pas son ange, pureté disparue mystérieusement dans les flammes et les cendres. C'était... Une petite fille. Une gamine sautillante. Silver ne saisit pas immédiatement ce qui le troublait. Une paire d'ailes dans le dos. Mauvais signe. Tout ce qui sortait de l'ordinaire à l'Ambroise était mauvais signe. Et surtout quand ça avait une paire d'ailes et que ça paraissait mignon... Le visage de la petite lui semblait terriblement étrange. Poupin, oui, comme pouvait l'être le sien par moment ou celui de n'importe quel enfant. Mais il y avait aussi un océan de savoir, un puits sans fond de connaissances qui flottait dans son regard. Étrangement, l'instinct protecteur, presque maternel, de l'adolescent ne fut pas attisé par cette gamine. Il y avait quelque chose de trop adulte, de trop malsain qui émanait de son être. Il en fut d'autant plus convaincu lorsqu'il entendit percer le son de sa voix trop mielleuse. Il fut parcouru d'un frisson d'angoisse et eu un violent mouvement de recul lorsqu'elle s'approcha de lui en voletant comme un cafard qu'il avait envie d'écraser d'une main. Évidemment, celui qui avait la tête de l'emploi pour être la victime dans cette pièce, c'était lui, pas October... Les premiers mots lui firent grincer des dents. Ce n'était certainement pas lui qui se promenait avec des ailes de mouches dans le dos. Et il n'était pas si petit... Pour une fille. Mais pour ça, il fallait venir se plaindre à l'abruti ayant décidé de se reproduire avec une humaine pour lui faire un enfant bâtard. Merci, papa SilentCry. Vraiment. La suite le troubla déjà beaucoup plus. Ce petit être semblait savoir énormément de choses, mais faisait preuve de la plus grande des avarices en les dévoilant sous forme d'énigmes, comme un Chat de Cheshire déguisé en Fée Clochette. Un petit instant... Il ne souvenait pas avoir énoncé son nom à cette chose. Écoutait-elle derrière la porte depuis le début? Cela ne pouvait être que ça et pourtant... Au fond, il savait. Tout cela n'avait rien d'un hasard. D'où voulait-elle en venir? Le brun se permis un ricanement ironique, plus semblable à un aboiement qu'autre chose au final. Se souvenir de ce qui le faisait souffrir? Elle était bien bonne... Il avait la tête d'un amnésique peut-être...? Il eu envie de rétorquer quantité de répliques mauvaises, mais la petite chose avait bien de la chance que son mal de tête toujours pas estompé rendait sa communication difficile. Pourquoi il avait si mal... Franchement, celle là, il ne s'y serais jamais attendu. Et bien peut-être, par le plus grand des hasard, qu'il souffrait de sa bâtardise, d'avoir assisté à la mort d'un être aimé sans avoir rien pu faire et de vivre avec ce poids, d'avoir été traîné ici et de s'être fait putain, et peut-être aussi parce qu'il venait de piquer une crise qui avait sans explication eu des retombées sur la pièce. Non, franchement, trois fois rien. Et il était seul aussi. Il y avait des gens, des travailleurs, des clients, Andrew, October. Mais pourtant il se sentait toujours perdu et cruellement esseulé. Même si son aîné lui permettait de venir se lover dans ses bras lorsqu'il était disposé, Silver voulait plus... Il voulait enterrer cette solitude... Il voulait... Les paroles murmurées de la créature le firent frémir et son cœur rata un battement avant de se remettre à cogner plus brutalement contre sa poitrine. Soudainement, de par ces simples paroles, une mécanique infernale se mit en place dans son esprit. Pourquoi... Pourquoi n'avait-il pas hériter de ce cerveau sans part pour la morale qu'avait ses semblables? Pourquoi possédait-il une part d'humanité qui le faisait se torturer de la sorte...? Si sensible à la suggestion, un seul sous-entendu et tout ce qu'il avait cru fondé se détraquait et s'écroulait. Ses doigts se crispèrent à l'endroit supposé abriter un cœur et un barrage se forma dans son crâne, repoussant de toute ses forces cette pensées parasite. Non, il n'avait même pas à y réfléchir. Cette créature mentait, il en avait décidé ainsi. Il fit voler cette inhibition en éclat, l'ignorant comme si elle n'avait jamais été là. Pourtant, il savait qu'elle reviendrait. Mais il avait assez criser pour cette nuit, et pour les semaines à venir même.
Il se redressa à nouveau, lentement pour ne pas perdre l'équilibre. Ce que la chose se plut à lancer au visage de son aîné le fit pouffer silencieusement. Ben voyons... Comme si October était capable de ressentir quoique ce soit pour quelqu'un d'autre que cette maudite femme. Comme si cet organe probablement dessécher ou alors devenu noir de suie à force de ne pas fonctionner pouvait se mettre à battre pour quelqu'un d'autre que cette soi-disant grande maîtresse qui agaçait le cadet au plus haut point. Cette gamine se trompait. October ne s'inquiétait pas. Pas réellement. Le petit brun ne le savait que trop bien et quelque part, il avait l'impression que cela lui faisait mal malgré l'accoutumance qu'il avait avec l'attitude de son amant. Un sourire attristé naquit sur ses lèvres tandis qu'il leva une main pour la poser sur son épaule toujours nue. Il vint enlacer sa nuque et murmura sans lever la tête, espérant que l'aîné n'est pas trop mal pris les réflexions du petit être qui venait de quitter la pièce.


"Ne... Ne l'écoute pas, elle voulait juste mettre le bordel, c'est... C'est juste des conneries..."

Ses doigts effleurèrent la peau pâle de sa joue. Il voulu se hisser sur la pointe des pieds pour l'embrasser, pour faire comme si rien ne s'était passer. Mais il était trop tard maintenant...

"Je... J'ai besoin de dormir... Je n'en peux plus... Laisse moi rester... Je t'en supplie... Ne me laisse pas..."

Spoiler:
 

________________
Si je regarde en arrière, qu'obtiendrais-je de mon passé ?
Que m'apprendront ces réminiscences, ces souvenirs troublés ?
Sur la route de l'aurore, je marche sans m'arrêter.
Vers la lumière de mon avenir et de ma vérité.
La chaîne de mes souvenirs jamais ne se brisera.
Je garderai chacun de ces liens au plus profond de moi...
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MessageSujet: Re: Nous n'avons pas peur que la nuit vienne. [PV.October] Mar 28 Aoû - 23:49

Situé à mi-chemin entre la Bestiole et la fenêtre, October ressemblait à une ombre chinoise découpée dans le clair obscur de l’ouverture. A contre-nuit, les rayons lunaires lui procuraient une silhouette brumeuse, telle une aura d’un gris bleuté. Un aura froide, inanimée. Sa main tendue en l’air dans une tentative de mouvement s’était stoppée net suite aux bruits du couloir. L’esprit trop concentré sur la tension qui planait derrière la porte de sa chambre, le jeune homme avait déjà éludé le faible remerciement de son cadet, arrivé une bonne minute auparavant. Ca avait pourtant dû lui coûter. Dans un sursaut de conscience, October fit tout de même les deux pas qui le séparaient de la petite Chose pour lui poser la main sur le haut du crâne. Les traits du grand brun étaient tirés dans la pénombre. Plus que de fatigue, ils l’étaient de méfiance. D’attente désagréable. Ce silence, ces quelques secondes à peine qui s’étiraient bien trop longtemps. Les touches noires de l’obscurité scintillaient devant les yeux du jeune homme, le faisant cligner pour réussir à y voir correctement. Il fixait la porte entrebaillée sur le néant de l’Ambroise. Puis...

La Semeuse... de troubles. Cette f...outue f...illette trop gâtée virevoltant entre clients et travailleurs, entre argent et plaisir, entre ennui et espièglerie. La Fée. Sournoise petite libellule. Infame insecte. Trop bavarde. Trop bruyante. Trop chantante. A fourrer son nez partout, surtout là où on ne voulait pas. Trop curieuse. Trop directe. Trop... révélatrice. Et cette voix. Insupportable. Qui s’immisce dans chaque recoin de votre être pour résonner lorsque le silence retombe en apparence. Pour vous torturer l’âme. Cette voix qui plante la graine du malaise et regarde pousser lentement l’arbre de la folie.

October s’était reculé de plusieurs pas dès qu’il avait compris l’ampleur de la situation. Non pas qu’il avait peur de cette gamine. Loin de là. Elle était simplement... L’incarnation de ce qu’il esquivait le plus dans ce monde de dépravation qu’était la Maison. La Fée ne représentait pour lui aucune autorité. Elle n’avait aucun ordre à lui donner, aucun pouvoir sur lui. Elle ne faisait pas partie de son Univers. Elle n’en ferait jamais partie. Mais elle enfermait en son faible corps la base de ce que la Clef supportait le moins dans ce quotidien. Tant pis s’il venait d’abandonner piteusement Silver sur le bois du parquet. Acte égoïste consistant à délaisser son prochain pour recentrer les défenses sur soi. Réflexe d’auto-protection. Le mal de crâne qui avait sévi en début de soirée revenait au grand galop. October serra les dents, les yeux humides de colère et d’épuisement moral. Quand cette soirée allait-elle donc se terminer? Il fulminait. Mais quelque part, malgré son attitude tout à fait égocentrique, le brun n’arrivait pas à s’éloigner de cet instant ignoble pour regagner le calme si apaisant de ses quartiers à NightmareLand. Oui. Il aurait très bien pu s’échapper, passer de l’autre côté. Voyager vers une nuit plus paisible. Il en rêvait. Ce besoin maintenant urgent de pouvoir se poser sur son lit le tenaillait jusque dans ses os. Ca lui faisait presque mal. Un mal qu’il ne réussirait pas à endurer très longtemps. Un mal qui ne lui procurait aucun plaisir. Et pourtant. Il ne pouvait pas. Il ne voulait pas laisser sa Bestiole recevoir la morsure de la Fée seul. Mais quoi... October pouvait très bien emmener Silver avec lui! Sauf que cette idée n’eut aucune chance de percer dans son esprit. La Fée avait déjà entamé son requiem.

Les mots font, dit-on, plus de blessures de les coups. Aux vues de la réaction du petit être prostré par terre, c’était vérifié. En boule, le torse replié sur lui-même, Silver paraissait perdu dans la tâche sombre du plancher. Dans d’autres circonstances, October aurait probablement souri, ironiquement, voire ricané, devant le discours que la fillette tenait à son cadet. Ce n’était que trop... Vrai. Mais le trop, ici, était tout sauf positif. Les mots choisis semblaient bien trop clairs, transparents. Ils étaient lourds de sens dans ce langage si léger, si fluet. Ces sons qui ne laissaient aucune échappatoire.

Oh non, aucune.

L’objet de supplice se tourna alors vers le grand brun. Pour son plus grand malheur. Il se savait en mauvaise posture. Il était conscient que personne n’était à l’abri de la Fée. Pas même lui. Et c’est probablement ça qui lui faisait le plus mal : être comme les autres, comme ceux-là... Dans le même bateau que tous ces êtres si vides qu’il méprisait. Il n’avait pas réellement peur de cette enfant. Disons plutôt qu’il appréhendait la surprise, car ce qui allait être dit pouvait concerner n’importe lequel des sujets sensibles qu’il enfermait en ce moment. Elle pouvait parler de......... L’inquiétude parut sur le visage d’October pendant une fraction de seconde. Il ne valait mieux pas pour la petite qu’elle aborde ce sujet...

La Clef des Cauchemars expira doucement. Soulagement.
Pourtant...
Confusion. Question. Trouble.

Obstacle.

Evidemment, la Fée ne pouvait pas ne pas atteindre une âme. Elle se devait de dérouter les êtres. C’était là son essence même. Elle aurait pu être la Clef de l’Ebranlement. Un ébranlement intérieur, silencieux, pernitieux et destructeur. Pour les plus faibles. October joua le jeu, tentant de réfléchir le moins possible. Ce n’était pas si difficile, une migraine s’acharnait maintenant sur ses tempes. Des questions. Oui, il était envahi de questions. Toutes si futiles, inutiles, car les réponses ne l’intéressaient pas. Seule Mélusine, sa Terreur, comptait. Rien d’autre. Et en ce qui la concernait, il n’y avait aucune interrogation possible, aucun doute. La réponse était simple? Peut-être. Il s’en foutait. Il essayait du moins. Est-ce que cela n’importait réellement pas pour lui? Au fond... Au fond il recommençait à se poser des questions existentielles insignifiantes. La réponse. Trouver une réponse. La plus simple possible. La moins logique, probablement.

Silence. La Semeuse s’en était allé, comme elle était venue. Silver émit une vaine tentative de réconfort envers son aîné. October savait que tout cela ne rimait pas à rien, que ce n’était pas des conneries. Mais il n’en dit rien. Sa tête bourdonnait à l’intérieur. La réponse. Vite. Il scruta la pénombre, le front plissé dans sa réflexion intense, regardant la Besitole qui était venue s’appuyer tout contre lui, contre sa peau fraîche. Cette Chose qui avait réussi à le tourmenter ce soir. Cet être qui sombrait dans un sommeil de plus en plus prenant entre ses bras, suppliant alors de lui faire une place à ses côtés. Juste pour cette nuit.

...

Cette créature simple, qui venait de lui souffler la réponse. La fatigue. Oui, c’était ça, la fatigue. October était épuisé. Ce n’est que dans ces moment que l’esprit divague plus loin que ce qu’il ne voudrait. Dans des directions aléatoires. C’était bien ça. Il en était... Persuadé? Il s’en persuaderait. Il le fallait.

Un faible sourire à peine dissimulé naquit au coin des lèvres de l’aîné. Il pouvait bien faire ça, une fois. Ce serait une sorte de remerciement, pour lui avoir glissé la réponse. Pour lui avoir permis d’échapper à la Fée.

« Je ne te laisserai pas. Pas ce soir... Dors. »

October souleva la masse légère pour la poser sur le lit, avant de s’effondrer juste à côté.



[FIN]

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Nous n'avons pas peur que la nuit vienne. [PV.October]

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