Innocence, idole des puissants.



 
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Innocence, idole des puissants.

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Armand Kuroïavatarprofil +
MessageSujet: Innocence, idole des puissants. Lun 10 Oct - 10:32

Armand venait à peine de laisser Ilana... Il n'était pas fier de lui avoir joué ce tour, mais si son projet devait aboutir, il fallait bien passer par la. Peut être le remercierait-elle plus tard d'ailleurs, mais à présent, que faire? Quel genre d'objectif pouvait il entreprendre à présent?
Pour l'heure, il ne trouva rien de plus utile à faire que d'explorer l'Amboise, peut être saurait il y trouver quelque chose d'utile à sa quête.
Il était passé par l'accueil, la ou tous le monde s'était étonné de le voir revenir après l'avoir aperçu en compagnie d'une clef... Il savait à présent la raison de cet étonnement, et il servit à l'assemblée un sourire mutin, comme pour faire étal de sa fourberie.
Il prit une direction tout à fait au hasard, empruntant un couloir ou les chambres semblaient le plus spacieuses et hautes en couleurs.
Il se demandait si il avait le droit d'aller ou bon lui semblait, mais personne ne semblait vouloir l'en empêcher, alors il continua, non sans une certaine appréhension...
L'atmosphère de confort et de plaisir qui poissait du sol au plafond semblait s'estomper dans ce couloir; intéressant.
Armand laissa s'emballer la machinerie de son cerveau et se demanda pourquoi: apparemment, les lieux n'avait guère besoin d'une tel atmosphère. Et si il n'en avait pas besoin, c'est surement que les gens habitant ces chambre sont déjà assignés à demeure ici... La déduction semblait ensuite plutôt simple: ce devait être la le couloir contenant les chambre des fameuse Clefs. Elles étaient esclave de leur maitre et ne pouvaient en aucun cas s'échapper, nul besoin donc de les enliser dans un sortilège d'allégresse poisseuse et suintante des murs.
Plongé dans ses réflexion, il s'arrêta soudain devant une porte en particulier... Il lui semblait avoir entendu quelque chose derrière, une voix, une seule. C'était étrange; la clef qui se trouvait (hypothétiquement) derrière cette porte parlait indéniablement toute seule. Armand eut alors une envie; entrer dans cette chambre et voir quel genre de personne pouvait bien être devenu assez folle pour parler seul dans sa chambre.
Il arrangea quelque-peu ses cheveux et lissa ses vêtement; puis il pris une grande inspiration et frappa à la porte.
Il entra ensuite, en s'annonçant d'une voix neutre.


-"Bonjour Ma demoiselle. J'ai entendu votre voix et ma curiosité m'a poussé à entrer... Vous ne m'en tiendrez point rigueur j'esp-"

Il haussa brièvement les sourcils et fut émerveillé par ce qu'il avait devant les yeux.
Une charmante et jeune fille se tenait la, au milieu d'une chambre semblant sortir du 18ème siècle.
Elle était magnifique comme une poupée de cire, mais bel et bien vivante, avec cet air si innocent propre aux fille de son âge... Mais pouvait on, surtout en ces lieux, juger l'âge de quelqu'un sur sa seule apparence?
Armand avait du mal à reprendre ses esprits, mais ce n'était point, cette fois ci, à cause d'un quelconque sortilège... L'apparence des lieu ainsi que ce qui s'en dégageait naturellement lui inspirait quelque chose de noble et de charmant... Comme lorsqu'il était allé en visite chez un Duc anglais pour la première fois.
Il ne manquait à ce décor qu'une table blanche en fer forgé et un service à thé du Chester en porcelaine. Ainsi qu'un Darjeeling semi infusé avec une cuillère de miel.
Il se reprit quelques peu avant d'ajouter sur un ton d'une grande politesse:


-"Oh, j'espère en effet. Mais cela est tout entier ma faute; je n'avez guère l'intention de vous déranger mon enfant... Et je serais au comble de l'impertinence si j'osais vous demander... Ce que vous étiez entrain de faire?"

Il avait servit à la jeune fille une petite révérence ainsi qu'un sourire des plus charmants. Les lieux ainsi que leur charmante petite habitante étaient merveilles aux yeux d'Armand, lui rappelant les richesse de l'Angleterre. Son cœur lui réchauffait la poitrine, il souriait sans même s'en apercevoir.


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MessageSujet: Re: Innocence, idole des puissants. Mar 11 Oct - 21:16

    Ainsi font, font, font,
    Les petites marionnettes,
    Ainsi font, font, font,
    Trois p'tits tours et puis s'en vont.


    Alice sautillait gaiment dans toute sa chambre, balançant sa tête de droite à gauche, son petit lapin rose dans les bras. Aujourd’hui tout allait pour le mieux, elle était contente. D’un bonheur faussé pour sûr, mais elle ne savait pas faire la différence entre le vrai bonheur et le faux ; de toute façon quelle importance ? Ce qui comptait, c’était que ses petites pilules multicolores avaient fait leurs effets et qu’elle était heureuse en ce moment. Elle passa devant sa glace en pied et s’arrêta devant. Elle s’approcha assez près de la vitre, accompagnée de son petit lapin et le leva à la hauteur de son épaule.

    « Tu es si mignon, regarde toi. Tu es tout rose… le rose c’est si beau, tu ne trouve pas ? » dit-elle de sa petite voix.

    Oh, elle s’en fichait bien de ne pas avoir de réponse, elle se détourna de la glace et tourna sur elle-même pendant quelques secondes avant de s’arrêter. Elle couvait du regard sa chambre, oh elle l’aimait beaucoup. Elle la trouvait belle, elle était contente d’être ici. Elle sautilla jusqu’à la petite commode et posa son petit lapin dessus avant de glisser ses doigts sur la longueur du meuble. Puis, elle passa près du lit et s’assit dessus avant de s’allonger, laissant son regard voguer de peintures en peintures qui ornaient le plafond. Elle se releva et reprit son petit lapin avec elle. Elle venait d’apercevoir sa petite théière favorite qui volait dans les airs, accompagnée d’une petite tasse et d’une cuillère.

    « Oh, vous êtes tous là ! Tu es si jolie toi aussi » dit-elle, observant sa petite théière, avec un regard émerveillée.

    Elle posa son lapin sur la couette avec de légères finitions brodées et attrapa sa théière. Elle tournoya lentement, comme si elle dansait. De nouveau sa chanson retentit dans sa tête. Qu’elle aimait cette chanson, c’était la chanson de son Maître et d’elle aussi. Elle aimait beaucoup la chanter. Elle retourna devant sa glace. Sa petite robe noire à dentelles contrastait avec sa peau laiteuse, ses cheveux retombaient sur ses épaules et ses yeux étaient légèrement vitreux. Mais Alice n’en avait que faire, elle n’avait d’yeux que pour sa théière. Elle passa doucement sa main sur la porcelaine rose, ornée de fleurs violettes. Une moue réprobatrice s’installa sur ses lèvres.

    « Voyons, voyons, pourquoi es-tu jalouse de mon petit lapin tout doux ? Tu es si belle toi aussi … Je ne veux pas de dispute alors que nous allions bientôt prendre le thé, voyons… Pas de disputes… ça fait peur les disputes »

    Les mains aux côtés,
    Sautez, sautez, marionnettes,
    Les mains aux côtés,
    Marionnettes, recommencez.


    Elle se détourna de nouveau de la glace et voulu se diriger vers la petite table près de la grande fenêtre aux rideaux clairs. Cette petite table était réservée pour le thé, et pour dessiner aussi. Soudain, une voix retentit brisant le silence de sa folie. Elle cligna plusieurs fois des yeux, comme si elle réveillait d’un magnifique rêve. Elle baissa la tête, sa petite théière avait disparu, tout comme ses charmants petits amis.

    « Vous avez fait fuir ma petite théière… » dit-elle de sa voix fluette. Elle se tut quelques instants avant de reprendre. « Vous êtes venus pour le thé ? Vous êtes un ami de mon Maître ? » demande-t-elle, innocemment et presque inconsciemment.

    La taille courbée,
    Tournez, tournez, marionnettes,
    La taille courbée,
    Marionnettes, recommencez.


    Elle remarqua le sourire qui ornait les lèvres de son nouvel invité.

    « Vous avez raison de sourire. Il faut sourire à la vie, regardez mon petit lapin rose, il sourit tout le temps… Il est heureux parce que je lui fais plein de câlins… » Incroyable, mais vrai, la jeune fille se souvient d’une de ses questions. Elle se souvint de ce que lui avait dit Meadow ; il faut répondre quand on nous pose des questions. « J’allais prendre le thé avec tous mes amis, mais je suis triste, ma petite théière est partie … Je suis sûr qu’elle a profité de votre venue pour fuir, elle croit que je préfère mon petit lapin à elle… Mais moi, je les aime tous les deux »

    Elle se dirigea vers son lit et attrapa son petit lapin rose, qu’elle sera dans ses bras, le câlinant contre elle. Puis, elle se dirigea, presque en dansant vers sa petite table et s’assit à l’une des chaises. Sa tête se balança légèrement sur ses épaules et elle posa son lapin sur ses genoux, patiente et joyeuse.


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Armand Kuroïavatarprofil +
MessageSujet: Re: Innocence, idole des puissants. Mer 12 Oct - 12:00

Armand était assez interloqué par la réaction de la petite fille; elle semblait jouer à une dinette complétement imaginaire. Ses propos étaient compréhensible, mais sans queue ni tête sur le plan de la réalité; même sur la réalité de l'Ambroise...
Il la vit s'amuser, aller de son lit à sa chaise, semblant tenir dans ses bras une créature quelconque. S'imaginait elle tenir une poupée? Une quelconque peluche? Remarque, quitte à briser les lignes de la réalité, autant s'imaginer posséder un véritable animal... Un lapin rose qui plus est, il réprima un petit rire en entendant cela, la demoiselle était bien charmante, mais étrange en même temps, et non pas seulement pour ses divagations imaginaires.
Elle lui adressa la parole, semblant ravie de son sourire, cela ne la rendait que plus adorable; quelle charmante enfant.
Il s'adressa à elle comme on s'adresse à un enfant entrain de jouer... Ce qu'elle était sans doute ...


-"Ta théière et partie? Quel dommage... Penses-tu que l'on puisse la faire revenir? Nous pourrions prendre le thé, avec ton lapin rose."

Il s'avança vers elle et s'agenouilla, afin de se mettre à sa hauteur, puis il lui tendis la main, comme pour recevoir quelque-chose.
Il souriait toujours, ravis de cette rencontre si intéressante. Il voulait faire une petite expérience avec cette charmante jeune fille.


-"Dis moi, comment t'appelles tu? Tu veux bien me donner la main quelques secondes?"

Il la regardait de ses yeux gris-bleus, son visage était charmant dans cette posture en particulier, il ressemblait momentanément à un prince charmant sortit tout droit d'un conte quelconque. Il ne voulait aucun mal à la jeune fille bien-sur, mais au regard de sa personnalité, il se demandait ce qu'il se passerait si il utilisait son pouvoir sur elle... Ce serait un bon moyen de savoir si elle était folle, ou simplement décalée d'esprit.
Avoir de tels pensées pouvait paraitre un peu sadique de sa part: faire subir un courant émotionnel à une fille si jeune... Mais il irait doucement, il ne lui infligerait rien de douloureux; et puis c'était dans le but de la connaitre, de voir si elle représentait un quelconque danger. Il devait se montrer prudent en ces lieux, il devait créer son ascendant.


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MessageSujet: Re: Innocence, idole des puissants. Ven 14 Oct - 9:24

    Alice caressait son petit lapin qui mâchouillait quelque chose, faisait bouger ses petites moustaches. Moustaches que la jeune fille s’amusait à toucher du bout du doigt. Elle leva la tête vers son invité, se demandant si c’était son Maître qui le lui avait envoyé pour qu’elle puisse s’amuser. Elle battit des paupières et l’atmosphère déjà joyeuse devient légèrement rosé, le sol se transforma en de l’herbe verte et des papillons en pain d’épice, multicolores commençaient à arriver, voltigeant dans toute la chambre. La voix de l’inconnu lui parvient vaguement et elle le regarda, l’intégrant à son monde. Au milieu de toutes ces petites créatures fantastiques, il paraissait gigantesque. Qu’il était dommage que personne ne puisse voir ce qu’elle voyait. Seul son Maître et Annie comprenait. Son monde ressemblait trait pour trait à Wonderland, mais ce n’était pas Wonderland, car le sien pouvait changer d’atmosphère à tous moments, cela dépendait d’elle. Elle aimait bien montrer son monde à d’autres personnes, mais il fallait que ceux-ci soient gentils. Elle hocha la tête machinalement, lui répondant.

    « Oui, elle s’est envolée avec la petite tasse et la petite cuillère… Je ne sais pas… Peut-être… » Elle se tut durant quelques secondes, avant de reprendre. « Je sais déjà où elle est, mais ma petite théière a peur des inconnus… Si tu es gentil, peut-être que nous irons la voir…. C’est dommage, elle va manquer le thé. » murmura-t-elle. Son attitude changea une secondes plus tard, alors qu’elle se tournait vers la table. « Ce n’est pas grave, nous boirons une nouvelle fois du thé en observant les petits papillons en forme de brioche et en pain d’épice. » dit-elle, en souriant joyeusement.

    Battant des pieds du haut de sa chaise, elle attrapa sa théière bleue est servi du thé dans deux tasses en porcelaines qui, elle en était sur, la regardaient avec de grands yeux en formes de fleurs. Alice sourit à ses petites tasses et repose sa théière. Le bruit de pas, la fit tourner la tête, il allait venir prendre le thé avec elle, alors ? Elle l’observa s’avancer et s’agenouiller afin de se mettre à sa hauteur. Elle pencha légèrement la tête vers lui, se demandant s’il préférait peut-être prendre le thé directement sur l’herbe bien verte. Portant son regard sur la main qu’il lui tendait, elle se demandait s’il voulait lui donner quelque chose. Il n’y avait rien, fallait-elle qu’elle imagine quelque chose. Comme dans le film où des enfants mangeaient de la nourriture imaginaire ? À moins que cela ne soit elle qui devait lui donner quelque chose. Des bonbons ? Des gâteaux ? Des petites pilules, peut-être, était-il malheureux lui aussi ? Toute cette réflexion mit le cerveau de la demoiselle dans une panade la plus totale. Elle commençait à avoir mal à la tête.

    Elle détourna la tête vers la fenêtre, caressant le rideau de soie, qui ornait la fenêtre, du bout des doigts. L’entendant parler, elle ne se retourna pas tout de suite vers lui. Avait-elle le droit de toucher la main d’un inconnu ? Oui, surement, son Maître ne lui avait jamais dit le contraire. Et puis son monde n’était pas devenu effrayant comme avec le vilain monsieur de la dernière fois, les petits animaux ne se cachaient pas, l’observant, curieux. Elle tourna la tête vers lui en souriant.

    « Oh… Je m’appelle Alice ! Mon Maître dit que c’est un beau nom et moi… je l’aime bien aussi, surtout parce que mon Maître l’aime… » Elle fit glisser son index le long de la colonne vertébrale de son lapin de haut en bas, avant de poser sa petite main dans celle de l’inconnu. « Vous voulez qu’on aille quelque part ? » demande-t-elle, avec l’innocence d’une petite fille de quatre ans.

    Elle balança sa tête de droite à gauche, attendant de savoir ce qu’il voulait faire. Peut-être allait-il vouloir aller à Wonderland ? Oh, elle y verrait peut-être Meadow. À moins qu’il ne veuille aller autre part. Tant qu’il était gentil et qu’il aimait le thé, elle serait d’accord. Elle regarda les deux petites tasses qui contenaient le breuvage tant apprécié, elle avait hâte de le boire. Elle voulait s’amuser avec ses amis les fleurs chantantes et puis retrouver tous les petits lapins de son monde. Ils étaient si mignons, si gentils, si beaux.

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MessageSujet: Re: Innocence, idole des puissants. Sam 22 Oct - 12:33

L'attitude de la jeune fille laissait Armand de plus en plus perplexe; celui ci se demandant si tout ceci n'était qu'un jeu, ou que folie.
Il percevait une étrange atmosphère dans cette chambre pourtant décorée avec gout; comme si il était seul dans les lieux, malgré la présence de sa locataire.
Elle divaguait cette jeune fille, voyant des choses à la fois étranges, imaginaires, mais évoquant tout de même quelque chose aux yeux du jeune-homme ... Il était de plus en plus curieux de connaitre la demoiselle, espérant qu'elle veuille bien lui prendre la main, toujours avec son sourire magnifique.
Puis elle se présenta: Alice... Alice? Quelque chose s'illumina au fin fond des yeux d'Armand, une lueur vive et fraiche, revigorant chaque recoin de son esprit.
Il n'en croyait pas ses yeux ni ses oreilles: ce décors anglais à n'en plus finir, ces théières, ces lapins, cette petite fille.
Elle déposa sa petite main si fragile dans celle plus grande de l'ancien bibliothécaire; il ne parvint pas à contrôler le tremblement d'émotion de sa main, celle ci vibrant légèrement sous celle d'Alice.
Son sourire retomba quelques peu; non pas de tristesse ou de déception, mais d'admiration, presque de respect. Il déglutit avec difficulté et parla d'une voix la plus calme possible.

-"Alice... Liddel, je présume?"

Son cœur semblait faire des tours sur lui même; le contacte avec la main de la jeune fille lui semblait désormais presque sacrilège. Était ce vraiment elle? Cela était possible en ces lieux, de toute façon. Était elle une illusion? Non, il ne le pensait pas, il était arrivé la par hasard après tout.
Il l'avait sous les yeux, en réalité, il le pensait avec force: Alice Liddel, la petite fille dont les aventures avaient bercés son enfance. Petit il prenait cela comme une belle histoire; adolescent il prenait cette histoire comme une divagation de jeune fille... Et aujourd'hui, entant qu'homme, il considérait ce roman comme l'une des plus belle leçon de vie de l'histoire, juste derrière le Dharma.
Alice, mais quel âge avait elle? Elle était infiniment plus âgée que lui en théorie; mais le temps s'écoule t'il en Ambroise? S'écoule t'il seulement au wonderland?
Le cerveau d'Armand était comme une machinerie électronique défectueuse; le courant passait avec difficulté entre ses neurones, des bruits suraigües et bref faisaient momentanément leur apparition, signalant un problème.
Quel cadeau pouvait-il bien lui faire? Il devait utiliser son pouvoir au meilleurs escient possible; que pouvait il bien faire à présent?
Il jeta un bref coup d'œil autour de lui et eut l'impression, dans un flash, d'entre-apercevoir un autre lieu. Comme si cette chambre n'était que le support d'un monde en mouvement, changeant à la guise d'Alice... Peut être avait il halluciné sous le coup de l'émotion.
Alice... La petite fille héroïne des aventures écrites par Charles Lutwidge Dodgson, dit Lewis Carroll de son nom de plume... Les sentiments qu'éprouvait Armand à l'égare de la demoiselle étaient complexes. Emplie d'amour, de respect, de compréhension et d'admiration; elle restait pour lui le plus secret de ses fantasmes. Une charmante demoiselle, ni trop belle, ni trop intelligente... Ni rien d'autre que simplement sublime dans sa simplicité de penser et de rêver. Mademoiselle Liddel possédait bel et bien la chose la plus précieuse au monde; l'étincelle de folie primordiale, l'innocence... Et ses vices tel que la curiosité et la manie de se mêler de ce qui ne la regarde pas ne faisait au final qu'ajouter à son charme...
C'est donc avec une certaine révérence qu'Armand Kuroï usa de son pouvoir afin de transmettre au mieux tout ses sentiments à l'égare de la personne dont il tenait la main.


-"Je vous en pris Ma Demoiselle, veuillez accepter tous mes bons sentiments à votre égare. C'est un cadeau que je vous fait... Joyeux non-anniversaire."

La désormais célèbre tirade "happy unbirthday" avait quelque chose de bien plus malsain en anglais qu'en français... En anglais, elle prenait une tournure symbolique proche de la vénération de la mort et du chaos, si l'on poussait la signification. Mais la Alice Liddel qui se trouvait devant lui était elle la même qu'il se dépeignait depuis son enfance? Ou n'était elle au final qu'une copie? Une tout autre personne? En tout cas, pour l'heure, il croyait sincèrement avoir en face de lui son héroïne préférée. Lui transmettant par son pouvoir tout les sentiments qu'il éprouvait envers elle; depuis le simple bond de son cœur à l'évocation de son nom, jusqu'à ses fantasme les plus secrets.
Avait il bien fait? Après tout, elle n'était qu'une si jeune enfant... Était ce la un acte de pure égoïsme? Il ne voulait pas y croire, pensant que le cadeau qu'il lui faisait était la plus belle marque d'affection du monde.
Le contre-coup ne se fit pas attendre, une violente migraine lui broya le crane, court-circuitant ses neurones pourtant si robustes. Il s'était si bien appliqué à utiliser son pouvoir qu'il n'avait pas pensé à son prix. Mais il ne se tordit point de douleur et son sourire ne s'affaissa que légèrement encore. Il ne voulait pas effrayer Alice.


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MessageSujet: Re: Innocence, idole des puissants. Dim 11 Déc - 2:41

Spoiler:
 

    Des arbres en chocolat donnent-ils des fruits en chocolat ? Est-ce que les nuages sont des barbes à papa géantes ? Est-ce que les vaches deviennent vertes comme l’herbe qu’elles mangent ? Ou bien est-ce que les longs sucres d’orge étaient en réalité des serpents multicolores ? Tant de questions qui lui paraissaient existentielles et qu’elle oublie aussitôt après se les être posées. Elle posa ses yeux sur sa main liée à celle du gentil monsieur à genoux devant elle. Elle se demandait bien quand est-ce qu’il la lâcherait afin qu’ils puissent boire le thé en compagnie de tous ces amis. Et peut-être que sa petite théière reviendra. Elle l’espérait. Oh ! Elle sentait la main du jeune homme trembler. Elle releva la tête. Avait-il froid ? C’est pour cela qu’il faut boire du thé.

    Liddel… Quel nom étrange. Elle ne s’appelait pas comme ça… Enfin elle ne savait pas. Peut-être était-ce son nom ou peut-être pas. Son regard se fit vague. Elle venait de fouiller dans sa mémoire, son passé … c’était mal. Elle ne voulait pas. Cela faisait peur. Très peur. Il faisait noir. Sa lèvre inférieure tremblota légèrement et elle s’affaissa un peu plus dans son siège. Il fallait qu’elle se raccroche à son seul nom pour ne pas retomber dans une de ses folies passagères, bien que la folie l’entoure continuellement. Alice. Alice. Il fallait qu’elle retienne… Elle s’appelle donc comme ça ? Elle aimait bien ce prénom. Elle se demandait le nom de la personne qui l’avait choisi. Elle baissa la tête et se mordit la lèvre inférieure sans trop y penser. Cela ne lui faisait pas mal. Elle avait trop souffert auparavant. Comment s’appelait-elle déjà ?

    « Alice…. Juste Alice … ou bien Alice Liddel… Je ne sais pas… C’est mon nom ? »

    Elle avait perdu l’énergie qui l’habitait quelques secondes avant cette intense réflexion. Maintenant, elle n’était qu’une gamine, face à ses souvenirs et face des choses qui lui étaient égales. L’homme pourrait très bien danser la salsa qu’elle ne réagirait même pas. Elle était redevenue vide. Aucun sentiment, aucunes envies. Mais son esprit se remit en marche. Joyeux Non-Anniversaire. Elle connaissait cette phrase. Oui, elle la connaissait. Non, elle ne la connaissait pas… Enfin, si. Peut-être. Elle releva la tête et plongea ses prunelles dans celles d’Armand. Un cadeau ? Elle ne comprenait pas. Le cachait-il sous son manteau ?

    Ses réflexions furent mirent à dures épreuves lorsqu’elle ressentie tout au plus profond d’elle-même, une vague de choses dont elle n’était pas habituée. De réels sentiments. Des sentiments profonds distincts. Du respect. De l’amour. De la gratitude. Du bonheur. De la compassion. De l’envie. Elle sursauta et retira sa main. C’était beaucoup trop pour elle. Elle se leva et alla heurter le mur violemment. Elle tomba doucement et se prit la tête entre les mains. Non. Non. Non. Son corps tremblait. Tout avait disparu. L’herbe, les arbres, les lapins, les papillons. Elle aurait surement supporté si tous ces sentiments n’avaient pas formé un ensemble qui tourbillonnait bien trop vite en elle. Elle se sentait dévastée à l’intérieur.

    « Pour…pourquoi ? » murmura-t-elle faiblement.

    Le fait qu’il ait voulu bien faire ne lui passa même pas à l’esprit. Elle ferma les yeux et se recroquevilla contre le mur. Elle commençait à avoir peur. Très peur. Noir. Elle détestait le noir. Rouge. Elle détestait le liquide rouge. Pourtant, elle attrapa violemment son avant-bras gauche et griffa à sang. Le décor semblait tournoyer. Sa tête heurta le mur, sa respiration se fit bien plus saccadée, son cœur battait trop vite. Elle aurait voulu l’arracher. Les convulsions commençaient. Elle attrapa brusquement sa petite boîte qui contenait du bonheur que seule elle pouvait aimer et l’ouvrit. Une, deux, trois, quatre, cinq, six, sept … Il faudrait peut-être s’arrêter, non ? Que dirait Meadow ? Elle s’arrêta net et laissa tomber la boîte par terre.

    Oui, que dirait-il ?

    Il aurait mal. Très mal surement. Elle s’en souvenait. Il ne voulait pas qu’elle soit comme ça. Les larmes coulèrent toutes seules sur ses joues, tombant, se joignant au sang sur ses avant-bras. Elle tourna seulement la tête vers Armand, son âme de petite fille refit surface. Elle tendit son bras non-blessé en-dessous l’armoire.

    « Vous… vous pouvez prendre mon petit lapin… il ne faut pas qu’il soit tout seul… il va avoir peur… » souffla-t-elle, avant d’abaisser son bras, toujours recroquevillée contre le mur.
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Armand Kuroïavatarprofil +
MessageSujet: Re: Innocence, idole des puissants. Dim 11 Déc - 21:11

Armand s'attendait à ce genre de réaction, tout en y croyant pas trop, partagé entre l’espoir que cette Alice soit celle de ces rêves, et le doute que son esprit ne soit trop dérangé...
Après tout, rien ne lui permettait d'affirmer ce qu'il avait pourtant devant les yeux: tout ici n'était qu'illusions et faux-semblants. Il serra les dents.
Après avoir envoyer la décharge de sentiments vers Alice, celle ci resta coite un moment avant de pâlir... Elle semblait effrayée, apeurée, comme si elle craignait un courroux divin quelconque; sa réaction était pour le moins inattendue, et le jeune homme s'en mordit les lèvres. L'esprit troublé de la jeune fille ne lui permettait sans doute pas de supporter une intrusion émotionnelle.
Paranoïa ? Crise de schizophrénie ? Psychose passagère (ou pas) ?...
Il se trouvait impuissant devant la folie d'Alice, ne pouvant pas la comprendre, ne vivant pas sur le même plan métaphysique qu'elle...
Elle était recroquevillée dans un coin, cherchant quelque chose sous une armoire; elle semblait vouloir éluder son traumatisme en cherchant son lapin. Avait elle besoin de réconfort? Armand se déplaçait avec des geste fluides et lent afin de ne pas effrayer la jeune fille... Puisqu'elle le lui demandait, il s'était déplacé jusqu'à l'armoire afin de récupérer son lapin. Encore une vision métaphorique du réconfort dont elle avait besoin? Ou une véritable peluche? Il n'y avait qu'un seul moyen d'en être sûr. Il se pencha et tandis sa main sous l'armoire. Il n'osait pas encore adresser la parole à Alice, pas avant d'avoir planifier une façon de l'aborder sans risquer de la perturber...
Il sentit alors le contacte d'un poil doux et soyeux quoi qu'inerte. Il s'agissait donc bien d'une peluche. Il la sortit de sous le meuble et la tandis à la jeune fille...
Armand retourna s'assoir plus loin, sur un fauteuil semblant assez ancien. Il réfléchit alors à toute allure; en ces lieux, son pouvoir était son atout le plus important, mais il ne pouvait pas décemment l'utiliser sur la pauvre Alice... Alors, autant l'utiliser sur lui même.
A cette pensée, une idée lui vint... Tandis que de sombre pensées titillaient sa fureur. Cette Alice devait être une "Clef", et elle aussi devait être sous le joug de son maitre... Obtenir l'allégeance d'une fille aussi instable semblait tenir du génie ou du conditionnement mental... Son maitre devait être particulièrement puissant.
Armand passa alors une main dans ses cheveux en déclenchant son pouvoir... Il connaissait parfaitement la psychose d'Alice Liddel, autant tourner cela à son avantage.
Son pouvoir coula dans son propre esprit comme du vif-argent fondu.
"Tu deviens fou... La réalité n'existe plus, laisse la t'échapper...". Cette phrase hypnotique était fort bien adaptée, calculer pour durer une dizaine de minutes.
Armand fit un très large sourire, ce qui ne lui arrivait pour ainsi dire jamais... Il leva la main comme si il tenez quelques chose et se pencha sur la table en posant un ustensile imaginaire.

-"Allons ma cher, venez donc prendre le thé... Ma théière, elle, est toute disposée à nous servir. Peut être cela ferait il revenir la votre? Oh! Elle s'entendrait à merveille ne croyez vous pas? Prendriez vous un gâteau avec cela?"

Il poussa du bout des doigts une boite imaginaire, son esprit était au moins autant altéré désormais que celui de la jeune fille...
Mais il les voyait, il voyait tout à présent... La chambre se montrait sous un jour très différent, plus de couleur, d'objet, de créature vivante mais qui semblait immobile tout en ne l'étant pas. Toute la chambre était un nuage cotonneux emplie de vie... Entre ses mains, une théière en argent ciselée de dorure remplie d'un thé à la menthe bien chaud. Et devant lui, une boite en fer blanc, imprimer à l'image d'un square anglais ou les demoiselles se promène au bras de leurs fiancées, l’ombrelle à la main: dans cette boite de nombreux gâteaux sec parfois nature parfois au pépite de figue ou de raisin... Son esprit était sur la même longueur d'onde que celui d'Alice... Mais était ce vraiment judicieux? Il risquerait de perdre de vue son objectif premier... De toute façon, le charme ne durerait que quelques minutes...


Dernière édition par Armand Kuroï le Sam 5 Mai - 21:14, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Innocence, idole des puissants. Lun 26 Déc - 1:43

    Alice avait sa tête posée contre le mur aux couleurs roses pâles. Qu’ils étaient beaux ses murs. Le rose c’est joli, c’est une belle couleur. Alice pourrait parler pendant des heures et des heures de cette couleur qu’elle chérissait tant. Pourquoi ? Eh bien, si vous lui demandiez, elle vous répondra sans doute que c’est joli, il n’y a pas d’explication. Ses pensées se rapprochent de ceux d’un enfant de 5 ans et à 5 ans, on ne réfléchit pas sur le pourquoi du comment : on aime, on déteste, on a peur. Les sentiments basiques. Et quand un enfant est soudainement pris de sentiments ou d’émotions bien plus complexes, il se retrouve perdu, apeuré, seul.

    Tout comme l’a été Alice lors de ce défoulement d’émotion. Et tout comme elle est, lorsque ses souvenirs remontent. La petite jeta un coup d’œil à l’homme qui se dirigeait vers l’armoire. Elle pouvait le voir. Son petit lapin, ses petites moustaches tremblotantes, son pelage rose bonbon. Elle n’avait qu’une envie, le serrer fort, fort dans ses bras. Oh, mais il prenait son lapin bien trop brusquement, pensa-t-elle. Elle releva la tête et tendit les deux bras, malgré ses blessures apparentes sur l’un deux et l’attrapa tendrement. Elle le serra contre sa poitrine et reposa sa tête contre le mur en fermant les yeux. Réconfort, chaleur, familiarité. Ses lapins, sa porcelaine, son monde, c’était la seule chose qu’elle n’oubliait jamais quoi qu’il arrive. Sauf lors de ses crises de mal-être et de douleur passagères.

    Elle ouvrit les yeux en grimaçant légèrement, les moustaches de son lapin frottaient contre ses plaies. Elle dégagea son bras et se tourna, se retrouvant dos contre le mur, les jambes à plat contre le sol, son lapin sur le bas de sa robe noire. Elle observait Armand qui était maintenant assis sur l’un de ses beaux fauteuils. C’était Meadow qui avait réellement aménagé sa chambre, elle n’avait ajouté que des dessins aux murs et quelques babioles ou objets donnés par des clients ou ses amies clefs. Il avait l’air de réfléchir. La gamine pencha la tête sur le côté. Il venait de sourire. Mais un sourire digne d’un habitant de Wonderland. Ses paupières s’affaissèrent doucement et quand elles s’ouvrirent, elle aperçut une jolie théière argentée et légèrement dorée. Qu’elle était belle. Elle fixa longuement la théière, émerveillée, avant que son attention fût attirée par la boîte métallique blanche remplie de gâteaux qu’il poussait vers elle.

    Elle tenta de se relever, attrapant son lapin dans ses bras, légèrement chancelante, elle dut s’y reprendre à deux fois avant de pouvoir enfin tenir sur ses jambes. L’herbe verte pomme, la cascade de chocolat au lait parsemée de noisette trônait dans un coin de sa chambre, les papillons étaient revenus et voltigeaient dans toute la chambre. L’un deux, à la forme de brioche, se posa sur l’une des tasses. Alors qu’elle arrivait à la table, elle tendit son bras droit pour attraper un gâteau sec aux raisins. Elle s’assit sur sa chaise, posa son lapin sur ses genoux et coupa le gâteau en deux, un morceau pour elle et un morceau pour le petit être rose à moustaches. Alors qu’elle grignotait son gâteau, son attention se reporta sur la théière.

    « Elle est jolie ta théière… Mon ami Mars en a une comme ça… peut-être qu’elles sont sœurs » dit-elle, très sérieuse.

    Oh oui, peut-être. Mais alors, elles ont été séparées ? C’est triste. Elle poussa sa tasse vers lui, afin qu’elle puisse boire. Le papillon qui y était posé, s’envola, laissant une douce odeur de brioche sortant du four se diffuser. L’atmosphère de la chambre avait considérablement changé. Les murs étaient du coton rosé, la cascade en chocolat blanc tombaient silencieusement, des arbres et des sucres d’orge avaient poussé de nulle part, transperçant l’herbe verte pomme. Même quelques roses de toutes les couleurs s’étaient installées dans un coin de la chambre, chantonnant doucement. Alice suivit le mouvement en balançant sa tête et en chantonnant. Elle leva vivement la tête lorsqu’elle aperçut une silhouette familière. Sa petite théière. Elle était revenue, ramenant par la même occasion, tout le reste du service à thé. Elle posa son lapin sur la table, près de la boîte à gâteau et tendit les bras vers sa petite théière. Elle la serra contre, comme si elle câlinait l’un de ses lapins ou une de ses poupées. Elle leva les yeux vers Armand.

    « Elle est jolie, hein ? C’est ma petite théière… Elle me suit partout normalement, mais elle a facilement peur … et elle est très jalouse…. Tu promets de pas lui faire peur, hein ? Ni à mes petits lapins, ils n’aiment pas les étrangers … mais toi ça va … il faut toujours sourire … ça les rassures »

    Tellement craintifs, tellement effrayés, ils reflétaient tous une part de la personnalité de la jeune clef. Tous ce qu’elle voyait était une part d’elle. Ils y en avaient certains qu’elle n’aimait pas voir, d’autre qu’elle chérissait par-dessus tout, se raccrochant à eux. Mais cela n’empêchait pas la folie de parler ou bien d’agir à sa place.

    « Ils sont très bon ces gâteaux … Dommage qu’ils ne soient pas roses… » Aussitôt pensé, aussitôt les gâteaux prirent une teinte rosée, la petite sourit, avant de reprendre. « Dis, tu viens de Wonderland ? Ou tu viens d’un monde où il fait tout noir ? »

    Pour Alice, il y avait Wonderland : couleur et amusement ; et les autres, noirs, tristes et mornes.

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MessageSujet: Re: Innocence, idole des puissants. Mer 28 Mar - 21:43

Le cerveau d'Armand tournait à régime faible, sous l'effet de sa suggestion hypnotique, une folie éthérée s'était emparée de lui.
Quelque part dans sa tête, une minuscule étincelle de raison était entrain de vaciller, de crépiter, de crachoter doucement en attendant d'être ravivée.
La lumière est une source sûr de raison ; mais elle projette des ombres derrière vous, et vous devez y échapper... Et plus vous vous approchez de la lumière, et plus votre ombre grandit.
Cette étincelle si faible dans l'esprit du jeune-homme était inoffensive, fragile, faible... Et n'importe quel souffle aurait pu la faire disparaitre, ne laissant ainsi que l'obscurité et la folie. Il était vulnérable, très vulnérable en ce moment ; mais il avait pris ce risque afin de franchir le seuil du monde d'Alice.
Alice Liddel, l'idole de son enfance, le symbole même de la rébellion philosophique et méta-physique. Armand avait eu l'honneur de poser le pied dans son monde, il était lui aussi devenu suffisamment fou pour ne voir que ce qu'il désirait voir ; ne plus se laisser influencer ni par la logique ni par la froide morsure de la réalité... Mais sa santé mentale perdue, il ne pouvait malheureusement pas apprécier ce moment.
La jeune fille complimenta la théière d'Armand et parla de son ami Mars.

-"Ah ! La famille, la famille... Après tout, les ustensiles de thé font tous partit d'une grande famille !"

Il souriait largement se disant, comme si il venait de prononcer une vérité absolue, un lieu commun.
Un décor coloré et sucré tournait autour de l'étrange duo ; fait de gourmandises et de couleurs merveilleuses, peuplé d'animaux épatants et de divers créature fantastiques.
L'étincelle s'estompait.
Une théière apparut alors ; Alice semblait très heureuse de la revoir, car il s'agissait de cette même théière qui avait pris peur un instant auparavant.
Le jeune homme applaudit légèrement en affichant un sourire extasié.
Il buvait les paroles de son interlocutrice, clignant des yeux et s'interrompant à chacune de ses affirmations.

-"Oh oui ... Oh oui ... Tout à fait ma cher ! Mais nul ne doit se sentir ici comme si il n'avait pas été invité ! Je suis plus ému que je ne saurais dire, je n'ai jamais eu autant d'ami à l'heure du thé !"

L'étincelle s'essoufflait, ne retenant plus guère les ombres à distance de manière efficace.
Armand tandis la main vers sa tasse de thé et la leva à hauteur de sa tête: un thé anglais au parfum fleuris et délicat, quoi que très présent en bouche mais jamais amère.
Il approcha la tasse de ses lèvre lorsque sa main trembla, son sourire s'effaça, son poing se crispa... Il sentait la fragile porcelaine se fissurer, il la vit voler en éclats entre ses doigts, dans un bruit lointain de verre brisé.
Il lui sembla ouvrir les yeux alors, frappé d'une grande fatigue, il lui semblait se réveiller du plus long et du plus profond des rêves... Ou des cauchemars.
Les fragments de porcelaine disparurent, le décors disparut lui aussi, emportant les personnages avec lui, ne laissant plus que la jeune clef... Alice restait la même, toujours la même: elle n'avait pas changée d'un pouce.
Armand eu alors un frisson et la tête lui tourna... Il sentait sa raison lui revenir petit à petit ; son cerveau se réanimer sous l'effet de la disparition de la suggestion hypnotique et sa tête le faire souffrir...
Il n'avait pas prévu un tel contre-coup... Il était désorienté et resta coi quelques secondes. Mais il puisa dans ses forces pour répondre à la jeune Clef, le visage souriant.

-"Je viens de l'endroit le plus noir et le plus froid qui existe... La..."

Sa vue se brouilla. L'étincelle était restée trop longtemps atténuée, elle avait besoin de repos pour reprendre pleinement ses droits.
Son sourire resta figé sur son visage, mais il sentit ses sens le quitter, il ne parvenait plus à garder les yeux ouvert... Son esprit avait subis une auto-hypnose trop perturbante ; et Armand n'avait plus guère d'énergie après son "entretien" avec Ilana pour le supporter.
Il s'évanouit, tombant en arrière depuis son siège. Une dernière pensé lui vint: "Maudit soit ma faiblesse."


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MessageSujet: Re: Innocence, idole des puissants. Ven 27 Avr - 20:12


    Il était assez dur de se dire et surtout de croire qu’Alice avait 17 ans, bientôt 18. D’apparence, elle n’avait pas vraiment grandi, ou plutôt, elle n’était pas bien grande, de plus, elle avait encore un visage assez poupin et ses expressions suivaient. Donc il n’était pas difficile de la croiser dans l’Ambroise et de lui donner entre 10 et 13 ans. Peut-être un peu moins, peut-être un peu plus. Pour ceux qui la connaissait avant, en fait en y réfléchissant, il y avait juste Meadow, on aurait pu croire que l’asile psychiatrique et tout ce qu’elle avait vécu chez sa tante l’aurait forcé à mûrir assez vite, mais elle avait préféré se réfugier dans le monde des rêves, de l’imaginaire, du bonheur et de l’impossible qui devient possible pour survivre.

    Elle avait décidé de rester une enfant. Tout comme l’avait fait Peter Pan dans les contes. La vie d’adulte est bien trop compliqué, bien trop effrayante pour qu’elle s’y attarde. Dès fois certains clients réprimandaient le gérant, quand ils le trouvaient et qu’ils n’en avaient pas peur, ou plus principalement Arielle, la réceptionniste, parce qu’ils pensaient que faire travailler une fillette dans un endroit pareil était tout simplement honteux, certains disaient la même chose quand ils croisaient Annie ou Dee. Certains ne disaient rien, ces filles à l’apparence juvénile leur plaisaient. Mais de toute façon, la plupart des clients qui demandaient la jeune fille finissaient par jouer à la dinette avec elle et rien d’autre.

    C’était ça, les Clients ne recherchaient pas grand-chose, à part un peu d’évasion, d’ailleurs, c’est ce qu’ils cherchent tous ? Ils la recherchent et l’obtiennent par tous les moyens, en général par le sexe, après tout nous sommes dans une maison close, d’autres l’obtiennent par les voyages et y perdent leur âme et certains juste en parlant avec une clef encore dans le monde de l’enfance. Alice regardait Armand en face d’elle, son sourire était tellement fascinant, digne d’un habitant de Wonderland, digne de Mars ou de Meadow. Mais elle ne l’avait jamais vu là-bas, cela voulait-il dire qu’il venait d’un autre monde que le sien ? Surement. Peut-être. La jeune fille hocha la tête à ses dires, pourtant il parlait comme eux ; on ne disait qu’à Wonderland que les ustensiles à thé provenaient d’une même et grande famille. Hum, la fillette réfléchissait trop, elle n’aimait pas ça. Mais sa petite théière en réapparaissant, lui firent balayer toutes ses réflexions, bien trop compliqué pour une enfant comme elle. Les applaudissements du jeune homme lui vinrent aux oreilles et elle y sourit.

    « Tu sais que les applaudissements permettent aux fées de revivre à nouveaux ? Parce qu’à chaque fois que l’on dit que l’on ne croit pas aux fées, l’une d’entre elle meurt … ça doit être parce qu’elle est triste que quelqu’un pense ça …. Les fées existent. C’est pour ça qu’il faut applaudir et penser aux fées tous les jours. Tu sais, il y a des fées à Wonderland, mais elles sont très timides, elles ne se montrent presque jamais. »

    Reprenant un autre gâteau, elle le grignota quelques temps, écoutant la voix d’Armand tinter à ses oreilles, avant de le passer à un petit lapin qui était à ses pieds, tentant de grimper sur ses genoux. Elle se pencha en avant, caressant le petit être frémissant, en s’excusant de ne pas pouvoir le prendre sur ses genoux parce qu’il y avait déjà son petit lapin rose, avant de reporter sa maigre attention sur le jeune homme.

    « Oh …. C’est triste de n’avoir personne pour le thé. Ici ou à Wonderland, il y a toujours quelqu’un pour le prendre avec moi …. Sauf quand il fait tout noir » dit-elle en frissonnant. « Mais tu sais, dès que tu auras envie de prendre le thé, tu pourras venir me voir, on restera ici ou on ira à Wonderland si tu veux et on prendra la thé pendant des heures et des heures en écoutant les fleurs chanter et en regardant les papillons voler. »

    Tout en parlant, la jeune Clef ne remarqua pas tout de suite l’attitude d’Armand qui changeait. Son corps crispé, son sourire effacé et ses tremblements. Ce n’est que lorsque la petite tasse, qu’il tenait entre ses mains, se brisa en mille morceaux qu’elle réagit. Enfin ce fut les deux lapins auprès d’elle qui réagirent les premiers, en prenant la fuite plus précisément. Alice qui les avait suivis du regard, leva la tête vers Armand qui tentait de sourire, lui disant quelques mots, avant de basculer en arrière, les yeux clos. La demoiselle ne réagit pas comme l’aurait fait une personne dite-normale. Elle n’accourut pas à ses côtés, pour voir s’il était toujours vivant, ou bien s’il ne s’était pas fait tout simplement mal.

    « L’endroit le plus noir et le plus froid qui existe…. » souffla-t-elle.

    Elle ne voulait même pas imaginer ce que cela pouvait être, d’ailleurs ces mots ne l’atteignirent pas tout de suite, comme si elle voulait les oublier, les cacher au plus profond d’elle-même. Elle se leva calmement et partie à la recherche de son petit lapin rose, le décor enchanteresse n’avait pas pour autant disparu, il était juste agrémenté d’une chaise à la renverse et du corps d’Armand allongé sur l’herbe verte. Elle se pencha, s’agenouillant et attrapa doucement son petit lapin rose, caché, sous un plant de sucre d’orge. Elle se dirigea ensuite vers Armand et s’assit à côté de lui. Hum, que devait-elle faire ? Est-ce qu’il dormait ? Un de ses lapins, un tout multicolore, grimpa sur le jeune homme inconscient, grignotant les boutons de sa veste, sans que cela ne fasse pour autant réagir la jeune fille. La jeune clef posa sa main sur l’épaule du jeune homme, le secouant un peu.

    « Tu fais un cauchemar ou un rêve quand tu dors ? » demande-t-elle.

    Elle répéta sa phrase plusieurs fois, tout en le secouant un peu, attendant qu’il se réveille. Le voyant ouvrir les yeux, elle réitéra sa question, avant d’en poser une nouvelle.

    « Tu arrives à dormir sur commande ? Comme Loir ? » demande-t-elle, curieuse.



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MessageSujet: Re: Innocence, idole des puissants. Dim 29 Avr - 18:38

Armand avait sombré dans l'inconscience ; depuis qu'il était arrivé dans l'Ambroise, il avait usé et abusé de son pouvoir, et cela le fatiguait grandement. Comment faire ? Comment faire pour prendre le contrôle de ce monde dans lequel il était tombé depuis quelques temps ? La corruption de la cupidité et de l'avidité rongeait ce merveilleux décor depuis les coulisses : Armand avait quitté la Terre, un monde pour lequel personne ne pouvait plus rien, pour atterrir dans un endroit aussi merveilleux. Et pour ces lieux si magnifiquement paradisiaques, il devait faire quelque-chose, ne pas laisser ce paradis se corrompre ...
Sa détermination ne devait pas comporter la moindre faille, et son esprit devait être fort, bien plus fort ; il devrait repousser ses limite.
Dans son état comateux, il se vit en rêve, dans une immense pièce blanche qui s'étendait à l'infini, le dallage était blanc lui aussi. Plus loin, une épée digne de la plus puissante des Excalibur était planté sur un socle de marbre. Il courrait vers elle, courait à en perdre halène, de toute ses forces, mais elle s'éloignait tandis qu'il avançait. Il serra les dents jusqu'à sentir sa mâchoire qui le faisait souffrir, comment rester saint d'esprit dans un monde de fou, tout en conservant la pleine maitrise de son environnement ?
Le décor s'effaçait autour de lui, il reprenait doucement conscience, se souvenant peu à peu de pourquoi il était ici et des évènements les plus récents.
Juste avant d'ouvrir les yeux, il avait entendu la voix lointaine d'Alice : si innocente et si éloignée de la réalité, elle semblait provenir du monde qu'elle s'était elle-même bâti.
Il se redressa tant bien que mal, le plus délicatement possible tout en prenant la parole t'un ton le plus naturel possible :


-"Oh, Alice ... Je faisais un rêve justement ..."

Il examina le visage de la jeune fille qu'il avait toujours admiré dans son enfance : quel âge avait elle en réalité ? En tout cas dans ce plan d'existence. Mais l'heure n'était pas vraiment aux question métaphysiques ; Armand avait une petite idée en tête.

-"Je m'étais justement absenté pour tenter de retrouver une amie ..."

Alice ne semblait accorder sa confiance qu'aux gens capable de percevoir le monde qu'elle avait elle même tissée. Et le seul moyen de communiquer avec elle sans devenir fou sois-même, était encore de conserver une vague incohérence qui lui rappellerait la sienne propre.
Devait-il montrer de la pitié envers Alice Liddel ? Devait il la ménager, elle plus que tout autre ? Elle était si faible, si innocente, même si quelque chose de dérangeant se dégageait d'elle et de son attitude. Armand devait surmonter sa pitié tout en ne devenant pas un monstre d'insensibilité, chose impossible, ou presque.
Il la regardait, le visage sans expression, cherchant un moyen quelconque de la pousser à se ranger de son côté. Mais même à l'aide de son pouvoir, comment pourrait-il bouleverser les acquis psychologique d'une jeune fille aussi instable ?
Il bouillait intérieurement, il en avait plus qu'assez des questions, il était grand temps de passer aux réponses.
Il saisit alors le poignet d'Alice, le plus délicatement et le plus fermement possible, puis il déchaina son pouvoir :


*Le wonderland est un endroit dangereux, ils veulent tous te couper la tête ... Et moi seul peux te venir en aide !*

La suggestion hypnotique avait été envoyée avec toute la conviction d'Armand, et ce au prix d'un mal de crane phénoménal, comme si une flèche de feu venait de lui transpercer le crane. Il serra les dents à s'en faire saigner les gencives, surmontant la douleur : il lâcha alors le poignet de la jeune fille et se remis debout, attendant avec appréhension sa réaction. Cela avait il fonctionné correctement ? Si oui, est ce que l'effet serait total ou partiel ? Et le plus important : combien de temps l'envoutement allait il tenir ?


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MessageSujet: Re: Innocence, idole des puissants. Mar 1 Mai - 23:42


    Wonderland avait été son refuge, le seul endroit où elle avait pu oublier, où elle avait pu s’amuser en ne pensant à rien d’autre. En même temps, elle ne pensait pas beaucoup : penser c’était pour les grands, pour les adultes. Elle vivait dans son imagination, laissant la réalité aux plus grands, aux plus sérieux. C’est pour ça que son esprit parait toujours lointain, que son regard semble vide lorsqu’on la croise, la fillette ne vit que dans son monde, son esprit y est continuellement. Ce n’est que lorsqu’on la force mentalement ou qu’on la ramène à la réalité de façon très brutale qu’elle retourne réellement dans le monde réelle. La dure réalité. La triste réalité. La noire réalité. Il lui arrivait de se souvenir d’avant, d’avant sa rencontre avec Meadow, de se souvenir de son séjour à l’hôpital psychiatrique, de sa tante et de ses deux horribles fils, du temps qu’elle avait passé à endurer tout ce qu’ils voulaient lui faire. Toute la souffrance qu’elle avait dû subir, elle s’en souvenait et assurément, cela ne la rendait pas du tout aussi joyeuse et enfantine qu’elle pouvait l’être habituellement quand elle vivait dans son monde à elle. Son monde, celui qu’elle appelle « son monde rose » était une sorte de barrière entre elle et la réalité et cela fonctionnait très bien … sauf quand des personnes tentaient de s’interposer.

    Alice avait attendu que Armand se réveille, elle ne voulait pas trop le secouer, peut-être était-il en train de rêver ? Si son rêve était rempli de papillons et de couleurs, il ne fallait surtout pas le déranger. Elle caressait doucement son petit lapin sur ses genoux, avant de le reposer quand elle vit le corps d’Armand en mouvement. Elle releva la tête et le vit qui ouvrait difficilement les yeux, tentant de se redresser. Oh, elle avait donc raison. Il était bien en train de rêver. Elle pencha légèrement la tête sur le côté, retrouver un ami ? Elle tourna un peu la tête autour d’elle pour voir si son ami était venu aussi, mais elle ne vit rien d’autre que le décor idyllique et enfantin de sa chambre, accompagné par ses lapins, ses peluches, ses poupées et tous ces autres jouets. Elle reporta son attention sur le jeune homme quand celui-ci lui prit son poignet. Il voulait l’emmener quelque part ? À moins que ce soit lui qui voulait aller quelque part, elle avait l’habitude d’emmener les clients à Wonderland quand ceux-ci lui demandaient, mais lui n’avait rien demandé. Elle n’eut donc aucune réaction, attendant tout simplement. Ce n’est que lorsqu’elle entendit cette drôle de voix qui résonna dans sa tête qu’elle en eu une.

    Elle se recula brutalement de lui, en criant. Le Wonderland est un endroit dangereux, ils veulent tous te couper la tête ... Et moi seul peux te venir en aide ! Le Wonderland est un endroit dangereux, ils veulent tous te couper la tête ... Et moi seul peux te venir en aide ! Le Wonderland est un endroit dangereux, ils veulent tous te couper la tête ... Et moi seul peux te venir en aide ! Cette phrase résonnait encore et encore dans sa tête. Elle se prit la tête entre les mains, les larmes coulaient toutes seules sur ses joues. Elle se réfugia dans un coin, se collant contre le mur. Refuge. Habitude. Elle se roula en boule, ses mains se crispèrent contre ses tempes et son crâne. Elle ne voulait plus entendre ça.

    « Non. Non. Non. Non. Non. Non. C’est faux…. C’est faux. »

    Elle tentait de se convaincre. De convaincre cette voix. Cette horrible voix. Elle ne jeta pas un seul regard à Armand. Elle avait mal, son cœur battait à tout rompre, cette voix stridente lui vrillait l’esprit. Elle avait extrêmement peur, comme tout à l’heure, cette même peur la rongeait. Elle jeta un bref regard, furtivement, autour d’elle. Plus rien. Il n’y avait plus de couleurs, aucune couleur, aucune fantaisie. Elle n’aimait pas ça. Elle détestait ça. Elle haïssait ça. Est-ce que c’était sa faute à lui ? Il lui avait attrapé le poignet et tout d’un coup, tout se détériorait. Ses sanglots commencèrent à s’espacer et elle réussit à articuler, toujours en position fœtale contre le mur.

    « Pourquoi ? Pourquoi dire ça ? Wonderland n’est pas dangereux … Wonderland n’est pas dangereux … Wonderland n’est pas dangereux….Meadow … C’est le maître de Wonderland et il n’est pas dangereux … Personne ne coupe de tête … Pourquoi ?! Pourquoi cette voix répète-t-elle ces choses horribles ? » dit-elle, en sanglotant de plus belle.

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Armand Kuroïavatarprofil +
MessageSujet: Re: Innocence, idole des puissants. Mer 2 Mai - 17:27

Quelque chose venait de céder dans l'esprit d'Armand : une dernière barrière qui séparait encore son humanité de son instinct, cette petite étincelle de chaleur qui lui empêchait de faire du mal à autrui, quelle qu'en soit la raison.
Il avait enduré les dommages collatéraux de son pouvoir et se sentait réveillé, déterminé : il n'était plus un gentleman anglais qui prenait le thé avec une jeune fille. En ce moment précis, seul comptait son objectif ; seul comptaient les plans qu'il mettait en marche dans son esprit.
Comment garder sa raison ? comment ne pas sombrer dans un abime de méchanceté et de soif de pouvoir si cela continuait ? Il détenait déjà les réponse : tout simplement parce qu'il était Lui et qu'il ne deviendrait jamais ce qu'il s'était toujours évertué à haïr au long de sa vie.
Les sourcils légèrement froncé, il observait la jeune Alice qui s'était enfuie, terrifiée par la suggestion mentale qui venait de lui être infligée.
Se redressant complétement, Armand s'avança prudemment vers la jeune fille, celle-ci ne semblait même pas le voir pour le moment : il guettait ses réactions avec intérêt.
Elle semblait en proie à une grande terreur, tenant sa tête dans ses mains, tentant de rejeter la suggestion à voix haute ; elle était trop faible pour se défendre semblait-il.
Quel genre de lourd secret se cachait derrière cette Alice ? Quel âge avait-elle ? De son analyse personnelle, le jeune-homme en vint à une conclusion somme-toute banale mais diablement juste au vue des circonstances. Il s'accroupit non loin de la jeune fille et dicta à voix basse son interprétation, s'adressant directement à elle sans être sûr d'être entendu :


-"Ton monde est un rempart contre la réalité. Tu vies cachée dans ta prison dorée, tu fuis le monde noir ... Mais il n'y a que dans ses ténèbres que tu pourrais trouver la vrais lumière ..."

Il parlait tout en réfléchissant soigneusement à ce qu'il disait, tirant des conclusion au fur et à mesure que sa pensée se développait, que les mots sortaient de sa bouche. Son cerveau était sous le joug d'une intense explosion de réflexion : chaque donnée était analysée et combinée avec les autres, formant un tout cohérent. Et a partir de ces informations, son esprit envisageait toutes les possibilités complémentaires, triant les quelles étaient les plus crédibles, juxtaposant es déductions les unes sûr les autres et ne conservant au final que la vérité estimée.


-"Reviens dans la réalité Alice, il ne t'arrivera rien ..."


Il tendit alors délicatement sa main vers la jeune fille, son visage sans expression guettant le moindre signe de changement d’attitude. Il avait remarqué ce mystérieux fonctionnement dans son pouvoir : plus son cerveaux fonctionnait vite et fort, plus il pouvait développer de puissance. Cela dit, les violentes migraines restaient toujours proportionnelles à la quantité de puissance dégagée.
Si besoin était, il réutiliserait son pouvoir sur Alice, désormais débarrassé du moindre remord à son égard, il n'avait plus à craindre ses états de conscience.
Si il arrivait à la faire revenir dans le monde réelle, alors il pourrait créer un nouvel élément afin de s’approprier la jeune fille. Il envahirait à nouveau son esprit afin de lui imposer l'idée que lui, Armand, était la Clef qui pouvait la ramener dans son monde idyllique. Une telle chose relevait de la torture psychologique, de la manipulation, de la cruauté. Et peut être même y prendrait-il plaisir, savourant sa domination comme la marque de sa puissance. Mais il n'était pas suffisamment puissant, il n'était qu'un être humain, si faible et démunis. A moins que ... Peut être possédait-il quelque chose de suffisamment précieux pour obtenir en échange plus de pouvoirs ...




Dernière édition par Armand Kuroï le Sam 5 Mai - 21:13, édité 1 fois
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Silver SilentCryavatarprofil +
MessageSujet: Re: Innocence, idole des puissants. Sam 5 Mai - 11:03

"Le train du marchand de sable lève les voiles,
Ses sièges douillets et ses roues en étoiles,
Vite mes petits ne craignez rien,
L'homme dans la lune est le mécanicien..."


L'enfant dodelinait de la tête, ses cheveux roux essuyant la poussière du sol en rythme avec la chanson. Le reste de son corps était d'un stoïcisme monstrueux, ses mains posées sur ses genoux. Tout brulait, retournait à l'état de cendre dans un brasier gigantesque. Une fumée noirâtre embaumait l'air au-dessus de l'incendie rougeoyant. Mais le corps de l'enfant semblait être épargné par les flammes, unique survivant parmi les décombres et les cadavres gisants au sol. La croix qui décorait la façade de l'église se détacha de la surface de pierre avant de tomber lourdement dans un fracas étouffé, soulevant des cendres étouffantes dans l'air. Pas de réaction, pas un battement de cils. Doucement, un liquide noir d'encre coule des jambes de l'enfant et s'étend à ses pieds, formant une flaque visqueuse semblable à du pétrole. Le liquide noir s'étend, dévore tout sur son passage. L'enfant se retourne alors. Et ses yeux sont noirs, onyx étincelants ouvert sur le néant. Le même fluide s'écoulait de ses yeux, roulant sur ses joues comme des larmes morbides. Il en allait de même avec sa bouche d'où suintait l'horrible substance. Il était laid, terrifiant, malsain. Il n'était plus lui, non. Il n'était plus l'innocence incarnée qu'il avait été. Il était devenu...


Un monstre.

Silver se redressa en sursaut, un vague cri étranglé s'échappant d'entre ses lèvres. Il plaqua ses mains de chaque côté de sa tête et retomba lourdement sur l'oreiller. Un cauchemar... Un simple cauchemar pourtant étrangement tinté d'un arrière goût de réalité. Non, non, non... Tout cela était simplement imaginaire. Il se massa un instant les tempes, tentant de remettre un tant soit peu d'ordre dans son esprit embrumé. Ces derniers temps, ce genre de rêve se faisait de plus en plus fréquent, depuis qu'il avait passé sa petite soirée de crise. Son cousin n'était pas un monstre, il n'était qu'une innocente victime du destin. Et l'adolescent s'en voulait terriblement de le rêver de la sorte. Il se passa une main sur le front nerveusement et se redressa, faisant craquer ses vertèbres avec un bâillement. Il avait plutôt intérêt à réduire son taux de sommeil. C'était la seconde sieste qu'il s'accordait aujourd'hui. Mais les évènements de l'autre soir l'avait muré dans une sorte de silence presque théâtral, refusant même d'accueillir ses clients habituels. Il n'avait pas la force de voir du monde, et encore moins de travailler. C'est comme cette petite démonstration de violence de l'autre soir l'avait totalement vidé de ses forces.
Ses pieds nus se posèrent au sol et il posa ses coudes sur ses genoux, s'ébouriffant les cheveux. Le jeune adulte se leva et se dirigea vers son armoire, glissant ses doigts graciles sur les dessins décorant ses murs. Il attrapa un pantalon noir trop large pour ses hanches étroites. Cela aurait certainement bien fait rire une certaine personne qui l'avait vu pour la dernière fois vêtue d'une robe rose mais le brun roula des yeux. D'ordinaire cela l'aurait également amusé. Aujourd'hui, même songer à son amant l'irritait au plus haut point. Il songea un instant à s'attacher les cheveux mais rejeta l'idée, premièrement par flemme, secondement parce qu'il avait toujours préféré sentir ses cheveux couler le long de son dos. Il devait sortir de cette chambre, il en allait de sa santé mental déjà bien entamée. Il s'empara d'un débardeur également un peu large pour ses frêles épaules et l'enfila tout en donnant un coup de pied dans sa porte entrouverte et l'envoya cogner contre le mur. Il n'avait pas la moindre envie de croiser quelqu'un. Que cela soit une prostituée moqueuse, un client régulier ou n'importe qui d'autre. Malgré tout, cela ne lui aurait peut-être pas fait de mal d'ouvrir un peu la bouche. Il se mit en marche dans les couloirs de la maison sans but particulier, cherchant simplement à "prendre l'air". Le couloir des clefs était totalement silencieux, comme d'ordinaire. L'agitation était mesurée ici, même aux heures de pointes. Son regard améthyste se promena entre les différentes portes de chambres. Les clefs, êtres mystérieux condamnés à la servitude jusqu'à leur dernier soupire. Il s'estimait heureux d'être encore libre mais ne pouvait rien faire pour aider les autres. Ce couloir... Lui filait la gerbe.
Et soudain, un cri. Étouffé par une porte. Silver retint sa respiration, ses poings se crispant sur ses genoux. Il n'avait pas envie de savoir, il ne voulait pas savoir sur quoi il risquait de tomber s'il se mêlait encore des affaires des autres. Mais il ne pouvait cependant pas laisser quelqu'un dans la détresse sans rien faire. Pas encore. Il ravala sa salive et s’approcha, ses pieds nus ne produisant pas un son sur les tapis posés au sol.
Il regarda par entrebâillement de la porte. Son sang fit un tour complet dans tout son corps. Non non non non non... Ses poings se serrèrent au point que ses ongles imprimèrent des petites égratignures dans les paumes de ses mains.
Son esprit dériva, fit un tour complet sur le même, se tordit. Tout son corps convulsait nerveusement, sa respiration se faisait haletante. Il voulait frapper, mordre, griffer, tuer cet homme qui s'en prenait à SON cousin. Alors tout se passa comme dans un rêve, presque au ralenti. Silver avança sans un bruit, incapable de contrôler ses actes. Les flammes s'enroulèrent autour de ses jambes comme pour l'encourager dans sa progression. L'adolescent se baissa, ses doigts empoignèrent la chevelure sombre du parasite, ses ongles griffant son crâne. Et il rassembla toutes ses forces pour le soulever autant que possible et l'éloigner de l'enfant. Sa respiration se fit plus forte et il referma ses bras maigres autour des épaules de son cousin, pressant ses doigts dans ses cheveux roux.


"C'est fini, c'est fini, je suis là..."

Il ne le laisserait plus. Il le protégerait toujours. Personne n'avais le droit de s'en prendre à lui, PERSONNE. Mais quelque chose clochait. Son odeur, ses réactions, tout était différent. Le brun fléchit les genoux, tenant toujours les mains de l'enfant. Les flammes s'évanouirent, les cheveux roux de son cousin perdirent leur longueur ainsi que leur couleur pour se faire blond. Une gamine. Elle avait ses yeux, les mêmes yeux. Le même air lointain. Il était tombé bien bas pour confondre une petite fille avec son propre cousin... Ou était-ce les effets secondaires de ce rêve? Quoiqu'il en soit, il avait une sainte horreur qu'on s'en prenne à un enfant. Maison close ou pas. Le jeune homme fila attraper le ciseau posé sur une étagère, près d'une boîte de crayon de couleur et se redressa, ouvrant son arme de fortune pour présenter son tranchant à l'agresseur de la gamine. Maintenant qu'il était là et qu'il venait de piquer une crise de délire, il avait plutôt intérêt à faire comme si de rien était et continuer sur sa lancée. Il n'était pas une de ces ordures de l'Ambroise, il ne laisserait pas une enfant innocente se faire malmener sous son nez. Il s'en voulait déjà assez comme ça d'avoir été incapable de sauver ce qui était cher à ses yeux.

"J'pensais que j'avais déjà rencontré les plus belles saloperies qui soient ici mais un type qui s'en prend à une gamine sans défense, je pensais pas que les clients pouvaient être si tordus. Alors tu vas me faire l'immense plaisir de TE BARRER D'ICI si tu veux garder ta belle gueule intacte."


Il se tourna vers la gamine apeurée et serra les doigts sur la lame du ciseau. Que l'autre pense ce qu'il voulait. Qu'il se foute de sa sale gueule de nana dans une mauvaise période, de ses yeux cernés par le maquillage qu'il avait oublié d'enlever et par la fatigue. Mais il ne rirait pas longtemps, ça Silver pouvait l'affirmer.

________________
Si je regarde en arrière, qu'obtiendrais-je de mon passé ?
Que m'apprendront ces réminiscences, ces souvenirs troublés ?
Sur la route de l'aurore, je marche sans m'arrêter.
Vers la lumière de mon avenir et de ma vérité.
La chaîne de mes souvenirs jamais ne se brisera.
Je garderai chacun de ces liens au plus profond de moi...
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Armand Kuroïavatarprofil +
MessageSujet: Re: Innocence, idole des puissants. Sam 5 Mai - 21:11

Armand portait toute son attention sur la jeune Alice, il n'avait pas envie de la faire ainsi souffrir, mais ne reculerais pas devant l'obligation si elle s'imposait.
La chambre était bien silencieuse sans les rires et les discussions solitaires de la jeune fille ; comme si le monde qu'elle s'était inventé rendait vraiment cet endroit plus vivant.
Soudain, le bruit caractéristique d'une porte que l'on ouvre se fit entendre derrière lui, il était pourtant sûr de l'avoir bien fermée en arrivant, il ne négligeait jamais de tels détails.
Il n'osa pas se retourner cela-dit, préférant surveiller Alice qui semblait toujours en proie à l'angoisse ; le jeune homme espérait que son pouvoir n'avait pas trop abimé l'esprit déjà fragile de la jeune fille.
Mais alors, il entendit une respiration nerveuse juste derrière lui : comment n'avait-il pas remarqué que quelqu'un venait d'entrer dans la chambre ? Il avait sans doute besoin de sommeil. Il n'eut pas le temps de dévisager l'inconnu, car celui-ci tenta de l'attraper d'une bien féroce manière. Armand eu le réflexe de saisir le poignet de son agresseur et de l'écarter juste avant de se redresser et de faire un grand pas en arrière.
Ayant prit un brin de distance, il put enfin analyser la situation : une inconnue, car il lui semblait que c'était une femme, tenait Alice dans ses bras comme si il s'agissait d'une poupée et lui murmurait des paroles de réconfort.
Armand serra les dents et fronça les sourcils : comment expliquer la réaction de cette personne ?
*Voyons voir ... C'est une femme, elle entre dans la chambre d'une Clef sans frapper et prend celle-ci dans ses bras afin de la réconforter ... Elle a l'air de connaitre les lieux. Ce doit-être une Clef elle-aussi, mais pourquoi a-t-elle fait irruption de la sorte ? De plus, aucun signe extérieur ne tendait à prouver que j'agressais Alice. Bon sang, un comportement psychotique !*
Cette dernière conclusion lui était venu tandis qu'il observait attentivement l'agresseur : une expression démente était peinte sur son visage ; il venait de se saisir d'une paire de ciseaux à couture. De plus, son attitude envers Alice était passé de l'amour protecteur à une sorte de camaraderie plate. Comme si elle l'avait finalement confondue avec une autre.
Armand ne bougea pas de la ou il était, attentif désormais aux réaction de la démente qui lui faisait face. Elle n'avait pas l'air bien dangereuse, mais en tout cas bien atteinte : utiliser un pouvoir de suggestion mentale sur elle serait trop aléatoire en plus d'être du gaspillage. Armand se tenait près cela-dit, ne sachant pas si elle était assez folle pour tenter de l'attaquer ou non.
Elle avait pris la parole, laissant transparaitre véritablement son insanité : apparemment, elle pensait que le jeune-homme était entrain de pratiquer quelques violents et traumatisants fantasmes tordues sur la petite fille ici-présente. Mais d’où une telle cinglée tirait-elle une telle conclusion ? De nul-part, tout simplement. Tandis qu'il dévisageait la folle-dingue, quelque-chose le frappa, comme un détail qui cloche. Quelque chose dans la voix de cette personne, dans sa façon de se tenir et surtout dans sa gorge ... C'était un homme ! Un petit sourire en coin, Armand prit alors la parole sur un ton faussement neutre et vaguement moqueur.


-"Comme c'est charmant ... Vous faites irruption dans la chambre d''une Clef tandis qu'elle se trouve avec un client, puis vous menacez celui-ci en vous fondant sur vos délires psychotiques pour l'accuser d'avoir agressé une jeune fille ?
Et pour reprendre votre phrasé, si vous le permettez :
Il se racla la gorge. Je pensais avoir déjà rencontré les pires cinglé qui soient la d’où je viens, mais un travelo qui me menace avec des ciseaux, je pensais pas que les Abroiséens pouvaient être aussi tarés. Alors vous allez me faire l'immense plaisir de vous calmer si vous ne voulez pas avoir de plus gros problèmes encore."

Un homme qui ressemble autant à une femme avait le don de dégouter le jeune-homme : ne pas assumer être un homme, rejeter sa virilité ainsi que ce que la nature nous a offert, cela lui donnait des frissons de dégout. L'homosexualité était naturelle, mais le transformisme, à moins d'être une vaste blague, avait quelque chose de malsain.
Et puis pour qui se prenait-il ce freluquet ? Sa force physique ainsi que sa qualité à garder son sang-froid étaient aussi élevés que le pourcentage de testostérone qu'il avait dans les veines. Autant dire proche de zéro.
Un ennemi qui se surestime tout en vous sous-estimant n'est même plus un ennemi, tout juste un gêneur.
Armand ne pu retenir un petit rire moqueur tandis qu'il replaçait une mèche vagabonde derrière son oreille.


-"Bien, je vais vous laissez avec Alice, puisque vous semblez si enclin à la réconforter. Personnellement, votre présence m'insupporte, alors je vais aller prendre un verre dans la salle commune pour me divertir. Et peut-être que je raconterais à tous le monde ma mésaventure ..."

Il fit un premier mouvement pour se diriger vers la porte et eu un dernier petit mot doux à l'attention d'Alice, cherchant du regard les yeux de la pauvre demoiselle :

-"Ma chère Alice, n’oublie pas que je peux t'aider si tu le souhaite. Toi, tu n'es pas comme le méchant Travelo : Meadow ne te punira pas pour avoir gâché ta chance de ramener une âme."

Il fit un sourire méprisant à l'inconnu et tourna les talon avant de disparaitre derrière la porte, se dirigeant vers la salle commune. Maudit soit ce travelo qui fiche en l'air tous ses plans. Mais Armand ne se faisait guère de soucis : entant que Clef, l'autre zigoto ambiguë avait commis une erreur. De plus, il était intimement persuadé que même une fois la suggestion hypnotique dissipée, Alice ne pourrait s'empêcher de revenir le voir ...
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MessageSujet: Re: Innocence, idole des puissants. Lun 25 Juin - 22:48

    S’enfermer dans l’imaginaire pour ne pas avoir à faire avec la réalité, c’était bien lâche comme réaction, mais pour Alice c’était une question de survie. Cela fait fort longtemps qu’elle vit comme ça, que pour elle, l’imaginaire est devenue habituelle, sa nouvelle réalité. Elle n’imagine même pas qu’une autre réalité puisse exister, hormis quand ses petites pilules multicolores ne font plus effet et qu’elle a affaire pendant quelques minutes au vrai monde. Ce monde qui la terrorise, dont elle en avait oublié l’existence. Peut-être que Wonderland et Meadow lui cache la sombre et cruelle réalité en la laissant divaguer ainsi, en la laissant croire ainsi, mais à vrai dire, c’est peut-être mieux pour elle. Alice ne supporterait sans doute pas de revivre dans le monde réel vu son passé, s’assommer de médicament et vivre dans son monde idyllique lui suffisait et ne la laissait pas aussi amorphe que si elle était restée dans cet horrible hôpital. Elle était toujours recroquevillée sur elle-même, contre le mur, ses mains contre son crâne, s’efforçant de ne plus faire attention à cette horrible voix qui ne lui contait que mensonges sur mensonges. Elle ne faisait même pas attention à ce que lui disait Armand, elle tentait de lutter du mieux qu’elle le pouvait contre cette voix, elle voulait la chasser de sa tête, cette voix stridente venait de lui enlever son monde en quelques secondes. Elle espérait qu’elle ne l’avait pas chassé à jamais, comment ferait-elle sinon ?

    Ce sont des bras qui viennent l’encercler qui la firent sursauter, reprenant conscience du monde qui l’entourait. Elle releva la tête et croisa le regard d’une personne qu’elle n’arrivait ni à situer, ni à définir. Elle avait l’impression de l’avoir déjà vu quelque part, mais sans la connaître pour autant. Elle jeta un coup d’œil à la petite table de chevet près de son lit et attrapa d’une main tremblante la petite boîte rose qui contenait ses bonbons. Elle l’ouvrit difficilement et en avala six, six petits bonbons multicolores. Elle jeta la boîte sur son lit et fila se recroqueviller dans le coin de sa chambre, observant la scène d’un peu plus loin. Elle remonta ses jambes contre elle et les encercla de ses bras, posant son menton sur ses genoux. Son regard se fit plus vague, son expression faciale beaucoup moins anxieuse et terrorisée, ses membres étaient moins crispés et un léger sourire qui lui donnait l’air absente, orna ses lèvres : ses pilules faisaient effet. Son monde allait revenir petit à petit … ou pas. L’homme qui faisait face à l’étrange personne armée de ses ciseaux à découpage dégageait quelque chose de malsain, une légère ombre noire. Alice n’aimait pas le noir, ça faisait fuir ses petits lapins et c’était triste comme couleur. Elle pencha un peu sa tête sur le côté et regarda ses petits crayons de couleurs qui étaient sur la table derrière les deux individus. Elle aimerait bien aller faire des coloriages, avec plein de couleur, dessiner des châteaux et de jolis animaux.

    Elle reporta son attention sur Armand quand celui-ci l’appela et prononça le nom de Meadow. Elle connaissait ce nom, mais à qui pouvait-il appartenir ? Elle ne savait même plus de quoi il parlait quand il parla d’âme, qu’est-ce que cela pouvait-il bien être ? Elle le regarda partir et releva les yeux vers la personne qui était toujours au milieu de la pièce, les ciseaux en main, elle se releva doucement et trottina vers lui.

    « Tu veux faire du découpage, c’est ça ? Moi je voudrais faire des coloriages et du dessin avec plein de couleurs … viens. » dit-elle en attrapant un pan de son débardeur, l’emmenant vers la table basse près de son armoire. Elle s’assit parterre, le forçant à faire de même et attrapa une feuille blanche qu’elle lui mit entre les mains « Tiens, pour les découpages » dit-elle aussi sérieusement qu’elle le pouvait. Elle s’installa en face de lui et attrapa une autre feuille blanche, prit un crayon de couleur et commença à dessiner. Un mouvement à côté d’elle la fit s’arrêter et elle attrapa son petit lapin rose dans ses bras, le posant sur la table. « Ah, tu étais caché où ? tu m’as fait peur, je croyais que tu t’étais enfuis, c’est le monsieur de tout à l’heure qui t’as fait peur, c’est ça ? » Elle regarda autour d’elle, tout était en train de redevenir normal, enfin normal pour elle. Son monde à elle revenait. Elle jeta un coup d’œil à la personne en face d’elle. « Dis, tu sais qui est le Meadow dont parlais le monsieur de tout à l’heure ? » C’était un peu dur de suivre Alice quand elle venait de prendre ses pilules, vu qu’elle oubliait une partie de ce qui s’était passé juste avant. Elle se reconcentra sur sa feuille et commença à dessiner un grand château, avec des arbres et plein d’animaux, des fleurs aussi. Elle tourna la tête et regarda la rivière de chocolat glisser derrière elle, elle en proposerait bien à … à qui déjà ? Elle ne savait même pas son nom. Elle se pencha un peu vers lui, la bouche légèrement ouverte comme une enfant un peu trop curieuse. « Dis, dis, c’est quoi ton nom ? tu voudrais boire du chocolat dans mon monde ? mais y a pas que ça, y a des papillons, des lapins et puis des fleurs qui chantent… tu veux, tu veux, dis ? » elle recula un peu et attendit impatiemment sa réponse, elle reprit son dessin en attendant.


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Silver SilentCryavatarprofil +
MessageSujet: Re: Innocence, idole des puissants. Ven 27 Juil - 18:52

La folie est un cadeau du ciel. Bien heureux sont les fous, à cultiver leurs jardin de merveilles sans queue ni tête, à ne pas avoir à s'engager dans une lutte sanglante avec la réalité. Les plus grands des Hommes étaient fous, acceptés par une société qui croyait voir du génie. Car la folie est génie. Au pays pays des malades manteaux, les fous sont les rois. Et Alice était la reine incontestée de son univers. Les premières sensations heurtèrent de plein fouet l'esprit hypersensible de Silver. Un sifflement s'empara de ses oreilles un bref instant, le faisant sursauter, avant de s'évanouir aussitôt, le plongeant dans une sorte de torpeur apaisante qui l'empêcha de cracher insultes et venin sur cet inconnu à la grande gueule qui se permettait de lui reprocher son apparence pas vraiment intentionnelle. Des problèmes? Il en avait déjà. Et ce n'était certainement pas le Gérant qui allait pouvoir le sermonner. Pas de maître, personne pour l'éduquer. Trop précieux pour être frappé ou puni. Une Clef, on en croise pas tous les jours en se promenant dans un parc. Quoi de plus dangereux dans cette maison qu'un électron libre...? Et bien... Un électron libre capable de télékinésie et doté d'un sale caractère, en fait. Autant dire que l'adulte avait de la chance que la créature instable se soit retrouvé assommée par les pouvoirs de la jeune Alice. Silver en colère, c'est une créature qui bondit et se déplace à une vitesse improbable pour vous sauter à la gorge. Attendez, deux petites minutes... Depuis quand laissait-il un inconnu aussi tordu que celui ci le critiquer de la sorte? Seuls ses proches en avaient le droit. Seuls ceux qui pouvaient affirmer le connaître réellement. Mince catégorie de personne si on jugeait le fait que Silver lui-même se perdait dans ce qu'il était et n'était pas. Pris d'une étincelle de lucidité, il leva vivement le menton vers la porte qui venait à peine de laisser passer l'homme exécrable et la rejoignis en à peine quelques enjambées, y passant sa tête pour aller piailler à l'intention du gêneur.

"Vas donc balancer, pervers à la manque, j'men contre-balance! Et le travelo s'excuse bien, pour le corps qu'il n'a pas choisis! Et si tu t'approche encore de Alice tu deviendras aussi femme que moi!"

Sous entendu distingué pour lui faire comprendre qu'il risquait de frapper là où ça fait mal, à l'avenir. Il soupira, complètement désemparé. Quel besoin avait-il eu encore de voler au secours d'une gamine. Mais il ne pouvait rien y faire, il était comme ça. Voir les autres dans une situation de détresse et rester sans rien faire était impossible pour lui. Il n'était pas comme son amant qui "l'éduquait" presque de cette manière. Il n'était pas encore assez amer pour prendre plaisir à contempler la souffrance des autres. Et maintenant? Que faire? Il pouvait toujours jouer le super héros et disparaitre avec classe - ou non - sans plus de cérémonie. C'était encore la meilleur chose à faire. Non pas que cet endroit le mettait mal à l'aise. A vrai dire, c'était même plutôt le contraire. De toute l'Ambroise, en dehors de sa propre chambre et de celle d'October dans laquelle il pouvait néanmoins parfois ressentir un léger malaise, cette chambre lui semblait être un havre de paix. Mais sa précédente intervention, et surtout le fait d'avoir confondu la petite Alice avec son propre cousin, le gênait sans qu'il ne sache vraiment pourquoi. C'était fort peu sympathique, de laisser la gamine toute seule après ça mais c'était encore ce qu'il avait de mieux à faire, pour elle. Il vérifia que l'homme avait bien quitté le couloir aux horreurs et s’apprêta à faire un pas pour sorti, lorsqu'une petite main, vraisemblablement celle d'Alice, vient empoigner un pan de son débardeur pour le tirer en arrière. Pour une jeune enfant, ou plutôt adolescente, la petite blonde avait de la poigne. A moins que les nuits agitées de cauchemars du jeune-homme lui ai finalement pompé toute l'énergie qu'il lui restait... Il se laissa donc docilement entraîné par le demoiselle. Il l'a laissa l'asseoir sans protester, l'instinct maternel en éveil. Elle n'était pas son amour de cousin, mais elle y ressemblait beaucoup. Trop pour le bien de Silver qui laissa ses lèvres vermeilles former un semblant de sourire attendrit à la vue de l'enfant qui lui remis une feuille entre les mains, lui annonçant son utilité avec un adorable sérieux. Il baissa ensuite les yeux sur le dessin qui commençait à prendre forme sur la feuille de la petite, négligeant ses ciseaux, arme de fortune contre un ennemi disparu, et les laissa même choir de sa main pour rencontrer le sol dans un faible bruissement de ferraille. Ses muscles se détendaient étrangement, de nouveau. Un lueur éteinte s'empara alors de son regard, laissant place à un Silver totalement apaisé, chose d'un rareté incroyable, voir même inexistante avant ce jour. Il n'oubliait pas. Il n'oubliait rien de ses ombres, mais elles avaient été reléguée à un plan bien secondaire dès qu'il avait posé le pied dans cette pièce aux merveilles.
L'arrivé d'un compagnon tout en fourrure pour la jeune fille le fit très légèrement sursauter. Quelque part dans son esprit embrumé par une douce fumée rose se débattait la créature qui tentait de le garder sur le qui-vive, en vain. Rein à faire, il était aussi embué que dans une nuit d'ivresse et d'amour dont il se délectait avant de regretter à nouveau. Mais cette fois, cette brume avait quelque chose de plus enfantin. D'innocent. L'innocence existait encore quelque part à l'Ambroise. Cet endroit en était la preuve. Il perdit son sourire lorsque la gamine lui posa une question, affichant cet air d'adolescent paumé et désabusé qu'il avait généralement au réveil. Meadow? Le nom lui rappelait vaguement quelque chose. Quelqu'un d'important ici, mais qui se faisait certainement si discret qu'il n'avait jamais pris la peine d'en savoir plus... Quelle importance de toute façon. Pour que cet autre illuminé de service en parle, c'est que cela devait très certainement être sans intérêt. Il fit rouler ses yeux dans ses orbites, comme l'aurait fait une poupée de porcelaine cassée, et reporta son attention sur la jeune fille qui lui quémandait à présent son nom. Il se mordilla la lèvre une fraction de seconde avant de répondre d'une voix plus grave qu'il n'aurait dû, que lui-même ne reconnaissait pas.


"Silver... Je crois. Je sais plus."

Arrière goût de déjà entendu mais impossible de mettre un nom sur la voix grave dans sa tête qu'il venait d'imiter pour prononcer des paroles qu'il avait déjà encaissées. La jeune Clef leva le nez vers le décors enchanteur, ne s'émerveillant nullement devant la rivière de chocolat, l'ambiance rosée et le lapin d'une couleur insolite. Il sourit à l'invitation de Alice et lui tendis la main, s'enfonçant un peu plus dans ce monde grotesque et rassurant.

"Fais moi connaître ton monde, Alice..."

________________
Si je regarde en arrière, qu'obtiendrais-je de mon passé ?
Que m'apprendront ces réminiscences, ces souvenirs troublés ?
Sur la route de l'aurore, je marche sans m'arrêter.
Vers la lumière de mon avenir et de ma vérité.
La chaîne de mes souvenirs jamais ne se brisera.
Je garderai chacun de ces liens au plus profond de moi...
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