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Partir - Peter Pan

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Liliaceaeavatarprofil +
MessageSujet: Partir - Peter Pan Ven 13 Mai - 17:42

    Une brise légère secouait les morceaux de toile s’accrochant encore à l’ossature moisie du Jolly Roger. Liliaceae n’appréciait pas particulièrement cet endroit, se rappelant les nombreuses heures de tortures psychologiques qu’elle ne prenait jamais vraiment au sérieux. Si seulement ils avaient tous fait plus attention à chacun des habitants de Neverland… L’Indienne frissonna. La brise était devenue glacée. Lili plaqua sa tunique faite du même matériau que ces voiles là-haut et soupira. Ce qu’elle était venue faire ici n’avait rien à voir avec un larcin. Ses pillages étaient justifiés, tout se cassait, se détériorait beaucoup plus vite qu’auparavant, elle devait remplacer plus souvent le tissu de son tipi ridicule, perdu au milieu de la forêt, dans lequel elle ne vivait guère. Ses nuits étaient aussi longues que ses journées et elle errait dans le silence, seule habitante de ce monde sans fin, où la vie perd son sens et rend fou. Où le temps n’existe pas et où l’ennui n’est pas un mot. Pourtant, sans le savoir, Lili s’ennuyait et devenait folle, inventant mille façons de se venger, puisqu’elle n’avait plus que ça pour survivre.
    Elle se dirigea vers le filet de beaupré et se laissa tomber à l’intérieur. Son petit corps s’envola de quelques centimètres quelques secondes avant de complètement s’échouer dans la toile d’araignée. Elle passa ses mains liées sous sa nuque et observa un instant le ciel. Il n’était plus bleu, mais pas complètement blanc. Margaret était arrivée depuis voilà des mois, et petit à petit, elle avait l’air de se faire apprécier. Lili ne pouvait s’empêcher de penser, peut-être que dans un mois, deux, un an, Neverland renaîtra de ses cendres. Bien sûr, elle ne se sentait pas prête à pardonner à Peter, ce qu’il lui avait fait était ignoble et il n’avait eu aucune raison de le faire. Lili avait toujours été de son côté, même lorsqu’il faisait d’atroces caprices. Elle l’écoutait car il était l’Âme de Neverland, et qu’elle n’imaginait plus ce pays avant son arrivée. Il n’y avait jamais eu d’avant Peter et d’après Peter pour elle, rien qu’un Peter. Il avait sans doute vécu d’horribles aventures – d’horribles choses –, mais était-ce là une raison pour passer ses nerfs sur un peuple qui n’avait jamais rien fait que devancer ses envies et accomplir ce qu’il devait accomplir ? Lili ne comprendrait jamais et Princesse Lili ne pourrait jamais pardonner.

    Le vent agitait le filet et faisait rouler, tanguer la jeune fille de droite à gauche, de gauche à droite. Lili croisa ses jambes et se laissa aller. Cela faisait longtemps qu’elle maintenant son esprit alerte et ses jambes prêtes à courir. Elle était tendue, droite comme un piquet, sur ses gardes, elle n’avait pas été tranquille. Respirer juste l’air et se détendre. Elle n’était pas venue sur ce bateau puant pour se reposer. Elle attendait quelqu’un. N’importe qui. Certes, elle avait bien quelqu’un en tête et ce n’était pas dur de deviner qui ; mais si la Maudite se présentait, avec le Capitaine de ce bateau, Lili ne serait pas mécontente. Elle pourrait arracher les tympans de ces charmants anglais tout neufs en appelant, hurlant après Peter. Ce dernier ferait ce qu’il voudrait. Avec une once d’humanité, peut-être les bénirait-il et bouderait jusqu’à la fin des temps. Alors l’Hiver ferait place à l’Automne, parfois même un Printemps doux. De toute façon, Lili n’avait jamais aimé l’Été, trop chaud, trop suffocant. Elle se rendit compte que cela venait à penser qu’elle n’aimait pas lorsque Peter était trop heureux. … Trop amoureux. Cette idée partit aussi vite qu’elle était arrivée, par l’aquilon glacé.

    Si elle était venue ici, c’était d’abord pour attendre le Maître. Lui ne la voyait pas – ou peut-être elle était si peu prudente ces derniers temps –, mais elle, elle le filait, le suivait, l’observait. Elle ne pensait pas à son plan mortel, ses envies suicidaires. Son esprit était vide lorsqu’elle regardait Peter entrer dans le Chêne, en sortir, attendre, patienter qu’un bout de chevelure rousse apparaisse devant ses yeux. Ces moments étaient pour elle privilégiés, elle oubliait, non, rangeait dans un coin de sa tête sa passion du morbide et se croyait encore enfant, chassant un ami d’enfance qui faisait semblant de ne pas la voir mais lui tombait dessus quand elle ne s’y attendait plus. Ils roulaient alors sur le sol, riant et se chuchotant de fausses menaces. Mais aujourd’hui, elle cherchait encore son ami d’enfance et n’arrivait pas à le trouver. Ce n’étaient que des souvenirs, des souvenirs heureux, mais des souvenirs passés, ternis. Comment oublier ? Comment oublier les atrocités, les trahisons quand on ne sait pas quoi se reprocher, quand on a été loyal et droit, juste et honnête. Tout ça était incompréhensible et Lili décida de cesser de se torturer. Chassez le naturel, il revient au galop…

    Elle roula sur le ventre et avait l’impression de pouvoir toucher la mer gelée sous ses yeux, juste à quelques mètres du filet. Elle souleva la masse de cheveux sur son dos et les ramena sur son visage, le recouvrant entièrement. Elle ferma les paupières et rêvassa. Elle songeait aux autres Mondes, à leur Maître, leurs Clefs. Elle soupçonna Peter d’être le seul Maître malheureux d’un royaume aussi beau et vaste quand il n’était pas enneigé. Si Liliaceae avait été Peter, elle aurait laissé un Printemps sans fin, laissé ses habitants en paix et aurait remplacé Wendy par une adorable Clef. Une gentille Clef. Elle n’aurait pas laissé ses Clefs à l’Ambroise ! Les gens auraient voulu retourner, aller à Neverland parce que le temps n’avait pas d’emprise sur lui et qu’il faisait bon y vivre. Pas d’esclave, pas de contrainte, juste s’amuser, juste s’amuser. Liliaceae voudrait aller ailleurs. Pas pour toujours. Son âme d’Indienne – une loyauté presque canine – l’empêchait d’être vraiment indépendante. Peter, Neverland, sa forêt, sa clairière aussi maudits soient-ils dans le cœur de la jeune fille agissaient comme un aimant. Mais aller sur Terre, là d’où ils viennent tous, même Peter peut-être, voilà ce qu’elle désirait plus encore que sa vengeance. Elle n’avait jamais ressenti le besoin de quitter Neverland, pourtant aujourd’hui plus de peuple, plus de Grand Chef, plus rien et Lili tourne en rond comme un lion en cage. Lili la Tigresse voudrait retrouver la Maudite et l’observer vivre avec son Capitaine, se lamenter, pleurer ensemble leur bébé perdu. Voir ce que l’amour pouvait construire et la haine détruire. Voir une maison chaleureuse, seulement allumé par le feu de la tendresse réciproque, de la protection. Sans savoir ce qu’il se tramait sous ce nom, Lili avait souvent entendu parler d’amour, ne serait-ce qu’en écouter Père parlait de Défunte Mère avec un regard lointain. Elle pensait pouvoir comprendre, en contemplant les visages désolés mais tournés l’un vers l’autre, qu’elle n’avait été que sacrifiée, pour l’amour d’une famille.

    Il fallait que Peter la permette d’aller voir.
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MessageSujet: Re: Partir - Peter Pan Mar 17 Mai - 17:12

On ne pouvait moins équilibré que Peter en ce moment. Tout son être était remplie par quatre petits mots: Justice. Vengeance. Feu et Sang.

Et il oeuvrait chaque seconde à cette fin. Il s'ingéniait à parfaire un chaos complet non seulement à Neverland, mais à Ambroise également. Evidemment l'idée que Wendy puisse regretter d'avoir choisi Hook était le fuel le plus important de son entreprise. C'était ce à quoi il aspirait avant toute chose.

Qu'elle regrette et qu'elle le supplie. Qu'elle soit à genoux devant lui, des larmes dans les yeux et les mains jointes. A lui.

L'image déclencha une vague de chaleur dans le creux de son ventre et Peter dévia légèrement afin d'éviter un cumulus.
A vrai dire, maintenant qu'il était en train d'orchestrer la discorde au sein des différents pays, il se surprenait à aimer ça. La sensation d'être le point de départ d'un écroulement total le rendait presque heureux. Il n'aurait jamais pensé que partager le chaos et le désespoir pouvait être aussi plaisant.

Peter freeza un instant en l'air, laissant le vent balayer à tout va ses cheveux flamboyants. Comme ça, à la lueur su soleil couchant et avec un vent vernissé fouettant avec art ses vêtements, il aurait presque pu passer pour séduisant. Il ferma un bref instant les yeux et écouta avec attention son pays mugir sous lui. La forêt hurlait silencieusement sous le poids du givre qui ne laissait aucune chance aux bourgeons d'éclore. La mer se montrait menaçante et le vent grondait tranquillement ses promesses de sang à vos oreilles avec une constance parfaite.

C'était bon.

C'était sublime.

Il ré-ouvrit lentement ses paupières et jeta un air dédaigneux vers le Chêne plus à l'ouest. Ses clefs l'y attendait peut-être. Il ne savait jamais vraiment. Parfois elles travaillaient à Ambroise, parfois elles étaient déjà à Neverland. Contrairement à certains autres maîtres, Peter ne les surveillait pas de trop prêt à ce niveau là. Il avait une certaine confiance en Tink. Elle l'avait toujours suivi malgré tout. Elle était le début et la fin de Neverland autant que lui si ce n'était plus. Quand à Margaret leurs liens était pour l'instant trop intense pour qu'il en soit autrement.
Non, il n'irait pas au Chêne de suite. Le Jolly Roger avait besoin d'un nouveau Second maintenant que le dernier avait fini dans le ventre du crocodile (il avait parlé de Hook en des termes trop flatteurs pour que Peter passe outre).

Hook tenait un cahier précis avec les noms de son équipage. Il y trouverait sans doute une idée à l'intérieur.
Les pirates étaient ceux qui s'étaient accoutumés le plus rapidement aux changements survenus au sein de Neverland. Comme Peter maintenant, ils survivaient grâce au chaos. Un peu plus, un peu moins ne les bouleversaient pas outre mesure.

Peter posa un pied léger sur le pont. Personne n'était présent sur le Jolly Roger. Evidemment puisque le gros de l'équipage avait désormais résidence sur le Fer Vengeur. L'autre navire de la nouvelle flotte qu'était en train de construire Peter.

L'odeur salé de la mer chatouilla ses narines et il regarda l'horizon avant d'esquisser un sourire métallique. Bientôt les choses seraient différentes pour tout le monde. Il était presque excitant de goûter le calme environnant.

Les gens viendraient sans doute à regretter l'hiver dans lequel se trouvait Neverland à l'heure actuel.

Parfait.

D'un mouvement souple, Peter s'apprêtait à descendre dans la chambre du capitaine quand une odeur distincte de mousse et d'herbe l'arrêta. Ici il n'y avait que la mer. L'odeur rance de sueur que traînait les hommes elle même était toujours camouflé par la suprématie de l'iode et du froid.

Quelque chose. Quelqu'un. du continent était à bord. Et pas très loin.

Il la vit rapidement à peine à quelques pas. Caché derrière le rideau sombre que lui fournissait son abondante chevelure. Il ne chercha pas à masquer sa présence et glissa nonchalamment vers elle.

" Altesse Lili, Princesse des bouts de bois et des feuilles fanées..." fit-il d'une voix teinté d'ironie mordante, comme à chaque fois qu'il s'adressait à elle, "... je ne savais pas que vous désiriez changer de carrière. Néanmoins j'approuve. Vous feriez un si bon pirate."
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MessageSujet: Re: Partir - Peter Pan Mar 17 Mai - 19:03

    Des bruits. Lili régla son ouïe sur méga puissant et patienta. Elle ne craignait plus grand-chose. Elle n’avait jamais craint grand-chose. Elle avait connu une période de trouble intense, de feu rouge et de flammes si hautes qu’elles brûlent un arbre entier. Ensuite, elle avait nagé dans une colère sourde, noire. Et puis à la vue de cheveux roux, elle s’enflammait elle-même. Aujourd’hui, et pour la première fois, elle faisait abstraction. Ses rêveries la poussaient plus loin que les rochers aux sirènes, plus loin que la chaleur du Chêne autrefois. Plus loin que sa forêt, plus loin que Neverland. Elle commençait enfin à s’ouvrir à autre chose que la fureur d’un Maître dont on a blessé l’orgueil. Elle grandissait à vue d’œil. Et même si elle ne le voulait pas, son corps et son esprit s’élevaient plus haut que la plus haute branche du plus haut sapin.

    Quand elle entendit la voix ironique battre ses tempes, elle frissonna. Lui plus que tout autre chose à Neverland, elle désirait le fuir, mais une part d’elle-même, inlassable, s’entêtait à demeurer près de lui.

    « … Vous feriez un si bon pirate. »

    L’Indienne releva sa chevelure et se releva en prenant tout son temps. Intérieurement, elle n’était que lave en fusion, ravageant tout sur son passage, dévorant ses émotions, la laissant pantelante et indécise. Extérieurement, elle voulait paraître calme et détachée. C’était l’attitude qu’elle jugeait adéquate pour pouvoir parler à égalité avec Peter.

    « Je sais très bien que tu n’en penses pas un mot. Peu importe ce qu’il arrive à la pauvre petite Lili, elle retombe toujours sur ses pattes. Ou pas, de toute façon, tu t’en fiches. On s'en fiche pas mal de la Princesse désargentée. »

    Liliaceae avait parlé d’une traite, comme à chaque qu’elle ouvrait les lèvres pour autre chose qu’un grognement ou un soupir. Elle calma sa respiration, avala l’air par le nez, la bouche, tous les pores de sa peau ayant l’air de s’ouvrir et se fermer à vive allure.

    Elle s’avança plus proche de Peter, sortant du filet instable pour aller à un élément plus instable encore. Elle garda tout juste une distance de sécurité, derrière elle un mat s’élevait, comme une sortie de secours à une discussion un peu trop gênante.

    « Je voulais te dire, Peter, chuchota-t-elle d’une voix un peu trop basse pour son goût, j’avais quelque chose à te demander, c’était indispensable, mais tourner autour du sujet sans le frôler était comme une boule de feu qui brûlait les doigts de Lili, comme une faveur… »

    Elle se triturait les doigts sans cesse, grattait la boue séchée sous ses ongles, frottant la pointe de son pied sur le bois du bateau, lui implantant mille échardes. Elle ne sentait plus son corps, anesthésié. Pour elle, demander quelque chose à Peter revenait à lui implorer cette chose. Elle ne se souvenait plus de la dernière fois où elle lui avait demandé quoi que ce soit, car cela remontait à trop longtemps.

    Elle n’avait jamais eu si envie d’une chose que ses mains ne pouvaient toucher.

    « Si tu me l’accordes, Peter, je ferai ce que tu désires, je disparaîtrai. Je peux le promettre sur ma Place au Grand Ciel. »

    Bien sûr, elle n’avait aucune envie de disparaître à tout jamais. Elle n’oubliait pas son plan et n’avait pas l’intention de remplir sa part du marché. Sa Place au Grand Ciel était déjà occupée depuis un siècle, par une femme plus méritante, plus honnête. Tout ce que Lili ne voulait pas être à cause de son envie d’effacer Peter de l’univers, cette femme l’était, un peu comme une benne à ordures de Sentiments Honorables.

    « Je te le dis sans détour. Je le dis au Maître, celui qui a le pouvoir, et je m’adresse à cette personne en tant que simple habitante. Oublie qui je suis, de quel rang je descends. Entends juste ma prière : un de vos sujets aimerait descendre sur Terre. »

    Ne pas dire : « Descendre sur Terre voir la Maudite ». Ne pas le dire. Sinon, elle échouerait, elle le savait. Si pour elle, W. était la Maudite, qu’était-elle pour Peter ? L’enfant capricieux qui perd son jouet, peut-être même qu’il l’aimait ? Le cœur de Lili se serra. Ses poings se serrèrent. Elle serra les dents. … Et on plonge.
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MessageSujet: Re: Partir - Peter Pan Mar 17 Mai - 21:15

La jeune femme passa une main sur ses longs cheveux noirs et les remis en place d'un geste assuré. Si différent de Wendy.
Cette dernière avait toujours eu des cheveux coiffé à l'anglaise avec de larges boucles. Couleur miel. Peter tâcha de s'en souvenir mais l'image était brouillé et cela l'ennuya plus qu'il ne le montra sur le moment.

Lili faisait un effort visible pour se montrer d'humeur égale ce qui n'impressionna guère Peter. En d'autre circonstances il aurait trouvé son attitude présente des plus charmantes. Lili avait toujours été un être de feu: tout transparaissait avec elle. Et il y avait une large palette d'émotions chez la Princesse des Peaux Rouges. Elle se montrait parfois plus colérique et jalouse que Tink.

Peter la laissa s'approcher sans bouger d'un iota. Sans réellement écouter les premiers mots qu'elle lui assénait non plus.

Non.

Il plissa des yeux, tâchant de l'imaginer avec de longs cheveux rouges. Cela ne lui irait pas trop mal.

Il allait falloir conserver cette option dans un coin de son esprit pour peu que l'entreprise avec Mélody ne fonctionne qu'à moitié. La sirène d'Atlantis se montrait plus résistante que prévue mais peu importait à Peter.

" Je voulais te dire, Peter..."

Oh? Peter fronça légèrement ses sourcils translucides montrant par là qu'elle avait son attention. Elle allait surement lui jeter de nouveau à la figure comme quoi il avait tué son peuple, comme quoi il devait lui demander pardon, honorer la mémoire des Peaux Rouges etc... autant de bêtises dont il commençait à se lasser mais dont il ne lui tenait pas plus grande rigueur.

Après tout, il avait réellement massacré ses gens.

"... j’avais quelque chose à te demander, comme une faveur… "

Était-il en train de rêver ou était-elle en train de lui murmurer ces mots? Une faveur? Et demander si... humblement.

Voilà qui était intéressant et inattendu! Un sourire altier allongea les lèvres de Peter tandis qu'il croisa doucement ses mains derrière son dos.

" Si tu me l’accordes, Peter, je ferai ce que tu désires, je disparaîtrai. Je peux le promettre sur ma Place au Grand Ciel. "

Connaissant Lili c'était donc là une proposition sérieuse. Cela aurait été mensonge de ne pas avouer que Peter était dorénavant intéressé. Quoique Lili avait en tête, elle y tenait.

Peter découvrait rapidement qu'en sachant exactement ce que chacun voulait réellement, on arrivait à faire de bonnes affaires.

" Je te le dis sans détour. Je le dis au Maître, celui qui a le pouvoir, et je m’adresse à cette personne en tant que simple habitante. Oublie qui je suis, de quel rang je descends. Entends juste ma prière : un de vos sujets aimerait descendre sur Terre."

Peter eut un court rire amusé. Elle voulait passer par Ambroise et rejoindre ce qu'ils avaient appelé le Monde des Adultes fût un temps? En voilà une requête des plus étranges.

Le rouquin glissa ses doigts trop fin, trop long, qui faisait penser à une araignée blanchâtre dans les cheveux de jais de Lili.

" Tu veux quitter Neverland Lili? Partir loin de moi?" fit-il en jouant avec la pointe de ses mêches. " Je ne vois vraiment pas quelle pourrait être mon intérêt là-dedans."
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MessageSujet: Re: Partir - Peter Pan Mer 18 Mai - 16:29

    Un sourire étira les commissures du rouquin comme Lili parlait. Il mit ses mains derrière son dos, comme un geôlier qui visite ses cellules. Un bon petit soldat, c’est ce que Lili était.

    Cela ne présageait rien de bon et l’Indienne jeta par sécurité un coup d’œil au mat derrière elle. Elle était vraiment mal à l’aise, se sentait trop près de Peter et n’aimait pas la tournure que prenait leur discussion. Et quand il ricana alors qu’elle terminait sa phrase, elle se figea. Elle observa la main de Peter s’avancer vers sa tête et plissa les paupières, attendant de se faire frapper. Sa mâchoire se décontracta lorsqu’elle sentit seulement ses doigts dans ses cheveux. C’était mieux que rien, mais Liliaceae eut honte de sa tenue, de sa saleté. Peter avait toujours l’air d’un enfant qui avait volé un costume à son grand-père, mais il était propre et n’avait pas l’air d’un sauvageon. La tignasse de la Tigresse était emmêlée, pleine de brindilles, et elle devait sans doute empester à des kilomètres à la ronde. Son visage n’était jamais immaculé, toujours recouvert d’une pellicule de poussière et traversé par des traces de terre.

    Au-delà de l’incommodité dans laquelle elle se trouvait, Liliaceae n’en pouvait plus. Elle respirait fort, essayait de calmer les battements puérils de son cœur et la chair de poule qui menaçait de grimper à ses épaules. Le frisson qu’elle ressentait quand elle se trouvait proche de Peter la gênait et elle se sentait faible et fragile.

    Au secours.

    « Tu veux quitter Neverland Lili ? Partir loin de moi ? Je ne vois vraiment pas quel pourrait être mon intérêt là-dedans. »

    Lili haussa les épaules. Elle n’avait pas pensé à trouver un intérêt. C’était ce qu’elle voulait, et elle pensait un peu naïvement qu’avec de la volonté et de la gentillesse, Peter lui accorderait son souhait.

    « Je ne suis jamais partie. Je n’ai jamais quitté Neverland, Peter, parce que nous étions ensemble. Je m’amusais bien, s'étrangla-t-elle. Je ne veux pas fuir l’endroit que j’aime le plus au monde, je veux simplement savoir ce qu’est le monde. Cette île est ma prison, laisse-moi y aller, me rendre compte que rien n’est si bien que Neverland pour mieux revenir », acheva-t-elle lentement.

    Dans un geste d’une intense sérénité, elle caressa de sa main droite l’avant-bras de Peter qui se trouvait au-dessus de sa tête et en saisit le poignet fin. Elle fit descendre leurs deux mains et lâcha à regret cette peau qui ne ressemblait guère à celle qu’elle avait connue. Toujours avec la même main, elle agrippa son épaule gauche.

    « Ma vie n’a jamais eu aucun intérêt pour toi. Je ne fais que me mettre dans tes pattes. Pourtant, je suis toujours là. »

    Lili était infiniment triste à présent. Elle avait envie de le supplier à genoux. Mais elle ne savait pas pourquoi. Elle se sentait tellement vide, inutile. Elle ne savait pas pourquoi elle était là, à vouloir aller ailleurs, quel but elle poursuivait sans cesse. Ou plutôt, elle doutait de la possibilité de son but, de la validité de ses rêves. Elle ne savait plus pour quoi, pour qui elle se battait, pourquoi elle ne se laissait pas aller sur le sol et se laissait mourir, tout simplement. Pourquoi elle avait toujours cette rage de vivre, cette soif de vengeance. Elle savait que les Esprits de son peuple déconseillaient d’agir dans l’idée d’une vendetta, mais c’était plus fort qu’elle. Elle voyait son corps agir mais ses pensées étaient loin, peut-être même déjà parties.

    Elle était écœurée, abattue, démoralisée.
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MessageSujet: Re: Partir - Peter Pan Jeu 19 Mai - 9:17

" Je ne suis jamais partie. Je n’ai jamais quitté Neverland, Peter, parce que nous étions ensemble. Je m’amusais bien. Je ne veux pas fuir l’endroit que j’aime le plus au monde, je veux simplement savoir ce qu’est le monde. Cette île est ma prison, laisse-moi y aller, me rendre compte que rien n’est si bien que Neverland pour mieux revenir."

Hum. Ça ne lui disait rien qui aille. Il avait des projets pour Lili et elle sur Terre n'en faisait définitivement pas partie. Qu'elle le veuille ou non elle était d'extraction noble et pouvait donc servir.

Peter la toisa silencieusement tandis qu'elle passa ses doigts graciles et sales sur sa peau jusqu'à son poignet.

La laisser faire restait dangereux. S'il advenait aux oreilles d'autre maîtres qu'il avait laissé une habitante de son propre monde s'échapper, ça n'irait pas sans ternir sa réputation. D'un autre côté, elle avait juré sur sa place au Grand Ciel qu'elle lui reviendrait. Sauf que les promesses ou la confiance, on avait bien vu où cela menait avec Wendy...

Il sentit une pression légère sur son épaule et baissa son regard cobalt sur celui brun et insondable de la jeune indienne.

" Ma vie n’a jamais eu aucun intérêt pour toi. Je ne fais que me mettre dans tes pattes. Pourtant, je suis toujours là."

Les traits de Peter se crispèrent. Cela faisait plusieurs fois qu'elle répétait cette litanie et il avait espéré qu'elle cesserait à la première. Il n'allait certainement pas la laisser débiter des âneries à son égard aussi tranquillement.

" Ce qui a ou n'a pas d'intérêt pour moi n'est pas de ton ressort. Tu n'as pas à t'en mêler ni à extrapoler ce qui n'a pas lieu d'être." fit-il froidement avant de laisser à nouveau un long silence s'étirer, inconscient de la proximité de leurs corps.

Peter réfléchissait. Faire plaisir à Lili était le cadet de ces soucis mais elle avait parlé de faire ce qu'il voulait. C'était une chose de contraindre, s'en était une autre d'avoir quelqu'un à sa disposition. Et Lili pouvait être un atout considérable: elle était jeune, vaillante, noble et belle.

A cette pensée, Peter fronça son nez aquilin. Si elle voulait aller passer par Ambroise, il allait falloir qu'elle s'arrange un bout. Même si personnellement, il aimait bien ses cheveux emmêlés, sa tenue sale et la poussière qui recouvrait d'un fin duvet son visage.

Tink. Tink l'accompagnerait à Ambroise. Ensuite... il fallait la faire surveiller. Même sur Terre.

Il pourrait aussi engager un mercenaire... Lucius s'il n'était pas déjà occupé serait un bon plan. Mais il était or de question de la laisser sans surveillance une fois sur Terre.

Oui. Il allait lui donner ce qu'elle semblait crever d'envie d'avoir mais il ferait en sorte de ne prendre aucun risque non plus. Il était plus ou moins confiant avec ses clefs parce qu'il les pratiquait depuis un certain temps mais Lili... il venait juste de la retrouver. Et tout ça alors qu'il croyait qu'il l'avait massacré avec les autres.

Ça n'était que du bon sens.

Sa décision était prise mais il ne l'annonça pas tout de suite à la Princesse suppliante prés de lui. Au lieu de cela, il enleva nonchalamment une feuille éparse dans la chevelure de la sauvageonne.

" Et combien de jours d'adulte il te faudrait?"

Le Temps n'avait pas de prise à Neverland. Les saisons pouvaient durer des années et les heures s'allongeaient et rétrécissaient au gré du Maître des lieux mais sur Terre les choses étaient différentes.

La curiosité commençait à pointer le bout de son nez et pour la première fois depuis le début de leurs conversations, Peter se demanda ce que voulait faire Lili là-bas.
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MessageSujet: Re: Partir - Peter Pan Jeu 19 Mai - 17:41

    « Ce qui a ou n'a pas d'intérêt pour moi n'est pas de ton ressort. Tu n'as pas à t'en mêler ni à extrapoler ce qui n'a pas lieu d'être. »

    Lili releva la tête, croisa le regard froid de Peter. Elle était au Printemps de sa vie et s’entichait de qui ? De la seule personne qui arrivait à la dégoûter, d’une personne qui n’arrivait pas à être chaleureux. Elle soupira, dégoutée. Qu’ils étaient loin leurs jeux d’enfants.

    Elle songea à la chaleur d’un foyer, la proximité de corps familiers. Elle pensa à sa famille, la grande famille des Peaux-Rouges et frissonna, se souvenant qu’elle se tenait à quelques centimètres du Destructeur. Peter avait beau avoir ce flegme menaçant, qui arrivait à faire oublier que sous cette facette calme et détachée du personnage se trouvait un être fou, il n’en restait pas moins l’horrible assassin. Liliaceae voulut se donner des claques pour avoir pu penser à lui autrement que comme un ennemi. Il en avait tellement…

    Le long silence qui pesait entre les deux jeunes adultes s’intensifia. Peter avait l’air de réfléchir, et Lili se demandait quelle allait être sa réponse. Si elle était favorable, quelle serait les conditions, que serait-elle obligée de sacrifier, encore. L’Indienne ne voyait plus ce qu’elle pouvait abandonner, ne possédant rien d’autre que la tunique crasseuse qu’elle portait. Elle n’avait rien d’important, avait déjà tout perdu. Qu’allait encore lui retirer Peter ?

    Il retirait une feuille collée à une mèche ébène alors qu’il disait :

    « Et combien de jours d'adulte il te faudrait ? »

    « Veux-tu bien cesser de tripoter mes cheveux, » souffla-t-elle, enragée.

    Cela la déconcentrait, son cœur loupait des battements, elle n’arrivait pas à sentir le vent battre ses tempes et bon sang, ils étaient trop proches !

    Enfin, la naïve Lili assimila la question. Un jour d’adulte, est-ce que cela suffirait ? Qu’aurait-elle le temps de faire avec cette journée ? Où habitait la Maudite ? Quelque part à Loundonne, il lui semblait. Elle avait entendu les Enfants Perdus débattre sur le lieu de naissance de leur “mère”. Certains plus jeunes croyaient même qu’elle était née aussi, comme ils croyaient que la naissance de Peter avait eu lieu en même temps que le Chêne ! Lili savait qu’un enfant ne pouvait pas naître d’un arbre. Elle savait que la Maudite vivait dans un “continent” sur la Terre et que Peter n’avait été que le premier Enfant Perdu. Mais seule Tink connaissait la vérité.

    Elle ne voulait pas en dire trop. Dire le nécessaire, éviter de mentir devant le Maître. Il le devinerait, Lili ne connaissait pas sa capacité de débiter des mensonges. Elle ne l’avait jamais fait. Elle n’avait jamais eu l’occasion de se tester, pas de raison de mentir. Il fallait en dire le moins possible, tout en essayant de pas éveiller la curiosité de Peter. Elle décida de dire la vérité, du moins, une partie seulement…

    « Je ne sais pas le temps que ça me prendra. »

    Elle tenta de croiser l’acier des yeux de Peter.

    « Après tout, je ne suis jamais partie. Après Son départ, tu as laissé Neverland reprendre le dessus sur le temps, marmonna la Tigresse, amère. Je m’étais habituée à ces journées réglées comme du papier à musique, pour que ton Hôte ne soit pas trop dépaysée. Honnêtement, je ne sais pas », finit-elle.

    Comme chaque fois qu’elle s’ennuyait ou patientait devant le Chêne, attendant d’apercevoir Peter, elle plaça ses mains derrière sa nuque et brossa ses cheveux. Elle répartissait sa chevelure en trois grosses mèches de la taille d’un serpent et les tressa. Elle refit ces mouvements trois fois, espérant que Peter hocherait la tête. Et quoi encore… Pourquoi ne pas carrément lui demander une carte de la ville où habitait la Maudite ?
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MessageSujet: Re: Partir - Peter Pan Jeu 19 Mai - 22:30

" Veux-tu bien cesser de tripoter mes cheveux."

Le chuchotis fougueux de Lili lui arracha un rire discret. Il pouvait presque se souvenir d'elle et de leurs jeux d'enfants avant. Elle s'était montré si intraitable la première fois avec...
A dire vrai, il la préférait avec un peu plus de feu dans le regard. Il ne savait jamais ce qu'il voulait: il piétinait les gens mais favorisait aussi leurs rebellions constantes. Chaud, froid. Intense ou calme.
C'était Michael qui lui avait dit un jour que même quand il jouait, il fallait toujours qu'il change les règles en cours de route.

Michael?

Peter secoua légèrement son visage, incertain. Il ne voyait pas qui était Michael. Probablement quelqu'un d'avant. Il avait parfois du mal à remettre tout en place. Le blocage était plus ou moins intense selon les gens. Selon les moments.

" Je ne sais pas le temps que ça me prendra."

Mauvaise réponse chérie. Il fallait être précis.

" Après tout, je ne suis jamais partie. Après Son départ, tu as laissé Neverland reprendre le dessus sur le temps. Je m’étais habituée à ces journées réglées comme du papier à musique, pour que ton Hôte ne soit pas trop dépaysée. Honnêtement, je ne sais pas..."

Les mots résonnaient sèchement dans ses oreilles. Son hôte? elle voulait sans doute parler de Margaret. Et de quelle droit osait-elle seulement mentionner Wendy? Non ... non elle ne l'avait pas fait, elle n'avait pas dit son nom mais elle aurait tout aussi bien pu. Elle savait pourtant non?

Son départ?!

Sa trahison oui! Fourbe! Perfide. Plein de mots venait à l'esprit de Peter mais départ? Ça non. Elle l'avait poignardé dans le dos! Non... pas seulement lui: tout Neverland. Tous. Elle les avait tous abandonné.

" Ma fille. Pas mon hôte. Ma fille. Il va falloir que tu apprennes un peu plus vite les nouvelles règles du jeu parce que je ne suis pas quelqu'un d'une très grande patience. Je ne l'étais pas avant. Ça n'est toujours pas le cas maintenant."

Il frappa d'un geste sec la main de Lili, qui tâchait gentiment de tresser une natte, afin de lui faire lâcher prise.

" Je les préfère libres. Et il vaut mieux que tu t'habitues dés à présent à faire ce que je te demande ou ce que je veut." insista t'il d'une voix où l'on pouvait dorénavant sentir une certaine animosité nerveuse qui s'aggravait à chaque mots. " Parce que je vais te laisser faire ton petit tour sur Terre Princesse Lili. Tink t'y emmèneras. Et tu seras accompagnée. Soit par un homme de confiance, soit par moi-même. Ensuite... ensuite nous reviendrons à Neverland et tu ferais bien de te tenir à notre marché, parce que sinon crois-moi, tu regretteras de ne pas être morte avec ton peuple."

Peter recula sans quitter des yeux Lili. Si jamais elle essayait de le doubler... Une douleur l'étreignit au niveau de la poitrine mais il l'ignora. Les traits de sa mâchoire se contractèrent à nouveaux sous la fureur tandis qu'il prit une nouvelle inspiration avant de parler, un peu plus calmement.

" Demande à Tink ou aux Sirènes de t'arranger. Je ferais passer le mot. Ils ont des standards sur Terre et ils finiraient par te prendre pour une mendiante si jamais tu débarquais comme ça. Quand tu seras prête, tu viendras au Chêne."

La conversation allait s'arrêter là. Il était prêt à partir.

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MessageSujet: Re: Partir - Peter Pan Mar 31 Mai - 18:21

    « Ma fille. Pas mon hôte. Ma fille. Il va falloir que tu apprennes un peu plus vite les nouvelles règles du jeu parce que je ne suis pas quelqu'un d'une très grande patience. Je ne l'étais pas avant. Ça n'est toujours pas le cas maintenant. »

    Alors qu’elle se tressait pour la énième fois les cheveux, Peter, irrité, frappa sèchement sa main crottée.

    « Je les préfère libres. Et il vaut mieux que tu t'habitues dés à présent à faire ce que je te demande ou ce que je veux. Parce que je vais te laisser faire ton petit tour sur Terre Princesse Lili. Tink t'y emmèneras. Et tu seras accompagnée. Soit par un homme de confiance, soit par moi-même. Ensuite... ensuite nous reviendrons à Neverland et tu ferais bien de te tenir à notre marché, parce que sinon crois-moi, tu regretteras de ne pas être morte avec ton peuple. »

    Des cheveux de sauvageonne ? Il préférait qu’elle ait des cheveux de sorcière ? Il se moquait clairement d’elle, avec ses poupées anglaises à chaque bras, et une qui prenait toute la place dans son cœur, avec leurs jolies boucles caramel, leur jolie peau laiteuse, et il s’échauffait parce qu’elle tentait de discipliner sa chevelure de sauvage ?!

    Quoi qu’il en soit, Lili avait eu ce qu’elle voulait. Elle partirait sur Terre. Elle allait par la même occasion revoir Tink… Tant d’années avaient passées, que l’Indienne ne savait plus réellement si la blondinette apprécierait l’apparition d’un fantôme ou pas.

    Soit par un homme de confiance, soit par moi-même.

    Mais non, mais non mais non ! Il ne fallait pas que Peter la surveille ! S’il croyait qu’elle allait acheter des friandises ou regarder les passants de loin, il se fourrait le doigt dans l’œil jusqu’au coude ! Peu importe l’homme de confiance, Liliaceae savait qu’il n’y avait vraiment qu’un seul chien loyal et fidèle, et ce cabot, c’était elle-même. Un homme de main, ce serait facile de le détourner, et puis, tant qu’il racontait à Peter ce qu’elle faisait après la Visite, ça ne la dérangeait pas de provoquer la colère du Maître, il était déjà suffisamment en colère pour qu’elle ne s’aperçoive même pas du changement.

    Et puis, de retour à Neverland, et sans doute après une discussion houleuse et peut-être un peu violente avec Peter, Lili disparaîtrait entre les chênes et les sapins, et sans doute que, pris de rage, Peter l’enverrait dans un accent de bêtise assez loin de lui pour qu’elle ne le revoie jamais et vive enfin sa vie. Car à présent, sa vengeance était loin. Pas partie, mais loin. Elle n’attendait que le moment où elle se collerait à la fenêtre d’une maison douillette, dans une pièce où une mère attendrait le retour de son bébé et collée à un homme aussi perdu et triste qu’elle. Car elle savait que l’amour existait, sans savoir que c’était ce qu’elle ressentait, profondément enfoui dans son corps.

    « Demande à Tink ou aux Sirènes de t'arranger. Je ferais passer le mot. Ils ont des standards sur Terre et ils finiraient par te prendre pour une mendiante si jamais tu débarquais comme ça. Quand tu seras prête, tu viendras au Chêne. »

    Il avait dit ces mots en reculant. La conversation était terminée et Lili, à son habitude, avait cessé de parler. Elle était un monstre de mutisme et seules quelques occasions arrivaient à lui arracher un mot, une phrase, et, comme aujourd’hui, une prière. Depuis le Grand Feu, les prières étaient exclusivement adressées à la nuit.
    Elle devrait s’habiller comme la Maudite ou encore la Poisse. Si vêtue comme elle l’était tout de suite, elle passerait pour une mendiante là-bas, attifée comme une précieuse, elle aurait l’air d’un clown qui veut paraître gracieuse. De toute façon, Liliaceae ne comptait pas se mêler au peuple. Elle aurait suffisamment de pensées heureuses pour tenir les quelques heures du voyage et tout regarder de haut.

    Elle serait au Chêne avant que Peter n’oublie sa faveur. Car promesse il n’y avait pas, il risquait de changer d’avis à tout moment…

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FINI!
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