Le bonheur au bout des doigts [PV Nerehys]



 
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Le bonheur au bout des doigts [PV Nerehys]

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Cassiusavatarprofil +
MessageSujet: Le bonheur au bout des doigts [PV Nerehys] Lun 18 Avr - 10:24

Spoiler:
 

Les nuages se mouvaient doucement dans le fond de l’horizon. Et le jeune homme, lui, marchait lentement. Telle une tortue voulant prendre le soleil. Malheureusement, ce n’était pas le cas de Cassius. Il ne voulait pas y aller. Il ne voulait pas entrer dans cette demeure immense. Impression d’étouffement. Et les gens. Des jeunes, des plus vieux. Mais des hommes, des êtres vivants. Les gens s’étaient la peste. Une maladie pestilentielle qui se répandait à la « vitesse éclaire » comme aurait dit un terrien. Ses pas s’arrêtèrent comme bloqués par obstacle. Cependant, il n’y avait ni tronc d’arbre bouchant la rue, ni barrière. Juste le sol s’étendant à des milliers de kilomètres. Et puis, au loin, à quelques pas, un sentier presque invisible. Un sentier menant vers elle. La grande maison aux allures étranges. Ambroise, le carrefour des mondes. Son monde y était répertorié. Regardant autour de lui, il ne se souvenait pas comment il était arrivé là. Normalement, prenant la main d’une de ses clefs, il arrivait directement dans les couloirs ou dans une chambre. Mais là… Il ne voulait pas y penser. Œdipe, Rae… Il ne voulait penser à rien aujourd’hui. Le visage de sa fille adorée apparut nettement. Ses longs cheveux blonds comme les blés. Et ses yeux bleus amoureux.
La marche lente repris. Plus vite il aurait fait ce qu’il avait à faire aujourd’hui, plus vite il rejoindrait sa fille. Mais qu’avait-il à faire à l’Ambroise ? Hein ? Qu’avait-il à faire ? Il… Il… La marche se fit plus pressante. Il ne savait plus. Pourtant il n’aimait pas cet endroit ! Alors comment ? Pourquoi avait-il des pertes de mémoires ? Fermant les yeux, il se concentra. Il ne sentait rien. Un sentiment profond et malsain l’envahit. Quelque chose bien tapis au fond de lui. Il connaissait cette impression. Ca faisait mal. Comme des milliers d’aiguilles qui transperçaient son cœur déjà affaiblit. La tristesse. Le sentiment qu’il ne trouverait jamais la paix en lui. L’impression que rien ne s’arrêterait et qu’il aurait à subir encore et encore ! Mais… il avait repris les choses en main non ? Maintenant il était en sécurité. Alors pourquoi ? Pourquoi ces aiguilles dans le ventre et dans le cœur n’avaient pas disparu ? Et puis, une idée. Un petit mot. Minuscule mais puissant. Oublier. Le temps de quelques secondes. Oui ! Il savait pourquoi il allait à l’Ambroise aujourd’hui. Certainement pas pour croiser ce maître de Mister D ou bien que sait-il encore ! Mais pour elle. Elle et sa fumée. Il en avait vaguement entendu parler. Par Melody. Une maîtresse elle aussi. Mais une maîtresse déchue. Cassius s’était longuement demandé si elle pouvait devenir une clef. Il l’aurait pour lui seul. Sa fumée. Ce n’était pas vraiment la sphinx qui l’intéressait. Que ce soit un humain ou être mystérieux, ils avaient tous deux la capacité d’avoir une conscience et de faire du mal aux gens. C’était sa fumée. Une fumée qui faisait oublier et rendait la personne qui l’inhalait quelqu’un d’inoffensif mais quelqu’un de joyeux. Et aujourd’hui le jeune Dieu voulait oublier. Il se mit donc en chasse.

Poussant les lourdes portes en chêne, Cassius se retrouva dans la pénombre. Le passeur n’aimait pas la lumière et ici, on obéissait au passeur. Aussi étrange que cela puisse paraître Cassius aimait la lumière du soleil et le bleu de l’océan. Cela était l’une des raisons pour laquelle Cassius ne se sentait pas dans cette immense maison victorienne. Il n’en avait « cure » aujourd’hui. Plus rien ne l’intéressait. Il ne voyait plus rien autour de lui. Les gens passaient sous une forme vague. Les couloirs s’étendaient mais Cassius ne les voyait pas. Il fixait un point au fond, à l’horizon. Et, sans s’en apercevoir, il se mettait à guetter les pas de la sphinx. Il avait le sentiment profond que, s’il la trouvait, il vivrait une expérience extraordinaire. Il avait entendu parler de substances étranges, destinées à faire passer le preneur dans un état second. Comment s’appelaient t-elle ces substances ? Héroïnes, cocaïnes… Mais celui qui lui en avait parlé… il ne s’en rappelait plus. Il se souvenait du plaisir d’entendre que de telles substances existaient. Et, cette fois-ci, il allait en prendre et oublier. Oublier ce passé qui le martyrisait encore. Tuer les gens ne lui suffisait plus. La perception de se sentir vivant après avoir volé la vie de quelqu’un s’atténuait aussi rapidement qu’elle était venue. Non, il lui fallait quelque chose de plus… de plus profond, de plus… fort !

Trainant toujours dans les couloirs de l’Ambroise, le jeune homme cherchait. Il cherchait ce trésor tant convoité depuis ce matin. Et cette femme qui lui promettait de grands changements. Juste pour quelques heures tout du moins. Les gens ne le saluaient pas. Cela ne le dérangeait pas. Il en était même heureux. L’oreille en alerte, il continua à avancer encore et encore. Il ne désespérait pas. La Sphinx –il ne connaissait pas son nom – allait apparaitre. Puis, des pas veloutés se firent entendre. Personne dans le couloir. Lui simplement et les pas doux comme une lionne pouvait le faire. Et puis, une fumée…

Ca s’était la sensation du bonheur au bout des doigts.
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MessageSujet: Re: Le bonheur au bout des doigts [PV Nerehys] Mer 27 Avr - 16:02

Comme toujours, la silhouette indolente de la lionne Nérehys errait sans se perdre dans les couloirs de l'Ambroise, annoncée aux autres habitants par l'odeur lointaine de son tabac épicé, puis l'écho sourd des caresses de ses coussinets sur le sol, puis la vision dissipée de sa fumée, puis enfin, quand elle le permettait, celle de sa silhouette se détachant lentement dans le brouillard bleu. Un jour de plus, une errance de plus s'accrochaient au pelage du félin comme l'infinité qui les avaient précédés, comme l'infinité qui les suivraient. Si à chaque journée de lassitude un poil de sa robe avait viré au blanc, le Sphinx d'Ambroise aurait tout entier la couleur de la neige et non plus ces reflets de sable, comme un morceau de désert échappé au chaos – ce qu'elle était, à n'en pas douter.

Peu importe alors ce qu'elle put bien faire ce matin-là, si tant est que le matin fût alors passé, ou même la journée si le soir était déjà tombé sans qu'elle s'en fût aperçu. Elle n'y songeait guère et en conséquence n'aurait su le dire ; ni personne, sans doute, sachant comme elle n'avait de cesse de fuir les yeux dès que ceux-ci lui apparaissaient, d'un lueur trop vive, au détour d'un couloir : avant même que la fumée ne se dissipe elle disparaissait alors, fuite lente et méthodique de celle qui fut autrefois prédateur.

Pourquoi donc n'en fit-elle donc pas de même, en distinguant entre toutes les possibilités de silhouettes celle si honnie d'un autre Maître ? Elle n'était pas lasse de fuir – cela jamais elle ne le ferait trop – et ne fut pas prise par surprise, même si un léger étonnement put poindre derrière l'impassibilité de sa moue à avoir un instant l'impression qu'on l'attendait, elle, pour quelque obscure raison. Mais ce fut cet étonnement même, et ce doute quant à la motivation de l'Atlante, qui arrêtèrent ses pas. On aurait presque pu tenter d'ajouter discrètement quelque curiosité à ce tableau, si celle-ci n'avait pas été parmi les interdits de la punition divine que Nérehys s'infligeait à elle-même. Mais ce qu'un dieu n'admet pas ne peut lui faire de tort...

Alors elle se convainquit d'autre chose, et laissa la fumée s'éclaircir jusqu'à dévoiler son visage et les cendres sombres de son regard, lequel elle glissa, sans tendresse mais sans plus d'agressivité, sur cet homme silencieux.

Un moment elle demeura immobile, ne fit rien, ne dit rien, ne souffla même pas, puis son grand corps reprit sa marche lente en direction du Maître, le narguilé ceint à sa gorge se balançant en rythme avec la lourdeur de ses seins et de sa chevelure, et elle s'arrêta à nouveau, cette fois plus près. Si près que lorsqu'elle reprit une bouffée de tabamel et la souffla tranquillement devant elle, Cassius en fut enveloppé ; dut, s'il respira en même temps, en sentir toutes les effluves et les subtilités de miel et d'amande grillée percer à travers l'odeur âcre du tabac. Mais le bleu surnaturel de ces volutes n'était pas gorgé d'oubli, pas cette fois – et le respirer n'entraînait nullement dans le néant promis, faisait simplement tousser les plus néophytes.

Que cherche donc le Maître d'Atlantis ? demandaient silencieusement les yeux éteints du Sphinx, loin encore de songer à fournir un oubli qu'elle n'aurait pu imaginer être désiré par si puissant, à ses yeux si vain. Ou, si quelque doute poignait en elle, du moins savait-elle bien le cacher, et préférait, par orgueil sinon par coquetterie, entendre les mots de celui qui depuis longtemps avait statut bien plus haut que le sien.


[ PS : Bon, c'est lent et il ne se passe pas grand chose, mais toute autre entrée ne m'aurait pas semblé coller au personnage... Si ça ne te va pas et que tu veux que je rajoute quand même des choses, mpote-moi sans hésiter ! ]
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