Peter Pan est revenu! [Flashback] - Margaret Darling



 
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Peter Pan est revenu! [Flashback] - Margaret Darling

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Liliaceaeavatarprofil +
MessageSujet: Peter Pan est revenu! [Flashback] - Margaret Darling Mar 1 Mar - 17:16

Voili voilou, j'espère que ça te convient, que je n'ai pas trop fermé pour la suite et que je ne me suis pas trop avancée par rapport aux autres personnages ^_^ Bon courage!
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    Peter Pan est revenu ! Déjà, avant son départ, Neverland avait vécu le plus long et le plus froid hiver que le pays imaginaire n’ait jamais connu. La cause ? Wendy, celle pour qui le Maître avait osé avoir des sentiments, avait décidé de grandir, laissant de côté celui qui se croyait irremplaçable. Les enfants perdus étaient partis eux aussi. Et, comme un cadeau d’adieu, au lieu du simple baiser d’esquimau que s’échangeaient parfois Peter et la Tigresse, le campement avait pris feu, la tribu avait péri sous un coup de colère du Maître. Lili avait terriblement changé depuis ce jour. Peter Pan avait déjà changé et Lili l’avait évité à chaque fois qu’il arrivait dans la forêt.

    Les yeux de Liliaceae avaient décidé de voir tout d’un œil sombre. La forêt n’était que cendres et poussières, alors qu’elle était recouverte d’un manteau blanc, sous ses pieds crépitaient encore les os carbonisés alors que seules les feuilles mortes tombaient sur la neige. Lili avait comme des lentilles noires, qui faisaient paraître à chaque paysage une atmosphère de mort. Comme si tous les cadavres de la tribu dansaient devant ses iris, Lili hurlait à la mort, un loup dont la fourrure est imbibée du sang indélébile des siens, la marque de la honte que seule la vengeance peut effacer.

    Souvent, Lili montait au plus haut arbre de la forêt, celui qui gardait ses épines. Un sapin où elle pouvait voir sans être vue, où elle pouvait observer l’unique personne qui persistait et revenait régulièrement à Neverland : Margaret Darling. Peter Pan le sauvage, Lili savait ce qu’il lui inspirait. Le dégoût, la culpabilité – si elle avait été plus présente, peut-être que… –, l’horreur, la peur, la honte, l’envie profonde de le voir agoniser, puis le voir, les yeux arrondis par la surprise quand elle se dévoilerait, et donnerait le coup fatal. Lili ne vivait plus que pour imaginer des fins plus abominables les unes que les autres, pour inventer des plans visant à éliminer Peter Pan. Neverland ne pouvait plus subsister, alors il fallait qu’il arrête l’humiliation ! Pourquoi continuait-il à souiller le nom du pays imaginaire, ce pays où il avait été jeunes, refusant de grandir, lui plus qu’un autre ? Lili souffrait et savait que Peter souffrait aussi. Mais ça n’était pas suffisant ; ça n’était plus suffisant. Lili n’avait jamais commandité le génocide d’un peuple, pour n’importe quelle raison, Lili n’avait jamais voulu la mort de personne, même pas d’un pirate – après tout, pour eux, enfants, la capture, la rançon, la libération, tout ça n’avait été qu’un jeu…

    Neverland comptait deux habitants : Peter et elle-même. Les sirènes ne valaient rien, seul Peter sait leur parler. Et Lili ne s’en souciait guère, il y avait longtemps qu’il n’était pas allé demander quoi que ce soit. Tout simplement parce qu’il n’y avait aucune nouvelle, aucun ragot, si ce n’est peut-être les cent pas de Lili qui s’arrêtaient la nuit et reprenaient le jour – mais cela faisait longtemps que ça ne l’intéressait plus –, plus personne à surveiller. Tout le monde avait disparu, naturellement ou pas… Et voilà que Peter amenait quelqu’un de son si long voyage. Lili espérait, très loin dans son cœur d’indienne de Neverland, que la personne qu’il avait ramenée était Wendy, ou quelqu’un capable de l’apaiser. Ainsi, elle aurait peut-être quelques remords à s’occuper du cas de Peter, et finirait par laisser tomber. Mais elle savait qu’alors, la seule fin pour elle resterait la même : se suicider. Car sans amour, sans amis, sans personne, elle ne pourrait jamais devenir quelqu’un. Elle était la seule survivante, et, comme un comble, l’assassin de son peuple était la seule personne vivante. Il y avait bien là quelque chose à accomplir, pour l’un comme pour l’autre…

    Mais voilà qu’ils étaient trois maintenant. Lili avait peut-être les yeux abîmés, elle voyait quand même. C’est une fille de l’âge qu’avait Wendy quand elle était arrivée qui accompagne Peter Pan. Elle sait voler, avec moins d’assurance – et moins de volonté ? –, que la précédente jeune fille qui avait touché le ciel de Neverland. Elle lui ressemblait, à Wendy. Lili savait que cette fille était la fille de Wendy. Le cœur de Lili se serra. … Pas encore. Pas la même histoire deux fois. Pourquoi l’a-t-il amené ici ? Pourquoi Lili a-t-elle si mal ? Et que va-t-il se passer, que va-t-il se passer, bon sang ?! Liliaceae sauta de sa branche et se rattrapa à un arbre voisin. Elle se rapprocha du couple, tenta de voir dans le visage lointain de la fille une émotion, une différence avec le visage de Wendy. Elle ne tenta pas, elle désira maladivement déceler dans la fille quelque chose qui lui permette d’espérer que Wendy n’était pas cette fille et que Neverland avait peut-être une chance. C’était peut-être une clef, seulement une clef qui ressemblait à la fille qu’il aimât. Ça ne pouvait pas être la fille de Wendy, n’est-ce pas ?



Dernière édition par Liliaceae le Lun 9 Mai - 18:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Peter Pan est revenu! [Flashback] - Margaret Darling Mar 1 Mar - 20:25

Margaret pleurait... Sans cesses... Sans cesses... Si bien que sa vision brouillée par les larmes l’empêchait de discerner les contours du paysage. La lumière, les ombres, étaient les seules formes qu’elle pouvait dès lors reconnaître, alors qu’elle traversait les nuages.

Margaret venait d’avoir dix ans… Dix ans pendant lesquels les cris et les supplications avaient été ses lots quotidiens.
Enlevée très tôt, alors qu’elle n’était qu’une jeune enfant, elle ne se souvenait de rien sauf de cette grotte sombre où son ravisseur l’avait enfermée toutes ses années durant.
Sa maman, son papa, n’étaient plus que des bribes de souvenirs, des images floues ne cessant de s’estomper de jours en jour, de minutes en minutes, de secondes en secondes… Une simple pensée vers eux était devenu un cruel supplice… Un manque… Une douleur incommensurable…
Margaret se souvenait des quelques temps qu’elle avait passé à Neverland avant de rentrer dans le pays de sa mère : Londres.
Mais c’était tout…
Et maintenant, elle avait l’âge… L’âge de voler… De sortir de la grotte… De retourner à Neverland.

Le monsieur qui l’avait enlevé… Il s’appelait Peter. Il ne s’était jamais présenté, mais sa mère l’avait hurlé…
Ce hurlement… Encré dans sa chair, dans son sang… Elle s’en souviendrait toute sa vie… Toujours…

Au début, Peter avait été cruel avec Margaret… Il lui avait tiré les cheveux, bousculée et lui donnait de moins en moins de choses pour manger, si bien que la seule personne à qui elle pouvait parler de nouveau seule, était son ventre gargouillant qui semblait pleurer tel un nouveau né.
Mais de jours en jours, Peter devenaitun peu plus tendre quand il venait lui rendre visite dans sa grotte… Il lui apportait de la lumière, lui tenait compagnie en lui racontant des aventures de pirates et d’indiens sur Neverland où elle avait déjà passé quelques temps, ce monde merveilleux. Puis Peter redevenait méchant et infâme une fois encore quand elle osait pleurer ses parents…

Il y avait quelques jours, il lui demanda de sortir de la grotte… Il lui dit :

« On s’en va vivre chez moi… »

Maggy s’était levée. Elle avança pour serrer dans les bras le ravisseur qui l’avait privée de lumière si longtemps, mais qui lui offrait à présent la lumière et qui lui rendit bien fort son etreinte… Elle avait eu peur… Si peur de rester dans le noir toute sa vie…

« Tes parents ne te cherchent surement plus maintenant… On peut retourner sans crainte à Neverland… »


Et Margaret fondit en larmes… Et Peter cria encore…

Elle mit peu de temps à apprendre à voler… Dans les gênes surement… Car si elle savait peu de choses sur sa mère, Peter avait daigné en parler volontairement quelques fois. Il avait dit deux choses : Qu’elle avait volé avec lui, et qu’elle avait adoré Neverland.

Et ils partirent pour ce monde Merveilleux… Les sirènes… Les indiens, les lagunes et la lune argentée… Les… Non…


Margaret pleurait… Sans cesse, sans cesse. Elle pleurait le monde de sa mère et de son père, le monde décrit par Peter, qui était devenu sombre… Si sombre.
La foret était en cendre, les eaux noires, et le ciel avait troqué son bleu pâle contre un gris triste comme la mort… Comme Margaret.

Arrête de pleurer !!! » Hurlait Peter.

Ils venaient d’atterrir près d’un grand Chêne… L’arbre du pendu dont la corde semblait bel et bien avoir servi à cet usage…
Le ravisseur lui expliqua que désormais cet arbre serait sa maison… Son temple, et qu’elle ne sortirait plus jamais d’ici…

« Je pourrais me promener ? » Demanda Margaret d’une petite voie.

« J’ai dis que tu ne sortirais pas ! » Répondit Peter d’une voie gave et sévère.

« Mais !!! Et Ma maman ! Mon papa ?!»

« Cesse donc de parler d’eux !!!!! »

« NOOON !!!! »


Margaret avait osé… Osé l’irréparable : Elle avait donné un coup de pied dans les jambes de son tortionnaire qui ne manqua pas de tituber. Elle profita de cette baisse de garde pour s’enfuir en courant dans les buissons.

« MARGARET !!!!!! REVIENS TOUT DE SUITE !!!! »

Il avait crié son nom… Il la poursuivait surement… Mais elle voulait sa liberté, sa liberté à tout prix… Courir comme ça dans la terre granuleuse avec ses jambes maigrelette ne lui procurait pas un bien fou… Mais elle devait fuir… Fuir très loin…

Margaret essoufflée, finit par se cacher sous une vielle souche. Et alors que Peter passait, elle coupa sa respiration… Il continua à courir…

L’avait-elle vraiment semé ? Alors maintenant. Elle était seule…


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MessageSujet: Re: Peter Pan est revenu! [Flashback] - Margaret Darling Jeu 3 Mar - 13:51

On entre dans l'action! ToT Qu'elle est courageuse Margaret, tout l'inverse de Lili.
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    Penchée, Lili remarque que la fille pleure. Elle a le visage tout mouillé, elle a le visage d’une sirène. Depuis qu’elle a tout perdu par le feu, Lili est obsédée par l’eau. Si sa tribu avait vécu dans l’eau, comme les sirènes, le feu n’aurait pas pu prendre ce qu’elle aimait le plus, n’est-ce pas ? Mais Lili était encore une enfant, elle avait l’âme naïve et innocente d’une fillette qui ne connaît pas encore les soucis des adultes. Seulement voilà, Lili a physiquement grandi. Si elle avait plus d’expérience, elle aurait su qu’il y a d’autre moyen de tuer, elle n’aurait pas bêtement pensé être plus à l’abri sous un océan. Lili croyait que tout ce qui ne l’avait pas blessé ne la blesserait jamais.

    Pourtant, en voyant Peter Pan revenir avec une fille, une douleur qu’elle ne connaissait pas était apparue. Elle ne voulait plus partir. Elle se touchait régulièrement la poitrine, au moins une fois par minute. Elle ne le savait pas encore, mais seulement voir Peter tenir cette fille, l’enlacer contre lui, cela suffisait à faire que son cœur battait plus vite, que ses poumons veuillent sortir de sa cage thoracique, que l’absence de sa bonne-maman soit si marquée. Lili était un bébé qu’on n’a pas fini de nourrir. Si bien qu’elle finissait par mourir de faim, dépérir d’inanition. Il fallait que quelqu’un lui donne la dernière bouchée, il le fallait absolument. Comment pourrait-elle jamais entrevoir le pardon, l’oubli, comment pourrait-elle jamais tourner la page et recommencer à vivre, sinon ? Comme un lapin pris dans un piège à loup, un piège qui ne lui était pas destiné, elle se ronge la patte et tente de s’enfuir. Mais le piège est trop grand, et elle ne peut faire trop de bruit, sinon le loup l’entend, se moque et la dévore. Ce serait un comble, que l’animal qui était censé être à sa place se rit d’elle. Il faut que quelqu’un vienne la libérer et, innocemment, elle pense que ce sera Peter. Il ne reste plus qu’eux.

    La nouvelle venue viendra-t-elle avec Peter ou empêchera-t-elle ce dernier de l’aider ? Lili ne veut pas se poser la question car elle est persuadée que la réponse ne la satisfera pas. Lili est enfermée dans un cycle vicieux, une ronde infernale. Je te cours après, tu me cours après, il n’y a aucun gagnant, aucun perdant, tout le monde meurt. Dans son monde, Lili se tue après avoir tué Peter et le monde dans lequel tout cela se déroule cesse d’exister. Ils sont les Adam et Ève de Neverland. Hélas, nul besoin d’une pomme et d’un arbre. Peter s’est cru être Adam et Dieu en même temps et il s’est permis de tuer Ève avant qu’elle ne commette une bêtise. Seulement, Liliaceae n’est pas Ève et Peter n’est pas Adam, et encore moins Dieu. Ils l’ont cru, Lili le croit, mais elle ne connaît que cela et est tellement bête pour les questions relationnelles qu’elle n’envisage qu’une option et est persuadée que cette option est la bonne. Lili vit dans un mensonge, mais elle ne le fait pas exprès.

    « Humpf, que fait-elle ? », marmotte-t-elle.

    La fille vient de donner un violent coup de pied – incroyable venant d’une telle petite fille, songe Lili – dans le tibia de Peter. Il crie : « MARGARET !!! REVIENS TOUT DE SUITE !!! », mais la dénommée Margaret est déjà loin. Lili ricane ; cette fille ne sait pas où elle met le pied.

    « Où elle a mis le pied... », ajoute Lili en descendant quelques branches de l’arbre pour suivre la course de la fille.

    Peter venait de passer devant la cache où Margaret s’était assise. Une simple souche pouvait tromper Peter ? Il devait vraiment avoir la tête retournée ! Lili attrapa une liane. Autrefois, ces lianes étaient par milliers dans la forêt. Aujourd’hui, elles sont soient tombés comme les feuilles des autres arbres tropicaux ou alors, elles tiennent par je ne sais quel miracle et attendent simplement un poids plus lourd que le vent pour venir s’échouer sur la tourbe. Lili est méticuleuse. Elle enroule plusieurs fois la liane au lieu de l’unique torsade ordinaire et descend doucement. Elle plie les genoux – une chute est si vite arrivée. Et Peter pourrait être n’importe où. Même si elle ne se fait pas de soucis pour elle, ses genoux cagneux sont souples, elle pourrait sauter sur n’importe quelle branche basse et fuir rapidement, Margaret l’impressionne. Elle, elle ne pourra pas se sauver si le bruit que Lili fait en tombant attire Peter.

    Au bout de la liane, Lili ne voit que les pieds de Margaret. Des petits pieds de petite fille blanche. Identiques à ceux de Wendy. Des pieds qui n’ont jamais marché pieds nus de leur courte vie. Lili se prend le gros orteil gauche de sa main droite et observe sa plante de pied. Sale, pleine de corne, le talon dur et sec. Un pied d’indienne, un pied de sauvage. Lili rit. Mieux vaut éloigner ce pied de son visage. Elle est dégoûtée rien que par sa vue, elle ne sera jamais une minuscule chose délicate.

    Elle tombe à terre, les genoux toujours courbés. Accroupie, elle regarde dans le trou, ce qu’il se trouve au-dessus des pieds blancs. Ce qu’elle voit l’effraye, lui fait ouvrir la bouche en un “o” d’étonnement et sans qu’elle puisse dire un mot, recolle ses lèvres rondes. Elle recule lentement, un pas, deux pas, et tombe sur les fesses. Oublie de se lever, se déplace sur les cuisses, poussant la boue de ses mains. Elle grimpe à la première branche de l’arbre et attend. Si ce n’est pas Wendy, c’est au moins son enfant !
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MessageSujet: Re: Peter Pan est revenu! [Flashback] - Margaret Darling Dim 6 Mar - 18:19

Margaret plissait les yeux de toutes ses forces, comme pour éviter que son regard n’attire celui de Peter… Elle l’avait entendu partir droit devant et elle en fut tout aussi surprise : Il était sensé connaître les moindres recoins de cet endroit… Tant mieux…
La fillette se recroquevilla en se demandant combien de temps elle resterait dissimulée dans cette souche qui sentait la terre humide et la moisissure des champignons… L’odeur de la grotte où Peter l’avait cachée… Et à peine sortie, voilà qu’elle se retirait du monde à nouveau. La vie était injuste, trop injuste… Elle sanglota à nouveau.

Margaret songea une fois de plus à ses parents qui devaient mourir d’inquiétude. Au fond, elle craignait qu’ils ne les remplacent, qu’ils ne l’oublient… Elle avait si peur de ne jamais les revoir… Si peur. La cherchaient-ils au moins ?
Toutes ces questions sans réponses, ces noires pensées rendaient malade de tristesse la pauvre enfant perdue…

Mais soudain, un craquement de brindille la sortit de ses dures rêveries. Margaret leva craintivement les yeux pour apercevoir en contre-jour, par le trou de la souche, l’ombre d’une silhouette humaine qui semblait la fixait.

Peter… C’était la fin…Il l’avait retrouvé et elle allait passer un sale quart d’heure, c’était sur ! En panique, Margaret tenta de reculer, de bouger en regardant avec détresse l’ombre qui la surplombait. S’excuser adoucirait peut-être sa peine ? Alors elle avala bruyamment sa salive et tenta de parler :

"Je suis dé-" …

Margaret s’interrompit. Plus d’ombre… Celle-ci avait reculé… Ce n’était peut-être pas Peter finalement… Lui n’aurait pas hésité à l’empoigner par le bras et la tirer hors de son trou… Etait-ce un animal ? Un sauvage ?
La jeune et nouvelle Clef était perplexe… Un peu apeurée néanmoins… Cette personne était-elle dangereuse ? Et si c’était Tink ? La dénoncerait-elle à son maitre ? Et si c’était un ours ?

Margaret trembla un peu. Après quelques secondes de réflexions, elle se dit que de toutes façons, la mort était préférable à une éternité de souffrances… La fillette chercha quelques secondes dans la terre humide et véreuse, un caillou qu’une fois empoigné, elle lança par le trou…

"H-Hey ? "

Margaret espérait… C’était peut-être un enfant perdu ? Peut-être l’aiderait-i ? Peut-être même qu’il pourrait la ramener chez elle ?

"Je… J’ai… J'ai besoin d’aide… S’il te plait… "

La fillette attendit, la mort dans l'âme et la boulle au ventre. Au fond d'elle même, elle priait son bon seigneur de lui venir en aide...


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MessageSujet: Re: Peter Pan est revenu! [Flashback] - Margaret Darling Dim 6 Mar - 19:22

Désolée mais j'étais trop pressée!
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    Accrochée à sa branche comme un nouveau-né s’accrocherait à sa mère, Lili était terrifiée. Combien de fois le schéma se répéterait-il ? Combien de fois ! Des larmes perlaient déjà aux yeux de la sauvage. Le long de son visage, les gouttes avaient tracé un sillon qui révélait la couleur de peau de Lili. Sous une terrible couche de poussière, de terre et de saleté, la peau de Lili tremblait. Elle revoyait les flammes, la langue brûlante qui effaça tout. Elle resserra sa prise et ses jointures blanchirent. Lili voulait ouvrir les yeux… Elle voulait ouvrir ses paupières. … Elle voulait se réveiller, juste se réveiller ! Pourquoi son corps ne lui obéissait-il pas ? Pourquoi son corps ne lui obéissait-il jamais ! Bon sang ! Bon sang…

    Les pupilles de Lili se dilatèrent. L’iris s’épaissit. L’ocre de ses yeux commença doucement à couler. Lili avait peur de ses phases où elle ne contrôlait rien et où la douleur disparaissait. Le monde croit que ne plus souffrir, c’est triompher de la mort. Mais comment savoir que l’on meurt si on ne la ressent plus ? Comment retirer sa main du feu avant qu’elle brûle si on ne sent rien de la flamme qui nous ronge. Durant ces courtes périodes, Lili ne voyait que les cris de sa famille, de sa tribu. Elle ne voyait que les tipis en feu, les femmes qui hurlaient. Elle tentait d’aider mais son corps était lui-même léché par les flammes, si bien qu’en voulant secourir son peuple, elle ne faisait que le plonger dans l’abîme de l’enfer rouge. Et alors qu’elle perdait pied, ses yeux pleuraient, comme pour éteindre l’incendie qui ravageait son âme. Mais peut-être était-il trop tard…

    Comme pour la sortir de ses pensées, la fille, la Margaret que Peter avait ramenée se manifesta en jetant un caillou. Elle prononça même un mot. Et puis toute une phrase.

    « Je… J’ai… J'ai besoin d’aide… S’il te plait… »

    Lili sauta de sa branche. Elle n’avait pas à se cacher. Elle n’avait vraiment pas à se cacher. Pour le moment, c’est elle qui décidait du sort du clone-Wendy. Elle seule pouvait décider si oui ou non cette fille était dangereuse et s’il fallait l’éliminer ou la laisser en vie. Elle avait en quelque sorte son destin en main, même si les coutumes que son père lui avait apprises ne disaient qu’une chose : ton destin est déjà écrit. Mais tout ça, c’était avant le Grand Feu.

    À terre, la Tigresse passa la main par la cavité de la souche. Elle la présentait, elle se présentait.

    « Je suis Lili la Tigresse, fille du Grand… fille du Grand Chef », finit-elle brusquement, se souvenant qu’elle n’était la fille de personne à présent.

    Elle s’essuya le visage de sa main libre même si elle était persuadée que l’autre ne voyait que ses pieds sales. De là où elle était, Margaret devait avoir raison d’être apeurée, les pieds des gens ne sont pas les plus belles parties d’un corps humain ! Lili ricana un peu, pour la forme, malgré la bassesse de sa pensée et la nullité de son avenir proche.

    « Vous… V- Tu as besoin d’aide, mais pour quoi ? »

    Lili ne voulait pas que Margaret croit qu’elle avait passé ces dernières heures à les espionner, elle et Peter. Elle voulait passer pour une gentille sauvage, un peu bête, qui pouvait l’aider en échange d’un petit quelque chose. Vraiment tout petit le quelque chose, trois fois rien. C’est fou ce que le ciel s’est assombri, vous ne trouvez pas ? Il fait un peu froid non ? Je suis certaine qu’il va tomber de la neige. Attendez… attendez… Voilà le premier flocon. C’est bien Peter, toujours aussi mature, bravo ! Lili secoua la tête. Elle avait réussi à ignorer le froid glacial qui régnait depuis le départ de Wendy-la-maudite. Elle ne portait jamais rien d’autre que sa vieille tunique en toile. Elle avait piqué le tissu sur le bateau pirate. Cela faisait longtemps que Crochet et sa bande avait disparu, même si Lili savait qu’ils n’étaient pas loin. Elle l’avait volé, comme à son habitude, sur un bout de voile. Et si Crochet avait été là, il n’aurait rien vu quand même, Lili est une fille habile. Presque une femme. À cette phrase anodine, Lili ferma son poing et serra. Quelle connerie, de grandir !

    « Si tu veux que je t’aide, faudrait peut-être songer à sortir de ce trou moisi », grogna Lili.

    Elle était de mauvaise humeur. Elle préférait quand Peter n’était pas là. Elle en était venue à apprécier sa solitude. La solitude où elle rêvait d’être allongée sur le ventre, la tête sur le sable jaune dans ses bras croisés, en regardant Peter parler aux sirènes comme il aimait si bien le faire. Mais elle n’aimait pas la compagnie du rustre qu’il était devenu, alors à ce foutu Peter, elle préférait sa solitude calme et ses rêves chauds. Et voilà que Margaret venait troubler sa folie douce. Serait-elle la fin de sa solitude ou la fin de tout ? Si ça se trouve, elle ne changera rien du tout, pensa Lili. Et alors, elle deviendrait sans le vouloir la fin de tout.
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MessageSujet: Re: Peter Pan est revenu! [Flashback] - Margaret Darling Jeu 10 Mar - 19:04

Une ombre se fit à nouveau voir par delà la cavité de la souche, cachant à nouveau les lueurs du soleil terne. Margaret trembla. Peter ?!
Mais non, ce n'était pas ses main blanches... Ce n'était pas son odeur non plus. Celle-ci avait un embrun beaucoup plus sauvage... Une odeur, de terre, d'arbre et de poussière.
Pendant plusieurs secondes, elle fixa le membre avec de grands yeux, hésitante et apeurée comme un jeune lion.

« Je suis Lili la Tigresse, fille du Grand… fille du Grand Chef »

C'était une fille... Une jeune fille... Le grand chef ? Des indiens ? Margaret se recroquevilla... Les indiens étaient les amis de Peter... Eux aussi étaient-ils de son côté ?

" Je.. Suis Margaret, fille de..."

Margaret se mit à Sangloter. Elle ne savait même pas de qui elle était la fille... Le prénom de sa mère s'était envolé comme les images et les souvenirs, bien loin de là où elle se trouvait.
La petite fille pleurait bruyamment alors qu'une cascade de larmes balaya la poussière de ses joues sales.

"Je-eu suis fi-fille de ma-ma Maman ! " Dit-elle ses mots entrecoupés et secoués par les sanglots. " Je v-veux ma maman !"

Margaret mit un bon moment à se calmer... Pendant un instant elle avait même oublié l'existence de cette entité, jusqu'à ce qu'elle lui demande pourquoi elle avait besoin d'aide... La fillette renifla un peu, essuyant son visage humidifié à laide de ses paumes de mains terreuse, ce qui eu pour effet de la barbouiller de plus belle.

" J'ai besoins d'ai- d'aide pour rentrer... Rentrer chez m-moi voir ma ma-m-man! Et Pp-apa !"

La fillette sanglotait de nouveau, parler d'eux la rendait plus triste que la mort elle même, et penser rester à jamais prisonnière de Peter la rendait presque folle. mais Peter... il était gentil des fois...

« Si tu veux que je t’aide, faudrait peut-être songer à sortir de ce trou moisi », grogna Lili.

Margaret se tut... Elle n'aimait pas qu'on la gronde. Pas du tout... Alors, après quelques minutes de silence, elle tenta de se hisser hors du trou. Elle souffrait de ses jambes maigrelettes qui venaient d'avoir trop couru, mais s'il fallait qu'elle recommence, elle le ferait...
La fillette se redressa, debout sur ses pieds nus, ses longs cheveux sales et abîmés tombant devant son visage. Elle leva les yeux vers Lili...

C'était une petite indienne, elle l'avait bien deviné, mais elle était sale... triste... Grande brune au regard de Puma... Au regard sauvage. Margaret avala sa salive et baissa les yeux...

" Je veux rentrer chez moi..."

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MessageSujet: Re: Peter Pan est revenu! [Flashback] - Margaret Darling Sam 12 Mar - 15:15

    La main toujours tendue, mécaniquement et sans sentiments, Lili patientait.

    « Je... Suis Margaret, fille de... », déclama Margaret, d’une voix chevrotante. C’était cette gamine qui avait osé donner un coup de pied au grand Peter ? Lili secoua la tête, dégoûtée.

    Comme la fille ne lui donnait toujours pas la poignée de main qu’elle attendait, Lili retira sa paume de la souche et l’essuya sur sa cuisse. C’était un réflexe, un réflexe idiot, car personne n’avait touché la menotte de Lili, et même pas Margaret. Pourtant, la cuisse de Lili, à l’endroit où elle s’était essuyée, gardait la trace brune de ses doigts. Était-elle si sale ?

    Pendant que Lili se demandait toutes sorte de choses inutiles, la fille s’était mise à pleurer, passant du sanglot calme au torrent de larmes. … Non, c’était une mauvaise comparaison, il fallait vraiment que Lili arrête d’utiliser des mots ayant un rapport avec l’eau, c’était horrible ! Elle tapa dans ses mains, pour se donner contenance. Heureusement que la seule personne qui pouvait la voir dans cet état de transe absurde était elle-même cachée dans un tronc d’arbre et donc aussi ridicule qu’elle…

    « Je-eu suis fi-fille de ma-ma Maman, bégaya Margaret, avant d’ajouter, je v-veux ma maman ! »

    Moi aussi, songea Lili. Moi aussi je voudrais ma maman. Et mon papa. Quelqu’un qui veuille de moi, je ne demande pas plus. Margaret, son bégaiement et ses larmes de crocodiles peinaient Lili la Tigresse. Elle passa ses deux mains sur son visage, tira au passage ses joues rondes et la peau rouge apparut. Un peu comme si, lasse, elle allait se lancer à la guerre. Deux fillettes contre un garçon terriblement amer ? Qui voudrait voir ça, qui voudrait de ce spectacle ? C’était inutile et Lili connaissait déjà le dénouement : personne ne pouvait gagner, et personne ne gagnerait. Peut-être était-ce ce que Lili et Peter désirait alors, tout perdre à jamais. Ou tout perdre et tout recommencer. Lili détestait cette expression d’on recommence tout à zéro. Jamais plus elle n’aurait confiance en quiconque, jamais plus elle ne pourrait rire avec Peter et les garçons, jamais plus elle ne pourrait juste danser dans la ronde autour du feu. Parce que tout cela est perdu, et perdu pour de bon. Elle ne pourrait le retrouver nulle part, à part peut-être dans le Grand Ciel, auprès des êtres qu’elle a perdu.

    Liliaceae leva la tête vers le ciel blanc d’où tombait une neige molle, qui ressemblait plus à de grosses gouttes de pluie épaisses.

    Margaret avait eu le temps de s’apaiser. Elle reprenait ses esprits et reniflait quand elle répondit à Lili, après un gros effort de respiration –même si ses mots étaient toujours aussi hachés :

    « J'ai besoins d'ai- d'aide pour rentrer... Rentrer chez m-moi voir ma ma-m-man! Et Pp-apa ! »

    Une nouvelle crise de larmes. Lili n’avait jamais quitté ses parents plus d’une nuit. Elle n’était hélas pas prête à les quitter le jour où le départ fut imminent. Son père était parti, la laissant seule en proie à la seule créature qu’elle ne savait chasser. Une larme coula le long de la joue de Lili. Il y en avait marre ! La Tigresse effaça immédiatement cette intruse d’un geste de la main agacé. Elle n’allait pas pleurer deux fois dans la même journée pour une pauvre gamine malchanceuse ! Lili venait de se souvenir que seule Wendy aurait pu engendrer un être tel que Margaret, et elle n’avait pas l’intention de s’apitoyer sur le sort de la fille de la personne qui avait détruit Neverland ! Ce serait comme s’agenouiller devant le diable pour qu’il vous assène le coup de grâce. Lili avait assez de dignité et de fierté pour rester debout.

    Et comme si elle lisait dans ses pensées, Margaret sortit de son trou. Elle était affreusement maigre et Lili fixait ses jambes malingres. Comment pouvait-on encore tenir debout avec si peu de gras ?

    Et la dernière image que Lili eut de Margaret était celle d’une petite fille blanche, les cheveux sales devant les yeux, la tête baissée, soumise, qui supplia :

    « Je veux rentrer chez moi... »

    Car ensuite, Lili entendit des feuilles s’affaisser sous le poids d’une personne qu’elle connaissait bien. Elle ne prit pas la peine de se cacher dans un arbre ou de fuir avec Margaret. Neverland ne comptait pas tant de cachette inconnue à Peter le Maître. Il arriva bientôt devant elles. Lili garda la tête levée et siffla :

    « Voilà de belles manières d’inviter une personne. Regarde-la, on voit clairement qu'elle meurt d’envie de faire partie de ta cour, et, poussant ses cheveux noirs derrière ses épaules, elle cracha simplement : Peter. »


Dernière édition par Liliaceae le Ven 25 Mar - 17:57, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Peter Pan est revenu! [Flashback] - Margaret Darling Jeu 24 Mar - 19:39

Spoiler:
 

Margaret se sentait nue, à découvert, face à ce regard sauvage et transcendant... Lili voyait-elle comme un être humain ? A la vue de cette façon de vivre, ses sens devaient être beaucoup plus développés que ceux d'un être tout à fait normal.

Et cette hypothèse qui traversa quelques secondes l'esprit de Margaret se vérifia alors qu'un sursaut la secouait... L'indienne prit un regard noir... Un de ces regards qui glaçaient votre sang tout entier... Un de ces regards qui se rapprochaient de ceux que Peter lançait quand la fillette parlait de sa mère et de son père adorés.

Qu'avait-elle fait ? Qu'avait-elle dit ? Le sujet de ses parents était-il détesté par tout le monde ici ? Pourquoi ? Qu'avaient-ils fait, ses parents ?!

Margaret s'apprêtait à éclater encore une fois en sanglots quand un bruissent de feuille morte se fit entendre...

Non... Pas ça...

"- Voilà de belles manières d’inviter une personne. Regarde-la, on voit clairement qu'elle meurt d’envie de faire partie de ta cour.."

Lili avait parlé de sa voix rauque et suave à la fois... Mais son ton était différent... Et Margaret comprit...

" Peter..."

Comme s'il avait été le sien, le jeune clef leva la tête quand le prénom de Peter fut prononcé... Et elle le vit avançant : Beau.. Grand... Magnifique... Mais si menaçant...
Il souriait d'un de ces sourires dont on ignore tout... Conciliant? Sarcastique?
Peter... Synonyme de tout ce qui est compliqué...

Et puis comme une brise d'été, les craintes de Margaret s'envolèrent... Poids plume balayé par l'amour et l'admiration...

Oui, Peter, c'était son cauchemar, c'était tout ce qu'elle haïssait, tout ce dont elle avait peur... Mais surtout, il était son sauveur, celui qui après l'avoir mis dans le noir, lui offrait à nouveau le soleil... Celui qui l'avait sauvée de cette vie dans un un endroit froid et humide pour la faire venir vivre à ces côté...

Sans qu'elle ne pu comprendre ses gestes, sans même les contrôler, la jeune clef se précipita vers Peter pour le serrer fort... Très fort... Elle semblait avoir tout oublié... Oublié les horreurs qu'il lui avait fait subir...

Margaret... Devenue folle ... Margaret... Empoisonée par un cocktail de haine et d'amour...

" Peter, oh Peter..."

Mais ce dernier de rendit pas à sa protégée son étreinte passionnée. Il la repoussa violemment, et Margaret tomba dans une montagne de feuilles mortes...

Pourquoi... Pourquoi était-il si méchant, pensa Margaret qui avait peine à se redresser... Trahie, abbatue, elle se contenta de fixer avec horreur le Peter qui souriait... Son sourire, elle l'avait compris maintenant, n'avait rien d'avenant...

" Lili la Tigresse... Quelle surprise, je te croyais morte..."


Margaret serra les poings... Visiblement, Peter et Lili ne s'aimaient pas, et en pensant celà, elle était loin du compte...

D'un regard implorant, Margaret fixa Liliceae en espérant qu'elle puisse entendre ses pensées... Mais ce n'était pas possible bien entendu...

Comment pouvait-elle comprendre ce que la jeune clef ressentait ? Elle était loin de chez elle avec une personne qu'elle aimait à la folie et qui quelques seconde plus tard lui semblait détestable...
Elle ne comprendrait pas... C'était sûr...

A nouveau, une larme dévala sa joue rôle pour venir s'écraser sur les feuilles assoiffées...
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MessageSujet: Re: Peter Pan est revenu! [Flashback] - Margaret Darling Dim 24 Avr - 12:19

Désolée pour le retard!!! Je suis de retour! Et ça va saigner x)
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    Un papillon vola près du groupe. Lili changea immédiatement d’expression et leva les yeux vers l’insecte. Ce n’était pas un papillon coloré, mais au vu de la neige fondue qui gouttait sur les branches et s’infiltrait entre les orteils de Lili, ce n’était guère étonnant. Le papillon était blanc et noir, mais il possédait d’autres nuances. Du brun, du beige, et… Oh ! Peu importe ! Lili n’est pas une pro de la couleur, du pinceau, de n’importe quoi, elle n’est pas une artiste, à la fin ! Quoiqu’il en soit, rien n’est noir ou blanc. Liliaceae est rouge, mais seulement de peau. Et ce n’est même pas un rouge primaire ! Seulement un nom, parce que sa peau n’est pas beaucoup plus différente que celle, brune, de Peter, ou encore la blanche carnation de Margaret. C’était étrange, qu’ils aient tous les trois d’aussi différentes couleurs de peau. Mais ça ne s’arrêtait pas là : Peter, Margaret et elle-même étaient physiquement très peu semblables. Il y avait la pauvre fille londonienne, le méchant garçon qui ne voulait pas grandir et la sauvageonne au regard violent. Trois beaux cas sociaux, infernaux et désespérés. Trois personnes qui ne seraient jamais sauvés, jamais délivrés de leur démence, de leurs soucis. Peut-être Margaret était-elle la moins touchée, mais elle était la plus jeune, la plus vulnérable et la plus fragile.

    Le papillon s’éloigna du groupe maudit.

    Lili baissa les yeux et là, cauchemar. Peter n’avait pas changé depuis le Grand Changement. Puissant, beau, fort, innocent – mais seulement d’apparence, ses yeux n’avaient rien d’enfantin ! Cynique, narcissique, horrible, dégoutant, répugnant.

    Et plus horrible encore, vision d’horreur : Margaret se jetant dans ses bras. Quel âge avait-elle ? Ressemblait-elle à une gamine ou à cette jeune fille lascive, murmurant avec une moue… Une moue digne de sa maternelle. Malheureusement, et Lili l’aurait parié, Peter n’était pas d’humeur, et grand bien lui en prit pour Margaret de tomber dans un tas de feuilles oranges plutôt que de rester près de Peter. Ce type était une épidémie de rage, et sa bave atteignait ses victimes sans erreur de visée.

    « Lili la Tigresse… Quelle surprise, je te croyais morte… »

    Margaret serra si fort ses petits poings que l’ouïe acérée de Lili entendit jusqu’aux plus infimes craquements des os de ses mains. Elle grinça des dents, ce n’étaient pas des bruits charmants. Elle croisa le regard de chien battu de la fillette et détourna rapidement la tête. Personne ne lui dictait sa conduite, encore moins une gamine qu’elle voyait pour la première fois et, surprise, lui rappelait Wen-, la Maudite et appelait Peter à des kilomètres à la ronde. La Poisse, voilà ce qu’était la petite Margaret, la Poisse de chair et de sang. Liliaceae lança un regard désespéré au ciel, qu’avais-je fait pour mériter tout ça ?

    « Je ne suis pas de ceux qui meurent par ton Oubli, Peter Pan. Je suis une Princesse, tout ce que tu peux faire ou être ne m’intéresse pas. »

    Elle tapa dans une pierre au sol, qui roula dans un bruissement de feuilles. Un son moelleux, doux, à l’inverse de ce qui se déroulait. Lili pénétra les yeux de Peter et n’y vit que du noir, un abîme de rien, du néant. Ce type ne méritait même pas qu’elle lui parle. Ce… Ce sale type ! Lili voyait rouge, elle s’énervait au fur et à mesure que les minutes s’égrainaient.

    « Mais bon sang Peter, hurla-t-elle, bon sang, elle sautait dans tous les sens autour de Pan et lançait ses bras en tout sens. Tu as détruit mon peuple ! Tu as détruit ma vie ! Va au Diable, toi et ta précieuse, fichez le camp d’ici ! C’est encore chez moi après tout ! Je ne suis pas morte, je ne suis pas morte ! »

    Comme elle disait ces mots, le plus long discours qu’elle ait fait depuis le Grand Feu, les larmes coulaient, la morve chutait de son nez pour atterrir sur sa lèvre supérieur, elle était comme désossée, elle se roulait en tout sens, cabriolait, tombait, se relevait, se faisait mal, voulait disparaître. Et puis, quand Peter l’observait avec un sale rictus, elle lui jeta une claque. Une baffe, un jambonneau dans la tronche. Dieu que ça faisait du bien ! Dieu que ça faisait du bien ! Elle en mit une deuxième, possédée et tomba sur le sol, sur les feuilles mortes. Elle le serait bientôt, Margaret avait été l’élément déclencheur, son plan passerait bien plus vite à l’action, oui, Neverland retournerait à son été naturel, sans Maître pour détruire le Printemps par des flocons en bouillies.

    Liliaceae prit ses genoux autour de ses bras et posa sa tête sur eux, le visage tourné vers le sol-bouillasse. De là, elle voyait l’intérieur de ses cuisses, pas toutes à fait rouges, ses mollets souples, ses pieds pleins de terre. De là, elle ne voyait pas Peter, et Peter ne voyait pas son visage noyé de larmes. Un sanglot bruyant, presque un cri de rage s’éleva dans la forêt, là où ils se tenaient. Les derniers survivants de l’enfer Neverland.
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MessageSujet: Re: Peter Pan est revenu! [Flashback] - Margaret Darling Mar 10 Mai - 21:47

Spoiler:
 

Peter ouvrit avec lenteur ses yeux tandis qu'un hurlement déchirant résonnait dans Neverland. Néanmoins l'expression du jeune homme ne changea pas malgré la détresse qui s'étalait devant ses yeux.

Neverland.

Fût un temps où ce simple nom emplissait d'espoir et de magie l'âme de tout les enfants du monde réel. Fût un temps où Peter et Tink riaient d'entendre tant de voix carillonner à leurs oreilles, les appellant à leurs fenêtres: Prenez-nous! Prenez-nous! Nous aussi nous voulons voir les Peaux-Rouges! Nous aussi nous voulons écouter les sirènes! Nous aussi nous ne voulons pas grandir!

Les lèvres trop fines de Peter se retroussèrent légèrement dans un sourire narquois. Ah il rirait bien ce bon vieux Capitaine Crochet. Il aurait su apprécier l'ironie de la situation avant. Il aurait su admirer ce paysage de cendre se dévoilant devant lui au moins.
A l'image de son Maître, le pays Imaginaire était passé par une courte et tumultueuses période de tempêtes phénoménales pour entrer à présent dans un long hiver sans fin.

Pas de Printemps pour Peter. Hook le lui avait enlevé en séduisant Wendy.

Garce. Traître.

Il était son ennemi. Elle était sa compagne.

Traître. Garce.

Peter donna un coup rageur sur le sol et prit son envol silencieusement. Ils pouvaient tous crever la bouche ouverte comme des chiens! Wendy, Hook et tout le reste!

De toute façon, il possédait leur trésor.

Sans vraiment l'avoir prémédité, Peter s'aperçut, en reposant avec légèreté son pied sur le sol, qu'il avait volé jusqu'à la grotte. D'un geste sec, il lissa sa veste cintré et fit quelques pas. L'obscurité y était épaisse mais c'était ici son monde, ses rêgles, son terrain de jeu. Et il ne fallut que quelques secondes à ses yeux cobalt pour s'acclimater aux ténèbres environnantes.

" Margaret?" appela t'il , la voix étranglée par une anxiété contenue.

Il y avait toujours ces quelques secondes où tout son être vibrait d'une angoisse sans nom. Et si Margaret était morte? Il y avait tant de choses sombres par ici... Allons! Est-ce que ce n'était pas ce qu'il avait voulu au départ justement? Est-ce qu'il ne se délectait pas en notant comment les joues de la jeune fille se creusaient par manque de nourriture? Est-ce qu'il ne prenait pas un plaisir malsain à l'entendre crier comme lui l'avait fait auparavant?

" Mamannnn" ; " Wendyyyy".

Du pareil au même.

Elle ressemblait malgré tout trop à sa mère. Certains jours, il avait juste envie (besoin?) de poser son front sur le sien et de lui murmurer toute ces histoires merveilleuses qui avait peuplé ses jours bénis d'avant. Et d'autre fois seul l'idée de lui faire payer ce qu'elle (mais pas elle... Wendy... Margaret... peu importe...) lui avait fait occupait son esprit malveillant.

Trop de sentiments confus.

Il la trouva rapidement, petite chose recroquevillée, en train de sangloter. Et toujours cette réaction épidermique quand il posait les yeux sur elle: l'envie de la malmener et celle de la serrer très fort contre lui.

Ni l'un. Ni l'autre. Il était une pierre. Un roc. Un golem comme disait les habitants de Nightmareland.

" On s'en va vivre chez moi..."

Elle avait pesté. Elle l'avait étreint. A croire qu'elle lui renvoyait en un miroir parfait ses propres émotions.

Mais il aurait dû se méfier. Elle avait le même sang perfide que sa menteuse de mère.

Ne plus jamais faire confiance.

Saleté. Quand il lui remettrait la main dessus il l'écorcherait vive! Comment osait-elle le défier? Il était ici chez lui! Elle n'était rien! Rien!

" MARGARET!!"

Hors de lui, Peter balaya d'un geste rageur une branche qui lui lacéra le visage. Une toute petite égratignure. Il força sa respiration à prendre une pulsation plus lente et quelques flocons se mirent à tomber.

" Les forêts ça se brûle. Les forêts ça se rase. Ça se détruit. Comme tout le reste." murmura t'il.

Il fallait écouter. Tendre l'oreille et suivre la trace. Une réminiscence des jeux d'antan lui revint comme une nausée qu'il parvint à refouler.

" Je veux rentrer chez moi..."

Margaret parlait donc à quelqu'un? Ecartant les derniers branchages, la vision rendu devant lui arracha un douloureux silence.

Princesse Lili. Voyez-vous ça? Il était pourtant persuadé de l'avoir vu brûler avec les autres. Il y avait eu tellement de sang ce jour là. Et de cri. Et l'odeur avait été pestilentielle.

Un sourire persifleur glissa sur ses lèvres tandis qu'il approcha avec une lenteur calculée des deux jeunes filles. Ou plutôt jeune femme quand il prit le temps d'étudier Lili.

Ah. Il n'était donc pas le seul à avoir été forcé de grandir.

Bien.

Margaret se précipita vers lui et lui enserra la taille et il posa avec une douceur inattendue sa main sur les cheveux bruns de sa clef, sans pour autant quitter des yeux Lili qui le fixait avec une haine farouche.

Elle avait toujours été intransigeante. Même enfant.

" Lili la Tigresse... Quelle surprise, je te croyais morte..."

Princesse. Elle faisait bien de le lui rappeler: il l'avait presque oublié. D'engeance noble, d'un courage sans faille. Elle était plus belle que dans ses souvenirs aussi.
Peter faillit éclater de rire lorsqu'elle mentionna la destruction de son peuple. Pour des guerriers ils n'avaient pas été si difficiles à exterminer.
Caressant d'un air absent les cheveux de Margaret, Peter laissa le flots de discorde couler des lèvres pleines de la Princesse Peau-Rouge.

" C'est encore chez moi après tout! Je ne suis pas morte! Je ne suis pas morte!"

" Cela peut toujours s'arranger." répondit-il enfin d'une voix métallique avant de se prendre une gifle monumentale.

Le souffle coupé, il finit par glisser sa main sur sa joue endolorie. S'il y avait bien quelque chose qu'il comprenait, c'était où le désespoir pouvait vous mener.

Il ne regrettait aucune de ses actions: il en avait le droit. Elle était sotte de croire un seul instant que chaque parcelle de Neverland, elle y comprise, ne lui appartenait pas intégralement.

Lili glissa au sol, tremblante, les larmes coulant sur son visage, fatiguée. Et un silence passa. Peter réfléchissait. Un peu.

Beaucoup.

C'était un peu se voir en elle.

Wendy pouvait être fière: elle avait gâchée tant de vies par un seul acte déloyal.

D'un signe de tête, il indiqua à Margaret d'aller rejoindre Lili au sol. Lui-même resta à quelques pieds de là, et s'accroupit afin de rester à leur hauteur.

" Qu'est-ce tu veux Lili Princesse d'un peuple qui n'est plus? Ressusciter les morts? Faire revenir ce qui n'est plus?"

Pathétique.

Une rage sourde était en train de monter mais Peter se contenta d'hausser les épaules et de toiser la jeune femme.

La pluie commençait à tomber maintenant. Et les orages ne tarderaient pas.

" Demande donc. Je suis le Maître de Neverland après tout. Demande. Je pourrais t'exaucer. Je pourrais si tu le voulais réellement. T'aider à reconstruire ton peuple. " continua t'il avec un calme apparent, la fixant d'un regard sombre alors que ses cheveux roux se plaquaient dorénavant sur son visage aux traits anguleux.

Oh oui il le pouvait.

" Que veux-tu Lili Princesse de feuilles et de talus? Rester ici à comploter ma mort? Pleurer jusqu'à n'en plus pouvoir?" reprit Peter. Puis il tourna son regard cobalt vers Margaret. " Dis-le lui Meg comme je me laisse facilement attendrir par les larmes..."

L'eau lui brouillait la vue désormais et Peter passa une main sur son front.

" Ah mais tu as sans doute fais connaissance avec ma fille déjà. Margaret Pan."

Elle aurait dû être sienne. Elle était sienne. Plus tôt elle le comprendrait, plus simple en serait leurs vies à tous.

" Vous avez beaucoup en commun." acheva Peter dans un sourire froid avant de se relever. " Vous pourriez avoir même plus."
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MessageSujet: Re: Peter Pan est revenu! [Flashback] - Margaret Darling Jeu 1 Sep - 3:36

Spoiler:
 

Des cris, des pleurs, des soupirs... De si tristes mots pour définir une vie... Ou plutôt deux... Même trois à présent.

Margaret sentait toute cette souffrance parcourir ses veines, si bien qu'à chaque battement de cœur, une vague de douleur ardente flétrissait peu à peu son jeune corps et son âme infantile.

Il était son cauchemar, sa hantise... Mais il était son amour, sa chaleur...

Allongée dans un tas salvateur de feuille rousses, la fillette fixait avec désarrois la scène qui se jouait devant ses yeux baignés de larmes. Alors que celles-ci traçaient d'humides marques sur un visage plus poussiéreux que jamais, elle se demandait alors ce qu'elle devait penser.

Se rassembler, se concentrer.

Alors comme ça... Peter avait détruit le monde que sa tendre mère avait chéri. Il avait anéanti la famille de Lili la Tigresse... Il lui avait à elle aussi, volé sa seule famille... Pauvre Lili.... Si triste...

Margaret sentit sa gorge se nouer d'une profonde amertume... Elle savait quelle douleur cette perte pouvait infliger à un cœur... Ô terrible douleur... C'est ainsi qu'une incommensurable colère s'empara de l'âme de la londonienne, alors qu'elle commençait à se redresser, quelques feuilles orangées entremêlées à ses cheveux ébouriffés...

"Peter, tu paieras"
se dit-elle en un murmure alors que son visage soudain déterminé semblait s'être métamorphosé. Elle se souvenait des cris et des coups de son ravisseur, qui hélas, se trouvaient être souvent les seules distractions de ses pauvres journées froides et sombres... Elle se souvint du cri que sa mère avait poussé quand il l'avait enlevée à son foyer.

Là... Maintenant... Rien ne pouvait être plus grand à cet instant, que sa haine pour Peter...

Alors, Maggy se leva sur ses jambes fébriles et s'avança timidement... Instinctivement, elle serrait les poings... Elle frapperait Peter aujourd'hui... Car rien... rien ne pouvait être aussi fort que sa haine.. Rien... ABSOLUMENT RIEN.

Hélas... Si... .... .... Son amour...

Margaret s'était figée à l'entente de ce son si familier. Ce claquement à la fois sourd et vif...
Non... Lili n'avait quand même pas fait ça ????

La sauvageonne venait bel et bien de frapper Peter... Peter, son amour, sa vie, son sauveur... Il n'avait que faiblement sourcillé... Mais son beau et arrogant visage faisait la grimace... Pourquoi ?!?!

La fillette voulu se jeter à son cou, le serrer, le réconforter, l'embrasser... Il devait avoir si mal, il ne fallait pas qu'il ait mal ! Elle avait besoin de ce visage, tant besoin... Mais bientôt, une seconde main enflammée accompagnée d'insultes fulgurantes s’abattit sur la joue de Peter qui baissa cette fois la tête...

Margaret hurla... Hurla si fort qu'elle rivalisait presque avec le grondement de la Princesse.

Sonate pour pleurs désespérés... Mezzo Forte en Mi Mineur... Triste musique ici, à Neverland... Triste complainte des jours perdus.

La fillette agrippa ses cheveux de deux mains tremblantes. Lili n'avait pas le droit de faire ça ! Pas le droit.... Pourtant, Margaret elle-même avait également eu le projet de gifler son Peter! Oui c'était vrai... Mais Lili n'avait pas le droit... Ça n'allait pas bien se passer... Pas du tout... Elle allait se faire tuer !

Lui, il leva les yeux... Et le sang de Margaret se glaça... Ce regard... Elle le connaissait bien : C'était au tour de Peter maintenant, de faire du mal à la jeune fille à la peau rouge...

Maggy savait à quel point il savait s'y prendre...A quel point s'élevait son envie de violence.
Alors à cet instant, elle se jura qu'au premier de ses gestes, elle se précipiterait pour protéger celle qui avait voulu l'aider quelques instants plus tôt... Elle ne la connaissait peut-être pas, mais ce qui était sur, c'était leurs ressemblance.

Craquement de feuillage. Trop tard.

Sans réfléchir, Margaret se jeta entre les deux ennemis, ignorant encore la force de ce qui lui tomberait dessus... "Elle est en vie" la dernière de la meute, alors qu'elle coure.
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MessageSujet: Re: Peter Pan est revenu! [Flashback] - Margaret Darling Jeu 1 Sep - 19:02

Spoiler:
 

    Comment pouvait-il se tenir aussi près d’elle ? Comment osait-il encore prononcer tous ces mots ?

    Le cerveau de l’Indienne bouillonnait. Elle ne se souvenait plus pourquoi elle ne pouvait pas se jeter sur lui pour l’étriper. Ses yeux voyaient la paix revenir lorsque le sang éventé aurait coulé. Plus de larmes, plus de neige, plus de mort. La disparition de Peter équivaudrait à l’élimination du microbe qui gangrenait petit à petit son univers. Pourtant, Lili n’avait jamais été aussi perdue.

    « Ah mais tu as sans doute fait connaissance avec ma fille déjà. Margaret Pan. »

    Liliaceae s’étouffa. Elle toussota une fois, puis deux et entrouvrit ses lèvres avec l’intention de répondre. Cependant, seul un soupir s’échappa de sa bouche. Elle referma sa mâchoire, l’ouvrit pour tenter à nouveau de parler, échoua. Elle inspira une longue et fraîche goulée d’air.

    « Margaret Pan ? Mais, Peter, si tu es le père de cette enfant… Qui en est la mère ? »

    Assise sur le talus de feuilles mortes, Lili, complètement perdue, arrivait presque à entendre son esprit réfléchir à toute allure : une fille Pan, la fille de Peter, la Maudite avait-elle un lien avec tout ça ? Et pourquoi, si Peter était le papa de cette fillette, avait-elle demandé à Lili de lui rapporter sa maman… et son père ? Lili était certaine que l’affaire était aussi simple que caresser un ours dans le sens du poil lorsqu’il sortait de son hibernation, qu’elle coulait de source, crevait les yeux mais pour le moment, elle ne savait quelle piste emprunter, à quel saint se vouer et surtout, qui croire.

    Et comme si ça n’était pas assez d’étonnement pour une seule journée, une seule après-midi, Margaret, la timide et polie Margaret se mit à hurler. Un cri épouvantable, qui donna lieu à une immense envolée d’oiseaux en tout genre, corbeaux, pies, simples volatiles qui n’avaient absolument rien demandé à personne et surtout pas qu’un ultrason les déloge. Liliaceae, que le moindre bruit dérangeait et dont les oreilles étaient devenues surpuissantes depuis qu’elle devait se fier à ses sens pour survivre dans sa solitude grimaça et murmura des grognements qui montraient son mécontentement. À quoi cela servait-il bon sang ! Ils étaient trois dans cette forêt et tous à moins d’un moins les uns des autres. Crier ne serait d’aucune utilité, sauf si elle désirait stresser et rompre les nerfs de ses interlocuteurs.

    Ce n’était pas tout. Après avoir ouvert la bouche avec un son inhumain, Margaret la referma sagement et, à la surprise de Lili, se plaça entre elle et Peter. Mettre une fillette, une enfant comme l’était il n’y avait même pas trois saisons était insupportable pour Lili la Tigresse. Elle n’avait nullement besoin de protection, et n’avait pas besoin non de voir s’ériger un rempart devant l’objet de sa plus profonde colère. Car le geste de la fille voulait bien signifier ceci : « Peter ne te fera pas de mal, mais il te faudra me passer sur le corps si tu veux seulement le toucher ». Paradoxal et terriblement embêtant.

    Lili décida de faire comme si cela ne la dérangeait pas, mais, au contraire, l’arrangeait :

    « Dire qu’il te faut maintenant une garde pour te protéger de tes victimes. »

    Le tilt survint dès la fin de la phrase. Voir mourir Peter serait agréable sur le coup. Mais, et après ? Ne valait-il pas mieux qu’il subisse le même sort que celui qu’il lui avait forcé à endurer ? Voilà qui paraissait nettement plus équitable. Et pour cela, il fallait qu’elle soit en position de force. C’est-à-dire, la sienne.

    Regardant fixement Margaret, elle esquissa un rictus qu’elle voulait malfaisant et détaché. Elle lâcha, impassible :

    « Il faudra un jour que tu choisisses ton camp Margaret, que tu grandisses, appuya-t-elle en détournant son regard vers Peter Pan à la fin de sa phrase, et, tout en dévisageant Peter, elle continua, car s’il y a bien quelque chose que j’ai appris en devenant une adulte, c’est que quelqu’un que tu aimes peut soudainement devenir ton pire ennemi, et ce, avec toutes les bonnes raisons du monde. »

    Elle ne se laissa pas le temps d’attendre une réponse. Elle avait trop peur que cette dernière ne lui plaise pas, ou, au contraire, la fasse s’attarder encore un long moment, ce qu’elle ne souhaitait pas. Il lui fallait réfléchir à un nouveau plan d’attaque. Un but plus mature, qui ne ressemblait plus à Lili la Tigresse. Il lui fallait devenir véritablement adulte, achever sa transformation et devenir Princesse Lili pour de bon. Il lui fallait être la remplaçante. Il lui fallait être Peter Pan, Maître de Neverland.

    Ce fut comme si elle s’envolait. Elle attrapa une liane qui gisait, suspendu à un tronc et glissa dans les airs avant d’atterrir sur une branche solide. Elle s’éloigna jusqu’à ne plus apercevoir Margaret ou Peter. Elle monta aussi haut que les sapins lui permettaient et, les yeux tournés au ciel, fit une promesse au Grand Chef, et à l’ensemble des Peaux-Rouges. Elle se fit une promesse.
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MessageSujet: Re: Peter Pan est revenu! [Flashback] - Margaret Darling Jeu 8 Déc - 19:12

Il resta un instant à tâcher de maîtriser sa fureur face à la menue Margaret. S'il n'essayait pas de se contrôler là, tout de suite maintenant, il pouvait la tuer. Elle. Lili. Et tout cet enfer qu'incarnait Neverland à l'heure actuelle.

Les bras tel des lianes, Margaret se glissa contre lui. La violence battait encore à ses tempes et il sut avec une assurance effrayante qu'ils formaient à cet instant un étrange trio. Il pouvait presque sentir le coeur de Meg battre contre sa poitrine. Où peut-être était-ce le lien? Quelle différence.
Il crut lire avec une limpidité crépusculaire le dédain faire briller les yeux de l'indienne au même titre qu'une incompréhension patentée.

Oui Margaret était sa fille. Ou pas. Celle de Wendy. Ou pas. Celle de James. Peut-être. C'était confus. Ça n'avait pas d'importance.

« Il faudra un jour que tu choisisses ton camp Margaret, que tu grandisses, car s’il y a bien quelque chose que j’ai appris en devenant une adulte, c’est que quelqu’un que tu aimes peut soudainement devenir ton pire ennemi, et ce, avec toutes les bonnes raisons du monde. »

Un regard qui en disait long. Peter ne desserra pas les lèvres. Il y avait des choses qui se passaient de mots. Lili était à lui et il était à elle. Ils étaient Neverland. Rien d'autre à ajouter.

Elle ne tarda pas à partir, profitant de la végétation pour prendre un envol calculé et Peter prit une profonde inspiration avant de refermer lentement ses bras autour de la jeune fille. Il ferma les yeux en laissant sa joue reposer sur les cheveux miel de sa fille et en huma le doux parfum de bruyère.

« Rentrons Meg. » fit-il avec une douceur qui contrastait avec les évènements ayant eu tout juste lieu.

Les choses n'allaient pas en rester là. Il aurait dû la tuer avec le reste de son clan et pour un peu, il serait prêt à parier qu'il s'agissait là de sa première véritable grande erreur.


-------------------------------- Fin du topic ---------------------------

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MessageSujet: Re: Peter Pan est revenu! [Flashback] - Margaret Darling

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Peter Pan est revenu! [Flashback] - Margaret Darling

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